‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 4)Chapitre 56 sur 63 · RP SRE REN EN EF · texte numérisé non relu

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Mémorial du vice-roi de la Province de Chang-

{ong , qui avertit l'Empereur d'une inondation et du secours qu'il a donné au peuple.

« Cest avec un profond respect que je représente à Votre Majesté , queles Campagnes ont élé inondées îles dans une grande partie de cette province. Les eaux ont ruiné les grains de l'automne, et on n’a pu rien recueillir, Le dommage est considérable, J'ai choisi des officiers intègres et habiles , et je les ai envoyés sans délai pour examiner avec exactitude le véritable état des choses ; et pour m'en rendre compte. Je sais déjà que nonseulement les grains en plusieurs endroits sont entièrement perdus , mais encore qu'il y a eu un nombre infini de maisons qui ont été endommagées ou détruites par l'inondation. Sans doute les ge Pauvres, surtout ceux de la Campagne, auront beau- Coup souffert, C’est pourquoi j'ai fait encore partir d’autres officiers , qui doivent parcourir ious les vil. lages , consoler le peuple, réparer les maisons, et distribuer du riz. Sans attendre les ordres de Votre Majesté, j’exécute ce que les lois prescrivent pour les temps de stérilité, D’une part, je fais tirer du riz des greniers publics pour nourrir les pauvres par

aumône , et les aider à passer l'hiver ; d’une autre

part, j'en prête aux gens de la Campagne , afin qu'ils puissent ensemencer les terres : car si on ne leur fournissoit pas de quoi pouvoir vivre pour le présent, et assurer leur subsistance pour l'avenir, ils seroient contraints d'abandonner le pays, et de passer dans les provinces voisines » Où ils deviendroient fort à charge. En secourant la misère du peuple, j'aurai soin que tout se fasse avec économie et avec équité, selon le besoin des différens endroits, Quant au riz prêté , on en tiendra registre, et dans les années suivantes , si la récolte est abondante , ceux

à qui il aura été prêté , rendront la même quantité, laquelle sera remise dans les magasins, pour servir de ressource en de semblables occasions. C’est ainsi que le peuple afligé se trouvera secouru, et qne les magasins ne resteront pas long-temps vides. »

L'Empereur approuva la sage conduite de ce mandarin, et envoya son mémorial au tribunal de la cour des aides , avec ordre de délibérer sans délai sur cette affaire, On exempta du tribut annuel toutes les terres qui avoient été inondées, et il y eut plus de huit cent mille francs distribués en aumônes , sans parler d’un million qne l'Empereur employa dans la même province , pour réparer les anciens canaux et pour en ouvrir plusieurs autres , afin que les eaux s’écoulant avec plus de facilité, le peuple n’en recût aucun dommage. Ce prince paroït toujours trèssens'le aux misères de son peuple; il n'épargne aucune dépense pour les prévenir, et quelquelois même :! r’attend pas qu'on len avertisse.

Dans le mois d'août 1727, l’an cinquième de son règne , il y eut pendant quelques jours des pluies extraordinaires dans la province de Pe-icheli. L’Empereur faisant réflexion que les pauvres auroient souffert, ordonna au treizième prince son frère, qui üent la place du premier ministre, de choisir trois mandarins d’une probité reconnue; il leur fit donner à chacun cent mille francs, les admit en sa présence, et leur dit: « Allez, parcourez les districts » qui vous sont assignés, assistez les pauvres, ache- » tez-leur du riz, et faites réparer les maisons qui » auront été renversées par les pluies. » .

Un surintendant de deux provinces, sortant de la cour pour se rendre à Canton, et passant par la province de Kiang-nan, se trouva dans un endroit où les eaux des pluies n’ayant pas d'issue , entroient dans les maisons du peuple; du lieu même où 1

étoit , voyag «Le regar( affaire blic; peupl c’étoit ur. C’ ce suri la réco fait do kin? a ignore fait-il le tsor tcheou pourro Pour e prenne sera ac d’une :

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 539 étoit, il en écrivit à Sa Majesté, et continua son voyage.

