‹ Lettres écrites par les souverains des Pays-Bas aux états de ces provincesChapitre 6 sur 31 · PROVINCES (I · texte numérisé non relu

PROVINCES (I

Il les informe de la cession qu'il a faite des Pays-Bas à l'infante Isabelle, sa fille , et promet qu'il continuera de les secourir, comme par le passé.

Madrid, 31 mai 1598.

Le Roy.

Par ce que contiennent voz lettres du .... de l'an passé,

avons eu plaisir d'entendre la grande joye et contentement que vous avoit causé nostre bénigne résolution endroict la matière que, de nostre part, vous avoit déclairé nostre bon frère, nepveu et cousin l'archiducq Albert , en vertu de noz lettres à vous en sa créance. Et, pour ce que nostre intention ne tend que à mectre cez pays d'embas en paix et repos, par le mariage qu'avons conceu de nostre très-chère et très-amée bonne fdle l'In-

(1) Cette lettre est également insérée dans la Collection de documents inédits, etc., t. I, p. 425.

faille avecq noslrediet bon frère, nepveu et cousin, mesmes par leur présence, avons trouvé convenable, pour l'advancenient de ce bon œuvre, de préalablement donner, céder et transporter à nostredicte fille tous nosdicts pays d'embas et de Bourgoigne , en conformité des lettres patentes que sur ce s'envoyent à nostredict bon frère, comme semblablement celles du consentement, aggréation et adveu de nostre très-cher et très-amé bon fîlz le prince, aussi celles de l'acceptation de nostredicte fille. Dont nous asseurons qu'aurez contentement, et cognoistrez davantaige l'amour et affection que tousjours avons porté ausdicts pays, comme le mesme sera encor ( à i'ayde de Dieu ) cognu plus clairement par moyen dudict futur mariage et l'envoy de nostredicte fille par delà, aussitost que le temps le permectra , et aussi par l'assistence que continuerons de faire ausdicts pays, à toutes occasions que besoing sera, considéré que nullement est nostre intention (comme pourroient interpréter aulcuns mal advisez) de les abandonner, ains bien les secourir et défendre, comme avons faict du passé, jusques à ce que, par paix ou aultrement, ilz seront bien asseurez De Madrid, le dernier de may 1598.

Papiers d'État : reg. Cession des Pays Bas a l'infante Isabelle, fol. 325. — Archives des états de Hainaut: Artes des états, t. VIII. fol. M.

PHILIPPE IV AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il les remercie de la bonne volonté et de l'affection dont ils lui ont donné de? preuves, et spécialement lors du siège de Breda,

Madrid, 12 juillet 1625.

Le Roy.

Madame la sérénissime Infante, nostre très-chère et

îrès-araée bonne tante, nous a escript de quelle bonne volonté et affection vous vous employez tousjours en noslre service, aux occasions qui s'en présentent par delà, mesmes qu'en celle du siège de Breda, l'avez faict avec une singulière démonstration, assistant à tout ce qui a esté nécessaire pour parvenir à une si bonne fin, comme il a pieu à Nostre-Seigneur nous en donner. Et, ores que ce soit le debvoir de si bons et iidelz vassaulx que vous estes, et deu à l'estimation que nous faisons de vous, et à la grande affection et volonté que vous portons, ce néantmoins, nous vous en avons bien voulu remercier par ceste , et asseurer qu'aurons tousjours favorable souvenance de ce service et de tous autres que nous avez rendu, ensemble particulier soin de tout ce qui vous touchera, et concernera vostre plus grand repos et allégement, comme l'entendrez plus amplement de Son

Altèze, à laquelle nous nous en remectons De Madrid,

le xue de juillet 1625. Fr. Ixacus v*.

PHILIPPE

J. OSW. DE BpJTO.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états. — Archives des états de Hainaut : Actes des états, t. XV, fol. 48. — Registre aux résolutions des états du Tournaisis, de 1623 à 1031.

