‹ Lettres (volume 2)Chapitre 83 sur 195 · Cette lettre, datée du 8 août, ne nous est pas parvenue · texte numérisé non relu

Cette lettre, datée du 8 août, ne nous est pas parvenue

3. Voyez le Journal de Dangeau, tome VIII, p. 167 et suivantes, 10 août 1701 et jours suivants.

4. La duchesse de Bourgogne était, quand il s'agissait de ses plaisirs, la personne du monde la plus déraisonnable. Elle

sauva que par la purger prodigieusement et ensuite lui donner le quinquina. Jugez de l'étal où j'ai été pendant cette maladie et de ce que je serois devenu si je l'avois perdue ; mais Dieu a bien voulu me la conserver, et je l'en remercie tous les jours ; car en vérité il n'y a qu'en lui qu'on trouve de véritables consolations. Je suis ravi de ce que j'apprends que vous continuez toujours à le servir fidèlement. Pour moi, je trouve tous les jours des douceurs nouvelles dans son service, et il me comble de beaucoup de grâces.

désespéi'ait M°"^ de Maintenon et la reine d'Espagne. Celle-ci écrit à M™^ de Maintenon le 20 janvier 1706 : « Je suis très aise de voir que ma sœur se divertit ; mais je ne voudrois pas que ce fût aux dépens de sa santé, qui m'est si chère. Le compte que vous me faites de ce qu'elle devoit faire me mit, en le lisant, bien en colère contre elle, et vous l'aurez vu par la lettre que je lui ai écrit. Je ne puis m'empêcher de vous dire que vous avez trop de complaisance pour elle et vous ne devriez pas entendre raillerie quand il s'agit de sa santé. Cela est si important, pour elle en premier lieu, et puis pour tout le monde. » Et le 12 mars 1706 : « Je vous avoue que je suis fort en colère avec ma sœur de ce qu'elle a si bien fait qu'elle est souvent incommodée. N'avez-vous point un peu trop de complaisance pour elle ? Vous feriez fort mal ; car il rne semble que, pour elle-même, rien ne lui importe tant que d'avoir une bonne santé. Au nom de Dieu, faites qu'elle en ait un peu plus de soin et qu'on ne lui puisse pas reprocher, quand elle est malade, qu'elle l'est par sa faute » (Affaires étrangères, Espagne, Mémoires et Documents, vol. 128). M"^ de Maintenon écrit au roi d'Espagne, vers la même date (septembre 1701) : « Il ne faut pas que la bonté de Votre Majesté abandonne la reine à faire sa volonté, comme la bonté du Roi a abandonné j^ime \^ duchesse de Bourgogne, qui a tant mangé et tant veillé qu'elle en a été à la mort. » (A. Gefiroy, Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique, t. I, p. .341.)

On attend ici avec impatience des nouvelles d'Italie'. Les armées, comme vous le savez sans doute, sont si proches l'une de l'autre qu'on ne doute pas qu'on n'oblige les Allemands à en venir à un combat, qui nous sera avantageux, à ce que j'espère. J'avoue qu'il n'y a pas de nouvelle qui me fît à présent un plus grand plaisir que celle d'une bataille gagnée en Italie, et j'espère que j'aurai bientôt cette satisfaction.

Nous avons été une fois à la plaine de Montrouge, mon frère de Berry et moi, et deux fois à la plaine de Saint-Denis. Quand nous allâmes à jVIontrouge, il faisoit froid, beaucoup de vent, et il plut par ondées. La maison de Montrouge étoitsans meubles, parce qu'on venait de la vendre ~ ; c'étoit le 20 d'août. Nous fûmes à la plaine de Saint-Denis le 31 du même mois, par une chaleur extrême, en sorte que nous en étions accablés, et que mon frère de Berry à son ordinaire étoit un peu ivre après le dîner ^. Nous y avons été encore avant-hier par un

1. L'armée française, commandée par Villeroy, successeur de Catinat, et Tarraée impériale commandée par le prince Eugène, étaient en présence sur les bords de l'Oglio. Au moment où le duc de Bourgogne écrivait cette lettre, Villeroy venait de perdre (le l'='" septembre) la bataille de Chiari, et l'attitude du duc de Savoie, Victor-Amédée, était déjà plus que douteuse.

2. Le château de Montrouge venait d'être vendu en effet au fermier général Baugier par M. de Morstyn, ancien grand trésorier de Pologne réfugié en France, qui l'avait acheté de M. d'Hauterive, grand-père maternel du duc de Saint-Simon auteur des Mémoires.

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