‹ Lettres écrites a un provincial (volume 3)Chapitre 7 sur 89 · VIII HISTOIRE DES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

VIII HISTOIRE DES PROVINCIALES

étoit pas Tauleur, ils ne le croiroient pas; et qu'ainsi s'ils s'imaginoient que cela étoit, il n'y avoit point de remède. Le père de Frélat se retira, disant toujours qu'il étoit bon de l'avertir, afin qu'il prît garde à lui. M. Perrier fut fort soulagé quand le père s'en alla : car il y avoit sur son lit une vingtaine d'exemplaires de la septième ou huitième lettre, qu'il y avoit mis pour sécher. Il alla aussitôt en divertir Pascal , qui étoit dans la chambre au-dessous de lui, et que les jésuites ne croyoient pas si proche.

Quelques uns ont dit que le provincial à qui ces dix lettres étoient adressées étoit M. Perrier, qui demeuroit ordinairement à Clfermont. Pascal n'a signé que la troisième : cette signature est une suite de dix lettres initiales : E. A. A. B. P. A. F. D. E. P. Pour en comprendre le sens, il faut les couper en deux parties, dont la seconde doit être lue avant la première. Voici alors ce qu'elles signifient : Biaise Pascal y Auvergnat , fils d'Etienne Pascal, et Antoine Amauld, C'est ce que Von a su des amis de M. Nicole.

Les jésuites, voyant le, tort que les petites Lettres leur faisoient de tous côtés, se crurent obligés d'y répondre; mais c'est en quoi ils se trouvèrent embarrassés ; car il n'y avoit que deux questions à faire à ce sujet : l'une, si leurs casuistes avoient enseigné ces opinions, et c'étoit une vérité de fait qui ne pouvoit être désavouée ; l'autre, si ces opinions n'étoient pas impies et insoutenables, et c'est ce qui ne pouvoit être révoqué en doute, tant ces égarements étoient grossiers. Ainsi ils travaillèrent sans fruit, et il fut bien facile à Pascal de se défendre : c'est ce qu'il fait sur les principaux points dans ses huit dernières lettres.

Comme il avoit renfermé dans les six lettres précédentes les principales maximes des jésuites sur la morale, et que ces lettres avoient eu tout le succès qu'il désiroit, il avoit d'abord résolu de finir à la dixième, et de suivre le conseil de ses amis, qui l'exhorloient à ne plus écrire. Ce fut l'emportement des jésuites qui lui arracha encore, comme malgré lui, les huit autres lettres. Elles ne sont pas moins élégantes ni moins châtiées que les précéâenleSy si on en excepte la seizième, qu'il se hâta de puàJIer, comme il le témoigne lui-même, k ca-ws^ àa^ ^^dx'è^-

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