SI
lenduz à nos prédécesseurs, et l'ancienneté de leur obéissance, qui semble engendrer quelque espèce de droict de primogéniture dans nostre volonté. Ces raisons nous ont meu et meuvent d'avoir nostre sollicitude particulière de leur bien, et de le procurer par tous moyens possibles, afin qu'ilz reçoivent le prix qu'ilz ont mérité de nous, et que tous autres noz subjecls recognoissent l'estime que faisons de leur fidélité. Et estans en ceste résolution, nous nous disposons mesme ( afin de la mieux effectuer, et de veoir nosdicts Pays-Bas) de nous y encheminer au plus tosl qu'il nous sera possible; et, ce pendant, pour le zèle que nous avons recognu en nostre cousin le comte de Solre (1), chevalier de nostre Ordre, de nostre conseil d'Estat, gentilhomme de nostre chambre et capitaine de noz archiers de corps, et particulièrement en ce qui concerne le plus grand bien de nosdicts Estatz, nous avons faict choix de sa personne , et luy avons ordonné de s'y transporter, auquel, en vertu des présentes, donnerez toute foy et créance en ce que par luy vous sera dict et proposé de nostre part, nous confians que, faisant une juste estimation du soin paternel qu'avons pour vostre bien et repos, vous vous rendrez de plus en plus recommandables en nostre endroicl. À tant, etc., INostre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Madrid, le xive de décembre 1629. Ms Legs v*.
PHILIPPE
J. Gervart.
Archives des états de Hainaut : Actes des étals . t. XVII, fol, 149.
(1) Philippe de Croy.
PHILIPPE IV AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES
ïl les remercie d'avoir fermé l'oreille aux propositions du comte Henri de Bergh. Madrid, 15 juillet 1632.
Le Roy.
Nous avons tousjours creu que la seureté et conservation de nos pays obéissans de par delà consistoit en leur fidélité, amour et affection à nostre service; et il n'y a preuve qui s'en puisse égaler à celle que nous venons d'en recevoir par lettres de S.A. la sérénissime infante madame Isabel , du 28 de juin dernier, portans qu'en une conjuncture si extraordinaire, vous et les autres estats, sollicitez par le comte Henry de Berges (1) , contre son debvoir et serment, afin qu'eussiés à escouter ses très-pernitieux desseins, au préjudice de vostre bien et repos et de nostre service, vous les ayez, comme tels et indignes du support d'aucuns princes voisins, de vostre propre mouvement, rejectez et détestez. Dont nous avons bien voulu vous remercier par ceste, comme ferons bientost plus amplement par voye d'assistence et secours extraordinaires; vous requérans et exhortans cependant à la continuation de vostre fidélité, comme nous nous en confions entièrement, en vous opposans auxdits attentats et desseins pernitieux dudit comte Henry, que nous avons con-
(1) Il s'agit ici de la conspiration des nobles, sur laquelle M. Théodore Juste vient de publier un livre plein de recherches et de faits intéressants.
demné et condemnons , comme très-préj uditiabies à noslre service et aii bien et repos de nosdits pays. A tant, etc., Nostre- Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Madrid, le xve de juillet 1632. Ms Legs vt.
PHILIPPE
G. de Roy.
Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états. — Archives des états de Flandre à Gand : reg. Resolutieboeck van maerle 1631 tôt seplember 1G54 , fol. 271. — Archives des états de Hainaut : Actes des étais, t. XVIII , fol. 228.
PHILIPPE IV AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES
11 les remercie comme dans la lettre précédente , les exhorte à s'opposer aux alten tats du comte de Bergh , et leur promet des secours prompts et extraordinaires.
Madrid, 16 juillet 1052.
El Rey.
