‹ Lettres écrites a un provincial (volume 3)Chapitre 1 sur 89 · HISTOIRE DES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES PROVINCIALES

logie pour les faire censurer. Beaucoup de docteurs, reconnus pour très-savants et très-pieux, jusqu'au nombre de soixante et onze, persuadés de la vérité de ces deux propositions, se crurent obligés de prendre la défense de celui qu'ils jugèrent bien que l'on vouloit opprimer. Ses adversaires, craignant alors de ne pouvoir obtenir ce qu'ils souhaitoient, eurent recours à des moyens peu propres à justifier le dessein qu'ils méditoient. Ils ne voulurent point lui permettre de récuser certains docteurs qui étoient comme ses parties déclarées. Ils ne laissèrent point aux docteurs la liberté d'opiner aussi longtemps qu'il étoit nécessaire. Au lieu de deux docteurs de chacun des quatre ordres mendiants qui ont droit d'assister aux assemblées de la Faculté, on en fit venir plus de quarante. Enfin, on vit M. le chancelier Séguier venir lui-même aux assemblées de la Sorbonne, donner des bornes aux avis des docteurs, et leur ôter la liberté nécessaire pour éclaircir la vérité.

Ces disputes faisoient donc un grand éclat, et il en résultoit dans le public diverses impressions opposées. Ceux qui ne savoient pas quel étoit le sujet de ces disputes s'imaginoient qu'il s'y agissoit des fondements de la foi, ou au moins de quelque question d'une extrême conséquence pour la religion. Ceux qui étoient mieux instruits de l'affaire gémissoient de voir les simples dans l'erreur, et les théologiens divisés par des contestations de cette espèce.

Ce fut alors que Pascal, s'entretenant à son ordinaire avec quelques amis, on parla de la peine que ces personnes avoient de ce qu'on imposoit ainsi à ceux qui n'étoient pas capables de juger de ces disputes, et qui les aurctient méprisées s'ils avoient pu en juger. Tous ceux de la compagnie trouvèrent que la chose méritoit qu'on y lit attention, et qu'il eût été à souhaiter qu'on eût pu désabuser le monde. Sur cela, un d'eux dit que le meilleur moyen pour y réussir étoit de répandre dans le public une espèce de factum, où l'on fît voir que dans ces disputes il ne s'agissoit de rien d'important ni de sérieux, mais seulement d'une question de mots et d'une pure chicane, qui ne rouloit que sur des termes équivoques qu'on ne vouloit point expliquer. Toi/s iipprouvèrent ce dessein et pressèrent îotI M. kiYVàvxVd Aç^

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