‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 5)Chapitre 72 sur 106 · LA · texte numérisé non relu

LA

été toujours fort attentif au calcul et à l'observation des éclipses de soleil, et aux cérémonies à garder dans ces conjonctures.

Quelques Missionnaires peu instruits sur ces matières, ont dit que le texte du Chou-king ne fait aueune mention d’éclipse. Outre les circonstances du texte sur les cérémonies, et l'expression de la discordeentre le soleil et la lune, l’ancien livre Tsotchouen, dont l'auteur vivoit plus de quatre cent

uatre-vingts ans avant Jésus-Christ, cite le texte du CAou-king comme rapportant une éclipse de soleil, et cet ancien auteur se sert du terme formel d'éclipse de soleil. Je ne parle pas d’un ou deux autres Missionnaires qui, par un trop grand désir de voir dans le texte une éclipse conforme à leurs souhaits, ont cru voir dans le texte une éclipse entre 7 ét g heures du matin. L'expression de la conjonction por un caractère qui est le mème que celui d’aujourd'hui (Téhin), pour le temps de 7 à g heures du matin, trompa les Missionnaires. Es né savoient pas que le caractère ichin est l'expression de la conjonction , selon ce que dit formellement le Tsotéhouen que j'ai cié (1). Is ne savoient pas aussi que l'usage de 1 2 caractères du cycle de 12 pour exprimer les heures du jour, est postérieur de bien des siècles au temps de Tchong-kang.

D’autres Missionnaires, et d’après eux quelques Européens, ont fait une autre objection plus spécieuse, non pas aux yeux des Chinois et des Missionnaires qui ont lu l'histoire de Chine, mais aux féux dés Européens qui ne sont pas à portée de vétifier les textes chinois. Ces Missionnaires ont traité de fableles circonstances du texte chinois sur l'échpse.

ne armée commandée par un général, pour punir

: (r) Les interprètes s'accordent à suivre la définition dounée par. le TSsot-chouen.

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des astronomes ou négligens ou mauvais calculateur a paru à ces Missionnaires un roman. C’est, disent-ils, Comme si, à l’occasion d’une éclipse mal calculée à les cours de France, d'Angleterre, de Prusse, de Russie et autres levoient des troupes contre les astronomes des observatoires. De ce que la levée des troupes contre les astronomes seroit une fable, il ne s’ensuivroit pas que l’éclipse fût un trait fabuleux de l’histoire ; d’ailleurs l'histoire chinoise détruit entièrement l’objection.

Les astronomes Hi, Ho, étoient princes, Ils avoient des terres et des vassaux ; ils ne se trouvèrent pas à la cour au temps de l'éclipse. Ils se cantonnoient et -se fortifioient dans leurs terres , liés secrètement avec les rebelles qui avoient pris la cour impériale du Chan-si, et qui, soutenus de bonnes troupes, vouloient détruire la famille impériale. Tchong-kane instruit de la perfidie de ces princes, ordonna À un général de les attaquer. Ce que le texte dit des lois portées par les anciens contre les: calculateurs , qui représentoient ou trop tôt on trop tard les obsery tions dans leurs calculs » fait voir une quité dans l'astronomie chinoise, obliger les astronomes à être attentifs, Quand, dans les astronomes chinois, il n’y a eu d’autre fau négligence ou défaut dans les calculs, jours été ou la privation des appointemens, ou la charge ôtée, ou une sévère réprimande, et choses pareilles. La peine de mort ou d’exil, étoit pour

d'sutres crimes commis dans le poste de chef d’as tronomie,

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REMARQUE

Sur l’

autorité de quelques abrégés d'histoire, et des Missionnaires > Je croyois que la cour de Tchongkang étoit la même que celle des empereurs Ki et Yu; mais ayant lu exactement l’histoire, j'ai vu que

Ces lois étoient pour

la cour de Tchong-kang étoit Tay-kang-hien, comme j'ai dit.

