SENS DE JAICSÉNIUS D'ACCORD AVEC LES THOMISTES
4, en ces termes : « Quand la grâce efficace meut le libre arbitre, il consent infailliblement; parceque l'effet de la grâce est de faire qu'encore qu'il puisse ne pas consentir, il consente néanmoins en effet. » Dont I v donne pour raison celle-ci de saint Thomas, son aître, 1, 2, q. 112, a. 3 : « Que la volonté de Dieu ne peut manquer d'être accomplie ; et qu'ainsi, quand il ireut qu'un homme consente à la grâce, il consent infailliblement, et même nécessairement, non pas d'une nécessité absolue, mais d'une nécessité d'infaillibi- U lité. » En quoi la grâce ne blesse pas « le pouvoir qu'on a de résister si on le veut; • puisqu'elle fait ulement qu'on ne veut pas y résister, comme votre re Pétau le reconnoît en ces termes, 1. 1, TkéoL dogm. IX, c. VII, p. 602 : « La grâce de Jésus-Christ fait qu'on persévère infailliblement dans la piété, quoique non par 'nécessité : car on peut n'y pas consentir si on le veut, comme dit le concile ; mais cette même grâce fait que l'on ne le veut pas. »
C'est là, mon père, la doctrine constante de saint iigustin, de saint Prosper, des pères qui les ont suivis, îs conciles, de saint Thomas, et de tous les thomistes i général. C'est aussi celle de vos adversaires, quoique ►us ne l'ayez pas pensé. Et c'est enfin celle que vous inez d'approuver vous-même en ces termes : « La doctrine de la grâce efficace, qui reconnoît qu'on a le pouvoir, d'y résister, est orthodoxe, appuyée sur les conciles, et soutenue par les thomistes et les sorbonistes. » Dites la vérité, mon père : si*vous eussiez 1 que vos adversaires tiennent effectivement cette docine, peut-être que l'intérêt de votre compagnie vous jt empêché d'y donner cette apçYobsiVVow ^\Mvq^\^ ^
mais, vous étant imaginé qu'ils y étoient opposés, ce même intérêt de votre compagnie vous a porté à autoriser des sentiments que vous croyiez contraires aux leurs; et par cette méprise, voulant ruiner leurs principes, vous les avez vous-même parfaitement établis. De sorte qu'on voit aujourd'hui, par une espèce de prodige, les défenseurs de la grâce efficace justifiés par les défenseurs de Molina : tant la conduite de Dieu est admirable pour faire concourir toutes choses à la gloire de sa vérité 1
Que tout le monde apprenne donc, par votre propre déclaration, que. cette vérité de la grâce efficace, nécessaire à toutes les actions de piété, qui est si chère à rÉglise, et qui est le prix du sang de son Sauveur, est si constamment catholique, qu'il n'y a pas un catholique, jusques aux jésuites mêmes, qui ne la reconnojsse pour orthodoxe. Et l'on saura en môme temps, par votre propre confession, qu'il n'y a pas le moindre soupçon d'erreur dans ceux que vous en avez tant accusés ; car, quand vous leur en imputiez de cachées sans les vouloir découvrir, il leur étoit aussi difficile de s'en défendre qu'il vous éloit facile de les en accuser de cette sorte; mais maintenant que vous venez de déclarer que cette erreur qui vous oblige à les combattre est celle de Calvin, que vous pensiez qu'ils soutinssent, il n'y a personne qui ne voie clairement qu'ils sont exempts de toute erreur, puisqu'ils sont si contraires à la seule que vous leur imposez, et qu'ils protestent, par leurs discours, par leurs livres, et par tout ce qu'ils peuvent produire pour témoigner leurs sentiments, qu'ils condamnent celte hérésie de tout leur cœur, et de la même mamère que ^owV\^?» \)ti»\û\^v^%^ o^ve vous