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Du père du Bernat, missionnaire de la Compagnie de Jésus en Egypte , au père Fleuriau , de la méme Compagnie.
MoN RÉVÉREND PÈRE, La paix de N. S$.
Nous ne pouvons trop faire pour vous témoigner notre parfaite reconnoissance des services continuels que vous nous rendez , et à nos missions , dont vous avez le soin depuis tant d'années. C’est pour vous donner en mon particulier des marques de la mienne , que j'ai tâché de me mettre en état de répondre, comme vous le désirez , aux questions que vous m'avez faites sur la religion des Coptes, et sur leurs rits ecclésiastiques.
Je crois avoir acquis présentement toutes les connoïissances qui m’étoient nécessaires pour vous en donner des explications sûres et précises. Je vous suis trés-obligé de me les avoir demandées, car elles m'ont fait étudier des matières importantes pour combattre les erreurs des Coptes , avec connoissance de cause, pour ainsi dire, Je sais leur religion , comme je crois savoir la mienne , et j'espère , avec la grâce de Dieu, travailler utilement à leur instruction et à leurréunion à l'Eglise catholique,
ÉDIFIANTES ET CURIEUSÉS. 115
Je ne vous dirai point que nous ayons affaire ici
à des hommes savans , tels qu'il y en avoit autrefois dans l'Egypte : l'ignorance a pris ici la place des beaux arts, qui y ont été si célèbres dans ki siècles passés. De nouvelles ténèbres ; mais différentes de celles que Moïse répandit en ce royaume , aveuglent ici les esprits des Coptes : et ce qui augmente leur misère, c’est qu'ils ne demandent pas et ne souhaitent pas même la délivrance de ce fléau , beaucou plus terrible que ceux dont l'Egypte fut autrefois frappée. J’avouerai néanmoins , pour les rendre en quelque façon excusables, que l'esclavage où ils sont, sous la domination des Turcs » ennemis des sciences et des beaux arts , contribue à les entretenit dans leur pitoyable état, Mais les lumières dn Ciel dissiperont, quand il plaira au Seigneur , les ténèbres qui les environnent. Engagez , mon révérend pére, les gens de bien à obtenir de Dieu » par leurs ferventes prières , qu'il lui plaise bénir nos travaux ; et nous accorder des succès , qui seront les fruits de leurs vœux , et qui leur mériteront d’éternelles récompenses.
Je pense, mon révérend père , qu'avant de parler de la créance des Coptes, et de la manière dont ils traitent les choses de la religion , il est à propos de donner une notion générale de la nation.
Les Coptes se disent les habitans naturels du pays, descendus des anciens Egyptiens , qui ont eu, dans les premiers temps , leurs rois Pharaons , et qui , dans la suite, ont subi le joug des Perses, des Grecs, des Romains , des empereurs de Constantinople , des Arabes, et enfin des Turcs. Depuis plus de vingtdeux siècles, toujours soumis à des puissances étrangères, ils se sont soustraits, comme je le dirai bientôt, à la domination des empereurs grecs de Constantinople, et ils sont tombés sons l'esclavage des Sarrasins et des Turcs ; et des Chrétiens ont eu la lâcheté
116 LETTRES et le malheur de se donner à des maîtres mahométans.
La raison qu'ils en apportent , c’est que les empe-+ reurs faisoient violence à leur conscience , et prétendoient , à force de mauvais traitemens , les obliger à recevoir les décisions du concile de Calcédoine et la lettre de saint Léon à Flavien , à reconnoître deux natures en Jésus-Christ, à anathématiser Dioscore leur patriarche, et Sévère, patriarche d’Antivche, Les gouverneurs, disent-ils , et les autres officiers envoyés de Constantinople , n’épargnoient ni les indignités , ni les massacres. Quand ils mangeoient, ils forçoient quatre Egyptiens de soutenir la table, et s’essuyoient les mains à leurs bärbes , affront le plus insupportable qu'on pût leur faire. Tout ce que ces malheureux purent obtenir , c’est qu’en cet état, et pour sauver leurs barbes , ils se mettoient une serviette sur les épaules. En mémoire de cette humiliante sujéuon , ils portent encore aujourd’hui une espèce de serviette qu’ils nomment sofa , d’une toile rayée , et qui pend des deux côtés : ils s’en font presque tous un ornement , et plusieurs Turcs les imitent en cela.