PHILIPPE IV AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

11 envoie aux Pays-Bas le marquis de Leganez, lequel, après les avoir remerciés de leur zèle et fidélité, leur communiquera les moyens qui ont été imaginés pour procurer quelque repos à ces provinces. — Il les prie d'à outer foi et créance à ce que ce ministre leur dira.

Madrid, 17 juin 1627.

Le Roy.

Comme ce nous soit propre d'avoir soin du bien et

soulagement de noz fidelz vassaulx, nous avons en particulier voulu le prendre de ce qui peut toucher celluy de nos provinces obéyssantes, leur faisant cognoistre combien il nous sera cher et agréable de leur procurer quelque repos, parmy tant de travaux que les occurenees du temps ont amené, avec très-grand ressentiment nostre. Et, ayant meurement considéré ce qu'il se pourroit faire pour y apporter du remède, nous avons trouvé convenir d'envoyer par delà, à cest effect, don Diego Messia (I), gentilhomme de nostre chambre, et de nostrê conseil d'Estat, lequel, après vous avoir faict entendre la satisfaction que nous avons de vostre zèle et fidélité à nostre service, vous dira les moyens qu'avons trouvé à ce les plus propres, et desquelz nous pourrons estre mieulx servy, afin que, Testât de nos affaires de par delà prenant un pied asseuré, vous en puisse ensuivre plus

(1) Don Diego Messia, marquis de Leganez, gentilhomme delà chambre du Roi, son conseiller d'État, capitaine général de la cavalerie légère aux Pays-Bas et de l'artillerie d'Espagne.

de repos : nous remettant, au surplus, à ce que ledict don Diego Messia vous dira de nostre part; désirants que vous luy donniez entière foy et créance; asseuré que embrasserez ce qu'il vous proposera, comme chose qui touche tant vostre bien et utilité,

qui est ce qu'avons plus à cœur De Madrid , le xvne de

juin 1627. Fr. Inàcus \K

PHILIPPE

J. OSW. DE BrITO.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états. — Archives des étals de Hainaut : Actes des états, t. XVI, fol. 119. — Registre aux résolutions des états du Tournaisis , de 1623 à 1631 .

XXXÏ.

PHILIPPE IV AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

ii les remercie de la résolution qu'ils ont prise sur le fait de l'union des armes qui leur avait été proposée, et les assure qu'il aura toujours un soin très particulier de ce qui concernera leur soulagement et leur prospérité.

Madrid, 20 juillet 1628.

Ayant entendu le particulier zèle qu'avez monstre à

ce que, de nostre part, vous a esté proposé sur le faict de l'union d'armes entre tous nos royaumes et seigneuries, et la bonne volonté avec laquelle vous vous y estes conformé à la nostre (I),

(1) Le marquis de Leganez, s'étant transporté dans toutes les provinces, fit aux états la proposition d'une union d'armes avec les autres royaumes et États de la monarchie espagnole, sur les bases suivantes : la Castille avec les

et entré en ludióte union, nous vous avons bien voulu signifier îe grand contentement qu'en avons receu, ensemble vous en remercier, comme faisons par ceste, vous asseurant que n'avons oncques espéré moins de vostre affection et fidélité, comme de si bons et loyaux vassaux, et qui tant affectionnent nostre service et le bien de TEstat, et quavons et aurons tousjours- trèsparticulier soin de tout ce qui concernera vostre plus grand soulagement et prospérité. Et, quant à la supplication que vous et les autres estatz de nos provinces obéyssantes nous faictes, de vouloir entretenir quelques régïmens et compagnies de chevaux des naturelz de par delà, afin que la noblesse et autres soyent employez, et s exercent au faict des armes, vous entendrez sur ce nostre résolution de la sérénissisme infante madame Isabel .

nostre bonne tante De Madrid, le xxe de juillet 1628.

Fr. Inacus vl.

