MÉPRIS DES SAINTS PÈRES
lui entéiQoignaî rien, et lui demandai seulement si tous ces auteurs-là étoient jésuites. Non, me dit-il, mais il n'importe ; ils n*ont pas laissé de dire de bonnes choses. Ce n'est pas que k plupart ne les aient prises ou imitées des nôtres, mais nous ne nous piquons pas d'honneur, outre qu'ils citent nos pèpes à toute heure et avec éloge. Voyjîz Diana, qui n'est pas de notre Société, quand il parle de Vasquez, il l'appelle le phénix des esprits. Et quelquefois il dit m que Vasquez seul lui est «autant que tout le reste des hommes ensemble. Instar omnium. » Aussi tous nos pères se servent fort souvent de ce bon Diana; car si vous entendez bien notre doctrine de la Probabilité^ vous verrez que cela n'y fait rien. Au contraire, nous avons bien voulu que d'autres que les jésuites puissent rendre leurs opinions probabables, afin qu'on ne puisse pas nous les imputer toutes. Et ainsi, quand quelque auteur que ce soit en a avancé une, nous avons le droit de la prendre, si nous le voulons, par la doctrine des opinions probables, et nous n'en sommes pas les garants quand l'auteur n'est pas de notre corps. J'entends tout cela, lui drs-je. Je vois bien par-là que tout est bien venu chez vous, hormis les anciens Pères, et que vous êtes les maîtres de la campagne. Vous n'avez plus qu'à courir.
Mais Je prévois trois ou quatre grands inconvénients, et de puissantes barrières qui s'opposeront à votre course. Et quoi? me dit le père tout étonné. C'est, lui répondis-je, l'Écriture sainte, les papes, et les conciles, que vous ne pouvez démentir, et qui sont tous dans la voie unique de l'Évangile. Est-ce là tout? me dit-il. Vous m'avez fait peur. Croyez-vous qu'une chose si visible n'ait pas été prévue, et que nous n'y ayons pas
pourvu? Vraiment je vous admire, de penser que nous soyons opposés à l'Écriture, aux papes ou aux conciles! Il faut que je vous éclaircisse du contraire. Je serois bien marri que vous crussiez que nous manquons à ce que nous leur devons. Vous avez sans doute pris cette pensée de quelques opiniojis de nos pères qui paroissent choquer leurs décisions, quoique cela ne soit pas. Mais pour en entendre Taccord, il faudroit avoir plus de loisir. Je souhaite que vous ne demeuriez pas mal édifié de nous. Si vous voulez que nous nous revoyions demain, je vous en donnerai Téclaircissement
Voilà la fin de cette conférence, qui sera celle de cet entretien ; aussi en voilà bien assez pour une lettre. Je m'assure que vous en serez satisfait en attendant la suite. Je suis, etc.
Différents artifices des jésuites pour éluder Tautorité de l'Évangile, des conciles et des papes. Quelques conséquences qui suivent de leur doctrine sur la Probabilité. Leurs relâchements en faveur des bénéficiers, des prêtres, des religieux et des dcAestiques. Histoire de Jean d'Alba.
De Paris, ce 10 avril 1656.
Monsieur,
Je vous ai dit à la fin de ma dernière lettre, que ce l^on père jésuite m'avoit promis de m'apprendre de quelle sorte les casuistes accordent les contrariétés qui se rencontrent entre leurs opinions et les décisions des papes, des conciles et de l'Écriture. Il m*en a instruit, en effet, dans ma seconde visite, dont voici le récit.
Ce bon père me parla de cette sorte : Une des manières ^ontnous accordons ces contradictions apparentes, est par l'interprétation de quelque terme. Par exemple, le pape Grégoire XIV a déclaré que les assassins sont indignes de jouir de Tasile des églises, et qu'on les en ^oit arracher. Cependant nos vingt-quatre vieillards disent, tr.6; ex. 4, n. 27 : a Que tous ceux qui tuent en " trahison ne doivent pas encourir la peine de cette
1* Cette lettre a été revae par M. Nicole.