On voit aisément les connoïssances astronomiques supposées dans Yao, ou du temps de Yao. La connoissance du triangle rectangle dans Yu, n’est pas moins remarquable. Le texte du Chou-king, qui fait mention de l’éclipse de soleil au commencement de Tchong-kang, fait bien regretter la perte des méthodes si anciennes , que le Chou-king suppose pour un calcul d’éclipse de soleil, où le lieu du soleil est rapporté à une constella'ion. Les anciens législateurs étoient sages et éclairés, et puisqu’avant le temps de Tchong-kang ils avoient porté des lois pénales contre les astronomes du tribunal qui calculeroient mal, on devoit avoir une méthode assez sûre et bien détaillée ; sans cela les lois auroient été très-injustes: cette injustice ne peut pas être attribuée à ces anciens législatenrs.

Cette méthode pour le calcul des éclipses du soleil dans un temps si ancien, et dans un pays si éloigné de celui où se fit la dispersion des nations après le déluge, est un point qui me semble bien digne de remarque et d'attention ; et je crois que les fondateurs de l'Empire avoient des premiers patriarches, ou même de Noé, bien des connoissances sur l'astronomie, J’ai bien de la peine à me persu&der que les Chinois (dans les anciens temps), sur leurs propres observations et réflexions , aient pu venir à bout d’avoir les connoissances supposées dans ce que dit l’empereur Yao, et dans ce que dit le Chou-king sur l'éclipse de soleil.

REMARQUES

1.0 L'époque de l’empereur Tchong-kang, jointe au nombre d'années marquées dans l’ancienne chronique Tchou-chou , peut donner l’époque de la premire année de Fz, je veux dire de la première

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année de son règne, Cette époque conriue donne celle de la première année du règne de Yao; car le livre

hou-king compte cent cinquante ans depuis la première année du règne de Yao, jusqu’à la première année du règne de Yu. ;

2.9 Il paroït que la connoissance d’une période de 19 ans pour les conjonctions et les Oppositions , est en Chine au moins depuis le temps de Yao. On avoit Peut-être-une période pour les éclipses,

C'est du temps de l’empereur Yu, ou près de ce temps-là , que fut dressé un calendrier nommé Ho- Stao-tching. Un fragment de ce calendrier s’est conservé; voici ce qu'on y lit: Dans 7 Ching-yue (1), l’année commence au commencement du crépuscule ‘du soir. Tsan ( constellation ) passe au méridien ; Teou-ping ( étoile de la grande Ourse ) est au-dessous,

Seconde lune.

Troisième lune. Tsyn est dans les rayons du soleil. Quatrième lune, On voit Hzo (onstellation ) au commencement du crépuscule du soir; Nan-men (porte du sud) est au méridien, inquième lune, On voit Tsan. Dans cette lune sont les longs jours, c'est-à-dixe, que le solstice d’été est dans le cours de cette lune. Au commencement du crépuscule du soir, Ta-}o (2) est au méridien. ixième lune, Au commencement du crépuscule u soir, Teou-ping est au méridien au-dessus.

Septième lune, Teou-ping est au-dessous » près du crépuscule du matin,

Huitième lune. Tckin est dans les rayons du soleil.

Notes. 1.0 Nan-men. Ces deux caractères chinois dé

(1) Première lune dans la forme du calendrier de l’em. pereur Yu.

(2) Nom général des constellations Fang, Sing, Ouy.

signent un astérisme qui contient deux étoiles du Centaure. La plus orientale et australe de ces deux étoiles est au pied du Centaure. Cette grande étoile devoit être bien visible à la cour de l'empereur Yu. Lat. boréale 350%" (1).

2.9 Tchin qu’on voit à la 8.° lune , désigne ici, selon les uns, l’épi de la Vierge (2) ; selon les autres, le cœur du Scorpion, ou en général, les constellations Fang , Sing , Ouy. Si le texte disoit le matin ou le soir, on verroit lequel des deux astérismes le texte indique. Par un texte suivant, il paroît qu’il s’agit du cœur du Scorpion , ou de la constellation Sing.

3.0 Dans le texte de la 2. lune, le fragment a deux Caractères ing - hay. La 24. place dans le cycle de 60, a ces. deux caractères ing-hay, et on ne Voit pas à quel jour ou année ces deux caractères ont été rapportés.

Suite du texte du Mia-siao-tching.

