‹ Lettres écrites a un provincial (volume 3)Chapitre 27 sur 89 · MÉPRIS DES SAINTS PÈRES · texte numérisé non relu

MÉPRIS DES SAINTS PÈRES

d l'absolution à un pénitent qui agit selon une opiqion « probable est un péché qui, de sa nature, est mortel. » Et il cite, pour confirmer ce sentiment, trois des plus fameux de nos pères, Suarez, tome IV, dist. 32, sect. 5 ; Vasquez, disp. 62, ch. 7; et Sanchez; n. 29.

mon père ! lui dis-je, voilà qui est bien prudemment ordonné 1 II n'y a plus rien à craindre. Un confesseur n'oseroit plus y manquer. Je ne savois pas que vous eussiez le pouvoir d'ordonner sur peine de damnation, Jecroyois que vous ne saviez qu*ôter les péchés; je ne pensois pas que vous en sussiez introduire; mais vous avez tout pouvoir, à ce que je vois. Vous ne parlez pas proprement, me dit-il. Nous n'introduisons pas les péchés, nous ne faisons que les remarquer. J'ai déjà bien reconnu deux ou trois fois que vous n'êtes pas bon scolastique. Quoi qu'il en soit, mon père, voilà mon doute bien résolu. Mais j'en ai un autre encore à vous proposer : c'est que je ne sais comment vous pouvez faire, quand les pères de l'Église sont contraires au sentiment de quelqu'un de vos casuistes.

Vous l'entendez bien peu, me dit-il. Les Pères étoient bons pour la morale de leur temps ; mais ils sont trop éloignés pour celle du nôtre. Ce ne sont plus eux qui la règlent, ce sont les nouveaux casuistes. Écoutez notre père Cellot, de Hier, lib. VIII, cap. 16, pag. 714, qui suit en cela notre fameux père Reginaldus : « Dans les «questions de morale, les nouveaux casuistes sontpré- «férables aux anciens Pères, quoiqu'ils fussent plus «proches des apôtres. » Et c'est en suivant cette maxime que Diana parle de cette sorte, pag. 5, tr. 8, reg. 3i. « Les bénéflciers sont-ils obligés de restituer leur re- «venu dont ils disposent mal? Les anciens disoient

M qu'oui, mais les nouveaux disent que non : ne quittons « donc pas cette opinion qui décharge de robligation « de restituer. » Voilà de belles paroles, lui dis-je, et pleines de consolation pour bien du monde. Nous lai^ sons les Pères, me dit-il, à ceux qui traitent la positive; mais pour nous qui gouvernons les consciences, nous les lisons peu, et ne citons dans nos écrits que les nouveaux casuistes. Voyez Diana, qui a tant écrit; il a mis à l'entrée de ses livres la liste des auteurs qu'il^ rapporte. Il y en a deux cent quatre-vingt-seize, dont le plus ancien est depuis quatre-vingts ans. Cela est donc venu au monde depuis votre Société? lui dis-je. Environ, me répondit-il. C'est-à-dire, mon père, qu'à votre arrivée on a vu disparoître saint Augustin, saint Chrysostôme, saint Ambroise, saint Jérôme, et les autres,: pour ce. qui est de la morale. Mais au moins que je sache les noms de ceux qui leur ont succédé; qui sont-ils ces nouveaux auteurs? Ce sont des gens bien habiles et bien célèbres, me dit-il. C'est Villalobos, Coninck, Clamas, Achokier, Dealkozer, Dellacrux, Veracruz, Ugôlin, Tambourin, Fernandez, Martinez, Suarez, Henriquez, Vasquez, Lopez, Gomez, Sanchez, de Vechis, de Gras sis, de Grassalis, de Pitigianis, de Graphaeis, Squilanti Bizozeri, Barcola, de Bobadilla, Simancha, Perez d( Lara, Aldretta, Lorca, de Scarcia, Quaranta, Scophra Pedrezza, Cabrezza, Bisbe, Dias, de Clavasio, Villagut Adam à Manden, Iribarne, Binsfeld, Volfangi à Vor berg, Vosthery, Strevesdorf. mon père ! lui dis-ji tout effrayé, tous ces gens-là étoient-ils chrétiens Comment, chrétiens 1 me répondit-il. Ne vous disois-j( pas que ce sont les seuls par lesquels nous gouvernoni aujourd'hui la chrétienté? Cela me fit pitié, mais je m

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