PREMIÈRE PARTIE
LETTRES CHOISIES
DE YOLTAIRE (françois-marie-arouet)
NOTICE
Les éditeurs ont jusqu'à présent recueilli près de dix mille lettres de Voltaire1. Les premières, adressées à un camarade de collège, ont été écrites à Louisle-Grand : Voltaire était alors dans sa dix-septième année ; la dernière est un billet admirable, dicté de son lit, quatre jours avant sa mort. Il est certain que nous n'avons pas encore — nous ne les aurons sans doute jamais — toutes les lettres de Voltaire ; telle qu'elle est cependant, cette correspondance s'étend, presque sans interruption, sur une
1. L'édition la plus récente et la plus complète des Œuvres de Voltaire, celle de M. Moland (Paris, 1877-1883), contient 9098 lettres de notre auteur. Depuis, plusieurs lettres inédites ont encore été publiées. Contentons-nous de mentionner ici le livre de MM. Perey
etMaugras, la Vie intime de Voltaire aux Délices et à Ferney (Paris, i885), qui contient 33 lettres inédites de Voltaire, et le tome III de la Bibliographie des œuvres de Voltaire de M. Georges Bengesco (Paris, 1889).
qui en contient 100. — Voir la note 1 de la page 8.
Cahen. — Lettres du xvm" siècle.
période de soixante-sept ans, et nous permet de suivre au jour le jour, depuis l'adolescence jusqu'à la mort de Voltaire, cette vie qui peut passer elle-même pour l'image, le miroir le plus fidèle de l'activité sans égale du xvinc siècle.
Né à Paris le 20 novembre 1694, François-Marie Arouet écrit des vers dès le collège. Sorti de Louis-le-Grand et incapable d'accepter pour lui-même la prévision d'un avenir assuré mais médiocre, il ne songe, en dépit des objurgations, des précautions paternelles, qu'à se pousser dans le monde. Grâce à son tuteur, l'abbé de Châteauneuf, la société du Temple * lui est ouverte ; son talent naissant, la liberté de son esprit et de sa conduite, ses disgrâces mêmes, qui lui fournissent autant de prétextes à s'amuser en amusant les autres, tout contribue à son succès. La représentation d'OEdipe (1719) consacre sa jeune célébrité. Ses lettres nous le montrent, à cette époque, flatteur délicat et s'ingéniant à se faire des amis de tous ceux dont la voix, dans la littérature, compte alors pour quelque chose.
Déjà Voltaire (c'était le nom qu'il s'était choisi dès 1718), auteur joué à la cour, pensionné du roi et de la reine, et dont les salons, qui continuent d'applaudir à tant de pièces de vers charmantes et quelquefois profondes, attendent avec impatience l'apparition d'une œuvre décisive, ce poème de la Ligue, auquel il a travaillé pendant une année d'emprisonnement à la Bastille, Voltaire peut croire à son tour sa situation bien assise, quand un événement imprévu survient, qui semble faire crouler d'un coup tout l'édifice de ses espérances. L'un de ces jeunes seigneurs dont Voltaire avait cru que ses talents le faisaient légal, le chevalier de Rohan, blessé de quelques propos du poète, le fait un soir bâtonner par ses gens. C'est le premier incident vraiment grave de la vie de Voltaire. S'il souffrait patiemment cet outrage, c'en était fait : il gardait aux yeux des gentilshommes le rôle dont les écrivains d'autrefois avaient dû trop souvent se contenter, celui d'un amuseur souffert, et, au besoin, gagé par les grands, mais qu'on remettait à sa place quand il essayait d'en sortir. Un demi-siècle auparavant La Fontaine pouvait ne voir qu'un sujet de raillerie dans l'indigne traitement qu'un confrère, Furetière, avait souffert du comte de Guilleragues ;
i. Voir la note /, de la pn^e 9. — L'abbé <!<• Châteauneuf (16^5-1708) avait la réputation d'un homme d'esprit et d'un érudit : il a laissé deux ouvrages sur la musique des anciens. — Son frère, le marquis de
Châteauneuf (mort en 1728), ambassadeur en Hollande, emmena avec lui à La Haye, en 1713, sur la prière d'Arouet le père, le jeune François- Marie, qu'il dut renvoyer en France au bout de peu de temps.
