MORALE
Peut-être ne faudroit-il pas d’autre étude de morale que celle de la loi de Dieu. Du moins il me semble que c'est celle où la méthode des écoles est le moins utile. Savoir la morale, ce n’est pas en savoir discourir , qui est ce qu’Aristote nous apprend ; mais c’est savoir bien vivre, qui est ce que nous apprenons dans les livres de Salomon et dans le reste de l’Ecriture ; avoir de bonnes maximes , et en être solidement persuadé, être fidèle à les pratiquer aux occasions : voilà la morale. Qu'importe en quel ordre on ait appris ces maximes ? toutefois, si l’on voit qu’elles entrent mieux dans l'esprit étant présentées d’une manière plutôt que d’une “autre , à la bonne heure ; mais il est important qu’elles y entrent
agréablement , et c’est à quoi servent merveilleuse
ment les comparaisons abrégées , et les images ingénieuses des print Le principal est que Fon en soit persuadé sérieusement, et pour cet effet , il est bon de les soutenir par le raisonnement, d'en montrer la liaison nécessaire , et de les ramener quelquefois jusqu'aux premiers principes, afin qu'elles aient des fondemens inébranlables ; autrement on court le hasard de suivre une conduite inégale et incertaine , comme la plupart des hommes, et de pratiquer le contraire de ce que l'on dit, ou même de ce que l’on fait dans d’autres rencontres. Or, pour ces raisonnernens de morale qui vont au fond et à la conviction, aucun des auteurs anciens n’est comparable à Platon. Sa doctrine est bien plus élevée que celle d’Aristote, qui va terre à terre et s’accoutume aux humeurs ordinaires des hommes. Platon vise à la perfection de la raison , et approche bien plus de la vérité de lévangile. La trop grande
Opinion
oir est
le Moil me est le savoir ; mais ppre— reste ñn être er aux | quel si l’on t pré- , à la ntrent
leuse—
es In e lon Yet , il , d'en r quelw’elles nt on zale et et de même , pour en à | comélevée CCOU- Platon e bien rande pinion
opinion qu’on a conçue d’Aristote dans ces derniers siècles , est une des sources du relâchement qui a passé en dogme dans la morale. Platon a de plus l'avantage de la méthode ; il ne se contente pas de décider et de proposer sèchement ses maximes. 11 s’accommode à la portée de celui qu'il instruit, et fait tout le chemin nécessaire pour le tirer de ses erreurs , et l’amener pas à pas à la connoissance de la vérité , en sorte qu'il ne reste plus aucun doute, et que l'esprit est pleinement satisfait: du moins il Je fait quelquefois , ce qui suflit pour en montrer le chemin. Si l'on en veut faire l’expérience , qu’on lise Ze Gorgias , le premier ÆA/cibiade , le Philèbe, et surtout son chef-d'œuvre qui est /z République. Mais il faut le lire avec attention et patience, et d’ailleurs avec discernement : car il faut toujours user de précaution avec les auteurs païens. Au reste il n’y a pas beaucoup de personnes capables de ces raisonnemens , et ils ne seront pas nécessaires , suand l'autorité divine sera une fois bien établie.