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En copie dans le manuscrit français 14178, loi

de ce qu'il a vu . Si les ennemis nous attendoient au lieu où ils sont, je crois que nous les pourrions voir de près avant qu'il fût longtemps. J'ai fait quelques changements aux officiers généraux dans l'ordre de bataille : j'ai mis le comte d'Estrades à la réserve et Puyguyon seul à celle de la gauche ; je n'ai point donné de premier poste à Biron, et ça a été de ce que je vous ai dit, et je l'en avertirai afin qu'il ne s'en formalise pas. J'ai bien de l'impatience d'être près des ennemis, pour voir si nous ne pourrions pas leur donner du fil à retordre, et je crois que vous n'en avez pas moins que moi. Soyez persuadé, Monsieur, qu'il n'y a rien h ajouter à l'estime et à l'amitié que j'ai pour vous.

A Madame de Maintenon ^.

Au camp de Braîne-rAlKni, le 10 juin 1708.

Il ne faut pas pousser plus loin, Madame, un silence que je me reproche il y a déjà quelque temps, et je ne puis me servir pour cela d'une meilleure occasion que celle du départ du marquis de Courcillon ^. J'ai cru que je ne pouvois mieux répondre à la demande que m'en a fait Madame sa mère qu'en l'envoyant au plus tôt lui-même, pour finir une affaire qui doit être aussi agréable à toute la famille, et que,

1. Autographe de la bibliothèque du Louvre ; publiée dans les Mélanges de la Société des Bibliophiles français, 1822, tome 11, p. 62.

2. Philippe-Égonde Courcillon, fils de Dangeau, qui quittait Tarmée pour venir épouser le 17 juin M""® de Pompadour.

dans le cours de la campagne, on ne pouvoit choisir de temps plus tranquille que celui-ci et où il y eût moins d'apparence de quelque action. J'écris au Roi qu'on n'a jamais vu de plus belle armée, ni mieux rétablie que celle qu'il a ici, et que sa volonté surpasse encore sa beauté. Je vous supplie de me faire savoir, Madame, s'il est contenl de moi, et si, jusqulci, je n'ai rien lait qui lui ait déplu. Quoi qu'il en soit, je puis vous assurer que je n'ai jamais eu et n'aurai, s'il plaît à Dieu, que son service en vue, et que je lui ai dit la vérité.

Je ne vous parle point de notre duchesse de Bourgogne, Je suis étonné de sa régularité à m'écrire, et rien ne me l'ait mieux connoître l'amitié que vous m'avez toujours dit qu'elle a pour moi et dont je ne suis pas en doute. Il n'est, je crois, pas besoin que je vous la recommande, et vous en faites là-dessus plus que je ne puis vous en demander. Il ne me paroît pas jusqu'ici qu'elle se dissipe autant que parle passé ; mais, si cela étoit. Madame, je vous conjure de lui dire que je vous ai écrit pour la retenir ; car, quoiqu'elle soit d'une grande exactitude à ses devoirs, je n'y sache rien de plus contraire que la dissipation. Faites-là aussi, je vous prie, songer à sa santé, de ma part ; car vous savez qu'elle n'y pense pas toujours en tout ce qu'elle fait. En un mot, je vous conjure, Madame, de ne la point perdre de vue, de me rendre auprès du Roi les bons offices que vous pourrez m'y rendre, et de me conserver toujours l'honneur de votre amitié, et d'être persuadée que la mienne pour vous ne peut être plus sincère.

Louis.

A.PPENDICE I.

A Madame de Maintenon ^ \u camp de Braîne-l'Alleu, le 18 juin 1708.

Je ne saurois vous exprimer, Madame, le plaisir que m'a lait ce que vous me mandez que le Roi est content de moi, et des sentiments qu'il a pour moi. Je tâcherai de les mériter toute ma vie, et de réparer tout ce que j'ai pu faire qui lui ait déplu. Ce qu'il me manque sur la régularité de la discipline sera exécuté sans acception de personnes, et je ne me rendrai jamais qu'à de véritables et solides raisons. Je travaille ici sur bien des articles où le relâchement étoit grand ; cependant je mentirois, si je disois que c'est du mieux que je puis ; car je trouve que je pourrois beaucoup mieux faire. Oserois-je vous prier de bien l'aire prier Dieu à Saint-Cyr, afin qu'il m'éclaire sur mes devoirs et me donne la force de les accomplir.

Je suis charmé de tout ce que vous me dites de M™* la duchesse de Bourgogne ; il suffit que vous en soyez con tente pour me mettre l'esprit en repos. Je profiterai à mon retour des avis que vous me donnez pour perfectionner une union qui est déjà bien avancée. Je ne suis pointétonné de ce que vous m'écrivez du maréchal de Villars ~ ; cependant je ne sais si l'on ne prend point l'alarme un peu chaude à Paris ; car, par une lettre que j'ai vue d'un officier qui

1. Autographe de la bibliothèque du Louvre ; publiée dans le même recueil que la précédente, p. 65.

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