‹ Lettres (volume 2)Chapitre 155 sur 195 · Vol. Guerre 2078, n" 18, copie · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 2078, n" 18, copie

Je vous envoie le mémoire pour les trois soldats aux Gardes, vous me ferez savoir les ordres du Roi sur ce qui les regarde.

A Chninillart *.

Au camp de Braîne-rAlleu, le 27 juin 1708.

La pluie est aussi fréquente qu'à la cour, Monsieur ; mais elle ne fait encore rien contre nos projets ; car l'exécution n'en est pas encore si proche. J'ai vu hier une lettre du comte de Bergeyck par laquelle il me paroit que l'affaire n'avance pas beaucoup, et certainement il aura raison de ne s'v engager qu'autant qu'il en pourra espérer la réussite ; car il y va de tout pour ceux qui entreront dans son intelligence. Je lui ai cependant écrit pour le presser autant qu'il sera possible. Je navois pensé à envoyer un officier à la cour que pour avoir l'approbation du Roi sur notre projet et le lui expliquer, en cas qu'il ne l'eût pas goûté d'abord ; mais je ne crois pas que j'en fasse partir présentement, n'ayant rien de particulier à lui faire connoître présentement sur ce dessein, et ma lettre ayant fait l'effet que cet officier auroit pu faire.

Quoique je ne voulusse plus parler pour personne, je ne puis m'empêcher de dire un mot pour le sieur de la Viérue, maréchal des lojjisde la cavalerie dans cette armée et dont le Roi connoît l'ancienneté : il ne demande point de cesser à faire sa charge et dit que l'honneur lui tiendra lieu de tout; il m'a paru extrêmement touché. Du reste, il n'y a rien de nouveau ici, et il y a bien de l'apparence que les ennemis ne se détermineront que sur nos mouvements, car ils n'ignorent pas notre supériorité.

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