‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 3)Chapitre 2 sur 72 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

libre et facile avec ie Mexique, sans le secours duquel la nouvelle Colonie ne pouvoit absolument se maintenir. Ces difficu!tés et beaucoup d’autres, que je ne marque pas ici pour ne point entrer dans un trop grand détail, eussent paru insurmontables à tout autre qu'a un homme qui comptoit beaucoup plus sur la protection de Dieu que sur le secours des hommes. Il ne se trompa point:

ear le bachelier don Juan Cavallero ÿ Ocio, commissaire de l’inquisition et de la croisade, à qui il s’ouvrit, lui promit de l’assister, et don Pedro Gil de la Sierpé, trésorier du port d’Acapulco, s'engagea à lui faire trouver des vaisseaux,

Le père de Salvatierra assuré de ces secours, partit pour aller dans les provinces de Cinaloa, de Sonora et de Taraumara , chercher des missionnaires et des gens de bonne volonté pour former sa colonie. Il parcourut, en faisant chemin , les montagnes de Cinipas et de Guazaperez, dont il avoit eu autrefois le bonheur de convertir presque tous les habitans. Ces nouveaux Chrétiens, qui le regardoïent comme leur père, le re- Surent avec des témoignages de joie aussi grands que fut ensuite leur tristesse, quand

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ils surent qu'il ne faisoit que passer. Après les avoir exhortés à vivre dans l'innocence et dans la ferveur, comme il descendoit de leurs montagnes pour prendre le chemin de la mer, il apprit que les peuples de la province de Taraumara, qui n’avoient pas voulu renoncer à leurs anciennes Superstitions, venoient de prendre les armes, dans la résolution d’exterminer les Espagnols, et tous

ceux de leurs compatriotes qui avoient embrassé le christianisme.

Ce soulèvement imprévu déconcerta les

desseins du père de Salvatierra , et rompit

Presque toutes les mesures qu'il avoit prises Pour son voyage de la Californie. Le père Eusèbe-Franccis Kino » Qui devoit l’y accompagner, lui écrivit que dans une conjoncture si délicate il ne pouvoit quitter la mission de Sonora, dont il avoit soin. Plusieurs personnes qui s’étoient engagées à passer avec lui dans ce nouveau Toyaume, pour y former Sa colonie, furent arrêtées Par cette révolte, qui donnoit de grandes inquiétudes aux Espagnols, de sorte qu'il se vit presque aban-

donné de tous ceux sur lesquels il avoit le plus compté,

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Mais quoique tous ces secours lui manquassent, il ne se rebuta point, persuadé J comme tous les hommes apostoliques » que plus on trouve d'obstacles et de: contradic.

tions dans ce qu'on entreprend pour la gloire de Dieu, plus on a lieu d'espérer qu’à la fin le succès en sera plus heureux. Ainsi, dès qu'il eut appris que les vaisseaux du trésarier d’Acapulco étoient arrivés aux côtes de Cinoloa; il s'y rendit, et s'embarqua le 10 octobre 1697, jour auquel l'Eglise célèbre la fête de saint François de Borgia, qui a été le premier fondateur de nos missions du Mexique. Il mit à la voile le lendemain, et après avoir couru divers dangers pendant deux jours, le vaisseau qui le portoit se trouva à la vue de la Californie par lé tra= vers des montagnes des Vierges. On prit terre à la baie de la Conception; où le père de Salvatierra dit la messe le jour de sainte Thérèse ; maïs comme ce lieu ne parut pas commode, on ne s’y arréta pas, non plus qu'à saint Bruno, où l’on ne trouva qué des eaux salées. Enfin, après avoir passé la nuit à l'ancre devant l'ile Coronados ou des Couronnés, on prit terre le 18 d'octobre au quar-

tier de Saint-Denis, dans un lieu notnmé T. IP, b

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Concho, Le père etceux qui l'accompagnoient firent amitié aux Indiens, qui semblérent d’abord y répondre de bonne foi; mais ce n'étoit que pour surprendre les Espagnols, et pour les faire tous périr; ce qui seroit arrivé, si quelques jours après on n’eût réprimé la violence de ces Barbares. Ce ne fut

pas une petite consolation pour le nère de ;:

Salvatierra, qui ne comptoit de long-temps sur aycun second, de voir arriver quelques jours après lui le père François-Marie Picolo, ancien, missionnaire. de la province de Taraumara , homme distingué par sa vertu. et.

par son zèle, Ces deux hommes apostoliques, qu'une longue expérience rendoit très-habiles,

dans leur ministère, commencèrent alors à travailler solidement à la conversion des peu- : ples de la Californie. Le mémoire qui est, dans. le, cinquième tome. de cette édition, apprendra les bénédictions qu'il a plu à Dieu

da donner à.leurs travaux, Le père Picolo,

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