« Les bonsofficiers , dit l'Empereur à cette occasion à

regardent toutes les affaires de l'Empire, comme les

affaires de leur famille ; ils ne pensent qu'au bien public ; et si dans un autre gouvernement ils voient le peuple souffrir, ils doivent s’y intéresser comme si c’étoit dans leur propre gouvernement , et m’en avertr. C’est ce que vient de faire Cong-yo-sun rs. de ce surintendant). Que le souveraintribunal détermine la récompense qu’il doit avoir pour cet avis. Mais que fait donc le gouverneur de la généralité de Noangkin? a quoi pense-t-il? Il n'avertit pas: peut-il ignorer ce qui se passe dans sa dépendance, ou se fait-il un jeu des misères du peuple? J’ordonne que le tsong-tou du Kiang-nan aille au plutôt à Souicheou , qu’il examine par quel endroit les eaux pourront s'écouler , et qu'il ÿ fasse ouvrir un canal. Pour exécuter plus promptement cet ouvrage, qu’on prenne de l'argent dans le trésor, et lorsque tout sera achevé, ce gouverneur qui ne m’a pas averti d’une affaire si importante, remboursera cette dépense. Je le punis ainsi, pour apprendre à tous les grands officiers à veiller au bien du peuple. »

Pour Cong-yo-sun, qui avoit donné l’avertissement, il fut récompensé d’un de ces degrés hono-

rables dont j'ai parlé ci-devant,

Avant que Cong-yo-sun eût donné cet avis à l'Empereur, le surintendant des provinces de Yunnan et de Koei-tcheou avoit appris que l'Empereur faisoit réparer les canaux de la province de Kiangnan; et parce qu'il avoit été pendant quelques années mandarin dans cette province, et qu’il en connoissoit le terrain , il envoya à Sa Majesté un mémorial, par lequel il proposoit des moyens de tirer de ces Canaux un grand avantage pour le peuple; et à la fin il ajouta, par forme d’excuse, qu'étant officier

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dans une autre province, il auroit peut-être mieux fait de garder le silence; que c’étoit peut-être se méler de ce qui ne le regardoit pas, et aller au-delà de sa charge (Yue-tche). L'Empereur loua ce qu'il proposoit, et ajouta: « Yue-tche ! aller au-delà de votre charge ! non, vous vous trompez; ce que vous faites n’est point ce que signifie Fue-tche; Cong-yosun.ne m'a-t-il pas également averti de ce que le pepe avoit souffert dans la dépendance de Ngan-

ing , quoique ce ne fût pas un lieu de son gouvernement? Tout ce qui concerne le bien de l'Empire, tout ce qui peut tourner à l'utilité publique , regarde tous les grands officiers; ils doivent s’y intéresser ; ei s'ils voient, s'ils entendent, s'ils pensent quelque chose qui soit utile à l’état, ou s’ils voient, s'ils en-

tendent quelque chose qui lui soit nuisible, 1l est

très-à-propos qu'ils m’en avertissent. »

Le même jour , l'Empereur avoit reçu un mémorial d’un vice-roi, qui prioit Sa Majesté de trouver bon qu'il permit aux pauvres gens de se bâtir des maisons sur les bords d’une rivière, pour s'occuper à la pêche et avoir de quoi vivre. Les terres, ajoutoitil, qui sont près de cette rivière , sont des terres impériales ; ainsi c’est une grande faveur et une grâce singulière que Votre Majesté leur accordera. A quoi pensez-vous, lui répondit l'Empereur? vous me proposez d'accorder pour grâce aux pauvres, la permission de se bâtir des maisons près de la rivière: cela suffit-il? S’ils sont pauvres, où prendront-ils de l'argent pour bâür? d’où en auront-ils pour acheter une barque propre pour la pêche? votre mémorial n’est pas assez médité , il faut faire la grâce entière; prenez de l’argent du trésor ; je sais même qu’il en reste des

“épargnes, qui n’a pas encore été dépensé; peut-il

être mieux employé qu’à cet usage? Faites donc bâur au plutôt des maisons à ces pauvres gens près de la rivière, et achetez-leur des barques.