A la neuvième lune, Ho (c’est Ta-ho ) est sous l'horizon, c’est-à-dire, que cet astérisme se couche avant le soleil, et ne se voit pas. Tchin est lié avec le soleil, c'est-à-dire, qu'il est fort près du lieu du soleil. Il paroîit donc qu’il s’agit ou de l’étoile Cor Scerpit, ou de la constellation Sing.

Dixième lune. Au commencement du crépuscule du soir, on voit Nan-men: les nuits longues sont dans cette lune. Tcki-nu (c’est l'étoile /ucida lyræ) est au nord près du crépuscule du matin.

Onzième lune.

Douzième lune.

Notes. 1.0 Le caractère /chin qu’on voit ici à la 9.° lune , est le même que le /chin qu’on a vu à la 8.° lune. Ainsi, on voit que ce fchin dénote le Scorpion,

(1) Ceci dénote une grande antiquité en général. (2) Ou pour mieux dire, la constellation Kio, qui commence par l’épi de la Vierge.

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et apparemment l'étoile Cor Srorpi , ou la constellation Sing. rs |

2.0 Les interprètes croient : y a eu quelque alté. ralion ou transposition dans le texte de la 10.2 lune. On y lit les nuits longues : cette expression dénote le solstice d'hiver. Or, ce solstice étoit certainement dans la rr.° lune.

3.9 Dans la 2e, 11.2, 12. lune, on ne voit ne parce que le texte ne fait pas mention de quelque

loile.

4° M. Freret (1) à qui j'avois fait communiquer ce que j'avois ramassé sur les divers catalogues chinois d’éloiles , et en particulier le fragment Hia-siao-tching, a dit que dans ce fragment il s’agit du r.er jour de la lune. Le texte ne dit rien du jour de la lune ,ni de l'année où le calendrier fut fait. On peut supposer qu'il s'agit du 1.7 jour de la lune : on peut supposer aussi qu'il s’agit du corps de la lune en général, ou du milieu de la lune.

9.° Îl me paroît qu’il faut faire une grande différence enire le Hia-siao-iching, et ce qu'on a vu du chapitre Vao-tien sur les étoiles. Ce que dit le Fao-tien n’est nullement pour le simple peuple et paysan ; le Hiasiao-i{ching est un calendrier populaire,

6. Je nai mis que les textes qui regardent les étoiles ; les autres n’ont point de rapport à l’astronomie,

M. Freret, dans sa nouvelle Dissertation sur la chronologie chinoise , a ajouté bien de bonnes notes et des réflexions sur ce que je lui avois envoyé sur les étoiles chinoises, et il donne en particulier un beau jour à ce que je lui avois indiqué sur les étoiles Nan-men, et les étoiles Tien-y et Tay -y. Je lui indiquois les conséquences à tirer pour Île texte sur . Nan-men , et pour T. ay-y et Tien-y ; étoiles que je crois avoir été les étoiles polaires en Chine, et observées comme telles dans cet empire.

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(1) Dans la nouvelle Dissertation sur la chronologie chi noise.

Par le fragment Hia-siao-tching et le Chou-king,

au Chapitre Fao-tien , on voit que les Chinois avoient <ns ce temps-là des noms pour les étoiles, et qu’il

Y avoit des astronomes qui observoient leur lever , Li coucher, leur Passage par le méridien ét leur lieu dans le ciel. On voit encore, surtout par le texte où est l’éclipse solaire au temps de T'chong - kang, que les Chinois lapportoient au lieu des étoiles le lieu du soleil. Il est hors de doute que ces Chinois astronomes observoient l'étoile polaire, et qu’ils: lui donnoient un nom chinois. Dans le Chou-king, chapitre Hong-fan ( grande règle), l'Empereur est dé- Signé par le caractère de pôle. Cette idée de l’Em- Pereur sous le titre de pôle , est clairement marquée par Confucius. L'Empereur est regardé en Chine de tout temps comme le fils du ciel, et comme le ciel même, Les caractères chinois Tien-y (unité du ciel) Tay-y (grande unité ), ont à peu près le même sens et expriment le ciel. Confucius, en disant que le ciel est ur grand, fait clairement allusion au ca-

queue du Dra- £0n, paroissent avoir été successivement les étoiles polaires; selon ces Catalogues, ces deux étoiles désignent le Souverain.