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Racine et Boileau devaient se réclamer de l'amitié du prince de Condé pour échapper aux coups de bâton dont les menaçait le comte de Nevers. On peut donc dire que jusqu'à un certain point la dignité des hommes de lettres était engagée dans cette affaire avec celle de Voltaire, et, quoique sans doute la rage et le dépit aient suffi à les lui inspirer, il faut lui savoir gré des démarches passionnées auxquelles il se livra pour obtenir satisfaction : la correspondance nous en conserve le souvenir. Pour y mettre fin, la famille de Rohan obtint que Voltaire fût d'abord enfermé à la Bastille et reçût, quelques jours après, en sortant de prison, Tordre de s'embarquer sans retard pour l'Angleterre. Voltaire partit (mai 1726), mais ce fut pour rentrer secrètement en France quelques semaines plus tard, revenir à Paris et y chercher de nouveau son insulteur. Ses efforts furent vains ; il dut reprendre le chemin de l'exil, et il eut alors — la correspondance semble bien en garder la trace — un moment de découragement. Mais ce ne fut qu'un moment. Il avait en France connu lord Bolingbroke, lorsque cet homme d'État y avait passé les années de son exil. Depuis 1723 Bolingbroke était rentré dans son pays : fort de sa protection et des appuis qu'elle lui attira, lié bientôt avec tout ce que l'Angleterre comptait d'écrivains illustres, apprécié à la cour, Voltaire sentit sans doute le prix du bienfait que recouvrait l'apparente trahison de sa fortune : ce séjour en Angleterre, qui dura trois ans (1726-1729), exerça sur la direction de son esprit une influence décisive. C'est là qu'il apprit à connaître la philosophie de Locke, le système de Newton, les tragédies de Shakespeare ; c'est là que la notion qu'il avait commencé sans doute à se former de l'Etat put se préciser, quand il eut sous les yeux le spectacle d'un grand pays se gouvernant lui-même, et dont tous les citoyens, actifs à faire leur fortune, étaient animés d'un zèle pareil pour les intérêts de la patrie, en professant, sur les choses de la métaphysique et de la religion, les doctrines les plus diverses.
Quand il revint à Paris, un an après la publication de son poème épique, la Henriade, il y rapportait, outre l'ébauche d'une tragédie de Brutus (1730), « pleine de vers républicains, » ses Lettres philosophiques ou lettres sur les Anglais, dont la forme est si agréable et le fond si riche. Mais l'apparition de l'ouvrage est le signal d'une nouvelle persécution 1/1734). Voltaire, qui, deux ans auparavant, n'avait pu que subrepticement publier sa brillante et inoffensive Histoire
de Charles XII (1732), n'évite cette fois d'être arrêté qu'en s enfuyant chez Mme du Châtelet, à Cirey, en Champagne. Toute* cette période de vingt ans d'ailleurs, qui s*étend du retour d'Angleterre au départ pour la cour de Frédéric II (1729-1749), est singulièrement féconde : c'est alors que Voltaire donne sa Zaïre (1732), écrite en vingt-deux jours, la Mort de César (1735), Alzirc (1736), Mahomet (1741), Mérope (1745), le Temple du goût, cette piquante mais dangereuse critique des écrivains médiocres, les Discours sur l'homme (1734-1737) et tant d'épitres, d'odes, de fantaisies et de poésies légères. Et pendant ce temps, la correspondance devient plus abondante, et nous montre Voltaire occupé non seulement de la composition de ses ouvrages, mais des moyens d'en assurer la publication, en les préservant, par des subterfuges, qui ne sont pas toujours honorables, des tracasseries juridiques et administratives. Partagé entre mille soins divers, sa conduite peut être tour à tour l'objet de jugements contradictoires. Il ne perd pas une occasion de plaider devant le public la cause des lettres, d'affirmer leur puissance et leur utilité ; il n'en perd pas une non plus d'augmenter sa fortune par des opérations ou des placements avantageux. Mme Du Defîand le félicitera quelque jour l d'avoir eu l'esprit de devenir riche.
II y a, en effet, travaillé de toutes ses forces, voyant dans la richesse non seulement un avantage, mais la condition de la dignité et de l'indépendance de l'écrivain. Patriote à sa manière et, pourrait-on dire, malheureusement, à ses heures, il se fait, devant les étrangers, le héraut de la gloire de Louis XIV, des mérites de notre langue, du génie de nos grands hommes ; une victoire remportée par nos armées provoque son enthousiasme. Mais toujours courtisan, il se laisse aller à écrire à Frédéric, qui vient de jouer la diplomatie française par une odieuse défection (1742), une lettre de félicitations qui soulève la réprobation publique et qu'il est misérablement réduit à désavouer, quoiqu'elle soit de lui. Lui-même il s'était fait berner, sans seulement s'en apercevoir, par son royal ami, dans deux ambassades que la cour de France .ivait eu la naïveté de confier à l'homme le moins capable qui fut jamais de s'effacer, de se ménager, d'attendre et de se taire.