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Cérémonie qui s’est observée l'année 1 725, lorsqu'on a présenté à l'Empereur le livre de la Généalogie impériale, ou l'histoire de la dynastie tartare.

Quelque temps après que l'Empereur eut été élevé sur le trône, il ordonna qu’on revît l’histoire impériale, et qu'on la mit dans un bel ordre. Tout ayant été revu et disposé pendant -plus de deux ans, On. en avertit Sa Majesté; et Par son ordre, le tribunal des mathématiques choisit et détermina le jour et l'heure propre pour lui présenter ce livre, et pour aller le remettre dans un palais où il doit être conservé, Ce fut le 9.e de la 10.e lune de la troisième année de son ‘règne , à l’heure de midi. Peut-être sera-t-on curieux de voir jusqu’à quel point ces grands politiques de la Chine, portent le respect Pour tout ce qui touche l'Empereur, et Surtout jus qu'à quel point l'Empereur honore ce qui regarde ses ancêtres; c’est ce qui m'engage à vous décrire cette cérémonie,

Le 8.° de la 10.€ lune les officiers du tribunal des rites et quelques autres grands mandarins, se rendirent au palais de l'Empereur pour faire les préparatifs devant la salle qui est la plus intérieure et la plus proche de l'appartement de Sa Majesté. On disposa dix tables impériales, six devant la grande porte de cette salle, qui est la porte du milieu, et deux de chaque côté, vis-à-vis des deux portes latérales. On régla tous les endroits où devoient être la musique, les tambours, les trompettes et autres instrumens, Dans la cour de la grande salle d'audience, on rangea les étendards et les superbes ornemens qui doivent accompagner l'Empereur lorsqu'il sort ou quil paroît Pour quelque fête d'appareil. Le lendemain , les princes du sang , les autres princes, les ducs , les comtes et autres grands de l'Empire, les ministres x les présidens des Ours souveraines, enfin tous les

officiers de distinction entrèrent en habit de cérémonie. Les princes allèrent jusqu’à la grande salle d’audience appelée Tai-ho-tiem , et les autres ne passèrent pas alors la troisième porte qu'on appelle Ou-muen, Là, chacun tenant la place qui convenoit à sa dignité , autendit pendant quelque temps,

Dans un tribunal, hors du palais , on avoit préparé dix tables fort propres, portatives, en forme de brancards. Chouu. ile avoit quatre colonnes sur lesquelles portoit une espèce de toit, ce qui représentoit une petite salle, et ces colonnes étoient toutes ornées de plusieurs pièces de soie jaune arrangées avec art. Sur ces dix tables, étoient dix boîtes très-précieuses, et dans chaque boîte étoit reufermé un livre de la généalogie ou de l'histoire impériale, On apporta ces dix tables avec pompe. Les princes, les docteurs du premier ordre, les grands-seigneurs qui avoient présidé à l'ouvrage , suivoient à cheval.

Quand ces tables arrivèrent près de la première et grande porte du palais, par laquelle entre et sort Sa Majesté, tout fut ouvert comme pour l'Empereur même. Ces tables entrèrent par la porte du milieu, comme l'Empereur, et ious ceux qui suivoient entrèrent aussi par la même porte, comme s'il: avoient suivi l'Empereur. De cette première porte impériale , qui s'appelle Ta-{sing-muen , la marche continr jusqu'à la porte appelée Tien-ngan-muen ; et de là jusqu’au pont de l’eau dorée. Devant ce pont, ceux qui n’étoient pas princes, descendirent de cheval et marchèrent à pied; les princes restant à cheval, con tinuèrent jusqu’à la por Ou-muen. Alors tous ces grands-seigneurs et autres officiers qui s’éloient re: dus dès le matin au palais près de cette porte, se rangèrent en grand silence et à genoux, laissant le milieu libre pour le passage des tables : ensuite s'étant

levés, ils suivirent avec respect el toujours en be!

ordre.

