DIXIÈME LETTRE
Opinion de Lelewel sur P étude dei cases de terre
Mon eher Montaiglon,
.1.' clorai la série des documents, réunis i rotre intention, par une lettre de Joachim Lelewel', qui serait depuis longtemps livrée à la publicité, si le crainte de heurter certaines susceptibilités d'une grande ftme blessée ne m'eût retenu jusqu'à ce jour. Maintenant que la mort a mis fin à un exil de trente années, noblement rapporté, ne puis mieux [aire que de i lonnerlespi remar-
quable écrit. Il ira ainsi à M véritable adn-
Un vase en tej-re noire mêlée de chari>on et modelé i la main, qui avait été trouvé, disait-on, en Afrique, sous plusieurs pieds uY ter à quelque distance de L'embouchure du Sénégal, m'avait été montré à Nantes par un capitaine de navire marchand. Sa tonne el le procédé
sa fabrication me parurent rappeler tellement ceux des plus anciennes poteries de la période dite celtique, qu'on rencontre parfois en Bas-Poitou, que je crus devoir envoyer à l'illustre numismatiste le dessin de ce singulier spécimen de l'industrie primitive des nègres, en lui communiquant certaines idéi rées par la comparaison des
haches et autres instruments en pierre, colliers de coquillages, etc., recueillis dans les antiques sépultures de nos contrées, avec leurs raies . dont se servent encore les peuplade^ sauvages. — Sa répondue se lit i'a- attendre. Elevant la question à la hauteur de son génie, ei lui donnant des proportions que j'avais été l"i;i île lui attribuer, Lelewel s'en servit pour jeter les bases «l'un système complet de
nouvelle K' i" " !"• i" i"M.|n. i \ ..M, m, l' ih mi, d'uni
coupe de lei re i ouvei te d'i m iil , »/ < >>(> j,riis> r |] . . i e mil '" deroir de 1 1 foi mulei ion
peu c aune, dan ion lyle nei rem
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J, m,- i , iI.his mon liillrl «lu 1
m i plume drbee il. s . !i un, -s ,|iir lui ImpOMDt 11 géographie . I ■ I ut* I .m, 1,'im i lion |,o|,u lu I i, <|in a
i, i u ,u | iti h, • réponse perleeoui ITiler, el un auin; du voiuim-
(li pins, do remuer l'esprit en moi, pour dnnm
portent le oondeneé de oe treftil knilnv i ••xpoeé ecr.i i.i«i. \ < ■. .
trop p< ii. Nous .nu itei «i- \ iu> i- s .lui ii de ni théorie dotIi • , - l li nul
§4 || |i, .u de nirs if. onsti u. lions liésilanli
Oui, cher imi ! oui, vous ave/ raison de duv ipi des :nn
teneilee de II VlO prifée de chaque i »• ■ n | -l ■ ■ ; les lu nu. us de t*:nt appliquées .. I.i i<
dru poterie » à li plue petite igrafe, ildereient, comme i.s i.,n. u. , .1 li cooi iince de l'orl fine dei peuples, de leurs eip< ditioni militaires, vi< u défsiu
I. urs ni. liions de foiuin.T. ■<•. CoOltdérei lei effets naturels il-- voir»' ■
de l'Algérie; elle n'a pu mioqoé de rom procurer quelque cheee de bédouin. 1 1 femmes, ralenti toujoun prit .1 II nooreantéi foui toilette de cooleui . lei
Inirnous vont pli 1rs i nu de Paris, de Bruxelles, < l votre lointain m 1rs .eaile p.is
de voire porte. V*oi soldats*, snfanti comme lee femmes , ittlréi rai couleun et brofti à grtmJéeJit, se foui algérien par l*hiblt, qui commiaiqne I l'emprunteur quelque coté de l'original* u y a des îaiis de gnerrei uoutoiux qui, ptf leur rérocité, obligent de le croire.
Les ustensiles, lee irmes, les bfyoox, leronl d'un grand lecoûrs pour qui rrei gen, Dion le protège I sur ii sentier que vous montra mi hardis et Incides; miii je leur consente, ave- nous, de mener d'un pas parallèle l'étnde de la poterie, Bise m service de l'homme depuis .les nus mnombriblei, mm iroii dédain di la plus grceajère, qui, étant usitée du peuple, n'en esi queplui persistante dm- m types. Beaucoup des formes de celle poterie sont de la descendance directe de celles dee premiers récipients de terre qu'on a imaginé de façonner. Qu'on les 1 1 - ali-
gne, avee l'œil d'un clairvoyant; de cette confrontation naîtront des décOUTUl t. -s que vous et moi, rêveurs a la piste, soupçonnons, sans deviner la force expansive de leuis conséquences incalculables pour l'histoire, et qui frapperont de mort les rêveries dout
(1) Quelques bons esprits iraient entrevu , avant l'époque où fut écrite cette lettre, le parti qu'on pouvait tirer de l'étude intelligente des poteries; mais personne n'a1. ait encore porté la question sur son vrai terrain.
(2) De l'art de terre.
