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de la perfection. Enfin de la ville de Mon
> et je l’envoie avec une attention trèsrespectueuse,
L'Empereur ayant appris cette action, parut en ressentir bea ICOup de joie , et Profitant de cette oc CaslOn Pour exhorter tout l'Empire à la réformation
des mœurs , écrivit de sa Propre main l'instruction
Pporte d'abord en P » Sans s’arré
lui sont personnelles, et ensuite 1l s'exprime en ces termes.
« La tranquillité et la beauté du gouvernement consistent à établir de sages coutumes, et la meiiieure manière d'y réussir , c’est de rectifier le cœur de l’homme : car si l'homme sait garder son cœur, s’il en est le maître , il se conforme à l’ordre, il remplit ses devoirs, il cherche le bien public, il borne ses désirs, il ne veut point d'argent injustement acquis. La raison est sa règle , il ne fait rien
ui lui soit contraire ; la nuit il peut voir des spectres, de esprits sans rien craindre ; soit qu’il lève la tête, soit qu'il la baisse , il est content; la joie paroît
einte sur son visage, la calamité le fuit, le bon- Mbur l'accompagne partout, el passe jusqu'à ses en fans et à ses petits fils, qui jouissent tranquillement de la prospérité comme d’un héritage que la vertu de leurs pères leur auroit procuré ; et n'est-ce pas ce que signifie cet ancien proverbe : La famille qui s'applique à amasser un trésor de vertus, ne manquera de rien ; elle jouira d'un bonheur qui ira méme au-delà de ses désirs ?
» Au contraire , si vous ne savez pas posséder votre cœur , si vous suivez ses penchans déréglés, vous prendrez à droite et à gauche , en secret et en public ; vous élèverez votre fortune sur les ruines du prochain; pour vous enrichir, vous emploirez hardiment la fraude, l’artifice ; le mensonge. A la vérité, dans l'instant vous paroîtrez avoir quelque léger avantage ; mais attendez; après avoir violé les ordres du Tien , ne croyez pas pouvoir éviter sa colère. Le Tien, secrétement vous poursuivra, Vous punira ; ce que vous avez enlevé par des voies illicites ,.se dissipera bientôt , et avec le bien d'autrui que vous aviez mal acquis, vous aurez encore le chagrin de voir disparoitre le vôtre, ou bien vous prendrez le dessein téméraire de quitter votre propre
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plus reculés ont été transmises
demeure , et d'aller vous établir ailleurs, Là » VOS pensées orgueilleuses n'auront aucun succè lieu de vous élever , vous tombere et vous serez réduit à la dernière même que l'extrémité dans laquelle vous vous trouverez, Vous portera à faire un mauvais Coup ; alors On vous assommera sur le champ, et votre corps restera Sans avoir un morceau de terre Pour sépulture; ou bien vous serez livré À la Justice, et vous recevrez le châtiment dû à vos crimes, votre malheur s’étendra jusque sur votre famille; femme, enfans , petits-fils, tous seront transportés en exil sans aucune espérance de retourner jamais dans leur ancienne patrie. Ce sont là les malheurs dont vous avertit le proverbe contraire : La Samille qui s'adonne à la Pratique du mal, sera accablée d'af- Jlictions. Ces admirables paroles qui, des siècles les
jusqu’à nous, sont
s; et au z dans la pauvreté, misère ; peut-être
très-certaines et très-véritables.
» Pour moi qui aime mon peuple , qui le porte dans mon cœur, je m’applique à l’instruire » jentre pour cela dans le détail, afin que , soit à la cour, soit hors de la cour » Chacun s'éloigne du mal » fasse le bien, et que la tranquillité , la probité et la us tice , puissent régner par tout l'Empire ; c’est là mon intention. Mais parce que les grands officiers des provinces, et les autres officiers subalternes, ne $’appliquent pas eux-mêmes à se trait politesse , avec douceur, avec humilité, pour servir d'exemple dans les pays qu'ils gouvernent, et qu'ils ne se portent pas avec assez d'attention et de zèle à communiquer et à inculquer au peuple les instructions que j'envoie, nous ne voyons que très-peu d'exemples qui prouvent qu'on revienne à l’ancienne droiture et à la simplicité de nos ancêtres : c’est Cependant ce que mon cœur désire ardemment,
» Ce que le laboureur Chi-yeou à fait dans la
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ville de Mong-tsing , montre qu’en effet se détruisent les mauvaises coutumes , et qu'il y a du changement dans les mœurs; c’en est là un témoignage certain : voilà ce qu’on peut appeler, avec vérité, un bon présage un pronostic avantageux pour le gouvernement. Aussi cette belle action m’a-t-elle causé un plaisir que je ne puis exprimer; elle fait en même temps beaucoup d'honneur au vice-roi Tien-uuen- King , il en a le mérite; on voit que ce n’est pas sans fruit que depuis plusieurs années il s'applique, dans la province de Honan , à instruire ; à exhorter, à louer et à récompenser.
