‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 35 · OT · texte numérisé non relu

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Comme ce n’est pas une dignité , mais une charge, on à ordonné aux Jésuites français qui sont dans le Kiang - Si, : ne point rejeter le fardeau qu'un évêque qui à vieilli dans les travaux de l’apostolat, jugera selon Dieu devoir leur imposer pour son soulagement. Le père Pousatery , vicaire apostolique du Cham-sy, en a demandé aussi un pour son compagnon. Le père Turcotti , éln évêque d'Andreville, et vicaire apostolique , en a encore pris un depuis peu.

L'Empereur nous a fait cette année une faveur qui

a beaucoup honoré la religion, Une inondation ayant produit une famine universelle dans la province de Chan-tong , Sa Majesté à taxé ses Courlisans, et y à envoyé de grands secours, qui devoient être admi-nistrés par de riches mandarins députés exprès pour cette bonne œuvre. Cela n’a pas empêché qu’une grande partie de ces malheureux ne soient venus à la Capitale de l’Empire pour ÿ chercher de quoi vivre. Sa Majesté ayant concu de la défiance des mandarins, fit appeler quatre de nos pères. [l leur dit qu'étant venus à la Chine par un motif de charité > nous devions plus particulièrement travailler à secourir les pauvres, selon l'esprit de notre religion , qui s’en fait un point capital ; qu’il nous remettoit deux mille taëls pour acheter du riz, et le distribuer dans le grand espace de notre sépulture; et qu'il espéroit que nous contribuerions aussi selon nos forces au soulasement de tant de malheureux, Cet ordre fut reçu avec reconnoissance de la part des Missionnaires, «et ils jugèrent qu'il falloit s’incommoder, afin de trouver cinq cents taëls pour les employer en aumônes.

Les pères Suarez et Parennin, chargés de la distribution des aumônes, firent préparer des fourneaux et de grandes chaudières; ils firent ensuite provision de QUE de grands vases de porcelaine bien propres, de racines et d'herbes salées du Pays, pour corriger

ce que le riz a de fade et d’insipide, A la vue d'un signal qu’on élevoit, les Pauvres entroient sans confusion, et se rassembloient tous dans un quartier , les hommes d'un côté et les femmes de l'autre, Ensuite on les faisoit revenir par un passage étroit, et là on donnoit à chacun sa portion de riz et d’herba es, qu'il emportoit dans un lieu marqué , où ils alloient tous se ranger, jusqu’à ce que les porcelaines fussent vides, On les ramassoit ensuite, on les lavoit, et on distribuoit aux autres pauvres leur aumône dans le même ordre qu'aux premiers.

Les Chrétiens les plus considérables de la ville ve.. noient tour à tour servir les pauvres avec beaucoup d'édilication: ils recueilloient les porcelaines; ils maintenoient le bon ordre; ils disoient à tous quelques mots de consolation. Les mandarins et les eunuques de la cour, que la curiosité attiroit à ce spectacle, étoient charmés de ve bon ordre » Maintenu sans le secours d’aucuns gardes; de cette abondance , etsurtout de cette propreté, dont les Chinois sont si jaloux. Ils admiroient que des personnes remarquables par leur naissance et par leurs richesses , se mêlassent ainsi parmi les pauvres, jusqu’à leur fournir les batonnets pour manger, et les conduire ensuite comme des hôtes à quion veut faire honneur. Oh! s’écrioientils, que cette religion estexcellente , qui inspire tant de charité jointe à tant de modestie! Il n'y avoit pas jusqu'aux bonzes qui ne devinssent nos panégyristes : car Il y en avoit tous les jours près de cent à qui on faisoit l'aumône avec les autres pauvres. C’est ainsi que durant quatre mois nous avons nourri plus de mille personnes par jour.

Dussions-nous être long-temps incommodés de cetie dépense, comme en eflet nous le serons ; nous ne la regretterons point: au contraire, nous bénirons Dieu sans cesse , et nous le conjurerons de nous fournir souvent de semblables occasions de faire

louer

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