Vol. Guerre 2081, n
projet la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 de ce mois. 11 n'est pas nécessaire que je m'étende sur les fruits que l'on en peut retirer. Je mande même au Roi qu'on ne peut prévoir jusqu'où cela peut aller. Le courrier est chargé d'une autre lettre qu'il vous rendra en même temps que celle-ci, et qu'il pourroit donner si quelque parti lui demandoit à voir ses paquets, ce que je ne crois pas.
A Chamillart ^.
Au camp de Lede, le 7 juillet 1708.
Je reçus avant-hier au soir les lettres du Roi, Monsieur, avec les copies de celles qu'il écrit à l'Electeur, et vous au maréchal de Berwick. Il ne se peut rien ajouter à ce que vous lui mandez par l'ordre du Roi, et je ne doute pas qu'il ne suive absolument ses intentions et qu'il ne préfère le bien du service à des intérêts particuliers. Pour ce qui est des desseins du prince Eugène, nous en verrons bienlot le dénouement. Il est depuis hier à l'armée ennemie, et je crois ses troupes aujourd'hui à Maëstricht. Il y a quehpies jours que je n'aipas eu de nouvelles du maréchal de Berv^^ick ni de Saint-Frémont ; je crois cependant la tète de leurs troupes bien prèsde^^amur présentement. Ce n'est pas dans ce pays-ci qu'on aura de la peine à faire subsister bien des troupes. Je ne crois pas qu'il s'en puisse voir un plus abondant. Je crois que le Roi saura bientôt la prise du château de Gand, et sans coup férir. Je voulois dépêcher ce courrier à midi ; mais j'ai eu tant d'affaires depuis ce matin que je ne pourrai le faire partir peut-être pas devant minuit; vous en aurez un apparemment à douze heures, ou quinze tout au plus, de lui ; et, dans les situations où
1. Vol. Guerre 2081, n" 35. Le même jour le prince avait écrit au Roi une lettre, qui a été publiée dans les Mémoires militaires, tome VIII, p. 381, et dont l'original est dans le vol. 2108, n° 17, et unecopiedans le vol. 2081, n° 33.
AIM'ENDICE. 303
nous allons èlre, je crois (|u il sera nécessaire d en dépêcher plus souvent que de Braîne-l'Alleu. Je ne pense pas que les ennemis osenl se déterminer à faire de siège devant nous.
Je ne doute pas que, pour le bien de la chose premièrement, mais ensuite pour mon compte particulier, vous n avez été bien aise de ce qui nous est arrivé d'heureux, car je sais ce que vous pensez, sur ce sujet, et vous savez aussi l'estime et l'amitié que j'ai pour vous.
A Chamillart^.
Au camp de Lede, le 8 juillet 1708.
Voilà le château de Gand pris. Monsieur, et nos entreprises finies quant à présent ; car vous verrez que je ne suis pas de l'avis de M. de Vendôme de s'attacher si promptement à un siège, et que je crois qu'il laut un peu voir ce que feront les ennemis après leur jonction. De (|uelquc manière que ce soit, il me paroît qu'il nous faudra bientôt remonter la Dendre ; car il paroît qu'ils veulent venir du côté de Grammont et de Lessines. Nous y allons toujours ouvrir des marches, pour nous y porter aisément quand il sera nécessaire. On fait cependant des Iburs à Gand, où je crois qu il faudra établir un magasin considérable.
A Chamillart'-.
Au camp de Lovendeghem, le 16 juillet 1708.
Je vous envoie un mémoire, Monsieur, concernant la nécessité d'avoir ici de l'argent pour la subsistance de cette armée, où les vivres et l'argent nous manqueront tant que les ennemis couperont la communication de Lille à Ypres,