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 543 On arriva enfin devant la Porte de la grande salle impériale ou salle d'audience, C’est une salle extérieure très-vaste et très-he!! 5 l'Empereur y donne les audiences publiques. O: )osa ces tables VIS-à-vis de la porte du milieu de cite salle, et les princes,

UCS, comtes, tous les grands officiers se mirent à 8enOux, et battirent neuf fois la terre de Ja tête, Après

ces marques de respect, tous se levè debout. Alors dix des sei

l'ouvrage, et quiavoient été nommés par Sa Majesté, s'approchèrent des tables > Etprirent

oîtes avec un profond respect.

fermoient nne chose Pour ainsi qu’elle regarde les ancêtres de l'Empereur

à personne; ce fut

e couvercle de chaque nt sur la table, chacun à cÔté

Pendant que ceux qui portoient les dix boîtes P2SS0 nt par la grande salle d'audience > les princes, les ducs, les ministres, les autres officiers des cours

ouverines , À qui il n’étoit Pas permis d'y passer, prire: 9tour pour se rendre au même endroit.

Lls entrèrent bar la porte qu'on appelle Xien-tsrne- 74e; et par une autre porte appelée Pao-hou-muen , °L TOUS étant arrivés vis-k-vis des tables sur lesquelles étoient ces livres précieux, chacun se plaça seion son rang et se tenant debou

Cette illustre assemhiea attendit quelque temps, et lorsqu'il fut précisément: nidi, les présidens et assésseurs du tribunal des rites se mirer! à genoux,

544 LETTRES et s'adressant au premier eunuque de la présence, ils prièrent par lui l'Empereur de sortir de scn palais, pour voir les précieux livres de l’histoire impériale, S. M. parut revêtue de ses habits impériaux, et montée sur un grand char qui étoit traîné par une vingtaine de vigoureux eunuques , habillés très-proprement. La forme de ce char est très-ancienne , puisque les empereurs de la Chine s’en servoient il y a plus de trois mille ans. C’est une espèce de chambre bien couverte , dorée, enrichie de divers ornemens , et qui a plusieurs portes. Comme ce livre des histoires des ancêtres étoit à la droite du char , c’est-à-dire à l'occident, ( car la salle devant laquelle 1l étoit placé , est exposée au midi ) ; l'Empereur qui étoit venu du côté de l’orient , sorut de ce char par la orte du milieu, et par respect , il ne descendit point du côté de l'occident, mais du côté de l'orient ; ensuite s’avançant , il passa devant ce char pour s approcher du lieu où étoit l’histoire, et par honneur pour ses ancêtres il resta debout. Alors les princes ui étoient marqués pour présenter un ou deux de ces livres à l'Empereur , se mirent à genoux devant une table , battirent trois fois la terre de la tête, et s'étant relevés, ils en prirent un, et le tenant élevé des deux mains, ils l’offrirent à Sa Majesté. L’Empereur , qui en particulier les avoit déjà vus et examinés, parut en lire quelques endroits et le rendit, On remit le livre dans sa boîte , on la couvrit, et toutes les autres ayant été en même temps couvertes, le premier président du tribunal des rites pria l'Empereur de passer dans la grande salle impériale et de s'asseoir sur son trône , afin que les princes et les grands quiavoienteu soin de cetouvrage , eussent l'honneur de battre la terre de la tête devant Sa Majesté. L'Empereur alla se placer sur son trône, et ces princes et ces grands mandarins firent la céré-

monie dont on a déjà parlé; laquelle étant finie , ils se

se Île:

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et qui dience intérie fois pa portati d’abor.

