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par la rigueur du climat. Les Français du Canada voulurent s’y établir de même, prétendant que plusieurs des terres voisines étant du même continent que la Nouvelle-France, ils avoient droit d’y négocier par le 50.e degré, et même plus haut.
La mésintelligence se mit bientôt entre les deux nations; chacun bâtit des forts pour se mettre réciproquement à couvert des insultes les uns des autres. Les fréquentes maladies et les dangers continuels auxquels on est exposé dans cette périlleuse navigation , obligèrent les Français à ne la point entreprendre, sans avoir avec eux un aumônier. C’est en cette qualité que le père Dalmas , natif de Tours , s’embarqua pour la baie d'Hudson. Y étant arrivé , il s’offrit à rester dans le fort , tant pour y servir les Français qu’on y laissoit en garnison , que pour avoir occasion d'apprendre la langue des Sauvages «ui apportent leurs pelleteries pendant l'été, et pour pouvoir ensuite leur aller annoncer l'évangile. Le vaisseau qui devoit leur apporter des vivres l’année suivante , ayant toujours été repoussé par la violence des vents contraires , ceux qui étoient restés dans le fort périrent pour la plupart de faim ou de maladies : ils étoient réduits à huit seulement ; Cinq desquels s'étant détachés pour aller chasser sur les neiges dans les bois , laissèrent dans le fort le père Dalmas, le chirurgien et un taillandier.'
Etant de retour quatre ou cinq jours après , ils furent fort surpris de ne plus trouver ni le père ni le chirurgien. fls demandèrent au taillandier ce qu'ils étoient devenus. L’embarras où ils le virent , les mauvaises réponses qu'il leur donna » quelques traces de sang qu’ils aperçurent sur ia neige , les déterminérent à se saisir de ce misérable et à le mettre aux fers. Se voyant arrêté et pressé par les remords de sa conscience , il avoua qu'étant mal depuis longtemps avec le chirurgien , il l’avoit assassiné un matin, Leo
et qu’il avoit traîné son corps dans la rivière, où il l’avoit jeté par un trou qu'il avoit fait à la glace ; qu’ensuite étant retourné au fort, il y trouva le père dans la chapelle, qui se préparoit à dire la messe. Ce malheureux demanda à lui parler ; mais le père le remit après la messe , qu'il lui servit à son ordinaire.
La messe étant dite , il lui découvrit tout ce qui étoit arrivé , lui témoignant le désespoir où il étoit , et la crainte qu’il avoit que les autres étant de retour, ne le missent à mort. « Ce n’est pas ce que » vous avez le plus à craindre, lui nono le père : > nous sommes un trop petit nombre , et on a trop » besoin de vos services, pour qu'on veuille vous
erdre. Si on vouloit le faire, je vous promets je m'y opposer autant que je pourrai. Mais je » vous exhorte à reconnoître devant Dieu l’énor- » mité de votre crime , à Ini demander pardon et » à en faire pénitence. Ayez soin d’apaiser la colère » de Dieu; pour moi, j'aurai soin d’apaiser celle » des hommes. »
Le père lui ajouta que s’il souhaitoit il iroit audevant de ceux qui étoient allés chasser ; qu’il tâcheroit de les adoucir , et de leur faire promettre qu’ils ne le maliraiteroient point à leur arrivée. Le taillandier accepta cette offre, parut se calmer , et le père partit. Mais à peine étoit- il sorti du fort que ce malheureux se sentit troublé de nouveau , entra dans une humeur noire, et se mit en tête que le père le trompoit , et qu'il n’alloit trouver les autres que pour les prévenir contre lui. Dans cette pensée, il prit sa hache et son fusil pour courir après le père. L'ayant aperçu le long de la rivière, il Ini cria de l’attendre, ce que fit le missionnaire, Sitét qu'il l’eut atteint, il lui reprocha qu’il étoit un traître , et qu'il le trompoit, et en même témps lui donna un coup de son fusil , qui le blessa. Pour se soustraire
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