‹ Lettres (volume 2)Chapitre 96 sur 195 · XL VII · texte numérisé non relu

XL VII

A Versailles, le l'^'' mars 1705.

Je reçus à Marly, mon cher frère, vos deux lettres du 13 et du 16 février. J'y ai vu la malheureuse issue de l'attaque du pâté, qu'on avoit déjà apprise

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par un couriier quelques jours auparavant'. Il faut espérer que, la seconde fois, on y réussira mieux et qu'il en arrivera comme des contre-gaixles de Landau, il y a deux ans. Cela est d'autant plus important que, comme vous me le dites, la prise de la place suivra de près celle de cette hauteur fatale.

Il y a eu quelques mouvements de troupes de part et d'autre du côté de la Moselle, mais qui n'ont eu nulles suites.

Le siège de Verrue va toujours lentement ; on attendoit ici des nouvelles d un assaut que M. de Vendôme y devoit donner le 18 ou le 20 du mois passé; mais on en a été empêché par beaucoup tle neige qui a tombé en ce temps '. Cependant ce qui est différé n'est pas perdu, et je regarderois au contraire ce retardement comme très avantageux, si la fonte de ces neiges mouilloit les poudres des mines qui sont en grand nombre.

Au sujet de la poudre que vous demandez, il me paroîl que le Roi se dispose à vous en faire passer au plus tôt. Je crois que vous ne serez pas fâché du vovage de l'Escurial; car il me semble qu'on ne les fait pas avec tant de facilité au pays où vous êtes qu'en celui où nous sommes.

J'ai dit à M™*" la duchesse de Bourgogne ce que

1. Dangeau dit au 25 février (p. 267] : « Le maréchal de ïessé

écrit de devant Gibraltar; il mande qu'on avoit attaqué et

pris le pâté qui est sur la hauteur ; mais on n'a pas pu s'y établir. » Comparez les Mémoires de Sourches, tome IX, p. 183- 184, et Dangeau, p. 262.

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