Notes. 1,° L'an 2259 avant Jésus-Christ, l'étoile renr fut le plus près du pôle et étoit l'étoile polaire; el l'an 2667 avant Jésus-Christ, l'étoile

(1) Au commencement de l’an de Jésus-Christ 1730 : longitude australe, 25° 24 20”: latitude boréale , 64° 13 ao”. (2) Longitude méridionale , 0° 4 25" : latitude boréale ; 65° 21° 38”.

(3) Longitude méridionale, 5° 37° 40" : latitude boréale : ° 21 40”.

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 329 ce temps-là la polaire ( an 2551 avant J, C. ) ; mais son caractère chinois ne désigne pas une étoile polaire. Ainsi , c'est entre les ans 2259 et près de 2780 avant Jésus-Christ qu'il faut fixer le commencement des observations chinoises de l'étoile polaire, et sans doute d’autres observations, :

2.° Dans ces anciens temps, les Chinois n’ont donc as cru une étoile fixe et immobile au pôle, comme ils € crurent dans la suite. :

3. L'étoile Tay-y se voit à la vue simple. Je ne la Vois pas dans les catalogues européens que nous avons sci.

Par ce qu'on vient de dire sur l'étoile polaire, on doit conclure que l’an 2851 avant Jésus-Christ , temps où l'étoile de la queue du Dragon étoit l'étoile polaire, il n’y avoit pas en Chine des astronomes observateurs des étoiles du pôle; car s’il y en avoit eu, On auroit donné un nom convenable à cette étoile comme la polaire; le nom qu'elle a lui a été donné ensuite.

Après la mort de Tchong-kang , les rebelles devinrent plus formidables que jamais. Siang, successeur et fils de T chong-kang, fut assassiné par les intrigues des rebelles; la famille impériale fut à deux doigts de sa perte (1). Chao - kang, fils de Siang , vint enfin à bout de réduire et d’exterminer les usurpateurs; il reprit la cour inpériale de l’empereur Yu. Je crois que c’est vers l'an 2097 avant Jésus-Christ gl faui placer le temps du prince Kong-lieou , un

es ancêtres de l’empereur Ou-{lang (2) premier empereur de la dynastie Toheou. Le prince Konglieou descendoit de Heout-si, frère de Yao. Il étoit l'intendant général de ‘agriculture, Les guerres civiles l'obligèrent de se retirer dans le pays où est

(1) Voyez la Chronologie.

(2) Première année de son règne, l'an 1111 avant Jésus. arist.

aujourd’hui Si - ngan - fou, capitale du Chen - si. Kong-lieou y fut prince d’un petit état, Il fut toujours fidèle à la famille impériale, Par ce que rapporte le livre classique Chi- king , on voit que Kong-lieou observoit les ombres du soleil ; il fie soit sans doute d’autres observations » Mais nous ne les ‘avons pas. |

La 1." année de la dynastie ZZ/a fut l'an 2192 avant Jésus-Christ; la dernière année de cette dynastie fut l'an 1761 avant Jésus - Christ. Selon un système assez bien fondé, la dernière année de la dynastie Hia peut être placée à l'an 1 738. La durée de la dynastie Hia devient par là douteuse, mais elle a les deux termes entre l’année 1738 et 2192 avant Jésus-Christ, et entre l’année 1761 et 2192 avant Jésus-Christ, C’est du moins ce qni me paroit mieux que d’autres systèmes qu’on peut faire.

On a vu que l'étoile Tien-y (unité du ciel } avoit été l'étoile polaire , et observée comme telle par les Chinois; c’est la première étoile polaire que les Chinois ont eue et observée. Le titre de Tien-y est celui du prince Tching-tang qui détruisit la dynastie Hia. Tching-tang étoit prince d’un pays de Hon-an où est la ville de Kouey-te-fou (1). C’est dans ce pays que fut sa cour. La première année de son règne fut l’an 1760 avant Jésus-Christ.