Toutes ces négociations avec la cour de France et avec le roi de Prusse se compliquent, s'entremêlent de peines, de tracas de toutes sortes dont les représentations de Mahomet (1741)
î. Voir sa lettre, pages 170-777
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sont l'occasion, ainsi ([ne les démarches de Voltaire pour entrer à l'Académie, où il ne fut reçu qu'en 1746. L'année précédente, il avait été nommé historiographe du roi. Mais en dépit de ce retour apparent de la bienveillance royale, sa faveur à la cour ne parvient pas à se fixer, et il a tant d'amis et tant d'ennemis, qui, les uns et les autres, ont tant de raisons de le trouver charmant ou haïssable, qu'on ne saurait s'étonner de ces alternatives de succès et de disgrâce, qui finirent par le lasser. Il se décida, après la mort de MmG du Châtelet (1749), à prêter l'oreille aux propositions du roi de Prusse, et, le 28 juin 1750, il quitta Paris pour se rendre à la cour de Berlin, où l'attendaient titres, honneurs et pensions.
Bien des déboires l'y attendaient aussi, et des mortifications sans nombre. Un esprit, non pas plus net, ni plus fin, mais moins aveuglé parl'amour-propre que celui de Voltaire, les eût prévus avant le départ. C'est justement ici l'intérêt de la Correspondance de nous faire suivre le progrès des sentiments par lesquels il passa, l'enthousiasme d'abord et la satisfaction, puis l'inquiétude, conçue sur un rapport, peut-être mensonger, sur quelques blessures, peut-être involontaires, enfin le dépit, le désenchantement, le désaccord complet éclatant entre les deux hommes, le roi et le poète, l'Apollon de la France et le Salomon du Nord, et la fuite hâtive et plaisamment rancunière (1753), de celui des deux qui n'ayant pas « 50 000 moustaches à son service » pouvait le moins « prétendre faire la guerre. »
Mais où se fixer maintenant? Ce furent deux ans de recherches et de soucis nouveaux. Mais comme ses démêlés avec Frédéric ne l'avaient pas empêché de donner ses soins à l'achèvement et à la publication du Siècle de Louis XIV, ses pérégrinations dans tout l'est de la France n'interrompirent pas les études qu'il poursuivait pour livrer enfin au public cet Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, qui parut en 1758, et qui, encore qu'on puisse justement reprocher à l'auteur d'avoir trop souvent cherché, dans le récit des faits, l'occasion de faire parade de ses sentiments philosophiques, et de s'en être laissé aveugler jusqu'au point de méconnaître complètement çà et là le sens des événements, n'en reste pas moins un chef-d'œuvre d'aisance, de lucidité, d'érudition et de critique. Enfin Voltaire qui, en 1755, avait déjà acheté la terre des Délices sur le lac de Genève, s'établit définitivement, à partir de 1760, au château de Ferney, situé en terre française, à la frontière même de la France et de la Suisse.
C'est alors, dans ce pays qu'il transforme et qu'il enrichit en v relevant l'agriculture et l'industrie, que sa correspondance devient le plus admirable et le plus extraordinaire. Voltaire est à ce moment véritablement roi, roi de la pensée en Europe : les savants, les hommes de lettres, les grands seigneurs, les souverains de tous les pays correspondent avec lui. Point de question à laquelle son génie veuille rester indifférent : tissage, horlogerie, commerce, agronomie, travaux publics, administration, finances, jurisprudence, il s'intéresse à tout; sa sagacité n'est jamais en défaut, quand il s'agit d'aider ou d'applaudir aux efforts de ceux qui, de quelque manière que ce soit, travaillent pour le bien et pour le bienêtre de l'humanité. Lui-même il élève victorieusement la voix dans toutes les atfaircs qui passionnent l'opinion publique, celle de Calas, de Sirven, du chevalier de La Barre ; l'annonce que le roi vient de réformer une sentence injuste provoquera, à la veille de sa mort, son dernier cri de joie et d'espérance. Son ardeur, souvent intempérante, excessive, téméraire, outrageuse — tout cela est vrai ■ — à défendre les vérités qui lui sont chères, s'est accrue, au lieu de s'éteindre, à mesure que l'âge lui a donné plus d'autorité. Mais le souci de la guerre à poursuivre et d'un véritable parti à diriger ne le détournent point des lettres qui ont été le charme et la gloire la plus incontestée de sa vie. En 1760, il donne encore une de ses tragédies les plus pathétiques, les plus originales, Tancrède, et c'est pour diriger dans sa quatre-vingt-quatrième année, les répétitions d'une autre tragédie, Irène, qu'il rentrera à Paris comme un triomphateur, rappelé par l'enthousiasme iniversel. Nul, à l'Académie, ne travaille plus que lui : pour constituer une dot à une petitenièce de Corneille, qu'il a recueillie et élevée, il demande de Ferney ( 1 70 i ) à l'illustre compagnie de patronner une édition du grand tragique, pour laquelle il écrit un commentaire très ('•tendu. Il devait mourir le 10 mai 1778 : le 7 il avait apporté à l'Académie le plan d'un nouveau dictionnaire, auquel il allait se mettre à travailler lui-même, quand la maladie l'arrêta.
