Les pères Pekin n'ont pas reçu M. de Tournon à genoux
Fip. Voici ce qui nous en empêchés : l'Em- Pereur avoit ordonné que M. le Patriarche prit
un habit tartare , et qu'on ne lui rendit d’honneurs que selon le cérémonial de la Chine, Cependant certaines gens qui ne trouvent aucuns geures d'honneurs civils tolérables que ceux qui viennent d'En-
rope , usoient du cérémonial d'Italie à l'égard de
M. le Patriarche déjà vêtu à la tartare, Hs se pros-
ternoient à ses pieds , ils embrassoient ses
et le Patriarche imposoit la main sur leurs têtes , tandis qu'il leur parloit. [ls contraignoient les Chré-
penoux ,
tiens chinois de les imiter, Nous ne savions rien de tout cela à Pekin, L'Empereur en étoit parfaitement informé , et l’avoit appris des espions qu'il avoit auprès de M, le Patriarche, Il s’en plaignit à nous: Est-ce ainsi , disoit-il , qu'on oblige mes sujets de rendre à un étranger des honneurs qui ne sont dus qu'à moi ? On sait la délicatesse des Chinois sur le cérémonial. Enfin , il nous défendit absolument de fléchir Le genou devant M. le Patriarche, Nous fimes savoir à M. le Patriarche les ordres que nous avions reçus de la cour ; mais nous ne fûmes pas exempts de ses soupçons. [l ne put se persuader que l'Empereur
regardât ces sortes d’honneurs comme des
actes de
juridiction temporelle dans celui qui les reçoit. Nous eûmes beau représenter à ce prince que cet homneur ne se rendoit au Légat que comme au ministre de Jésus - Christ : le caractère spirituel ne fait point d'idée sensible dans l'esprit des gentils , avec quelque vivacité qu’on le leur présente. Du reste , lorsque nous avons pu sans crainte parler à Son Excellence à genoux, nous l'avons fait sans répugnance.