Marie-Thérèse
.',. A quelques lieues de Bordeaux :
le château appartenait à Montesquieu, qui y était né.
lire des romans; quand je serai plus heureux, je lirai de vieilles chroniques pour tempérer les biens et les maux : mais je sens qu'il n'y a pas de lecture qui puisse remplacer un quart d'heure de ces soupers qui faisaient mes délices. Je vous prie de parler de moi à Mme du Ghâtel1. J'apprends que les requêtes du palais 2 n'ont pas été favorables à Mme de Stainville ; dites-lui3 combien je suis sensible à tout ce qui la touche, et cette personne charmante, qui n'aura jamais de rivale aux yeux de personne que madame sa mère. Parlez aussi de moi à ce président4 qui me touche comme les Grâces et m'instruit comme Machiavel, qui ne se soucie point de moi, parce qu'il se soucie de tout le monde, et dont j'espère toujours d'acquérir l'estime, sans jamais pouvoir espérer les sentiments. Je n'aurais jamais fini, si je voulais suivre cette phrase ; mais c'est assez le désobliger pour le mal que je lui veux.
Je n'entends ici parler que de vignes, de misère et de procès, et je suis heureusement assez sot pour m'accuser de tout cela, c'est-à-dire pour m'y intéresser. Mais je ne songe pas que je vous ennuie à la mort, et que la chose du monde qui vous fait le plus de mal, c'est l'ennui ; et je ne dois pas vous tuer, comme font les Italiens5, par une lettre.
Je vous supplie, madame, d'agréer mon respect.