Tel est ce Voltaire que les jeunes gens verront revivre sous leurs yeux en parcourant les lettres qui vont suivre. Quels qu'en soient le charme et la finesse, elles n'ont vraiment été écrites que pour satisfaire aux nécessités de chacun des moments de sa vie, pour instruire ses divers correspondants et non pour divertir la postérité ou pour la séduire. Aussi peut-on chercher et trouver, dans cette correspon-
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dance, comme dans celle de Cicéron, la seule qu'on doive lui comparer, les plus graves motifs d'accusation contre son auteur. Nous espérons pourtant qu'à cette lecture, cette opinion s'affermira, que, dans l'œuvre immense de Voltaire, le bien en définitive l'emporte sur le mal, et qu'il est juste que la postérité lui garde, avec son admiration, qu'elle ne lui marchande pas sérieusement, une sorte de reconnaissance fdiale. Ne dissimulons aucune de ses faiblesses ; et commençons par reconnaître son injustice et son aveuglement dans toute discussion qui touche à la religion et à la foi : il n'a compris ni la nature ni la puissance des sentiments religieux; il est descendu, pour les combattre, jusqu'aux plaisanteries les plus basses. Le désir de faire rire le public, pour s'en faire applaudir à tout prix, a trop rarement chez lui laissé place aux délicatesses du cœur : son fâcheux poème de la Pucellc en serait au besoin la preuve, si Ton n'était encore en droit de lui reprocher tant d'attaques calomnieuses, de démarches compromettantes, de dénégations mensongères, que les ardeurs de la lutte et les périls que courait alors un écrivain à dire ouvertement sa pensée expliquent sans les justifier. Enfin il manque à Volaire, pour s'attirer sûrement l'affection des hommes d'avoir connu l'amour ou l'amitié. Voltaire a eu des admirateurs et des disciples, auxquels il a donné le nom d'amis : il n'a jamais, au vrai, aimé qu'un homme au monde : lui-même. Mais il a passionnément aimé l'humanité. Le cœur, a-t-on dit !, est, lui aussi, capable d'abstraction : le xvnie siècle peut fournir à cette assertion plus d'un témoignage ; aucun n'est plus fort, plus éclatant que l'exemple de Voltaire, et cet amour qui a rempli sa vie, qui anime toute son œuvre, doit suffire à nous rendre sa mémoire chère et presque sacrée. Il n'a pas seulement aimé l'humanité; il l'a servie avec toutes les ressources d'une intelligence prodigieusement active et diverse. De cet amour et de ces services, il n'est aucun d'entre nous qui ne sente encore l'effet aujourd'hui. Certes il faut garder jalousement le culte de tous nos grands hommes, de Molière, de Bossuet, de Pascal, de Corneille : c'est par ceux-là qu'est arrivé jusqu'à nous, enrichi encore par leur génie, le trésor des vérités générales sur lesquelles la société humaine a toujours été fondée. Mais il semble que l'esprit de Voltaire, plus rapproché par le temps, ait avec celui de notre siècle des liens plus étroits, des rapports mieux définis.
1. M. Darlu : V Enseignement de I distribution dos prix du concours In monde, discours prononcé à lu | général en 1890.
Il a eu, par avance, notre universelle curiosité. Il a eu foi, comme nous, dans le succès des efforts continus de la raison, non pas une foi aveugle, car nul n'a mieux senti que lui notre faiblesse et ne Ta plus ingénieusement et plus souvent fait sentir ; mais si la raison n'est peut être pas en nous la seule faculté par laquelle nous connaissions le vrai, c'est assurément la seule que nous soyons les maîtres de diriger avec méthode vers la recherche de la vérité : ce n'est donc que d'elle que nous pouvons, en tant qu'hommes, suivant le mot de Descartes, attendre notre progrès. Enfin, il n'est personne dont les écrits aient plus contribué que ceux de Voltaire à faire regarder la tolérance et le respect des consciences, non pas seulement comme un devoir, mais comme la loi même des gouvernements modernes.
Les disciples de Voltaire, les voltairiens, comme on a dit, n'ont pas toujours bien servi les intérêts de sa gloire. Ces sectateurs de la raison ont imprudemment prétendu nier tout ce qui dépasse les forces de la raison ; ces amis de la tolérance sont devenus parfois les intolérants prédicateurs du déisme ou de l'athéisme. Méprisons ces excès, dont nous pouvons avouer que Voltaire lui-même, dans l'ardeur de la lutte, n'a pas toujours su se défendre ; mais retenons les bienfaits de la doctrine : elle est faite tout entière d'esprit critique et de modération1.