(( bulle. if> Gela vous paroît être contraire, mais on Tac*
corde, en interprétant le mot d'assassin, comme ils
font par ces paroles : (( Les assassins ne sont-ils pas
« indignes de jouir du privilège des églises I Oui, par la
« bulle de Grégoire XIV. Mais nous entendons par le
a mot d^assassins ceux qui ont reçu de Targent pour
« tuer quelqu'un en trahison. D'où il arrive que ceux
« qui tuent sans en recevoir aucun prix, mais seule-
tt ment pour obliger leurs amis, ne sont pas appelés
(( assassins. » De même, il est dit dans l'Évangile : « Don-
« nez l'aumône de votre superflu.» Cependant plusieurs
casuistes ont trouvé moyen de décharger les personnes
les plus riches de l'obligation de donner l'aumône.
Cela vous paroît encore contraire ; mais on en fait voir
facilement l'accord, en interprétant le mot de superflu;
en sorte qu'il n'arrive presque jamais que personne en
ait ; et c'est ce qu'a fait le docte Vasquez en celte sorte,
dans son Traité de l'Aumône, c. 4, n. 14 : « Ce que
« les personnes du monde gardent pour relever leur
(( condition et celle de leurs parents n'est pas appelé
c( superflu ; et c'est pourquoi à peine trouvera-t-on qu'il
« y ait jamais de superflu chez les gens du monde, et
« non pas môme chez les rois. »
Aussi Diana ayant rapporté ces mêmes paroles de Vasquez, car il se fonde ordinairement sur nos pères, il en conclut fort bien : « Que, dans la question, si les c( riches sont obligés de donner l'aumône de leur su- « pcrflu, encore que l'affirmative fût véritable', il n'a^ « rivera jamais, ou presque jamais, qu'elle oblige dans « la pratique. »
Je vois bien, mon père, que cela suit de la doctrine âe Vasguez; mais que répondroit-on, si l'on objectoit
qu'afm de feire son calut, il seroit donc aussi sCir, selon Vasquez, de ne point donner l'aumône, pourvu qu'on ait assez d'ambition pour n'avoir point de superflu: qu'il est sûr, selon l'Évangile, de n'avoir point d'ambition, afin d'avoir du superflu pour en pouvoir donner l'aumône ? Il faudroit répondre, m^e dit-il, que toutes ces deux voies sont sûres selon le même Évangile; l'une, selon l'Évangile dans le sens le plus littéral et le plus facile à trouver; l'autre, selon le nïême Évangile, interprété par Vasquez. Vous voyeïp par-là l'utilité des interprétations.
Mais quand les termes sont si clairs qujils n'en souffrent aucune, alors nous nous -servons de la remarque des circonstances favorables, comme vous verrez par cet exemple. Les papes ont excommunié les religieux qui quittent leur habit, et nos vingt-qualre vieillards ne laissent pas de parler en cette sorte, tr. 6, ex. 7, n.l03 : «En quelles occasions un religieux peut-il quit- «ter son habit sans encourir l'excommunication?» il enrapporte plusieurs, et entre autres celle-ci : « S'il le « quitte pour une Ctiuse honteuse, comnie pour aller « filouter, ou pour aller incognito en des lieux de dé- «bauche, le devant bientôt reprendre. » Aussi il est visible que les bulles ne parlent point de ces cas-là.
