Celte lettre ne nous est pas parvenue
2. Pérard. Jacques de Pérard faisait partie de l'Académie de Berlin.
3. François Ier, empereur d'Allemagne (1708-1765)1. Prince de la maison de Lorraine, il renonça au duché paternel, qu'il cédait au roi Stanislas pour prendre celui de Toscane, qui lui fut assuré par le trailé rie Vienne (1788). Il épousa Marie-Thérèse, fille de l'empereur Charles VI (1736), mais ne lui nommé empereur lui-même que
cinq ans après la mort de son beaupère c'est-à-dire en 174^. 11 fut le père de la reine Marie-Antoinette.
f{. Francfort -sur- le- Mein était ville libre impériale. Voltaire y était arrivé le 3i avril au soir, ayant quitté Berlin le 26 mars.
5. Dans une circonstance. Frédéric,, après de longs atermoiements, avait permis à Voltaire de quitter Berlin :
le poêle emportait des caissesremplies de manuscrits et de volumes parmi lesquels se trouvaient les lettres et les œuvres de Frédéric. Craignant que Voltaire n'abu-
VOLTAIRE
Sa Sacrée Majesté me permettra d'abord de lui faire voir comment le roi de Prusse me fit quitter ma patrie, ma famille, mes emplois, dans un âge avancé. La copie cijointe1, que je prends la liberté de confier à la bonté compatissante de Sa Sacrée Majesté, l'en instruira.
Après la lecture de cette lettre du roi de Prusse, on pourrait être étonné de ce qui vient de se passer secrètement dans Francfort.
J'arrive à peine dans cette ville, le 1er juin, que le sieur Freytag2, résident de Brandebourg, vient dans ma chambre, escorté d'un officier prussien et d'un avocat, qui est du sénat, nommé Rùcker. Il me demande un livre imprimé, contenant les poésies du roi son maître, en vers français.
C'est un livre où j'avais quelques droits, et que le roi de Prusse m'avait donné, quand il fit les présents de ses ouvrages.
J'ai dit au résident de Brandebourg- que je suis prêt de remettre 3 au roi son maître les faveurs ; dont il m'a honoré, mais que ce volume est peut-être encore à Hambourg, dans une caisse de livres prête à être embarquée ; que je vais aux bains de Plombières, presque mourant, et que je le prie de me laisser la vie en me laissant continuer ma route.
Il me répond qu'il va faire mettre une garde à ma porte5 ;
sàt des unes et des autres, surtout du Palladion, poème burlesque et satirique, le roi dePrusse(ii avril) donna à Freytag. son agent à Francfort, l'ordre de se saisir du poète et de ne le relâcher qu'après avoir mis la main sur les œuvres loyales. Freytag, esprit borné, •désireux de plaire à son souverain, outrepassa ses ordres, et se montra fort brutal. Voltaire protestait avec raison auprès de l'empereur contre une impudente violation du droit des gens. Mm« Denis, qui était venue le rejoindre le 0 mai. fut maltraitée à son tour; l'oncle et la nièce ne furent relà- ■rhés que le 7 juillet, après payement des frais de procédure et'de détention.