LE DUC DE BOURGOGKE AU ROI PHILIPPE
A Versailles, le 7 septembre 1701.
Je commencerai cette lettre, mon très cher frère, par vous demander pardon du long temps qu'il y a que je ne vous ai écrit ; mais j'espère que vous ne l'attribuez point à une diminution d'amitié ; car vous savez bien qu'on ne sauroit en avoir une plus tendre que celle que j'ai pour vous.
Il m'est arrivé bien des choses depuis un mois. Deux jours après que je vous ai écrit ma dernière lettre ^, où je vous mandois que M""^ la duchesse de Bourgogne avoit la fièvre, elle pensa mourir. L'émétique la sauva, et, au bout de trois jours, elle fut encore fort mal ; mais elle s'en est. Dieu merci ! tirée et rétablie peu à peu^ Elle avoit amassé depuis qu'elle est en France une quantité d'humeurs effroyable par toutes les choses qu'elle mangeoit, et c'est ce qui l'a pensé tuer^. Enfin on ne la
1. Autographe appartenant à M. le duc de la Trémoïlle, Recueil de lettres relatives à Philippe V, n° 27. Cette lettre a été publiée dans les Mémoires secrets de Louville, tome I, p. 194, et par Lavallée dans la Correspondance générale de ilf™® de Maintenon, tome V, p. 10.