‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 3)Chapitre 3 sur 72 · LE JE · texte numérisé non relu

LE JE

dont on vient de parler, l’a composé. par

l'ordre exprès, du conseil royal de Guada-

laxara, à qui il le présentale 10 février 1702.

Le roi Philippe V ayant appris aussitôt après son avènement à la couronne, les pro-

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PRÉFACE. xIix grès de :évangile dans là Californie, en écrivit incontinent à l'archevêque du Mexique , qui avoit succédé par inferim au comte de Montezuna dans la charge de vicé-roi et de capitaine général dé la Nouvelle-Espagne.

La lettre de ce prince est datée dé Madrid du 17 juillet 1701. Il lui mande qu'ayant su par les lettres (1) de don Joseph Sarmiento de Valladares, comte de Montezuma , son prédécesseur , les succès que Dieu donnoïit aux travaux des pères de la Compagnie de Jésus, soit dans les missions qu'ils ont dans les provinces de Cinaloa, de Soncra et de la Nouvelie-Biscaye, soit dans celles qu'ils viennent récemment d'établir dans le grand et vaste royaume de la Californie , il souhaite qu'on protége ces missions, et qu'on les multiplie pour la gloire de l'Eglise et le salut des âmes; et il ordonne pour cela, qu'outre ce qu'on fournit de sa part aux missions de Cinaloa, de Sonora et de la Nouvelle-Biscaye, on donne ce qui est nécessaire pour l'entretien de la nouvelle mission de la Californie. Il ajoute qu'il veut qu'on l’in-

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(1) Ces lettres sont datées de la ville de Mexique, le 5 de mai 1698, et le 20 d'octobre 1699.

xx PRÉFACE.

forme exactement de l’état où elle se trouve,

et des moyens dont on Pourra se servir,

non-seulement pour maintenir une œuvre si Importante à l'Eglise et à l'état, mais pour l'affermir et la perfectionner autant qu’il sera ‘possible.

Le Roi n’en demeure pas là; pour montrer combien il a à cœur la Conversion de ces peuples, voici comme il finit la lettre qu'il écrit à l'archevêque du Mexique. « Je vous » commande de donner les ordres néces- » aires , afin que le secours que j'ai marqué » Soit prompt et effectif, et que les pères # Jésuites puissent continuer cette entreprise # avec la même ardeur qu'ils l’ont com- » mencée. Je vous ordonne aussi de remer- * cier de ma part les Personnes de piété qui » ont contribué par leurs aumênes au pres mier établissement de ces missions, et de » leur marquer que je suis sensible au zèle + qu’elles ont pour la propagation de la foi, » et au service qu'elles m'ont rendu en cette » occasion, Invitez-les par mon exemple, à » contribuer encore dans la suite à une » œuvre si sainte et si agréable à Dieu. » Le Roi accompagna cette lettre d’une autre au

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PRÉFACE. xx

conseil royal de Guadalaxara, dont ces missions dépendent,

Mais pendant que le père de Salvatierra et le père Picolo travailloient de la sorte vers Je milieu de la Californie, où ils étoient entrés par mer, la Providence voulut que le père Kino, jésuite allemand, se fit une nou-

velle route vers le nord, pour y entrer par terre.

Ce père Kino est le même dont nous avons déjà parlé, et qui étant entré dans la Californie en 1683, pour y prêcher l’évangile, fut obligé d'en sortir avec les Espagnols au bout de quelque temps. Comme il étoit attentif à faire chaque année de nouvelles conquêtes à Jésus-Christ, il avança en 1698 du côté du nord, le long de la mer, jusqu'a la montagne de Sainte-Claire. Là, voyant que la mer tournoit de l’est à l’ouest, au lieu de la suivre davantage, il entra dans les terres, et marchant toujours du sud-est au nordouest, il découvrit en 1699 les bords du rio Azul ou de la Rivière-Bleue, qui après avoir reçu les eaux de la Hila ou de la Pillasse, va porter les siennes, d’orient en occident, dans le grand fleuve Colorado ou

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xxij PRÉFACE.

fleuve du Nord. H passa le rio Azul, et se trouva en 1700 proche du Colorado ; et l'ayant traversé, il fut bien surpris en 1701 de se voir daris la Californie » et d'apprendre Qu'environ à trente ou quarante lieues de l'endroit où il étoit alors » le Colorado, après avoif fait une baie d'une assez longue étendue , alloit se jeter dans la mer à la côte orientale de la Californie , qui ne se trouve ainsi séparée du Nouveau-Mexique que par les eaux de ce fleuve. Ainsi, comme l’on voit, les Jésuites, bien loin de cacher ce Vasté Pays, ont fait part de leurs découvertes, ont ouvert de nouvelles voies pour y arriver, et sont presque les seuls qui en aient parlé avec quelque étendue.

Le père Kino même, aussi habile mathématicien que zélé et infatigable missionnaire, leva dans le temps une carte de la route par terre qu'il avoit trouvée, et l'envoya sans délai à la cour d'Espagne. Nous la Joindrons au mémoire du père Picolo.

Nous avons tiré presque tout ce que nous venons de dire de la Californie, de l'épitre préliminaire du cinquième recueil de l'ancienne édition des Lettres édifiantes et

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PRÉFACE. Xxii} curieuses. Nous ne nous arrêterons point à parcourirtoutes lesautres Lettres quecontient cette partie des mémoires de l'Amérique ; elles n’ont pas besoin d'explication > Mais nous croyons qu'il est de notre devoir de dire un mot des écrivains estimables qui

ont rédigé le recueil entier des Lettres édifiantes.

Le père le Gobien est l'éditeur des premiers tomes, contenant les mémoires des missions du Levant et de l'Amérique. Il écrivoit avec goût, et avec cette facilité que donne l'étude profonde et réfléchie des grands modèles , et joignoit aux excellentes qualités de son esprit, les vertus les plus rares et les plus précieuses.

Le père Duhalde lui succéda. Les mémoires des Indes qu'il a publiés, et qui sont également goûtés des sayans etdes personnes vertueuses , prouvent jusqu'où alloient ses soins, ses recherches et ses connoissances.

Le père Patouillet en fut chargé après lui, et il étoit bien digne de le remplacer.

Théologien profond, écrivain élégant, homme versé dans presque toutes les parties de la

xxiv PRÉFACE.

littérature , il avoit tout ce qu'on peut désirer pour soutenir et faire valoir l'ouvrage qu'il étoit chargé de continuer; il est mort depuis assez peu de temps, à l’âge de quatrevingts ans, à Avignon, et ses vertus encore plus que ses talens, le faisoient chérir et respecter de tous ceux qui le connoissoient.

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