PHILIPPE

J. OSW. DE BrITO.

Archives des états de Hainaut : Actes des états, t. XVII, fol. Si. — Registre aux résolutions des états du Tournaisis.

de 1625 à 1651.

Indes fournirait 44,000 hommes; les Pays-Bas. 12,000 hommes; le royaume d'Aragon, 10,000; le royaume de Valence, 6,000; le royaume de Catalogne, 16,000; le royaume de Portugal, 16,000 ; le royaume de Naples, 16,000: le royaume de Sicile, 6,000; le duché de Milan, 8,000; les îles de la Méditerranée et de l'Océan, 6,000 : en tout, 140,000. Lorsqu'un des États du Roi serait le théâtre de la guerre, ceux qui se trouveraient en paix le secourraient de 20,000 hommes de pied et 4,000 chevaux, entretenus à leurs frais, dans la proportion de leur quote-part respective.

Déjà les royaumes d'Aragon, de Valence, de Sardaigne et de Mallorque avaient donné leur consentement à cette union. Les états des Pays-Bas l'acceptèrent à leur tour.

PHILIPPE IV AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

II Icui exprime son regret du mauvais succès des affaires aux Pays-Bas , et leur adresse des paroles de consolation et d'encouragement,

Madrid, 26 octobre 1629,

Le Roy.

Nous avons, à noslre grant regret, entendu, par

lettres de la sérénissime Infante, nostre bonne tante, les mauvais succès des affaires de par delà (I) et le ressentiment quen avez eu, et, d'autre costé, faisons particulière estime de l'affection, valeur et soin qu'avez monstré en ces occasions , vous employant et signalant en ce que s'y est offert de nostre plus grand service. Ce qu'estant vrayement correspondant à ce que tousjours nous nous sommes promis de vostre zèle et ancienne fidélité, nous avons bien voulu vous en remercier par ceste, et asseurer que l'une des plus principales causes qui nous ont faict ressentir ces succès, a esté le mescontentement qu'ilz vous auront causé, lorsqu'avec tant de soin se traictoit de vostre plus grande seureté et tranquillité. Mais nous espérons qu'il plaira à Nostre-Seigneur redresser mieux les affaires, et vous donner le repos et consolation que méritez, et que, pour tant de raisons, nous vous procurons, veillans et assistans aux choses de par delà, et à vostre seurté, avec tout ce qui est nécessaire, comme en effect

(1) Bois-Ie-Duc avait été pris par le prince d'Orange, Frédéric-Henri, le 14 septembre précédent,

I on y entend à bon escient. Nous nous confions aussi qu'en ce qui se présentera pour l'advenir, vous continuerez de servir et assister nostredicte bonne tante avec le mesnie zèle que du passé, comme nous vous en requérons et enchargeons. A tant, etc. Nostre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Madrid, le xxvie d'octobre 1629. Ms Legs v*.

PHILIPPE

J. Os\V. DE BrITO.

Archives des états de Hainaut : Actes de^ états, t. XVII, fol. 148.

PHILIPPE IV AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

II leur témoigne la sollicitude particulière qu'il leur porte , et l'estime qu'il fait de leur fidélité ; leur annonce le dessein d'aller visiter les Pays-Bas ; les informe que, en attendant qu'il puisse effectuer ce voyage , il leur envoie le comte de Solre , auquel il les prie de donner toute foi et créance.

Madrid, 14 décembre 1629.

Le Roy.

Nostre unicq désir a tousjours esté de veoir nos

royaumes et Estais fleurissans, et de leur procurer les effects d'un amour plus que paternel, que nous leur portons d'autant plus singulièrement qu'ilz se sont renduz remarquables par leur zèle et fidélité entre tous autres subjects et vassaux; et s'eslans noz pays d'embas, pendant nostre règne, signalez en plusieurs occasions de nostre service, ilz ont faict croistre en nous le soin qu'avons tousjours eu de si bons subjects, nous remectans devant les yeux, par leurs déportemens, les anciens services qu'ilz ont

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