A M. FYOT DE LA MARCHE
Monsieur, j'ai différé deux ou trois jours à vous écrire afin de pouvoir vous dire des nouvelles de la tragédie que le Père Lejay vient de faire représenter3 ; une grosse
i. Les lettres qui suivent sont rées, pour la plupart, de l'édition de M. Moland (voir la note de la page i,i. Quelques-unes sont empruntées aux autres publications que noua avons mentionnées, celle de MM. Pereyel Maugras (lettres 33 el 7', ''i celle de M. Bengesco (lettres 63, '/, el 52).
2. < iondisciple de Voltaire à Louisle-Grand, il venait de sortir du collège, d'où son ami lui écrivit cinq lettres, dont celle que nous publions ri dessus. Fyot de la
Marche était fils d'un président à mortier du parlement deBourgogne, et devint lui-même plus tard premier président de cette compagnie.
En 17C1, Voltaire et M. de la Marche furent remis en relation par un ami commun, le président de Ruffey.
et, après un intervalle de cinquante ans, échangèrent de nouveau quelques lettres.
3. A la distribution des prix. Le P. Lejay (mort en 1785), professeur de rhétorique, a composé plusieurs tragédies latines.
VOLTAIRE. 0
pluie a fait partager le spectacle en deux après-dînées, ce qui a fait autant de plaisir aux écoliers que de chagrin au Père Lejay; deux moines se sont cassé le col l'un après l'autre si adroitement qu'ils n'ont semblé tomber que pour servir à notre divertissement ; le nonce de Sa Sainteté nous a donné huit jours de congé. M. Thénard a chanté, le Père Lejay s'est enroué, le Père Porée i a prié Dieu pour obtenir un bon temps ; le ciel n'a pas été d'airain pour lui ; au plus fort de sa prière, le ciel a donné une pluie abondante ; voilà à peu près ce qui s'est passé ici. Il ne me reste plus pour jouir des vacances que d'avoir le plaisir de vous voir à Paris ; mais, bien loin de pouvoir vous posséder, je ne puis même avoir le bonheur de contenter mon amitié par une plus longue lettre ; la poste, qui va partir, me force de me dire à la hâte votre très humble et très obéissant serviteur et ami.
Arouet.