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se renc rendue sur les et les n ayant | porte a] Fe-h0muen , ment: d c'est ]à beaucou pelle le | Quela dans le ] neuvièm Cérémon ler plus tous ceu vrage en dix pièc onces et onceset s Part: aux écrivains dont les U moins »!S mr.

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, se levèrent, se retirèrent À côté

étant descendu de son trône Partement

Les dix seigneurs qui avoient pris les dix boîtes, et qui, passant par le milieu de la grande salle d'au dience , les avoient apportées devant une salle plus intérieure , les reprirent ; et reépassant une seconde fois par la même salle » ils les posèrent sur les tables

squelles on les avoit à

» €t l'Empereur > Fétourna dans son ap

étoür qu'auparavant, et allèrent sembléé s'étant

S qui les avoient apportées les

On passa par la le qui se nomme elée Tong-qua-

beaucoup de respect ; pelle Z palais de J Histoire imp uelques jours après, suivant la coutume marquée dans le rituel de la dynastie tartare, et observéé la neuvième année du règne de Cang-hi dans la même cérémonie, l'Empereur fit un présent , ou, Pour parler plus correctement » donna une récompense à tous ceux qui avoient été OCCupés À mettre cet ou aux Uns, Cent onces d'argent et

» ét aux autres, quatre-vingts onces et: huit pièces de’ soie : À ceux-ci, soixante

Majesté , jusqu'aux petits Comme colleurs, relieurs :

e onces d'argent » les autres

moins , selon leur condition : ceux mêmes qui,

pour cause de maladie , ou pour d’autres occupations,

n'avoient pu y donner tout leur temps, ne furent point oubliés.

L'EMPEREUR fait l'éloge de son Précepteur, et l’honore après sa mort, ;

L'Empereur ayant fait venir en sa présence Le {TT- Bunal des officiers de l'Empire, et le tribunal des rites, parla en ces termes :

« COU-PA-TAI, qui autrefois arexercé la charge de premier président du tribunal des rites; étcit un homme irréprocuable , modéré, réglé dans toute sa conduite, et rempli de science et de vertu. Mon père, qui avoit beaucoup. d'estime pour lui, l’a employé dans les affaires les plus difficiles. Un des princes s'étant révolté du côté du midi, et voulant se faire reconnoître pour roi des provinces de Yun-nan ct de Quang-si, Cou-pa-tai fat envoyé avec le général Moan-hi-tou pour le combattre; et parce qu’il excelloit dans l’art militaire aussi bien que dans les belles-lettres, il eut des succès surprenans; il s’acquit une grande réputation, et au retour de cette expédition, il reçut de mo père des grâces singulières. ….» Comme il étoit très-distingué pâr sa vaste érndilion, et que ses actions éloient propres à servir d'exemple, mon père le choisit pour être. précepteur de plusieurs des princes, Il a été le mien. ELs’appliqua infatigablement, depuis le matin jusqu’au soir, à nous enseigner, et à graver dans nos.cœurs les plus pures et les plus nobles maximes de fidélité et de piété. I] nous expliqua avec beaucoup de soin les sèns mystérieux des livres canoniques et des autres livres, et il le fit avec tant d'application ; que ses travaux ne furent pas infructueux, Lorsqu'il se vitavancé en âge et attaqué d'infirmités , il se retira de tout emploi; et vécut honorablement dans sa famille, 11 mourut il y

a envi de sa n Son m:

Maison Vant sc Sépultu:

tenir m, ordinair faitemer père de le distin, indispos Ccontre-t cet homr jours eu qu'il m'a beaucoup il s’est de Pas oubli, e la reco l'honorer tribunaux Convient, On voit est l'intent maitres ap.

déterminat quée dans Apparemm graver son.

son nom at que l'Empe qualité pleu les autres ] Prescrits, p:

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te sa ère, loyé nces faire nm et né qu'il s les quit die $.

