XX OBSERVATIONS SUR LES PROVINCIAL-ES
On m'a demandé pourquoi j*ai employé un style agréable, railleur et divertissant. J'ai répondu que si j'avois écrit d'un style dogmatique, il n'y auroit eu que les savauts qui auroient lu ces Lettres; et ceux-là n'en avoient pas besoin, en sachant pour le moins autant que moi là-dessus : ainsi j'ai cru qu'il falloit écrire d'une manière propre à faire lire mes Lettres par les femmes et les gens du monde, afin qu'ils connussent le danger de toutes ces maximes ^et de toutes ces propositions qui se répandoient alors, et dont on se laissoit facilement persuader.
On m*a demandé si j'ai lu moi-môme tous les livres que j'ai cités J'ai répondu que non. Certainement il auroit fallu que j'eusse pass une grande partie de ma vie à lire de très mauvais livres J'ai 1" deux fois Escobard tout entier; et pour les autres, je les ai fait Ut par quelques uns ds mes an)i^ : mais je n'en ai pas employé un pas sage sans l'avoir lu moi-raènie dans le livre cité, examiné la matièi sur laquelle il est avancé, et lu ce qui précède et ce qui suit, pov ne point hasarder une objection pour une réponse; ce qui auroit éi reprochable et injuste.