HOMICIDE PERMIS DANS LA SPÉCULATION
l'intelligence en est nécessaire pour les quinze, seize, dix-sept et dix-huitième impostures, il est toujours à propos de découvrir peu à peu les principes de cette politique mystérieuse.
Quand vous avez entrepris de décider les cas de conscience d'pne manière favorable et accommodante, vous en avez trouvé où la religion seule étoit intéressée, comme les questions de la contrition, de la pénitence, de Tamour de Dieu, et de toutes celles qui ne touchent que rintérieur des consciences. Mais vous en avez trouvé d'autres où l'état a intérêt aussi bien que la religion, comme sont celles de l'usure, des banqueroutes, de l'homicide, et autres semblables ; et c'est une chose bien sensible à ceux qui ont un véritable amour pour l'Église, de voir qu'en une infinité d'occasions où vous n'avez eu que la religion à combattre, vous en avez renversé les lois sans réserve, sans distinction et sans crainte, comme il se voit dans vos opinions si hardies contre la pénitence et l'amour de Dieu; parceque vous saviez que ce n'est pas ici le lieu où Dieu exerce visiblement sa justice. Mais dans celles où l'état est intéressé aussi bien que la religion, l'appréhension que vous avez eue de la justice des hommes vous a fait partager vos décisions, et former deux questions sur ces matières : l'une que vous appelez de spéculation, dans laquelle, en considérant ces crimes en eux-mêmes, sans regarder à l'intérêt de l'état, mais seulement à la loi de Dieu qui les défend, vous les avez permis, sans hésiter, en renversant ainsi la loi de Dieu qui les condamne ; l'autre, que vous appelez de pratique, dans laquelle, en considérant le dommage que l'état en recevroit, et la présence desmagistrats qui mamlienweulXîi ^^\^\.^ ^^w-
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blique, vous n'approuvez pas toujoon da^s la pntdqù ees meurtres et ces crimes que vous trouvez pennis dans la spéculation, afin de vous mettre par-là à.ec}DV»t da côté des juges. C'est ainsi, par exemple, que, sur cMto. question, « s'il est permis de tuer pouf des médisaMM,' vos auteurs, Filiutius, tr. 29, cap. m, n. 5S; Rqpnil» dus, 1: XXI, cap. v, n. 63, et les «itres répondettl : (c Cela est permis dans la spéculation, ex ptébaMU^ifiF « nUme Kcei; mais je n'en approuve pas la pratiigM, 4 (c cause du grand nombre de fnenrtres qai en arrifB^ a roient et feroient tort à l'état; A on tuoit tons lès méifr tt sants; et qu'ainsi on en seroit puni en justice en tnint' «pour ce sujet, o Voilà de quelle sorte vo» (^iniott commencent à parottre sons cette distinction, ptf le moyen de laquelle vous ne ruinez que la religion, suis blesser encore sensiblement l'état Par->là vous cn^ être en assurance. Car vous vous imaginez que le crédit que vous avez dans l'Église empêchera qu'on ne punisse vos attentats contre la vérité ; et que- les précautions que vous apportez pour ne mettre pas facilement ces permissions en pratique, vous mettront à couvert de la part des magistrats, qui, n'étant pas juges des cas de conscience, n'ont proprement intérêt qu'alla prati(iue extérieure. Ainsi une opinion qui seroit condamnée sous le nom de pratique se produit en sûreté sous le nom de spéculation. Mais cette base étant affermie, il n'est pas difficile d'y élever le reste de vos maximes. D y avoit uftë distance infinie entre la défense que Dieu a faite (Je lùer, et la permission spéculative que vos auteurs en ont donnée. Mais la distance" est bien petite de cette permission à la pratique. Il ne reste seulement qu'à, montrer que ce qv\\ e^V^ertov^ ^<diw^V^%^^éciïlativ^
l'est bien aussi dans la pratique. On ne manquera pas de raisons pour cela. Vous en avez bien trouvé en des cas plus difficiles. Voulez-vous voir, mes pères, par où Ton y arrive ? suivez ce raisonnement d'Escobar, qui Ta décidé nettement dans le premier des six tomes de sa grande théologie morale, dont je vous ai parlée où il est tout autrement éclairé que dans ce Recueil qu'il avoit fait de vos vingt-quatre vieillards; car, au lieu qu'il avoit pensé en ce temps-là qu'il pouvoit y avoir des opinions probables dans la spéculation qui ne fussent pas sûres dans la pratique, il a connu le contraire depuis, et Ta fort bien établi dans ce dernier ouvrage : tant la
doctrine de la probabilité en général reçoit d'accroissement par le temps, aussi bien que chaque opinion probable en particulier. Écoutez-le donc in prœloq, c. m, n. 15. (i Je ne vois pas, dit-il, comment il se pourroit (c faire que ce qui paroît permis dans la spéculation ne « le fût pas dans la pratique, puisque ce qu'on peut faire ' «dans la pratique dépend de ce qu'on trouve petmis « dans la spéculation^ et que ces choses ne diffèrent « Tune de Tautre que comme l'effet de la cause. Car la « spéculation est ce qui détermine à l'action. D'où 11 «s'ensuit qu'on peut en sûreté de conscience suivre « dans la pratique les opinions probables dans la spea culation, et môme avec plus de sûreté que celles qu'on « n'a pas si bien examinées spéculativement. »
En vérité, mes pères , votre Escobar raisonne assez bien quelquefois. Et en effet, il y a tant de liaison entre la spéculation et la pratique, que, quand l'une a pris racine , vous ne faites plus difficulté de permettre l'autre sans déguisement. C'est ce qu'on d \v\ d^w'^ V\ permission de tuer pour un soufflet , quv ^^ Vdi ^vkv>^'^
tdS TREIZIÈME LETTRE
spéculation, a été portée bardiment ^par Lasiiiis à tt» pratique fti'on ne doit poi facilement aceorder^fi de Ht par Escobar à une pratique facile; d'où ^os pèm de Caen l'ont conduite à une permission pleine • sans diidistinction de théorie et de pratique, comme im L'av^ déjà vu. • .
C'est ainsi que tous faites croître peu i peu tos op? nions. Si elles paroissoient tout^i-^eoup dam leur de^ nier excès, elles causeroient de» l'horreur ; mais «e progrès lent et insensible y accoutume doucement bi hommes , et en ôte le scandale. Et par «Ce mqje&.li permission de^ tuer, si odieuse à l'état et i Tfilglisé, s'introduit premièrement dans TËglite , et ensuite A l'Église dans l'état,
On a ?u un semblable succès de l'opinion de Iner pour des médisances. Car elle est acyourd'hui arrivée! une permission pareille sans aucune disûnctioh. Je ne m'arrêterois pas à vous en rapporter les passages de vos pères, si cela n'étoit nécessaire pour confondre Tassurance que vous avez eue de, dire deux fois dans votre quinzième imposture, p. 26 et 30, «qu'il n'y a pas « un jésuite qui permette de tuer pour des médi- (( sances. » Quand vous dites cela, mes pèresi, voitf devriez empêcher que je ne le visse, puisqu'il m'est"si. facile d'y répondre , Car, outre que vos pères Reginaldus, Filiutins, etc., Tont permis dans la spéculation, comme je l'ai déjà dit, et que de là le principe d'Escobar nqus mène sûrement à la pratique, j'ai avons dire de plus que vous avez plusieurs auteurs qui FcMit permis en mots propres, et entre autres le p^re Héreau dans ses leçons publiques , ensuite desqudles le roi fit mettre en artèl ew\oV^^ \xi^\^«»xv^^\«\JTO^