Vol. Guerre 2082, n
2. Vol. Guerre 2082, n° 264. Le n° 263 est une courte lettre à Charaillart du même jour.
travaux vont lentement et qu'ils ne se mettent point en peine de retenir leurs pionniers, dont il leur déserte un très grand nombre, j'ai ciu qu'il ne falloit point précipiter un mouvement (jui Icroll (|n(; nous découvririons également Gand et la Picardie dans un temps où les ennemis, sans rien riscpier, pouvolent se [)orter de l'un des deux côtés à leur choix, ou rassembianttoutes les forces pour empêcher notre jonction ou nous obliger à les combattre postés à leur avanta<re. J ai donc écrit au maréchal de Berwick qu'il devoit surseoir sa marche et demeurer à Mortagne jusqu'à ce qu'il eût des nouvelles certaines de l'ouverture de la tranchée devant Lille, et qu'alors ce seroit à lui à marquer précisément le temps que nous devrions effectuer notre jonction pour nous porter ensuite sur Tournay de la manière que je l'ai mandé à Votre Majesté, que jusque là je suspendrois aussi mes mouvements en attendant que je visse les ennemis absolument attachés au siège de Lille par l'ouverture de la tranchée. Ainsi notre marche pourra encore être suspendue de quelques jours, et sera toujours sure dès que les ennemis, ayant commencé l'attaque, ne pourront passer l'Escaut qu'affoiblis d'un gros corps qu'il faudra laisser devant la place, et les mêmes raisons subsisteront alors pour faire notre jonction de la même manière que j'ai eu l'honneur de le mander à Votre Majesté avant-hier.
Depuis ma lettre commencée, il m'est venu un avis que l'armée ennemie avoit aujourd'hui passé l'Escaut et campé à Pottes, apparemment sur ce qu'hier j'avois fait reconnoître un camp de l'autre coté de cette rivière. Cette nouvelle mérite encore confirmation ; mais, si cela étoit vrai, on ne pourroit pas douter que les ennemis ne voulussent tâcher d'empêcher notre jonction avec le maréchal de Berwick. Je supplie Votre Majesté d'être toujours persuadée du profond respect et du tendre attachement que j'ai et que j'aurai toute ma vie pour sa personne.
Au Roi"^.
Au camp de Lovendeghem, le 25 août 1708.
J'ai reçu hier au soir par un courrier du maréchal de Berwick la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 22 de ce mois. La tranchée n'a été ouverte devant Lille à droite et à gauche que la nuit du 22 au 23. Ainsi nous allons songer à la jonction avec le maréchal de Berwick de la même manière que j'ai eu l'honneur devons mander il y a quelques jours, n'ayant suspendu nos mouvements que sur ce que le premier avis ne s'étoit pas trouvé véritable. Je ne crois pas que Marlborough seul soit en état de s'y opposer, et, si par hasard il le vouloit, peut-être la ferions-nous malgré lui, et serions-nous en état de retomber sur lui en forces.
Il y a un cas dont je n'ai point encore parlé à Votre Majesté et qui nous feroit changer notre projet : qui seroit, si les ennemis A^oulant favoriser un convoi qui leur doit, à ce que l'on dit, venir encore de liruxelles, s'approchoient de la Dendre quand le maréchal de Berw'^ick ira à Mons, où il doit être aujourd'hui ; car alors il faudroit nécessairement forcer des marches pour nous joindre entre la Lys et l'Escaut, ce qui pourroit réussir plutôt que manquer : il sépareroit les ennemis de manière que le prince Eugène en pourroit pàtir; mais je doute qu ils s'éloignent assez les uns des autres pour s'y exposer. Si, comme il y a toute apparence, les armées des ennemis se rejoignent aux environs de Lille, soit pour nous défendre le passage de la Marque, soit pour se tenir dans les lignes, il faudra s'avancer sur eux avec beaucoup de lenteur, d'ordre et de précautions, et bien et mûrement peser le parti qu'il y aura h
1. Vol. Guerre 2082, n° 283. Le même jour, le prince écrivit au maréchal de Berwick une lettre qui a été publiée dans les Mémoires militaires, tome VIII, p. 430.
APPENDICE. .'i27
preiulro on instruisant Votre Majesté autant que le tennps le pourra permettre.