» Mäis faisons sur ce sujet une réflexion. Le cœur de l’homme est naturellement porté à estimer le devoir et à chérir la vertu. Les hommes naissent avec ce fond de droiture ; cette inclination leur est commune à tous. Dans les villages mêmes , qui ne sont composés que de quelques familles , il se trouve des gens de bien, gens sincères et attentifs à ne pas s'écarter de la droite raison; et dans un si vaste Empire, parmi une si grande multitude de peuple, est-il à croire qu’il n’y en ait pas plusieurs qui aiment la justice , qui estiment et pratiquent la tempérance ? Sans doute il y en a ; mais ceux qui sont employés au gouvernement , ne pensant pas à établir de bonnes coutumes , ne font aussi nulle attention aux actions de vertu qui se pratiquent ; ou s’ils en ont connoissance, ils les négligent , ils les cachent, et elles restent dans l'oubli. Que s'ils s’appliquoient sans cesse à instruire et à exhorter le peuple, s'ils s’étudioient à connoître le mérite , S'ils honoroiïent ceux qui se distinguent par leur fidélité, par la piété filiale , par la continence , par la droiture; l'honneur qu'ils leur rendroient seroit comme un aiguillon qui exciteroit les autres À la pratique de la vertu , et On verroit bientôt, même parmi le peuple, une noble émulation de devenir vertueux ; la vertu n'étant
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 567 point sans récompense , Chaque famille à l'envi voudroit s’en rendre digne. Pour ce qui regarde le laboureur Chi-yeou, je le fais mandarin honoraire du septième ordre ; il aura droit d'en porter l'habit et le bonnet, De plus je lui donne cent Onces d'argent Pour marquer combien J estime sa droiture » el pour exciter :es autres à imiter son exemple,
» Le Tien a réglé Pour chaque pays, et pour
chacun de ceux qui l’habitent, l'abondance et la
isette , la richesse et la Pauvreté. Prétendroit - on
ste forcer le Tien à changer ce qu’il a déterminé , et s'enrichir aux dépens d’autrui ? ce seroit en vain, Si on le prétend , on se trompe. Quoi ! lescélérat qui pille, jouiroit de labo dance, et l’homme de bie
réprime les mouvemens de misère ! c’est ce
même, C’est casion de devenir riche et S profiter, trouver de l’ar-
JeOu est un homme qui vit de SON travail, un homme du peuple, un Pauvre qui
cultive la terre; 1l n’a pas été aprl'qué à l'étude du livre de l’histoire » du livre de vers, et d’autres l ques que nos sages nous ont laissés ; Pas enseigné les vertus de ces anciens
» Mais de lui-même il à conservé a droiture qu'il areçue du Ten, En secret, lorsqu'il s’en est point écarté; il uire sa femme >) CL tous
deux dans l'obscurité d’une vile cabané, ont tenu une conduite droite, juste, irréprochable; mais l'esprit qui voit tout , qui connoît tout , Les a pris sous sa protection, et n’a pas permis qu’une pareille vertu fût sans honneur ; il l’a rendue publique, il a voulu qu'elle parvint jusqu’au trône , qu’elle fût annoncée exprès par un mémorial et récompensée d’un argent du trésor impérial, que leur nom fût dans l'histoire, et que leur réputation devint éternelle. Eh bien! si ce laboureur trouvant la bourse, avoit profité de ce petit avantage qui se présentoit, qu’auroit-il gagné ? cent et tant d’onces d'argent. Qu'est-ce que cela? il s'en seroit servi, et il en auroit bientôt vu la fin. Comparez ce petit gain avec la réputation et la gloire qu'il s’est acquise ; quelle différence ! certainement elle est aussi grande que celle qui se trouve entre le ciel et la terre,
» Ce que je dis vous regarde sur-tout, vous, ofliciers, qui êtes élevés aux charges, et qui avez votre place parmi les personnes illustres; vous, lettrés , qui faites po d’avoir votre nom écrit dans les tribunaux de la cour et dans le collége de Confucius. Le peuple pratique la vertu; un pauvre laboureur a pu réprimer la passion de la cupidité; il a su borner ses désirs; l'intérêt ne l’a point touché; à la vue de l'argent, il est resté ferme et inébranlable comme le rocher. Et vous, mandarins, que tout le peuple respecte comme ses maîtres et ses modèles, vous ne pensez qu’à accumuler trésors sur trésors ; vous employez des voies iniques pour amasser de l'argent; vous le faites la nuit si vous n’osez le faire le jour; vous recevez des présens que vous ne devriez pas recevoir. Et vous, lettrés, dont la conduite doit servir aux autres d'exemple et de règle, aux dépens même de votre réputation, vous employez les moyens les plus injustes pour vous enrichir; vous entre-
prenez, vous suscitez des procès; vous vous chargez
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, enu de toutes les mauvaise mais dans les tribunaux.