Tching-tang ordonna que la 124€ lune du calendrier de Ya seroit la 1.re lune de l’année, et que le jour seroït compté au moment de midi. Le pied dont se servit la cour de ce prince, est, selon la figure qui s’en est conservée , au pied de roi français, comme 1000 est à 1016, 01.125, à 127. C’est ce pied que l’empereur Cang-hi donna aux Missionnaires pour la mesure de k carte qu'ils firent de ses

. (1) Latitude boréale , 34° 28’ 40” : longitude , ouest de Pekin , 0° 37’ 50”,

états. L'an passé, je reçus une lettre de M. l'abbé Sallier qui me faisoit l'honneur de me demander mon avis sur une difliculté proposée à l’occasion d’un pied chinois, le même dont on s’est servi l'ébns la carte envoyée par le père Parennin, jésuite français à Pekin, à M. de Mayran. J'ai vu quelque petite différence dans les pieds ou d'ivoire, ou de cuivre, faits au palais. Celui que le père Parennin €nvoya a pu souffrir quelque altération dans le voyage de mer; je répondis à M. l'abbé Sallier ; ma réponse étoit selon le pied que le père Benoist et moi nous avons, et qu'on assure être le même LL celui de la carte; nous en primes exactement la dimension , et

le comparâmes au pied de roi; c’est en conséquence de cette comparaison que je fis ma réponse à M. l'abbé Sallier , pour expliquer ce qu’on disoit de la juste mesure Li (1); dont 200 sont marqués pour un degré de latitude, M. l'abbé fera de ma réponse l'usage qu’il jugera à propos. On aura vu pourquoi, selon le pied envoyé À x le père Parennin , un

degré de latitude a moins de 200 Lrs. C’est véritablement une difficulté qu’il falloit éclaircir,

REMARQUES

1.9 Dans la forme du calendrier de l’empereur Tching-tang, la 3.° lune devoit avoir l'équinoxe du printemps. Le solstice d'été étoit dans la 6.e lune, l'équinoxe d'automne étoit dans la 9.®, et le solstice d'hiver étoit dans la 12. L'ancien auteur du Tsotchoueu que j'ai cité, a parlé expressément , et plusieurs fois, de cette forme d'année établie par l’empereur Tching-tang.

2° Dans la Chronologie , j'ai rapporté ce qu’on dit de la famine qui fut au temps du règne de ce prince.

(1) Mesure chinoise terrestre : un /i contient 1800 pieds.

L'empereur Tching-tang régna treize ans ; après lui, deux de ses fils régnèrent; les deux règnes furent en tout de six ans (1}; c’est ce que dit formellement Meng-tse dont l'ouvrage fait avant l'incendie des livres , est classique en Chine,

Après les six ans de ces deux règnes, Tay-kia, petit-fils de Tching-tang, monta sur le trône. L’année 1741 avant Jésus-Christ fut la 1.re année de son règne,

Le livre classique Chou-king, chapitre F-Aïun, dit qu’au jour F-Tcheou (deuxième du cycle de 6o) de la 12.° lune (de la 1.re année ), T'ay-kia fit une grande cérémonie , et ce fut comme unc installation sur le trône. Cette 1 2.e lune étoit la 1 2.€ de l’année, qui avoit commencé dans l’année 1741. Le 20 janyier 1740 fut le jour de la Conjonction, et le 1. jour de l’an chinois, le solstice d'hiver étoit arrivé le soir du 4 janvier 1740, et selon le calcul des jours chinois, le 4 janvier eut les caractères F-Trheo. Cela étant, le 4 janvier fut dans la 12.e lune de l’année marquée dans le texte, 1.2 année de Tay-kia, et cette 1. année commença dans les commencemens de l'année julienne 1741 avant Jésus-Christ. Cette année peut donc être marquée l'an 1741. Le jour du solstice a toujours été en Chine un grand jour de cérémonie (2); voilà pourquoi le 4 janvier de l'an 1740 me paroît préférable aux autres jours Y- Tcheou , qu'on ne sauroit trouver dans les années de ce temps-là être dans la 12.e lune, et jour de cérémonie ; il n’y a que le 4 Janvier 1717, qui puisse le disputer an 4 janvier 1 740. Le 4 janvier 1717, eut les caractères Y-Trheou ; ce fut jour de solstice, Ce

(1) Le père Couplet, d’après quelque abrégé chinois d'histoire , a omis ces deux règnes.

Le père Dubhalde, dans sa chronique , les a aussi omis ; c'est une faute à corriger.