Un homme venu hier dos environs de Lille assure que, du côté du chemin de Douay, ils n'ont qu'une petite contrevallation et point de lignes de circonvallation, ce qui marqueroit que les ennemis disputeront le passage de la -Marque et de la haute Deulc ; mais cette nouvelle mérite d'être confirmée et que l'on examine la chose bien sûrement. Après cela, Votre Majesté sait qu'il se trouve de telles difficultés que l'on ne peut ni exécuter ni même tenter, sans le laire absolument contre la prudence, les choses que l'on désire le plus ardemment ; mais il faut espérer que nous ne nous trouverons point dans cette situation.
Je suis ravi que Votre JMajesté attache le maréchal de Berwick auprès de moi ; je pourrai avec lui prendre des partis que je n'oserois hasarder de moi-même, et sa présence empêchera beaucoup de raisonnements inutiles et même dangereux, ou du moins en empêchera l'effet.
Je doute que le maréchal de Matignon puisse assister à ce qui se passera ni aux conseils qui se tiendront. Il est depuis quinze jours dans un abattement et même une espèce de défaillance ; il a résisté tant qu'il a pu ; mais enfin, son état ne faisant qu'empirer, il partit avant-hier pour se faire porter à Tournay. Je crains bien qu'il ne se puisse relever de cet état, d'autant plus que nous entrons dans une mauvaise saison pour de pareilles maladies.
J'exécuterai les ordres de Votre Majesté au sujet du chevalier de Saint-Georcres et de mon frère.
Je ne perdrai pas un moment de temps, présentement que j'ai des avis certains de l'ouverture de la tranchée, ce qui me marque les ennemis attachés au siège et hors d'état de fortifier Marlborou^h de g[ros détachements.
Je supplie Votre Majesté de croire que je serai toujours très attentif à exécuter ses ordres le mieux qu'il me sera possible et à lui donner en tout des marques de mon tendre attachement et de mon profond respect.
Au RoiK Au camp de Melle, le 27 août 1708.
La marche que nous avons laite aujourd'hui marquera à Votre Majesté que nous sommes en mouvement pour exécuter ses ordres. Nous voici enfin passé l'Escaut, et, si l'ennemi ne fait point de mouvement qui le porte sur la Dendre du côté de Grammont, nous marcherons demain dès la pointe du jour sur Ninove pour y passer cette rivière et nous y joindre au maréchal de Berwick, auquel je mande de hâter sa marche pour cet effet. Ainsi je compte, s'il n'arrive nul empêchement, d'être dès demain sur la Dendre et de la passer même à Ninove, auquel cas ma jonction avec le maréchal de Berwick est immanquable.
Je ne sais comment j'avois oublié de vous marquer dans ma dernière lettre que je ne pensois plus à marcher par Grammont, que mon dessein étoit d'aller par Ninove, ainsi que j'ai su depuis que c'étoit l'intention de Votre Majesté ; je me trouve bien heureux d'avoir prévu ce qu'elle désire de nous, qui en effet est la seule chose à faire depuis que l'ennemi s'est porté sur la Rône. Il me paroît, par tout ce qui me revient, que la bonne volonté est dans les troupes et qu'elles ne demandent pas mieux que de revoir l'ennemi, et celte disposition est un grand point. Dès que la jonction sera faite, ce que j'espère entre ci et après-demain au soir,j'enenvoieraila nouvelle à Votre Majesté, et je me flatte que tout réussira pareillement avec succès.
Je viens d'avoir nouvelle que les ennemis n'avoient point encore marché ce matin, ce qui me fait espérer de plus en plus que nous réussirons et que je pourrai mériter son estime, ainsi que je mérite ses bontés par le respectueux
1. Vol. Guerre 2082, n° 302. Sous le n° 303, une lettre du même jour à Chamillart.
attachement »|ne j'ai et (\i\o j'aurai pour Voire Majesté toute ma vie.
Les avis (jue les ennemis n'ont point marché me sont confirmés encore ; ainsi j'espère de plus en plus que Votre Majesté aura lieu d'être contente de noire pr(»jel.
.1// RoiK Au camp do Mnovc, le 29 août 1708.