J'avois peine à croire cela, et je priai le père de me le montrer dans l'original; je vis que le chapitre où sont ces paroles est intitulé: «Pratique selon l'école <*de la Société de Jésus; Praxis ex Societatis Jesu ^schola; » .et j'y vis ces mots : Si haàitum dimittai ut tmtur occulte^ vel fornicetur. Et il me montra la même chose dans Diana, en ces termes : Ut eat incognitus ad ^fipanar. Et d'où vient, mon père, qu'ils les ouldfeeXïàx-
gés de rexcommunication en cette rencontre? Ne le comprenez-vous pas? me dit-il. Ne voyez-vous pas quel scandale ce seroit de surprendre un religieux en cet état avec son habit de religion? Et n'avez- vous point ouï parler, continua-t-il , comment on répondit à la première bulle, Contra sollicitantes? et de quelle sorte nos vingt-quatre, dans un chapitre aussi de la Pratique de l'école de notre Société, expliquent la bulle de Pie V, Contra clericos, etc. ? Je ne sais ce que c'est que tout cela, lai dis-je. Vous ne lisez donc guère Escobar? me dit-il. Je ne Tai que d'hier, mon père, et même j'eus de la peine à le trouver. Je ne sais ce qui est arrivé depuis peu, qui fait que tout le monde le cherche. Ce que je vous disois, repartit le père, est au tr. i, ex. 8, n. 102. Voyez-le en votre particulier ; vous y trouverez un bel exemple de la manière d'interpréter favorablement les bulles. Je le vis en eflet dès le soir même; mais je n'ose vous le rapporter, car c'est une chose effroyable. Le bon père continua donc ainsi : Vous entendez bien maintenant comment on se sert des circonstances favorables? mais il y en a quelquefois de si précises, qu'on ne peut accorder par-là les contradictions : de sorte que ce seroit bien alors que vous croiriez qu'il y en auroit. Par exemple, trois papes ont décidé que les religieux qui sont ol)ligés par un vœu particulier à la vie quadragésimale n'en sont pas dispensés, encore qu'ils soient faits évoques; et cependant Diana dit «que a nonobstant leur décision, ils en sont dispensés. » Et comment accorde-t-il cela? lui dis-je. C'est, répliqua le père, par la plus subtile de toutes les nouvelles méthodes, et par le plus fm de la Probabilité. Je vas vous l'expliquer. C'est que, comme vous le vîtes l'autre jour,
l'affirmative et la négative de la plupart des opinions ont chacune quelque probabilité, au jugement de nos docteurs, et assez pour être suivies avec sûreté de conscience. Ce n*est pas que le pour et le contre soient ensemble véritables dans le même sens, cela est impossible; mais c'est seulement qu'ils sont ensemble probables, et sûrs par conséquent.
Sur ce principe, Diana, notre bon ami, parle ainsi en la part. 5, tr. 13, r. 39 : « Je réponds à la décision « de ces trois papes, qui est contraire à mon opinion, « qu'ils ont parlé de la sorte en s'attachant à IWfirma- «tive, laquelle en effet est probable, à mon jugement « même : mais il ne s'ensuit pas de là que fa négative «n'ait aussi sa probabilité. » Et dans le même traité, r. 65, sur un autre sujet, dans lequel il est encore d'un sentiment contraire à un pape, il parle ainsi : «Que le pape l'ait dit comme chef de l'Église, je le «veux; mais il ne l'a fait que dans l'étendue de la «sphère de probabilité de son sentiment. » Or vous voyez bien que ce n'est pas là blesser les sentiments des papes : on ne le souffriroit pas à Rome, où Diana est en si grand crédit, car il ne dit pas que ce que les papes ont décidé ne soit pas probable ; mais, en laissant leur opinion dans toute la sphère de probabilité, il ne laisse pas de dire que le contraire est aussi probafe Cela est très respectueux, lui dis-je. Et cela est plus subtil, ajouta-t-il, que la réponse que fit le père Bauny quand on eut censuré ses livres à Rome ; car il Jui échappa d'écrire contre M. Rallier, qui le persécu- ^it alors furieusement : « Qu'a de commun la censure « de Home avec celle de France ? » Vous voyez assez par-là que, soit par l'interprétation des termes, soit
par la remarque des circonstances favorables, soit enfin par la double probabilité du pour et du contre, on accorde toujours ces contradictions prétendues, qui tous étonnoient auparavant, sans jamais blesser les décisions de l'Écriture, des conciles ou des papes, comme vous le voyez. Mon révérend père, lui dis-je, que le monde est heureux de vous avoir pour maîtres ! Que ces probabilités sont utiles! Je ne savois pourquoi vous aviez pris tant de soin d'établir qu'un seul docteur, s il est grave, peut rendre une opinion probable; que le contraire peut l'être aussi; et qu'alors on peut choisir du pour et du contre celui qui agrée le plus, encore qu'on ne le croit pas véritable, et avec tant de sûreté de conscience, qu'un confesseur qui refuseroit de donner l'absolution sur la foi de de ces casuistes seroiten état de damnation : d'où je comprends qu'un seul casuiste peut à son gré faire de nouvelles règles de morale> et disposer, selon sa fantaisie, de tout ce qui regarde la conduite des rpœurs. Il faut, me dit le père, apporter quelque tempérament à ce que vous dites Apprenez bien ceci. Voici notre méthode, où vous ver rez le progrès d'une opinion nouvelle, depuis sa nais sance jusqu'à sa maturité.
