XII OBSERVATIONS
« le jansénisme leur a porté. » Ici Daniel a été prophète ; mais notre objet, à nous, n*est pas d'entrer dans le détail des controverses théologiques sur la prédestination et sur la grâce. Nous avons promis d'examiner ce bel ouvrage sous ses rapports purement littéraires; nous devons donc chercher comment l'auteur parvint à se former un style si net et si pur, et comment il s'étoit préparé d'avance la supériorité incontestable qu'il acquit, par la publication de ces Lettres, sur tous nos écrivains en prose. Il avoit reçu de la nature un génie précoce et peu commun: mais ce génie^ abandonné à lui-jnême, auroit pu être éfouiïé Toutes les circonstances le favorisèrent; l'aisance de sa faàiilk en conserva le germe, la philosophie en régla la culture^ et si manière de travailler en améliora les fruits.
On sait asseZ| communément que Pascal, né en 1623, avoi en quelque sorte deviné, dès son enfance, les premières proposi tions d'Euclide; mais on devroit savoir aussi que cette aptitude prématurée pour les sciences mathématiques avoit jeté le jeune Pascal dans une carrière où il eut bien des moyens de se perfectionner, et surtout de se former un esprit vraiment philosophique.
U est très présumable que ce jeune homme si étonnant assistt aux premières représentations du Cid en 1636, et qu'il dut être frappé de la prodigieuse impression que fit cette belle tragédie. Il avoit une sœur qui déclamoit et récitoit des vers avec force et avec grâce; elle fut admise^ ainsi que sa famille, aux spcc* tacles du cardinal de Richelieu, passionné pour les représentation théâtrales. Le goût du premier ministre pour l'art dramatique in» Hua sur le goût public, et ne contribua pas peu à polir la nation. Il faut en revenir à l'expression d'Olivier Duvair : Ce fut la poésie qui nous dénoua la langue, comme Horace a dit qu'elle forme e1 qu'elle façonne l'organe encore tendre et mal assuré des enfants ;
Os teneram pueri balbumque poeta figurât.
De Art. poet.^ v. 126.
Mais l'esprit du jeune Pascal, natuieWemewl ^T«xa.> «^