Quand je reçus hier la lettre de Votre Majesté du 26, il n'étoit plus temps de penser à exécuter ses derniers ordres ; la tête de l'armée n'étoit plus qu'à une lieue d'ici, et le maréchal de Bervsick en marche pour me joindre. Si je les avois reçus deux ou trois jours plus tôt, alors j'aurois pu prendre mes mesures en conformité. Il m'auroit cependant été bien difficile de mettre la Dendre devant moi à Alost, n'ayant que Gand pour tirer mon pain, que Marlborough auroit pu me couper. Il en auroit toujours fallu revenir à s'approcher de la place, et ce mouvement n'auroit fait que servir à allonger ma marche.
Je partis hier matin de Melle, et marchai ici sur quatre colonnes. L'armée n'arriva que fort tard, ayant eu un grand chemin à faire, et une partie des troupes ne se campèrent qu'à minuit. Le duc deBerwick vint àHérinnes, ainsi qu'il a eu l'honneur d'en rendre compte à Votre Majesté. Il s'est rendu ici ce matin de sa personne, a pris l'ordre ce soir, selon vos intentions et va désormais devenir inséparable de moi.
Je n'ai point encore de nouvelles que les ennemis aient marché de derrière la Rône ; ainsi je marche demain matin droit sur Lessines, et tâcherai d'entrer dans cette plaine en passant le ruisseau d'Acren. Les troupes du maréchal de Berwick, qui se sont aujourd'hui avancées à une demi-
1. Vol. Guerre 2082, n" .317; lettre du même jour à Chamillart sous le n^SlS.
lieue de Grammont. passeront la Dendre partie dans cette ville, partie sur des ponts que je ferai faire au-dessous, et me joindront dans la marche. Si cette jonction oblige les ennemis à passer l'Escaut, alors je continuerai à marcher sur Tournay par le même côté de la Dendre; mais, s'ils se portoient à Leuze, en un lieu où l'avantage du nombre ne me feroit rien pour les attaquer, alors je passerois la Dendre au-dessus de Lessines et prendrois ma route, laissant cette rivière sur ma droite. J'espère par là être dans quatre ou cinq jours à Tournay, pour ensuite song^er à marcher au secours de Lille, où les liijnes des ennemis ne sont que très imparfaites. L'armée a du pain pour jusqu'au 2 inclus, et je crois être entre ci et ce tempslà en état d'en retirer sans aucune difficulté. J'espère que Votre Majesté aura lieu d'être contente de nous, son service étant mon unique but, ainsi que de lui marquer en tout mon très respectueux attachement.
A Chamillart'^.
A Tournay, le 2 septembre 1708.
Nous touchons. Monsieur, à un grand événement dont j'espère le succès, et certainement les ennemis sont embarrassés à présent infiniment plus que nous, qui ne le sommes guère jusqu'ici, et qui, s'il plaît à Dieu, le serons encore moins dans la suite.
M. de Bervï^ick n'a pas fait un petit sacrifice certainement que ce qu'il a fait il y a quatre jours, conformément aux ordres du Roi.
Il seroit difficile d empêcher mes courriers de se charger de quelques lettres ; mais l'ordre du Roi, ainsi que vous me le marquez, fermera la bouche à tout le monde. Il est bien juste qu'il sache le premier ce qui se passe, et
1. Vol. Guerre 2083, n° 10. Le n° G est une lettre à Chamillart, du l*"" senîembre, sans intérêt.
APPENDICE. 33 i
le saura encore plus vite présentement qu'il ne sera plus nécessaire de mettre les lettres en chifTies.
.1^^ RoiK Au camp d'Orctj, le 10 septembre 1708.
J'avois eu l'honneur de mander à Votre Majesté avanthier que, le secours de Lille reconnu impossible par le cAté où les ennemis s'étoient retranchés, notre dessein ctoit de nous camper ainsi que nous le sommes à présent, la droite au ruisseau de Templeuve et la gauche à celui d'Orcq, de retrancher ensuite tout le front de ce camp pour en pouvoir détacher de la cavalerie qui interrompît les convois des ennemis et s'approchât des subsistances. Mais, en arrivant ici, la chose a été reconnue unanimement impossible, ainsi que Votre Majesté le verra par la lettre (|ue le duc de Vendôme se donne l'honneur de lui écrire. Il nous faudroit un temps considérable pour nous retrancher, et nous ne pourrions, avant que cela fût perfectionné, détacher aucune cavalerie ; les convois ne seroient point absolument interrompus, et ce pays a été si mangé que la cavalerie n'y pourroit subsister, ce qui est une raison qui m'a paru sans réplique. Je vais donc me porter demain de l'autre côté de l'Escaut ; je camperai, ma gauche à Tournay et ma droite tirant sur la Rône ; j'allongerai Chemerault, avec vingt-quatre bataillons et trente-quatre escadrons, jusqu'à la hauteur d'Audenarde par Mortagne, et, par Condé, je donnerai la main au chevalier de Luxembourg, qui est derrière la Scarpe, ayant ses vingt-trois escadrons de cavalerie et quatre de dragons à ses ordres ; ainsi je serai dans celte situation en état de barrer abso-
1. Vol. Guerre 2083, n°62. Une lettre du 6 septembre, au Roi, a été publiée dans les Mémoires militaires, tome VIII, p. 91, et il y a à la même date une courte lettre à Chamillart dans le volume 2083, n° 27.
