Poussin ( 1 59 \- iG65); — Lebrun
3. Poussin a composé, sur ce sujet, deux séries de sept tableaux :
elles sont toutes deux à Londres.
/,. Voir page 85, note 1.
VOLTAIRE
dont vous m'honorez l, parce qu'elle est un peu impotente ; mais mon cœur, qui ne l'est pas, y répondra.
Raisonnons ensemble, raisonnons.
Les monologues, qui ne sont pas des combats de passions, ne peuvent jamais remuer l'Ame et la transporter. Un monologue, qui n'est et ne peut être que la continuation des mêmes idées et des mêmes sentiments, n'est qu'une pièce nécessaire à l'édifice ; et tout ce qu'on lui demande, c'est de ne pas refroidir. Le mieux, sans contredit, dans votre monologue du second acte2, est qu'il soit court, mais pas trop court. On peut faire venir Fanie3, et finir par une situation attendrissante. Je tacherai d'ailleurs de fortifier ce petit morceau, ainsi que bien d'autres. On a été forcé de donner Tancrède avant que j'y eusse pu mettre la dernière main. Cette pièce ne m'a jamais coûté un mois. Vos talents ont sauvé mes défauts ; il est temps de me rendre moins indigne de vous.
Je ne suis point du tout de votre avis, ma belle Melpomène, sur le petit ornement de la Grève4 que vous me proposez. Gardez-vous, je vous en conjure, de rendre la scène française dégoûtante et horrible, et contentez-vous du terrible. N'imitons pas ce qui rend les Anglais odieux. Jamais les Grecs, qui entendaient si bien l'appareil du spectacle, ne se sont avisés de cette invention de barbares. Quel mérite y a-t-il, s'il vous plaît, à faire construire un échafaud par un menuisier? En quoi cet échafaud se lie-t-il à l'intrigue? Il est beau, il est noble de suspendre des armes et des devises5. Il en résulte qu'Orbassan. voyant le bouclier de Tancrède sans armoiries, et sa cotte d'armes sans faveurs des belles, croit avoir bon marché de son adversaire6; on jette le gage de bataille, on le relève;
i. C'est-à-dire que Voltaire dicte sa lettre à un secrétaire.
2. A la lin du second acte de Tancrède. qui avait été représente le 3 septembre. M"c Clairon y jouait le principal rôle, celui d'Aménaîde, et elle avait demandé à Voltaire d'y apporter quelques retouches.