HISTOIRE DES PROVINCIALES VII
fût. Et cette vérification nuisit plus aux jésuites qu'à Pascal; car si quelquefois on remarquoit une citation moins exacte, ou un texte présenté d'une manière peut-être trop concise^ trèssouvent on trouvoit qu*il avoit épargné les jésuites^ en ne rapportant pas tout ce qu'il auroit pu rapporter de leurs casuistes.
Le plaisir que causoit la lecture des petites Lettres faisoit désirée d'en connoitre Tauteur : ce fut ce qui donna lieu à Pascal de commencer ainsi sa huitième lettre : « Monsieur^ vous ne « pensiez pas que personne eût la curiosité de savoir qui nous « sommes; cependant il y a des gens qui essayent de le deviner : « mais ils rencontrent mal. Les uns me prennent pour un doc- « teur de Sorbonne; les autres attribuent mes lettres à quatre « ou cinq personnes, qui^ comme moi, ne sont ni prôtrcs ni a ecclésiastiques. Tous ces faux soupçons me font connoltre que « je n*ai pas mal réussi dans le dessein que j'ai eu de n'être « connu que de vous et du bon père qui souffre toujours mes « visites, et dont je souffre toujours les discours, m L'une de ces quatre ou cinq personnes à qui Ton attribuoil ces lettres éloit Pascal même; mais on ignoroit d'où sa main portoit ces coups.
Pascal étoit venu se loger alors dans une auberge h Paris, rue de Poitiers, vis-à-vis le collège dès jésuites, quoiqu'il eût son propre domicile dans cette ville. M. Perrier, son beau-frère, arrivant bientôt après dans la même ville^ alla se mettre dans la même auberge^ sans faire coimoitre qu'il étoit allié de Pascal, qui y étoit sous le nom de M. de Mons. Pendant que M. Perrier logeoit dans cette auberge, le père de Frétât, jésuite, l'un de ses parents, vint lui rendre visite, et lui dit qu'ayant l'honneur de lui appartenir, il étoit bien aise de l'avertir que dans la société on étoit persuadé que c'étoit M. Pascal, son beau-frère, qui étoit l'auteur des petites Lettres répandues dans Paris contre Ijbs jésuites, et qu'il devoit le lui dire, et lui conseiller de ne les pas continuer, parcequ'il pourroit lui en arriver du chagrin. M. Perrier le remercia, et lui dit que t'avis seroit inutile, et que Pascal lui rcpondroit qu'il ne pauvoit*pas empèc\\et \e?> \^m\fe^ ^<^ lui attribuer ces lettres, purceque quand iWevir tWTo\V.Q^vi\\vi«vv