lument aux ennemis la communication avec le Brabant, de soutenir le pays de Votre Majesté toutes et quantes lois qu'il sera nécessaire, et de passer l'Escaut et de marcher en avant tout aussi facilement que je passerois un retranchement. J'ai cru, par toutes les raisons que je viens d'expliquer à Votre Majesté, que le parti que je prends étoit le plus convenable pour son service, et le plus selon ses intentions. J'envoie en même temps dix bataillons espagnols du côté de Mons, selon que le comte de Bergeyck m'a demandé pour exécuter son projet sur Bruxelles, Puyguion les commandera et aura sous lui d'AvekIa, maréchal de camp espagnol. Le comte de Bergeyck m'a aussi demandé ces officiers avec des canonniers et des mineurs ; j'envoie de plus le sieur de la Combe, ingénieur. On tirera du canon de Mons, et le comte de Bergeyck ne doute pas de la réussite de l'entreprise, pourvu que la communication avec le Brabant soit entièrement coupée, ce que nous ne pouvons faire qu'en nous plaçant de l'autre côté de l'Escaut. Les ennemis ont repris aujourd'hui le même camp qu'ils avoient derrière Pont-à-Tressin et Pont-à-Bouvines, lorsque nous étions ici il y a quinze jours. J'ai eu des avis qu'il marchoit des troupes du côté de Lannoy ; mais jusqu'ici je n'en sais rien de certain. Il arriva encore hier au soir à Audenarde quelques charrettes chargées de boulets. J'espère que ce seront les derniers qui passeront. Les bontés que Votre Majesté continue de me témoigner me touchent plus sensiblement que jamais, etc.
Au marquis de Cany, secrétaire d'Etat en su?-çi^ance^. Au camp dOrcq, le 16 septembre 1708.
Je ne sais pas paroù commencer, nipar où finir maleltre ; car, quand je considère que j'écris à un secrétaire d'Etat,
1. Vol. Guerre 2083, n° 64; lettre publiée dans les Mémoires de Saint-Simon, tome XVI, p. 317 note. Chamillart
à qui j'adresse un paquet pour le Roi, je me crois obligé de tomber dans le sérieux, et, quand je songe combien je suis plus vieux que vous, je suis quasi tenté de vous prendre encore pour un enfant. M'importe votre commission est d'un homme d'importance ; aussi je vous parlerai comme à un ministre ciiargc des plus grandes affaires, et certainement celles-ci ne sont pas petites. N'oubliez donc pas, quand vous aurez remis mon paquet au Roi, sans parler gras, si vous pouvez, d'envoyer ma lettre ou de la portera Madame la duchesse de Bourgogne, et celle pour Monseigneur aussi, et de me mander quelle mine on vous lait quand vous portez des nouvelles. Faites aussi mes compliments à Querro, à M. de la Feuillade et à tertous^. J'espère que nous nous verrons à quelques chasses cet hiver. Vous direz à la duchesse Lansquenet que, si elle a besoin d'argent pour jouer, ce n'est pas ici qu'il en faut venir chercher ; car il est très rare sur les fins des campagnes. Vous direz aussi à M™^ de Cany que M. de iMortemart continue à se bien porter, à quelques stupéiactions près, qui lui prennent de temps en temps.
Au Roi'i.
Au camp du Saussois, le 18 septembre 1708.
L'armée de Votre Majesté passa hier l'Escaut, ainsi que j'avois eu l'honneur de vous le mander avant-hier. Chemerault tut dès hier devant Audenarde avec sa cavalerie,
étant venu en Flandre, c'était son fils Cany, encore très jeune, qui le suppléait comme secrétaire d'Etat.
