DE L'ATTRITION
«très -volontiers cette opinion qu'ils combattent.» Voilà, mon père, une nouvelle sorte de prédicateurs. Mais sur quoi se fonde le père Bauny pour leur donner cette mission ? C'est , me dit-il , sur un de ses principes qu'il donne au même lieuaprès Basile Ponce. Je vous en ai parlé autrefois, et je crois que vous vous en souvenez. C'est «qu'on peut rechercher une occasion directement (( et par elle-même, />nfmo et per se, pour le bien tem- « porel ou spirituel de soi ou du prochain. » Ces passages me firent tant d'horreur, que je pensai rompre là-dessus : mais je me retins, afin de le laisser aller jusqu'au bout, et me contentai de lui dire : Quel rapport y a-t-il, mon père, de cette doctrine à celle de l'Évangile, qui oblige « à s'arracher les yeux, et à re- « trancher les choses les plus nécessaires quand elles « nuisent au salut? » Et comment pouvez-vous concevoir qu'un homme qui demeure volontairement dans les occasions des péchés les détesté sincèrement? N'est-il pas visible, au contraire, qu'il n'en est point touché comme il faut, et qu'il n'est pas encore arrivé à cette véritable conversion de cœur, qui fait autant aimer Dieu qu'on a aimé les créatures ?
Comment! dit-il, ce seroit là une véritable contrition. Il semble que vous ne sachiez pas que, comme dit le père Pinlereau en la seconde partie de labbé de Boisic, p. 50: « Tous nos pères enseignent, d'un commun « accord, que c'est une erreur, et presque une hérésie, « de dire que la contrition soit nécessaire, et que l'at- « trition toute seule, et même conçue par le seul motif « des peines de l'enfer, qui exclut la volonté d'offenser, «ne suffit pas avec le sacrement.^) Quo\, mçiw^^^\^\ c'est presque un article de foi que VaV\i\\\oxv e,wv^x^fc
par la seule crainte des peines suffit avec le sacrement? Je crois que cela est particulier à vos pères. Car l4^ autres, qui croient que l'attrition suffit avec le sacrement, veulent au moins qu'elle soit mêlée de quelque amour de Dieu. Et de plus, il me semble que vos auteurs mêmes ne tenoient point autrefois que cette doctrine fût si certaine. Car votre père Suarez en parle de celte sorte, De Pcen, q. 90, art. 4, disp. 15, sect. 4, n. 17. « Encore, dit-il, que ce soit une opinion probable]que « l'attrition suffît avec le sacrement, toutefois elle n'est «pas certaine, et elle peut être fausse: TVbn estcerta^ « et potest esse falsa. Et si elle est fausse, l'attrition ne ({ suffit pas pour sauver un homme. Donc celui qui ((meurt sciemment en .cet état s'expose volontaire- « ment au péril moral de la damnation éternelle. Car (( cette opinion n'est ni fort ancienne, ni fort commune: (( Nec valde antiqua^ nec multum communis, » Sanchez ne trouvoit pas non plus qu'elle fût si assurée, puisqu'il dit en sa Somme, liv. I, ch. ix, n. 34 : (( Que le ma- « lade et son confesseur qui se coiitenteroient à la « mort de l'attrition avec le sacrement, pècheroient (c mortellement, à cause du grand péril de damnation (( où le pénitent s'exposeroit, si l'opinion qui assure « que l'attrition suffît avec le sacrement ne se trouvoit (( pas véritable. » Ni Comitolus aussi, quand il dit, Besp. Mor, lib. I, q. 32, n. 7, 8: « Qu'il n'est pas trop « sûr que l'attrition suffîse avec le sacrement. »
Le bon père m'arrêta là-dessus. Eh quoi ! dit-il, vous lisez donc nos auteurs? vous faites bien; mais vous feriez encore mieux de ne les lire qu'avec quelqu'un de nous. Ne vojez-vous pas que, pour les avoir lus tout seuJ, vous en avez eonclu que ees p^^^^^^^ IwvXXss^^-^