‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 309 sur 381 · A M. GUY · texte numérisé non relu

A M. GUY

A Motiers-Travers, le 7 septembre 1765.

L'émeute est telle ici, monsieur, parmi la canaille, que

tenir de l'argent en échange, à MM. Borel, Bosset et Guyenet, banquiers, une lettre de change ou traite, sur le vu de laquelle M. Cramer, aura, dans un délai de dix jours, à leur payer ou à payer à une personne désignée par eux la somme de treize cents livres de France n3oo francs).

1. Nous avons à peine besoin de faire ressortir l'importance de cette

déclaration de Rousseau, qui devrait servir d'introduction à toute étude de l'Emile.

2. Entendez sans doute : avant de chercher à déterminer quelles! la vraie méthode qui bouchera la voie aux passions, qui les empêchera d'entrer, il fallait reconnaître le chemin par lequel elles pénètrent d'ordinaire dans l'âme.

3 En \-Cy2, l'Emile avait été cou-

la nuit dernière mes portes ont été forcées, mes vitres cassées, et une pierre grosse comme la tête est venue frapper presque mon lit. On a tenu ce matin une justice extraordinaire; mais les assassins ne sont pas découverts. Le ministre1 s'est fait ouvertement chef d'une bande de coupe-jarrets. J'ai reçu ce matin une députation d'une communauté voisine dont je suis membre, pour m'offrir asile, logement, défense et toute assistance possible. Avant d'accepter, je pars demain pour un petit voyage2, et. comme il est à présumer que j'aurai cette nuit à soutenir un siège, je suis bien armé, bien escorté, bien résolu, et ne soyez pas en peine de moi ; je vous réponds que les brigands trouveront à qui parler. On croit que le ministre devient absolument enragé; vous sentez que jusqu'à ce que je sois fixé je ne puis voir ni même recevoir d'épreuves. Tout ceci est parvenu à un degré de violence qui ne peut durer. Je vous écrirai sitôt que l'orage sera passé. En attendant, ne soyez point en peine de moi; tout va bien, à la santé près.

Je vous embrasse.

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