‹ Lettres (volume 2)Chapitre 193 sur 195 · Vol. Guerre 2084, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 2084, n

A CliamiUiirt^ .

A Doiiay, h' ."» tif'cciiihre 1708.

Voici choses nouvelles, Monsieur : .M. de Vendôme, sur des leilres du comte de Hergevck et sur dos biuits qui courenl, entre dans une grande inijuiétude jxuir (iand et voudroit que, avant d'envoyer les troupes du Koi dans leurs quartiers, surfout l'infanterie, celles du comte de la Moite demeurassent où elles sont, celles destinées pour IWrtois s'avançassent du cAté d'Aire, d'Ypies et même plus loin, et celles des cltM-rièi-es demeurassent en Artois, aussi bien que la garnison de Tournay. Lui-môme se propose, après m'avoir vu à Arras, de s'en aller du côté de lîruges, où il n'arrivera rien de mal, à ce qu'il dit, quand il y sera. On ne peut douter de ses bonnes intentions ; mais aussi on ne peut s'assurer sur son extrême confiance. Vous savez ce que je vous ai dit ; je vous le répète encore, et bien des gens sont de mon avis, qu'il est bien dangereux que les alTiures de l'Etat roulent sur lui. Il est piqué de notre dernier inconvénient, et, avec bonne intention, il pourroit engager des affaires et prolonger la guerre tout I hiver peut-être. Je sais que l'intention du Hoi n'est pas qu'il demeure ici, et qu'il ne lui permet d'y demeurer que quelques jours après moi. Mais, s'il alloit une fois du côté de Bruges, je ne sais plus quand il en reviendroit. C'est au Roi de voir s'il ne seroit pas mieux qu'après avoir simplement visité cette frontière et les postes les plus jaloux, il le fît revenir peu de jours après moi. Je sais un peu moins qu'hier quand je reprendrai le chemin de Versailles ; mais ce ne sauroit être que peu de jours après que je l'avois cru, à moins du siège de Gand, auquel cas il faudroit avoir de nouveaux ordres du Roi. Nous en serons bientôt éclaircis, et la citadelle de Lille ne peut aller loin.

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