‹ LettresChapitre 4 sur 74 · CL VI · texte numérisé non relu

CL VI

A Versailles, le 13 juillet 1709.

C'est avec bien du plaisirque j'ai appris, mon très cher frère, que la reine vous a voit donné un infant \ ainsi que je l'avois toujours bien espéré. La chaleur d'Espagne fait que je me flatte que la petite vérole du prince des Asturies n'aura point de mauvaises suites. Pour l'enfant qui vient de naître, quelque délicat qu'il soit, Dieu le conservera, s'il lui plaît. Je suis ravi que la santé de la reine soit bonne après sa couche. Je souhaite pouvoir vous en mander autant d'ici dans six ou sept mois.

Vous saurez sans doute déjà que les ennemis, ayant trouvé le maréchal de Villars trop bien posté et retranché dans son camp de Lens pour le pouvoir attaquer, se sont déterminés à faire le siège de Tournay ~, qui est, je crois, une des bonnes places qu'ait le Roi. Il est vrai que la garnison n'est pas aussi forte que cette ville la demanderoit ; mais il faut espérer que son courage suppléera au nombre. Surville \ qui y commande, est un très

Page 1