1. Tertous ou tretous, expression de patois normand signifiant : tous, tout le monde ; on ne sait qui le prince désigne par le surnom de Querro ; la duchesse Lansquenet doit être la jeune duchesse de Lorge, fille de Charaillart, qui était très joueuse (Mémoires de Saint-Simon, tome HX-IY , p. 275).
2. Vol. Guerre 2083, n° 71; lettre du même jour à Chamillart au n° 72.
et son infanterie y devoit être aujourd'hui ; il a vingtquatre bataillons et trente-quatre escadrons. Le comte de Coigny est à Berckem avec les dragons, Soutei-non à Escanaffe avec neui' bataillons et dix escadrons, la Châtre avec un pareil corps à Pottes, et l'armée s'étend sur deux lignes depuis Hérinnes jusqu'à Tournay. Tous ces corps se communiquent tellement que je crois le passage de l'Escaut bouché aux ennemis et les convois interrompus. Nous suivons cependant les idées du comte de Bergeyck dont Votre Majesté est instruite, et je fais encore partir aujourd'hui une brigade de cavalerie et une d'infanterie aux ordres du sieur d'Ourches, maréchal de camp, pour se joindre aux dix bataillons espagnols partis d'hier.
Comme il n'est plus question d'une surprise sur Bruxelles et que notre situation nous met en état de nous en rendre les maîtres par la force, j'ordonne au sieur de Saint-Hilaire de faire partir de Douay douze pièces de gros canon pour les envoyer à Mons, d'oîi le comte de Bergeyck les emploiera à ce qu'il jugera nécessaire. Tout se dispose heureusement, et j'espère que Votre Majesté aura lieu d'être contente de nous, le reste de la campagne, que nous empêcherons les ennemis de réussir dans leurs projets et que nous prendrons encore sur eux des avantages.
Il est certain que, tant que nous n'étions point couverts de l'Escaut, nous ne pouvions ni subsister, ni faire le même effet et les mêmes détachements que nous sommes en état de faire dès que nous sommes couverts de cette rivière.
J'ai écrit au comte de la !Motte, afin qu'il retourne à Gand avec les détachements qu'il en a emmenés, dès que les troupes qui viennent du côté de Mons se seront approchées de Bruxelles, selon l'intention de Votre Majesté, qui est qu'il veille du côté de la mer.
Je n'ai point eu de nouvelles du maréchal de Boufllers ces derniers jours ; on tira assez de canon hier au siège ; ce matin l'on en a moins entendu. Je n'en sais point non plus des détachements (|ui éloieui partis de l'armée enne-
mie pour marcher vers Aiulcnarde. 11 faut qu'ils n'aient point pusse 1 Kscaut puiscpuî CluMueraiilt ne m'en a rien mandi'. J'espère que Voire Majesté, etc.
A Cliamillart^.
Ail l'iiiiip du Suussois, le 20 septembre 1708.
Si j'avois su, Monsieur, que vous fussiez arrivés dès le lundi au soir à Versailles, je vous aurois envoyé directement mes lettres à Douay ; mais je comptois sur ce que vous m'aviez dit que vous n'arriveriez que le mardi matin. Vous verrez, par la lettre que j'écris au Roi 2, que nous avons déjà pensé aussi à barrer Ostende, et les divers mouvements que les ennemis ont faits depuis deux jours. Des gens qui ont été dans leurs armées assurent qu'ils n'ont plus de poudre que pour quatre jours et qu'ils doivent donner des assauts pour tâcher d'emporter la place. D'ici à ces lemps-là, je tâcherai d'être méchant, ainsi que vous me l'avez demandé par Madame la duchesse de Bourgogne ; je sais qu'il le faut être pour maintenir la discipline, surtout dans l'état où vous savez qu'elle est. Je suis ravi que votre voyage se soit passé heureusement, et que le Roi sache présentement les vérités dont vous avez été vousmême le témoin.
A Cliamillart^.
Au camp du Saussois, le 21 septembre 1708.
Je vous envoie, Monsieur, les nouvelles que j'ai reçues ce matin du maréchal de BoulHers. On a encore beaucoup tiré cette nuit et ce matin ; mais on n'a point entendu de feu d'attaque.