TU TVIL teur qua LOU ares s, Il stéet , ne âge ;et

il y

disci ples doive

a environ dix-huit ans € Sa mort, pour accomplir son maître, j Maison lui rer

ce qu'un disciple doit à Personne dans sa evoirs, et pleurer de.

il. Lorsque son Corps fut porté à Ja > J'envoyai plusieurs de mes olliciers pour tenir ma place, et faire €n mon nom les cérémonies ordinaires, J’ens mé en, pour Satisfaire parfaitement aux Obligations que je lui ai, de Prier mon père de lui dé

cérper quelque honneur Spécial, pour le distinguer du COmmun ; mais P

arce qu'il étoit alors indisposé , J'appréhendai de faire nne demande à Contre-temps; j ai Cependant toujours Conservé pour cet homme illustre un tendre Souvenir, et Je l’ai toujours eu présent à mon Esprit, comme si Jes Services qu'il marendns, € récens, Il avoit beaucoup de probit sincère, Savant ; il s’est donné de la peine À M'instruire :

; Je ne dois sage maîlre, et je veux ]

idre les derniers d

elle aflaire regarde vos tribunaux : asse libérez, réglez ce qui > €t présentez-moi votre détermination. ; n VOIL par cet exemple de l'Empereur, quelle

Chinois, lorsqu'ils honorent leurs la mort, Je n'ai Point su quelle fat la ation des tribunaux; Peut-être fut-elle Mare quée dans une des g4zeUes que je n'aurai Pa lues, Apparemment que, selon Îa coutume, on aura fait graver son éloge Pur Un monument de marbre; que son nom aura été placé Parmi les hommes lustres : que l'Empereur aura envoyé quelqne Personne de qualité pleurer sur son tombeau » €t lui aura rendu

les autres honneurs qu'une politique admirable a Prescrits, pour entretenir le grand respect que les nt à leurs Maitre:

Les Chinois, en déte

rminant Les honneurs qu'on e:

doit rendre aux morts, se conforment à cette grande maxime tirée de leurs livres: 77 faut honorer ceux gui sont morts , comme on les honoreroit s'ils étoient encore vivans (Sessèe-jé-se-seng ); mot à mot, Lonorez les morts, comme vous honorez les vivans. C’est pour cela que si celui qui est mort, étoit constitué en dignité , les honneurs qu’on lui rend après sa mort, deivent répondre à la dignité qu’il occupoit de son vivant. Ils sont réglés selon le degré de chacun : il y a tel degré pour lequel, outre les autres marques de respect, on fait deux fois l’oblation qui s'appelle Tçz; pour un autre, on ne la fait qu’une fois, mais entière, /çuen-{ç1; pour un troisième , on fait la moitié d’un gr, poan-ter. Or, ce #çé se présente aussi en l'honneur des vivans: et cela s'appelle çi-seng , faire une offrande aux vivans , ou plutôt en l'honneur des vivans: car c’est surtout en l'honneur des vivans éloignés qu'elle se fait, pour témoigner que l’on conserve encore le souvenir des bienfaits qu’on a reçus d'eux, lorsqu'ils étoient prés sens. Par exemple , un gouverneur de ville, péndant plusieurs années de gouvernement, se sera comporté avec vigilance et avec tendresse pour le peuple ; l'Empereur, pour le récompenser , lui donne un emploi plus considérable , et le fait passer dans une autre province , ou l'appelle à ia cour. Le peuple s’afllige , le perd à regret; et outre les autres marques qu’il donne de son attachement et de sa reconnoissance, il élève après son départ une espèce de salon; et de temps en temps, quoiqu'il soit encore plein de vie et dans un autre emploi, on lui prépare un repas,

on le salue en portant la tête jusqu’à terre, et on lui

rend les honneurs qu'on rendroit à un père , parce qu’il s’est montré le père du peuple.

Ordre Jall

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ans di qui ser plus de quarant lune, q de mars venu, d Ccun de , excellen liés yo

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Ordre admirable qui fut gardé à Pekin, Zrsqw’il

Jallut renvoyer plus de quarante mille pauvres, chacun dans son pays.