La señora infanta doña Isabel, mi lia, me dize, en
carta de 28 dej mes de junio, el desacuerdo con que el conde Henrique de Bergas, tan beneficiado de mí, como el mundo sabe, ha querido faltar á todas sus obligaciones, y ponerse en estado tan ageno délias, y de tanto discrédito y infamia suya en toda Europa, y que haviéndoos solicitado á que diésedes oidos á sus perniciosos designios, bien indignos de la ayuda de ningún príncipe justo y grande, vuestra natural fidelidad y prudente consejo cumpliendo
con eî amor y estimación que me deveis, y mirando á vuestra propia conveniencia y reposso, de vuestro propio motu los haveis deshechado y detestado, y dado á conocer al mundo que puedo gloriarme justamente de que en vuestra fidelidad y amor á mi servicio ha de ser siempre durable la seguridad y conservación de essos mis paises obedientes. Hame agradado y obligado de nuevo esta vuestra honrossa demostración , y assí he querido daros las gracias della , y , en señal del amor que os tengo y de lo que confio de vuestros ánimos, exortaros á que la continuéis, oponiéndoos, con el valor y declaración que conviene, á los atentados y atrevidos designios del conde Henrique, que hemos condenado y condenamos, como tan perniciosos y offensivos á nuestro servicio y á vuestro bien, descanso y reputación. Confiárnoslo assí de tan fieles vassallos, à cuyo consuelo acudiré presto con asistencias y socorros extraordinarios, y siempre tendré grata memoria del mericimiento que conmigo haveis grangeado en esta ocasión. Con tanto, etc., Nuestro Señor os tenga en su santa guardia. De Madrid, á xvi de julio 4632.
YO EL REY
Andrés de Roças.
Archives des états de Hainaut : Actes des états, t. XVIII , fol. 231. - Archives de la ville d'Ypres : liasses aux lettres missives.
PHILIPPE IV AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES
Il fait appel à leur fidélité , dans les circonstances critiques où se trouvent les Pays-Bas. — Il leur promet l'exécution ponctuelle des anciens règlements , et , en outre, il leur annnonce qu'il a ordonné au Cardinal-Infant , son frère unique, de se rendre dans ces provinces , pour assister l'infante Isabelle , et lui succéder après sa mort.
Madrid, 20 octobre 1652.
Le Roy.
En ces occurrences de désordre quy , à nostre regret,
travaillent présentement nos pays obéissans de par delà, nous avons faict délibérer et arrester les remèdes les plus prompts et salutaires pour empescher et surmonter les violences et pernicieux desseings de l'ennemy et d'aultres nos mal affectionnez , quy, de l'issue de leurs artifices et attentats, se promettent la ruine de nos bons et fidels subjects ; s'estans nos rebelles, pour planter et establir l'hérésie en nos pays obéissans, naguères servy, dans les places par eulx dernièrement occupées, d'une tollérance feinte de l'exercice de nostre saincte foy, pour la supplanter et exterminer de nos provinces obéissantes, aussytost qu'ils la pourroient séparer, et les soubstraire de nostre souveraineté, sans laquelle il se voit à Fœuil (et vous le sçavez) qu'elle ne puisse leur estre conservée, ny longuement subsister. Et, bien que nous ayons, à ces fins, desjà donné ordre à des prompts et très-puissans secours, résoluz de perdre la vie et tous les Estatz que Dieu nous a mis en garde, pîustost que de prévaricquer à la justice de sa cause, et à vostre conservation et repos, le fondement de tout tes nos actions gisl en la fidélité
de nosdicts subjects obéissans, et en la confiance qu'en avons, et dans le bon ordre que (moiennant la grâce de Dieu) nous leur procurerons et asseurerons promptement, par exécution et observance punctuelle des anciens et bons règlemens, pour donner à nosdits pays le repos et contentement dont ils ont par cidevant joui,mesme durant la vie et conjonction des Sérénissimes Archiducs. Et, par dessus ce, préférons leur désir commun à nostre contentement particulier, nous sommes résolus de nous priver de la présence et des bons advis de nostre très-cher et très -amé bon frère unicque, l'infant don Fernande, et luy ordonner (comme avons desjà faict) de se mectre en chemin et rendre promptement par delà, afin d'y accompaigner et assister nostre très-chère et très-amée bonne tante, et, après sa vie (que Dieu veuille estre longue et heureuse!) luy succéder au gouvernement, et vous tesmoingner escores, durant icelle, l'effect de nostre affection et de nos plus importans desseins, quy sont de procurer à nosdits subjects obéissans, comme avons tousjours désiré, par la justice et nos armes, et par touttes autres voies convenables, une seure, honorable et proffitable paix. De quoy j'ay trouvé bon de vous advertir, afin que, mondit frère unicque arrivant par delà , vous le receviés et respectiés en ceste conformité. A tant, etc., Nostre-Seigneur vous ayl en sa saincte garde. De Madrid, le xxe d'octobre 1652. Ms Legs \l.
PHILIPPE