s affaires; on ne voit que vous Vous, dis-je, mandarins et lettrés,
sous en entendant le récit de l’action de Chi-yeou, pouvezertu vous ne pas être couverts de confusion ?
il a » Ayant donc intention de réformer, de perfecan— tionner le cœur de tous mes sujets par de bonnes l’un coutumes, j’ordonne qu'on prenne le mémorial du lans vice-roi Tien-uuen-King, qu’on ÿ joigne cette inselle. Wuction, qu’on les rende publics à la cour et dans les voit provinces, que les gouverneurs de chaque ville en ’au-
assent tirer des copies, qu'elles soient affichées aux
Diaz, Nicolas Trigault , Jules Aloni » Jean Terence,
i-ce Portes et aux carrefours, afin que les nobles et le
ntôt peuple en aient une parfaite connoissance. »
tion
Cer- mens
ne | NOTICE
offi-
otre Des ouvrages composés ou traduits en chinois par
rés , è des Missionnaïres Jésuites.
les
1USe : P ARMI les Missionnaires de la Chine, successeurs
reur et frères de saint François-Xavier, on en compte
| su : plusieurs dont les livres en faveur de la religion et
5 à À des sciences ont beaucoup contribué à la propaga-
able ï tion de la foi.
it le k Tels sont entre autres le père Matthieu Ricci ,
les, italien : son ouvrage intitulé : /2 Connoïssance de
or$; le Doctrine céleste » est regardé comme un chef-
- de ‘œuvre ; certains Missionnaires d’un autre corps
faire Ont jugé qu’il n’avoit été composé qu'avec une as- | riez Sistance spéciale de Dieu : aussi a-t-il été l’instru- l doit ment de bien des conversions. Il est auteur de plu- | pens sieurs autres ouvrages moraux et scientifiques. Il yens M Les pères Lazare Catauro , Nicolas Longobardi , | ntre- hi Didaque Pantoja , Alfonse Vaguoni |, Emmanuel i rgez À |
RS ee 7
Adam Schall , Jacques Rho, Ignace Dacosta , Louis Buglio , François Brancati, Martin Martini, Philippe Couplet , François de Rougemont , Ferdinand Verbiest, André Lobelli, Eméric de Chavagnac , François-Xavier d'Entrecolles, Joseph - Marie de Mailla, Dominique Parennin , et bien d’autres, depuis plus de cent cinquante ans, n’ont cessé de mettre au jour différens livres d'instruction et de
4e piété pour les néophytes , ou de traduire ceux des langues étrangères qui ont paru les plus propres à I, les affermir dans la foi et nourrir leur ferveur ; tout ce ’ qui est du ressort des mathématiques et des sciences ’ abstraites dont cette nation fait une estime propor- | LE" tionnée à ses besoins , a été également développé LE: dans des ouvrages séparés. En LE:
L'Empereur de la Chine a fait publier une . collectian immense de tous les ouvrages estimés de Le la nation , et composés par des lettrés célèbres sur LE1 différentes matières , depuis l'incendie des livres R Le classiques des anciens sages et philosophes ; le nombre Mo: en monte à six cent mille. On a inséré dans cet L amas prodigieux les trois livres de la Religion chre- LE? tienne les mieux dissertés et les mieux écrits au ju- L gement de tous les savans de la nation et des Euro- S., péens eux-mêmes. Lr1 de LET