(3) Considérations historiques el artistiques sur les monnaies de France, Fonlenay (Vendée), Roblichon, 1850, in-8°; travail dédie à Lelewcl.
(4) Géographie du moyen âge étudiée par Joachim Lelewcl, Bruxelles, 1850.
(5) P. 31 et suivantes des Considérations.
(6) \umismadque du moyen âge. point de départ des études vraiment sériel sur les monnaies de cette période.
sf\<r«,' |., ,|,-s i|.oviiruf île sNSliino. i.:i numismatique Duri MM BOMT,
i|in ne l'étsll montrée avant C€ temps présent, quoique, p ai iu<»iiiiintmlsv
elle puiss. I i I " .. iii- s, .
Un excellent départ sérail de déterminer, <!' icte man
fnnm s usitées «!.-•> |iru|.|i . ,|t,i ,,nt le moins subi NnlMM <■ M lOUMN I I
eut ipéenoe. I tmen comparé touradrail lei principe! générateurs, et aanotri
M Marche de l'esprit prati. i- n d:n imemerils primitil OMM
industrieux; ou le énie < I en celui q«i intente ojMriqM ehe m « i
de propice .1 la vie. Tontes lee nstions ont « omn 1 mu s ..ni
opéré sur ellee le travail actif dn pcrfocUonnement t bâté, ici et ailleurs, par I*Im-
ini\li(.ii dnsan» et des i plus api. -s .. ce j :e im-nl, qui ont Mit,
dans laaérie des aièdet, offloe et métier d'instructeurs. !.■
sont lis retardataires mot le cbesain humain , <pii, au lieu d'avancer, d'accrocher la
mail) ans meilleurs marcheurs, m aont a< « roupie, laaaés, sa 1 "mmencement da
et «.m oublié l'instruction acquise, avant d*j sse et paresse. 1-a paresse
du sang, les conditions contrariantes du loi, de climat, l< - obn
1 venus de religions barbanea, ont été autant (fembama a Leur BMfoha, autant «le clous pour les acbei bnmobiles à la place de leur chute. L , par suite,
ont subi la dégénérescence des types nationaui de vos Carloringiena, Immobil par le inorcelienieiit de la féodalité. Ces peupla.!, i isol< es, par cela qu'elles «Mit eu peu de notions d'industrie 1 onl conservé, comme momifié, ce pru dans leur imagination
et mémoire, et je vous allinne, MOU ami, qu'il y a chez elles des pr< lils de \,ivs qui ont une antiquité qu'on M peu! limiter, et qu'il est utile de cniif-'iei
les paieries exhumées des tombeUes, oA luemenl les restes
anciens habitants de la terre, si remu ur vivant , comme il est utile de
l'érer la hache de pierre du Mttrvage avec Celle qM lies
barbares, le sol dvfliaé* Le pot du Sénégal, similaire du pot de la fabrique -
rage piétonne, ne conduit-il pas, de PœilJ L'imagination, l'idée de la commun originale, et du nègre squelette de plusieurs mille ans BOUS la plaine de la Vend. 1 .' Ce fait devra prédominer l'observation du squelette et de la poterie OUI lOSSbeaUX.
Autant que je m'imagine, autant que je puis entrevoir le vrai dans ce qu'il allègue, il produira une belle récolte à l'observateur, qui ne bornera ; <n entour de
faits conuus, l'âge de la création de l'homme (1).
(I) Plusieurs archéologues partagent maintenant cetM opinion de Lelewel, qui U à l'aire considérer les premiers habitants de l'Europe , comme :"■ noire. L'étude bien conduite des ossements, recueillis daus les plus encfc pul-
tures, permettra seule de résoudre cet important problème.
M. J. Quicherat et moi avons découvert l'an dernier, sur la côte de Jart (Vendée), traces d'habitations primitives, dont l'examen pourrait apporter quelques lumières sur la question. Le point où sont ces vestiges porte le MM MOdeme de Bcksbat, nom caractéristique pourtant; car la tradition conserve le souvenir de l'existence, en ce lieu , d'une grande ville, détruite, selon elle, comme Sodcuae, par un cataclysme, en punition des débauches de ses habitants. La présence au milieu des sables, sur une étendue de plusieurs kilomètres, de petites encein Ls de mer pa
sant avoir une origine celtique, montre que la tradition n'est pas menteuse, et qu'un centre de population assez nombreuse | eXMtê la. Les OUragUne terribles, qui ont paasé| il y -a quelques années, sur nos (..tes. ont mis ,, découvert MQpi*i bu dé-
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1 ,, il sei.i lit lit île I. . , nisl.it. 1 , mil dû liait r»' il»? riiiul.it phi *hi
un,' .|ii.intil.' .r.iuli.s i 1. .itPMis ilr llnniiin. , i|ti il <l< UfS ,
chaque fols qu'il isul créer. Le pi !<• nn-i-:ini«|u«* I •• • -• !•• mtmii'I «Ii.i|mim-, aj
ouvrira la porte qui conduit au décoratif, le pluaétendu d< 1
• nu.i.i la grandeui cl variété ilr < <• «i«i m. 1 . mus ni.* n . ii ••)• l.n t »!«• <-t ! miopes seront i.m IiIps |..n l.i luiii ttr iju'i l.i!»i n p.* 1 m-
itMiiin ilo NOUS. Lis plnt'edes il I \ p< s hUp nielilatits li'imil
pitres, de pelitea branches de l'arbre
iici, l'estsmpé, Irom peut . ht .1 wmi , > m s.- < \ r mai lié.