(2) J'en feixi mention en parlant de Confucius.

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 333 jour (1) fut dans la x 2, lune de l’année

ans l’année 1718, La nouvelle lune se trouva uelques jours après le solstice, Vo

Jésus-Christ, Je préfère l’an 1961, l’ancienne chronique du livre Tchou 451, Où 432 ans Pour la durée de Ja dynastie F4 3

€t 2.0 parce que je suppose la r.re année de Tchong- Kang bien fixée à l'an 21 95 avant Jésus-Christ.

Notes. 1. Dans la Chronologie chinoise, j'ai fait voir les erreurs de calcul dans les astronomes chinois pos-

térieurs, qui ont examiné les caractères du jour F-{cheou de la 12. lune.

2.0 M. Freret à fait bien des calculs, pour tâcher de fixer l’époque de 7 ay-kia, par les :actères F-tcheou, dans un jour de Ja 1 2.e lune, 1] dit très-bien que , quel-

que système qu’on suive, le jour F-{cheou doit être

dans une 12,° lune du calendrier de l’empereur Tchinglang.

On peut faire une objection contre le jour du solstice d'hiver. Le calcul des jours est fait dans la sup Position du commencement du jour à minuit; ainsi tout notre 4 janvier Julien fut F-Tcheou. Dans le calendrier de Tching-tang le jour F-Tcheou commença à midi de notre 3 janvier Julien; et Je moment de midi du 4 Janvier, fut le Commencement du jour Ping-yn 3e du cycle. Le solstice fut donc dans le jour Ping-yn et non dans le jour F-rceou.

Je ne crois Pas qu'il faille chercher dans les anciennes observations du solstice, ou plutôt dans les déterminations , la même exactitude que dans les tables d'aujourd'hui, pour le calcul des lieux du so. leil; et on ne Sauroit trouver dans ces temps-là, ——

(1) Le solstice fut à Paris le soir

4 janvier ; mais à la hine, ce fut le 5 Janvier au matin,

334 LETTRES d’autres solstices au jour F-/cheou qui soient en même temps dans la 1 2.° lune.

L'astronome Ou-hien vivoit vers l'an 1620 avant Jésus-Christ, sous le règne de l’empereur Tay-ou. Cet astronome fit un grand catalogue d'étoiles. Les Chinois qui, depuis l’an 206 avant Jésus-Christ, ont fait des catalogues d'étoiles et des recueils sur cette matière, disent tous que les étoiles de Ou-hien sont dans leurs catalogues. Il seroit très-bon d’avoir l’original de ce que fit Ou-hien : les catalogues postérieurs Ont marqué bien des étoiles qui n’étoient pas sans doute dans le catalogue de Ou-hien; des noms ont été changés , et on ne sauroit reconnoitre au juste les étoiles de Ou-hien sous le nom et le caractère de ce temps-là. L’antiquité de Ou-hien fait regretter la perte de son catalogue d'étoiles.

Par le livre classique Chou-king , il compte qu'il

a eu un catalogue des années des règnes des empereurs de la dynastie Chung. Le nombre des années de quelques règnes s’est conservé, le reste s’est perdu. La dynastie de Chang eut des astronomes et des observateurs : leurs méthodes se sont perdues.

Le dernier empereur de la dynastie Chang, étoit Cheou, ou Tcheou, prince vicieux qui fut détrôné par le prince Ou-ouang. La dernière année de la dynastie Chang fut l'an 1112 avant Jésus-Christ.

Ou-ouang, fils du prince Ou-en-ouang , fut le premier empereur de la dynastie Tcheou ; la première année de son empire fut l’année 1111 avant Jésus-Christ (1).

Tcheou est le nom de la principauté de Ou-enouang et de sa famille, dansle pays de Sin - ganfou, capitale du Chen-si. Ou-ouang étant empereur, donna ce nom à sa dynastie.

(1) L'examen de la Chronologie fixe cette époque.

