‹ Lettres (volume 2)Chapitre 2 sur 195 · AVERTISSEMENT. III · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. III

Le second était prêt, sauf mon introduction qui demandait une mise au point, lorsque la guerre éclata. On m'excusera d'être devenu la cause d'un dernier retard. Si mon âge et des occupations que l'autorité jugea plus utiles ne me permirent pas, comme je l'eusse souhaité, de porter à nos soldats du front l'aide de mon ministère, et au besoin de mes bras, du moins eus-je le bonheur d'être « mobilisé » pour des besognes qui intéressaient assez directement la défense morale de notre patrie.

Si même la vie des tranchées permet au .soldat quelques heures de lecture et d'éludé, je veux croire qu'on ne sera pas scandalisé que j'aie trouvé en fin les quelques moments nécessaires pour mettre le point final à une œuvre depuis si longtemps entreprise et que réclamaient, avec une insistance justifiée, imprimeur et éditeur.

Avant les travaux de M. le marquis de Vogué et de M. le comte d'Haussonville, assez volontiers eussé-je pris prétexte de cette introduction pour tracer, aussi complètement que possible, l'histoire et le portrait du duc de Bourgogne. Je ne le crois plus utile. Je me bornerai donc à montrer dans les pages qui vont suivre ce que cette histoire et ce portrait ont du aux lettres que, jeune débutant, j'avais la joie de rapporter, avec tant d'autres documents, à l'automne de 1 886.

Et ce m'est une autre joie, austère et profonde celle-là, de penser aux espérances que peuvent faire naître dans nos cœurs les lettres qui composent ce recueil. Elles commémorent les douze années d'une guerre ininterrompue, où la France et l'Espagne tinrent tête à la formidable coalition de l'Angleterre, de l'Allemagne, de l'jVutriche, de la Hollande, du Portugal, de la Savoie, livrant bataille sur tous les fronts des Pays-Bas, d'Allemagne, d'Italie, d' Espagne, sans oublier les mers ^ elles sont pleines des noms dont depuis dix-huit mois retentissent nos communiqués militaires ,' n'y retrouvet-on pas jusqu'à la guerre de tranchées, avec ses lenteurs et ses incidents ? Les principales racontent de lamentables défaites ; elles disent la Belgique envahie et foulée aux pieds des armées qui se disputent son sol ensanglanté, armées humaines, celles-là, il est vrai, et douces à l'habitant ' nos seuls alliés, les électeurs de Cologne et de Bavière, momen-

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