‹ Lettres (volume 2)Chapitre 158 sur 195 · Vol. Guerre 2081, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 2081, n

ainsi qu'ils le font présentement. Je vous en ai déjà touché un mot hier ; mais, comme il nous manque plusieurs ordinaires et que les ennemis pourroient bien avoir arrêté le courrier, je vous en écris plus amplement encore aujourd'hui. Vous verrez dans la lettre que j'écris au Roi les nouvelles que nous avons des ennemis qui apparemment, ne pouvant nous attaquer ici, veulent nous traverser dans nos vivres, et tirer des contributions avant de se déterminer à aucune entreprise. J'ai peine à croire qu ils en fassent de ces côtés-ci ; et, s'ils ont quelque dessein, je crois plutôt que ce sera du côté de la Meuse. J attends ce soir le premier courrier que j'ai envoyé après notre malheureuse affaire, pourvu qu'il n'ait point rencontré les ennemis.

A Chamillart^ .

Au camp de Lovendeghern, le 19 juillet 1708.

Nous espérons bien encore de conserver Gand et Bruges, Monsieur, et même nos espérances croissent tous les jours. Vous aurez su ce que les ennemis ont fait du côté d'Ypres et de Lille; mais j'espère que leurs progrès n'iront pas plus loin, et que, s'ils ne peuvent point forcer ici, ce que je ne crois pas qu'ils fassent, et peut-être même qu'ils entreprennent, ils ne pourront pas demeurer longtemps sans repasser la Lys et ensuite l'Escaut.

J'ai lu le mémoire que le Roi m'a envoyé. Le maréchal de Bervvick ne peut plus se séparer sous Lille et Tournay et doit achever demain d'assembler son armée sous Douay. Pour nous, quand même les ennemis marcheroient pour nous déposter, ce que je ne crois pas qu'ils fassent, ainsi que je vous l'ai déjà dit. ils y auroient une grande difficulté et y pourroient bien perdre beaucoup de monde sans y réussir; car nos retranchements seront incessamment achevés. Nous avons pris ce matin le fort Rouge, situé à deux lieues

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