D'abord le docleur grave qui l'a inventée l'expose a^ monde, et la jette comme une semence pour prendr racine. Elle est encore foible en cet état; mais il fau que le temps la mûrisse peu-à-peu; et c'est pourquc Diana, qui en a introduit plusieurs, dit en un endroit « J'avance cette opinion; mais parcequ'elle est nou tt velle, je la laisse mûrir au temps, relinquo tempor « maturandam, » Ainsi, en peu d'années, on la voit in sensiblement s'affermir^ et, après un temps considéra
ble; elle se trouve aulorisée par la tacite approbation de l'Église, selon cette grande maxime du père Bauny : « Qu'une opinion étant avancée par quelques casuistes, « et l'Église ne s'y étant point opposée, c'est un témoi- « gnage qu'elle l'approuve. » Et c'est en effet par ce principe qu'il autorise un de ses sentiment» dans son Traité VI, p. 312. Eh quoi! lui dis-je, mon père, l'Église, à ce compte-là, appr.ouveroit donc tous les abus qu'elle souffre, et toutes les erreurs des livres qu'elle ne censure point? Disputez, me dit-il, contre le père Bauny. Je vous fais un récit , et vous contestez contre moi. Il ne faut jamais disputer sur un fait. Je vous disoisdonc que, quand le temps a ainsi mûri une opinion, alors elle est tout-à-fait probable et sûre. Et de là vient que le docte Caramuel, dans la lettre où il adresse à Diana sa Théologie fondamentale, dit que ce grand «Diana a rendu plusieurs opinions probables qui ne « l'étoient pas auparavant, quœ antea non erant : et «qu'ainsi on ne pèche plus en les suivant, au lieu « qu'on péchôit auparavant : jam nonpeccant^ licet ante ^peccaverint. »
En vérité, mon père, lui dis-je, il y a bien à profiter auprès de vos docteurs. Quoi ! de deux personnes qui font les mêmes choses, celui qui ne sait pas leur doctrine pèche, celui qui la sait ne pèche pas ? Est-elle (lonc tout ensemble instructive et justifiante ? Là loi de Keufaisoit des prévaricateurs, selon saint Paul; celleci fait qu'il n'y a presque que des innocents. Je vous supplie, mon père, de m'en bien informer; je ne vous quitterai point que vous ne m'ayez dit les principales n^aximes que vos casuistes ont établies.
Hélas ! me dit le père, notre principal but auroit été
de n'établir point d'autres maximes que celles d l'Évangile dans toute leur sévérité; et Ton voit asse par le règlement de nos mœurs que, si nous souffron quelque relâchement dans les autres, c'est plutôt pa condescendance que par dessein. Nous y sommes for ces. Les hommes sont aujourd'hui tellement corrompus que ne pouvant les faire venir à nous, il faut bien qu» nous allions à eux : autrement ils nous quitteroient ils feroient pis, ils s'abandonneroient entièrement. E c'est pour les retenir que nos casuistes ont considéra les vices auxquels on est le plus porté dans toutes les conditions, afin d'établir des maximes si douces, sans toutefois blesser la vérité, qu'on seroit de difficile composition si l'on n'en étoit content; car le dessein capital que notre société a pris pour le bien de la religion esl de ne rebuter qui que ce soit, pour ne pas désespérei le monde.
Nous avons donc des maximes pour toutes sortes d( personnes, pour les bénéficiers, pour les prêtres, pou les religieux, pour les gentilshommes, pour les dômes tiques, pour les riches, pour ceux qui sont dans 1 commerce, pour éetijK qui sont mal dans leurs affaires pour ceux qui sont dans l'indigence, pour les femme dévotes, pour celles qui ne le sont pas, pour les geu mariés, pour les gens déréglés : enfin, rien n'a échapp à leur prévoyance. C'est-à-dire, lui dis-je, qu'il y en pour le clergé, la noblesse et le tiers-état : me voi( bien disposé à les entendre.
