Vol. Guerre 2084, n
APPENDICK. .W.)
mis ; car nous n'aurons pas de quoi subsister de ce côlélà. Vous savez ce que vous m'avez dit l.à-dessus et ce que vous lui en avez dit à lui-inciuc. Ainsi, à moins (juc le l\ol n'ait changé de senlimcni, je crois qu'il sera lion de lui marquer nettement (jue cela ne peut convenir en aucun cas, afin qu'il se réduise à des idées plus convenables. La demande, sur laquelle il a tellement insisté que je n'ai pu m'y opposer à la fin, d'envoyer encore huit bataillons et six escadrons du côté de Saint- Venant pour en chasser les ennemis, m'avoit fait croire qu'il songeoit à former des cantonnements peu à peu ; mais j'ai su qu'il pensoit différemment et qu il étoit toujours de son sentiment sans en avoir changé. Il est donc important qu'il sache à quoi s'en tenir, afin que nous ne nous trouvions pas de sentiments différents quand il s'agira de prendre un parti...
J'oubliois de vous dire que, quand même il conviendroit de faire le mouvement que M. de Vendôme propose, la cavalerie achèveroit de s'y ruiner absolument, et l'on ne pourroit finir ensuite, supposé même que les ennemis eussent repassé la Lys, que par reprendre les cantonnements, ainsi qu'il a été résolu, ce qui feroit faire aux troupes trois fois plus de chemin qu'il ne faut. Je ne sais s'il ne seioil pas à propos présentement de faire partir quelques semestriers pour songer aux recrues, le rétablissement des troupes étant un point bien important et auquel on ne peut travailler de trop bonne heure.
Le comte de Ruff'ey revint hier de la conférence de Tourcoing. Les ennemis insistent pour l'échange des Espagnols contre les Portugais. Cette demande paroît juste et ne devant point empêcher une chose aussi utile au service du Roi que l'échange général. La cavalerie commence à beaucoup souffrir par l'éloignement des fourrages. M. de Vendôme voudroit en envoyer la plus grande partie du côté d'Ath et de la Dendre et ne garder ici que vingt-cinq ou trente escadrons. Cela peut être bon tant que durera le siège de la citadelle ; mais ensuite ni cette séparation ni
l'Escaut ne paroissent point pouvoir se soutenir, et il faudra prendre d'autres mesures.
Montrez, je vous prie, ces lettres à M. de Beauvillier; elles m'épargneront la peine de lui écrire la même chose, n'ayant rien de plus aujourd'hui à lui mander. Le second fils du comte de la Motte, qui porte au Roi les drapeaux et étendards pris à Hondschote, s'appelle le comte et non le marquis d'Houdancourt.
Au RoiK Au camp du Saussois, le 18 novembre 1708.
Depuis la lettre que Votre xMajesté m'a fait l'honneur de m'éci^ire hier et que j'ai reçue aujourd'hui, vous aurez su ce qui s'est passé à Hondsehoote, ce qui donne lieu d'espérer que les ennemis trouveront moins de facilités à tirer des subsistances de ce côté-là qu'ils ne s'en étoient flattés. Votre Majesté n'ayant rien changé à la disposition qui lui fut proposée par le mémoire du 3 de ce mois, je tâcherai de l'exécuter du mieux qu'il sera possible et à prendre avec le duc de Vendôme, lorsqu'il en sei'a question, les partis que je croirai les plus conformes à vos intentions et meilleurs à votre service, qui sera toujours ma règle en toutes choses.
Le canon des ennemis a commencé à tirer ce matin contre la citadelle de Lille. Ceux qui Vont entendu croient qu'il y a trois batteries ; mais l'on ne sait pas de quel nombre de pièces elles sont composées. Je n'ai point reçu de lettre du maréchal de Boulflers depuis celle que j ai eu l'honneur d'envoyer à/ Votre Majesté, quoique je lui en aie écrit plusieurs. Le comte de Bergeyck ayant renouvelé la demande des quatre bataillons pour l'entreprise qu'il a projetée, je leur ai donné ordre aujom'd'hui de marcher, de l'avis du duc de Vendôme, et j'ai été ravi de recevoir une