‹ Lettres (volume 2)Chapitre 1 sur 195 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

// y a trente uns que fai découvert aux archives d'Alcala de lîénarès les lettres qui font l'objet de cette publication ; il y en a vingt-huit que fai donné leur première forme aux pages destinées à les présenter au public. Et, après de tels délais, elles voient le Jour à une heure où des événements grandioses et tragiques, retenant toute Vatlention, semblent devoir rejeter dans Vombre des documents qui nont quune valeur historique !

Encore ne craindrai-je pas d'avouer que la valeur de ces lettres n'est plus la même que lorsqu'une bonne Providence me les fil trouver. Alors, on ne connaissait qu'un nombre infinie de lettres du duc de Bourgogne et j'en apportais deux cent douze, toutes inédites, toutes autographes, datées et signées. Aujourd'hui, on en possède environ cinq cent cinquante dont cent vingt-huit, il est vrai, ne sont que des rapports militaires au Roi et au secrétaire d'Étal Chamillarl.

Alors, en dehors de l'ouvrage édifiant, mais vieilli, de Vabbé Proyart, et de la thèse courte et partiale deMonty, il n'existait aucune histoire critique et approfondie de l'aîné des petits-fils de Louis XIV. Aujourd'hui, sans compter de récentes études sur Fénelon qui, pour la plupart, consacrent bon nombre de pages à son royal disciple, la savante et sage introduction de M. le marquis de Vogué à la correspondance du duc de Bourgogne et de Beax oillier, l'élégante et complète biographie de la duchesse de Bourgogne par M. le comte d'Haussonville n'ont pas laissé grand'chose à glaner à de nouveaux historiens.

Je n'ai même pas la ressource de prétendre, quoique venant

après eux, que j'apporte au sujet quelques éléments qui leur

auraient échappé ; car je m'étais fait un plaisir de mettre

entre leurs mains la précieuse copie faite aux archives d'Al-

II a

Il AVERTISSEMENT.

cala et, avec mon plein asseniimenl, ils y ont puisé autant qu'ils Vont jugé bon.

Pourquoi donc ai-je tant tardé? Et pourquoi me suis-je enfin décidé?

Ma vie avait changé d'orientation et je ne me sentais plus, je dois le reconnaître, d'humeur à publier une collection de documents,' il me semblait, à tort ou à raison, que des tâches plus utiles et plus sacrées m'appelaient; au fur et à mesure que les années s'écoulaient, ces tâches grandissaient en nombre et en importance. Mon manuscrit restait là, les lettres copiées, avec un commencement d'annotation, l'introduction écrite, moins la conclusion.

Et je crois bien qu'ilen eût été ainsi jusqu''à mon dernier jour, si je n'avais eu le bonheur de rencontrer l'admirable et modeste érudil qu'est M. Lecestre, ce digne continuateur de M. de Boislisle dans la monumentale édition des Mémoires de Saint-Simon.

Il me pressait d'en finir, car, je le confesse, j'avais des engagements avec la Société de l'Histoire de France, dont, ainsi que le très regretté Noël Valois, M. Lecestre défendait énergiquement les intérêts et les droits. Je lui dis un jour : « Sans vous, je ne puis rien ; tout cela est trop loin de moi ; voulez-vous vous charger des notes ? »

M. Lecestre accepta. Bien plus, il enrichit notre publication d'une autre correspondance qui la complétait à merveille et qu'avaient conservée les archives du Ministère de la guerre: les Lettres du duc de Bourgogne au Roi et à Chamillart pendant les campagnes de 1703 et de 1708 '. Il prit la peine de rassembler une cinquantaine de lettres du prince disséminées dans sept recueils différents et il y joignit dix lettres inédites^. De la sorte, nous donnions toutes les lettres connues du duc de Bourgogne, en dehors de celles qui ont été publiées par M. le marquis de Vogué dans son livre : Le duc de Bourgogne et le duc de Beauvillier, ou par le général Pelet dans les Mémoires relatifs à la guerre de la succession d'Espagne.

Un premier volume parut au début de 1913.

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