‹ Lettres écrites a un provincial (volume 4)Chapitre 30 sur 47 · DE LA SIMONIE · texte numérisé non relu

DE LA SIMONIE

« ii’y a point de simonie en conscience , in foro con- « scientiæ, à donner im bien spirituel pour un tem- • porel, lorsque le temporel n'enestqueleiiiotifmêmc <> principal , et non pas le prix. » Et quand il dit qu’il n’y a point de simonie en conscience, il entend qu’il n’y en a point , ni de droit divin ni de droit positif. Car la simonie de droit positif est une simonie eu conscience. Voilà la régie générale à laquelle Tanncrus rapporte une exception , qui est que « dans les cas exprimés par « ledroit, c’est une simonie de droit positif, ou nnesi- 0 monie présu mée. »Or, comme uneexception ne peut pas étreaussiétendueque la règle, il s’ensnitparnécessité que cette maxime générale, que « ce n’est pointsi- « monie en conscience de donner un bien spirituel « pour un temporel, qui n’en est que le motif, et non « pas le prix, » subsiste en quelque espèce des choses spirituelles; et qu’ainsi il y ait des choses spirituelles qu’on peut donner sans simonie de droit positif pour des biens temporels, en changeant le mol de prix en celui de motif.

L'auteur des lettres a choisi l’espèce des bénéKces, à laquelle il réduit la doctrine de Yalentia et de Tannerus. Mais il lui importe peu néanmoins que vous en substituiez une autre, et que vous disiez que ce n’est pas les bénéfices, mais les sacrements, ouïes charges ecclésiastiques, qu'on peut donner pour de l’argent. Il croit tout cela également impie, et il vous en laisse le choix. Il semble , monsieur, que vous l’ayez voulu làire, et que vous ayez voulu donner à entendre que ce n’est pas simonie de dire la messe, ayant pour

270 RÉPONSE A LA DOUZIÈME LETTRE, motif principal d'en recevoir de l’argent. C’est la pensée qu’on peut avoir en li.sant ce que vous rapportez de la coutume de l’Église do Paris. Car si vous aviez voulu dire simplement que les fidèles peuvent offt-ir des biens temporels à ceux dont ils reçoivent les spirituels, et que les prêtres qui servent à l'autel peuvent vivre do l'autel , vous auriez dit une chose dont personne ne doute, mais qui ne touche point aussi notre question. Il s’agit de savoir si un prêtre qui n’auroit pour motif principal , en offrant le sacrifice , que l’argentqu’il en reçoit, no soroit pas devant Dieu cou[)ablede simonie. Vous l’eu devez exempter selon la doctrine de Tannerus; mais le pouvez-vous selon les principes de la piété chrétienne? « Si la simonie , « dit Pierre Le Chantre, l’un des plus grands ome- » ments de l’Eglise de l'aris, est si honteuse et si « damnable dans les choses jointes aux sacrements , « combien l’est-elle plus dans la substance même des « sacrements, et princi[)alement dans ri''ucharistie , B où on prend Jésus-Chi'ist tout entier, la source et « l’origine de toutes les grâces! Simon le magicien, « dit encore ce saint homme, ayant été rejeté par Si- (1 mon Pierre, lui eût pu dire: Tu me rebutes, mais je « trionijdierai de toi et du corps entier de l’Église; « j’établirai le siège de mon empire sur les autels; et « lorsque les anges seront assemblés en un coin de a l’autel pour adorer le corps de Jésus-Christ, je se- < rai à l'autre coin pour faire que le ministre de l’au • tel, ou plutôt le mien, le forme pour de l’argent. « Et cependant cette simonie, que ce pieux théologien con-

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