Ls terra est la bibliothèque de livres re Inconnus, qui stt< ndent lee clearvoysatSi
llaullifll lfl IItTO qui in lin 1I1 ri tir 'lu l 1 'I» v .s-- m-'
M aommsire, Je vois nia chambre se dilater t se remplir do i»nii»-s espèces di- 1 ►■ » 1 m •
modelées par les hommes, depuil le Jour nu la m un I COmmCO
«t. dans ces poteries, je \«ms lei rameaui de II race humaine, leurs m . dé-
plscements, (usions de brioebet, noies clairs ptr une rorme, un profil, un pro de fabrique, une couleur, un vernis.
o cher amll quel sujei digne d'un bon etpril ! Mais, pouroaei > 1 ri 1. Il nul jeune, riche de noté ei d'argent , beaucoup artiste, praticien, 1 1, condition prem ne pas taire de ce travail, le travail systématique d'un.' Idée préi réée en son le travail d*un seul présomptueni et égoïste d'honneurs. - L'exilé, qui n'a ri< u que les peines et angoisses du cœur, n'es! pas Pun des marcheurs qu'il convient a eeite longue pérégrination; il est lié à des oeuvres plus courtes* Le pauvre n'a pas non plus le tempe à lui; le bruit anive vert et aigre ses bouche; il ne peut attendre le mûrissement de sa pens
A qui fera ee livre, je parle des forts et artistes, vos porcelaines de ojpe
votre France aime d'extravagance, donneront pitié. Fondée sons Louis XV, la fabrique
capilanl les dunes qui les recelaient dans leur sein. — Les traces, 1 ir le
passage d'une population d'iclhyophages, antérieure à celle qui a construit les enceintes en question, et rien ne prouve mieux sa haute antiquité, sont à plusieurs mètres au-dessous d'elles , et immédiatement au-dessus du banc calcaire, ijni dépasse à peine de quelques centimètres les eaux de l'Océan. Plusieurs couches superposées de débris, mêles aux. sables, nous montrent l'homme élevant peu à peu le niveau de sa demeure, à mesure que la mer déposait ces sables sur la cote, et les amoncelait en dunes. Nous avons recueilli, parmi ces restes, un certain nombre de silex taillés et de débris de poteries mal cuites et modelées à la main. — J'appelle l'attention des archéologues sur les gisements de cette nature et surtout sur celui-ci . qui fournira certainement des indications d'un haut intérêt sur la date des ensablements de nos côtes.
Saint-Vincent-sous-Jart, le Becciacw de Grégoire de Tours, est à eété de ffebstol.
i petit type de lotis |.s produits d< i di la déhaih lie ; l'ait ri |r r
des ouvriers oui provenance ha 't malade. La porcelaine 6l la
i.i ir m ,■ n\ nt travaillées chez vous par le génie décoratif, dépoli ton nèdes*
1..1 Réroiotioa poofaft eogeodrei un Dovtej irt; h bourgeois, victorien ptf < ■ i u* , lui
l iriniii 1rs lu mis médiocres de son jugement. !).■ taureau qu'il «'tait en r Dtfid, Chel d'école républicaine, rst tombé bu-ul sous la main éoerrSOtS di Vq>oh 00, • t l'mt. (jn'il dirigeait, I perdl MM mil, qu'un Utff I'jw I l , l'honneur de ce temps, a rendu a la statuaire*
Deux choses sont à considérer pour 1rs pi.n : la forme et la
couleur, éléments constitutifs des OOfngOf MUurels. Lnn art a celte mission de marin 1rs ton; di ooovrir les belles formes de belles couleurs , sobres ou éclatai Ijs vases grecs et chinois, japonais, persans, de lOOtS t*UMM, v"i,t h s DOM ■O-
dèles de chscooe «h1 cet méthodes. Bonne moderne, j'ai honte, quand je vois vos
ouvriers, et ceux «le l'Lurope derrière 001, le donner des iml pensées,
a Imiter les bouquets «h- la robe «le la Pompadour, ou à copier fadaisement , avec drs couleurs I. iusscs comme 1rs cordes du violon de la rue, des tableaux incopiables a\i «■ li s procédés du feu et le but décoratif. Le Grec et le vieux BÉBOil étsJoM , par legont, des artistes nés au vrai; vos SèvriOM, Parisiens, Limousins, et plus les An et Saxons, sont «1rs coloricurs que condamnera la postérité des bons juges, parce qu'ils ont l'habilité rt pas le génie du métier.
Ma lettre était écrite , mon ami , les bi Hures m'ont obligé de la copier, voulant être lu et compris de vous. Lu de mes amis polonais a poli les infractions de ma langue française. Fstigoé, je vous quitte et vous dis de penser à votre tout dévoué de cour,