Dans la lettre du 15 décembre 1 727, je marquois qu'en l’année 1725, la stérilité avoit été extraordinaire dans les provinces de Pe-tcheli et de Chan-tong, qui confinent ensemble ; que de plusieurs villes de ces deux provinces, une grande multitude de pauvres s'étoit rendue À Pekin » et que l'Empereur avoit ordonné qu’on tirât le riz de ses greniers publics , he le h cuire et qu'on le distribuât chaque jour

ans différens quartiers de cette capitale, à tous ceux qui seroient dans le besoin. On continua pendant plus de quatre mois à nourrir par ce moyen plus de quarante mille personnes. Mais, à la fin de la seconde

une, qui, cette année-là, répondoit à notre mois de mars , le temps de labourer les campagnes étant venu , des mesures furent prises pour conduire cha- Cun dé ces malheureux dans son pays. Les Chinois excellent pour ces sortes de détails ; je crois que vous lies volontiers ce qui fut réglé sur ce sujet,

# 14 de la séénde lune , l'Empereur dit aux Premiérs ministres él aux grands de l’Empire, qu'il AVOIR été fort sénsile h la disette dont son peuple avoit té affigé ; 4w'il n'avoit rien omis pour le soulager; mais que le temps de semer approchoit, et Qu'il falloit pCaser à l'avenir. Le peuple, ajouta ce Prince, est sans réflexion; il ne pense qu’au présent, et oublie souvent l'essentiel, Voici le printemps, il en faut profiter. Ceux d’entre ces Pauvres qui ont des terres, doivent aller les cultiver : et ceux qui n'en ONt pas, peuvent gagner leur vie dans les endroits où je fais à présent travailler, On ouvre de nouveaux Canaux , on élargit les rivières, on fait les levées plus hautes, il y a des travaux de tous côtés ; assemblezvous donc, et délibérez sur les moyens de renvoyer

ces pauvres chacun dans sa patrie, Les tribunaux s’assemblèrent , et celui qui doit veiller à la police, présenta au nom de tous les autres à l'Empereur le mémorial suivant :

« Nous présidens et autres officiers du tribunal des examinateurs , pour obéir aux ordres de Votre Majesté, nous nous sommes assemblés, et nous avons délibéré sur ce qui regarde les pauvres qui sont venus dans cette ville. Attirés par la libéralité de Votre Majesté, ils ont quitté leur Pays, quoiqu’on y distribuât du riz, et qu'ils passent dans leur district faire mettre leur nom sur le rôle, Il est à craindre qu'ils n’abusent d'une bonté si paternelle, pour rester plus long-temps dans l’oisiveté, et manger du riz sans travailler, Voici le temps propre au labourage; il faut les renvoyer sans retardement. .

» Nous examinerons donc tous ceux qui sont venus chercher à vivre , soit hommes , soit femmes , Soit vieillards , soit enfans, et ils seront renvoyés peu à peu au lieu de leur demeure ordinaire. On distinguéra ceux qui doivent aller par terre, et ceux qui peuvent être conduits par eau ; on joindra ensemble ceux qui sont du même territoire. S'ils étoient remis de ville en ville en changeant de conducteur , les petits officiers de tribunal, sergens et autres, pourroient molester ces pauvres gens et profiter de leur misère, C’est pourquoi nous sommes d'avis qu’on nomme un où plusieurs mandarins qui , par ordre de Votre Majesté , les accompagnent jusqu à la ville dont ils dép -ndent , et les remettent entre les mains du gouverneur, qui. en demeurera chargé. On prendra de l'argent du trésor impérial, et l’on donnera pour le vorage à chacun six sous par jour. Plus de cinq mi: ont déjà donné leur nom pour retourner chez eux. Les uns sont de la province de Pe-tcheli, et les autres de celle de Chan-tong. Ceux-ci doivent étre conduits par eau, et ceux-là par terre. Dans

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