‹ Lettres (volume 2)Chapitre 95 sur 195 · XL VI · texte numérisé non relu

XL VI

A LA REIAE D ESPAGiSE.

A Versailles, le 8 février 1705.

i^es reproches obligeants dont votre dernière lettre étoil pleine m'ont un peu fait sentir ma faute, Madame, et je la répare au plus tôt; cai- je ne l'ai reçue qu'hier, et l'ordinaire part demain matin.

Vous verrez par la lettre que j'écris au roi mon frère que je n'ai pas eu le temps de m'employer

1. Dangcau insérait dans son Journal au 7 février (tome X, p. 250) : « M. de ^ endôrae a chargé M. de Monlgon de dire au Roi qu'on ne devoit point être en peine de la longueur du siège de Verrue, qu'il répondoit de prendre la place, et que les troupes ne faliguoient pas heautoup à ce siège, où on perd fort peu de monde. »

AU HOl Ii'kSI'AGNE PHlLIIM'i: V. 79

Miipics (lu Uoi poLii- le [joiler à vous renvoyer la princesse îles Lrsius, el il eu avoil déjà formé le dessein; ainsi je ne mérite vos remerciements làdessus (ju'eu (jualilé d homme ([ui désire de vous plaire en tout ce cpii dépendra de lui et de ne point manquer les occasions où il pourra vous en donner des marques.

Je suis ravi aussi, Madame, que vous preniez goût à la leetuie et que vous ayez curiosité de voir les laits des grands hommes dans les pièces originales; mais j ose vous dire que les histoires modernes vous montreront des héros aussi bien que les anciennes, fjue vous y verrez de grands capitaines aussi bien que chez les Romains et même parmi vos ancêtres, ce qui vous doit donner pour le moins autant de curiosité que la fameuse antiquité. Après cela, je ne dis pas cela pour vous en ôter le goût, et je suis persuadé que vous ne mépriserez ni les anciens, ni les modernes.

On ne peut être plus touché, Madame, que je le suis de toute l'amitié (|ue vous me témoignez ni y répondre avec une plus tendre reconnoissance.

Louis.

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