Commençons, dit le père, par les bénéficiers. Voi savez quel trafic on fait aujourd'hui des bénéfices, ( que, s'il falloit s'en rapporter à ce que saint Thomas ( les anciens en ont écrit, il y auroit bien des simoniî
DES BÉNÉPICIERS Si
cpies dans TÉglise. C'est pourquoi il a été fort nécessaire que nos pères aient tempéré les choses par leur prudence, comme ces paroles de Valentia, qui est Tun des quatre animaux d'Escobar, vous l'apprendront. C'est la conclusion d'un long discours, où if en donne plusieurs expédients, dont voici le meilleur à mon avis; c'est en la page 2039 du tome III. « Si l'on donne «un bien temporel pour un bien spirituel, » c'est-àdire de l'argent pour un bénéfice , « et qu'on donne « l'argent comme le prix du bénéfice, c'est une simonie «visible ; mais si on le donne comme le motif qui porte «la volonté du collateur à le conférer, ce n'est point «simonie, encore que celui qui le confère considère et «attende l'argent comme la fin principale. » Tannerus, ^uiest encore de notre société, dit la même chose dans son tome III, p. 1519, quoiqu'il avoue que « saint Tho- «tnas y est contraire, en ce qu'il enseigne absolument «que c'est toujours simonie de donner un bien spiri- «tuel pour un temporel, si le temporel en est la fin. » î^ar ce moyen, nous empêchons une in(iQÎ|é de simoïiies; car qui seroit assez méchant pour refuser, en ^lonnant de l'argent pour un bénéfice, déporter son intention à le donner comme un motif qui porte le bénéficier à le résigner, au lieu de le donner comme le prix ^«bénéfice? Personne n'est assez abandonné de Dieu pour cela. Je demeure d'accord, lui dis-je, que tout le nionde a des grâces suffisantes pour faire un tel marché. Cela est assuré, repartit le père.
Voilà comment nous avons adouci les choses à regard des bénéficiers. Quant aux prêtres, nous avons plusieurs maximes qui leur sont assez favorables. Par exemple, celle-ci de nos vingt-quatre, Ir. \ , eii. \\ ^
n. 96 : « Un prôlré qui a reçu de Targent pour dire ui « messe peut-il recevoir de nouvel argent sur la mon (( messe? Oui, dit Filiutius, en appliquant la partie ( {( sacrifice qui lui appartient comme prêtre à celui q « le paie dé nouveau, pourvu qu'il n'en reçoive pas a (( tant que pour une messe entière, mais seuleme « pour une partie, comme pour un tiers de messe. » Certes, mon père, voici une de ces rencontres où pour et le contre sont bien probables ; car ce que voi me dites ne peut manquer de l'être, après l'autorité ( Filiutius et d'Escobar. Mais, en le laissant dans ! sphère de probabilité, on pourroit bien, ce me sembl dire aussi le contraire, et l'appuyer par ces raison Lorsque l'Église permet aux prêtres qui sont pauvr de recevoir de l'argent pour leurs messes, pareequ est bien juste que ceux qui servent à l'autel vivent ( l'autel, elle n'entend pas pour cela qu'ils échangent sacrifice pour de l'argent, et encore moins qu'ils privent eux-mêmes de toutes les grâces qu'ils en d( vent tirer les premiers. Et je dirois encore « que 1 « prêtres, selon saint Paul, sont obligés d'offrir le s ({ crifîce, premièrement pour eux-mêmes, et puis po « le peuple ; » et qu'ainsi il leur est bien permis d' associer d'autres au fruit du sacrifice, mais non pas renoncer eux-mêmes volontairement à tout le fruit • sacrifice, et de le donner à un autre pour un tiers messe, c'est-à-dire pour quatre ou cinq sous. En véri mon père, pour peu que je fusse grave ^ je rendiM celte opinion probable. Vous n'y auriez pas gran peine, me dit-il; elle l'est visiblement; la difficu étoit de trouver de la probabilité dans le contraire d opinions qui sont manifestement bonnes ; et c'est