Un fragment ‘() d'un livre fait au temps de Ja dynastie Tcheou, dit "à la trente - cinquième an née du règne de Ou<: “‘uang , prince de Tche jour ping-tse (2) de ia nouvelle l ton il y eut éclipse de lune.

qu à la vue de l’éclipse le prince

et ne dit rien ni du te

Christ,

y eut éclipse de lune

+ La table des jours du cycle sup.

pose le commencement du Jour à minuit ; et selon

celte Supposition , le 30 janvier commença à minuit ; ce 50 janvier s’appeloit ping-ise. La dynastie Chan régnoit alors , le Jour ping-tse commença à midi du 29 janvier, Au temps de la con;

étoit dans les der

ynastie, Le ivre classique Chou - king ( Chap. Ou-y), donne à Ou-en-ouang Cinquante ans de règne, L'an 1124 fut donc la cinquantième année du règne de Ou-ouang qui lui succéda dans la principauté,

Le livre Chou-king dit que Ou-ouang (iirr ans

(1) Je parlerai de ce fragment, (2) Treizième du cycie de Go.

(5) Le fragment suppose la cérémonie connue,

(4) Dans le cycle de6o , les Caractères de cette année sont la-ise, ceux de la Première année du cycle.

avant J. C.), à la première année de son empire, comptoit la treizième année de la principauté : dès l’année 1123 , il commença donc à compter les années de la principauté , et l'année 1123 fut comptée la première.

Note. Dans la chronique Tchou-vhou , les caractères Kia-fse sont à la 3;.° année du règne de Ou-en-ouang. Ainsi par là, on corrige les nombres du fragment pour l’année ; au lieu de 35 , il a dû dire 37: ce n’est qu’à l’année K'ia-fse que l'éclipse de lune fut au jour p/ng- {se de la 1.7° lune. L'an avant Jésus-Christ 1124 fa donc la cinquantième et dernière année du règne de Ou-en-ouang.

Le livre classique CAou-king dit qu'entre la 1.re et la 4.° lune de la première année de l'empire de Ououang , il y eut une lune intercalaire ; c'est au moins la conclusion qu’on tire en comptant l’espace entre les jours marqués dans la 1.'e et la 4.° lune dans le livre. Ces jours marqués dans le Chou - king, ne sauroient se vérifier (1) qu à l’an 1111 avant Jésus- Christ dans la forme du calendrier de Ou-ouang. Les historiens , après l'expédition de ce prince, marquèrent les lunes dans la forme du calendrier de Tcheou, en partant de l’expédition de Ou-ouang.

Par le calcul! des jours marqués dans le Chou-king, on voit que le 29 novembre (an 1112 avant J. C.) fut le premier jour de la lune et le premier de l’année ; dans la forme du calendrier de Ou - onang, que le 28 décembre de l’an 1112 avant Jésus-Christ fut le dernier jour de la 1.'° lune et le jour du solstice d'hiver. Les astronomes de la dynastie Chang, négligérent sans doute les calculs et vbservations du solstice. Cette erreur du solstice , qui fut le premier jour de lan 1111, ne doit pas être attribuée aux astronomes de Tcheou. Selon la règle de l’interca-

(1) On le voit dans l'examen de la Chronologie. lation ,

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7e et Ounoins entre ns le , ne ésus-

gitude 3° 5o’ ouest de Pekin.

Honan : latitude boréale 35° 27 40"; longitude 2° 12’ 0 ouest de Pekin.

ÉDIFIANTES ET CURYEUSES, 337

lation , on ne dut point dire première lune intercalaire (1), à moins qu’on n’attendit la 2,e lune; car les astronomes postérieurs ont dit qu'ancieanement On n'intercaloit pas la 1.re lune, Notes. 1.° L'examen et le cale dans le livre Chou-king , font voi 1112, Oüu-ouang partit de sa cou grande expédition; que le 26 décembre 1 112,1] passa e fleuve Ed à Meng-tsin (2) ; que le 51 décembre, l’armée fut rangée en bataille dans la campagne de Mou-ye (3); que le rer janvier de l’an 1111, y eut bataille. Ou-ouang fut vainqueur. Cheou ou cheou, dernier empereur de la dynastie Chang , perdit l'empire : il se brûla. On voit aussi qu’après le 3.8 jour dels 4.* lune dans l’année r1r1r » Ou-ouang repartit pour sa cour, et que le 14 avril 1rr7 » il fut salué et reconnu empereur avec grande pompe.

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