Quant aux cruautés , ils assurent qu’un jour trente et un mille des leurs furent égorgés à Alexandrie, pour avoir refusé de se soumettre au concile de Calcédoine. Abulbaracat fait mention de ce terrible massacre dans son histoire. Un historien turc que j'ai lu , le décrit; mais j'aime mieux m'en rapporter à un historien grec de nation , etqui, par conséquent, ‘ne sauroit être soupçonné d’en avoir trop dit. Il se nomme Sezdba-Batrik , c’est-à-dire , Serd , fils de Batrik , et a écrit en arabe. Il dit qu’Apollinaire ayant été sacré patriarche d'Alexandrie à Constantinople , sous l'empire de Justinien , environ l’an 592, arriva à Alexandrie avec une armée; et que les Egypuens s’obstinant à ne pas le recevoir, il en fut tué une infinité., L’historien turc ajoute des
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circonstances qui semblent peu croyables. Selon lui, Apollinaire commandoit l’armée de l’empereur, et se fit voir d’abord à Alexandrie vêtu en homme de guerre ; mais comme il étoit allé à l'église , et qu’à la porte il changea cet habit en celui de patriarche, les Egyptiens en furent tellement indi nés; qu'ils l’auroient sur l’heure accablé de pierres, s’il ne s’étoit pas soustrait par la fuite à leur fureur. Le lendemain il ordonna de tous se rendissent à la grande église pour entendre les ordres de l’empereur , et il eut soin de disposer ses troupes pour l'exécution qu'il vouloit faire. Les ordres qu’il leur déclara > étant monté en chaire avec lhabit de patriarche , furent de le reconnoître et de lui obéir en cette qualité. Le concours des Egyptiens étoit grand , et comme il les vit se soulever encore , il fit le signal à ses soldats, qui se jetèrent sur ce peuple, tuant tout sans distinction de sexe ou d’âge , et continuèrent un semblable carnage dans toute la ville.
Les Egÿptiens ne sont pas gens à s’exposer au hasard des combats ; ils se contentèrent de murmurer et de se plaindre, jusqu’à ce que les conquêtes des Sarrasins dans la Syrie , leur parurent une occasion sûre de se tirer d’une domination qui leur étoit devenue si odieuse, En 639, ils les invitèrent À entrer en Egypte. Le gouverneur , pour l’empereur Héraclius , outre que dans l'âme il avoit des sentimens contraires au concile de Calcédoine » Craignoit encore d'être puni pour n’avoir pas exécuté l’ordre qu'il avoit reçu d'envoyer du secours à Constantinople , lorsque cette ville avoit été assiégée par les Perses ; il livra donc le Caire aux Arabes dès qu'ils sy présentèrent, ne capitulant que pour les Egypuens, et leur abandonnant les Grecs. Ceux-ci se jetèrent sur des barques, et se réfugièrent à Alexandrie ; d’où , l'année suivante , après un long siége, ils furent contraints de se retirer par mer en Grèce.
C'est ainsi que Seidba-Batrik raconte ce triste événement : ét il ajoute que tout ce qu'il y avoit alors de Grecs en Egypte , quittèrent le pays ; sans que je sache en quel temps ceux qu'on y voit présentement sont venus s’y établir.
Me voilà, mon révérend père, venu à l’époque, ou près de l’époque des noms de Melchites et de Coptes. Les Grecs , qui confessent deux natures en Jésus-Christ, selon le concile de Calcédoine et la lettre de saint Léon , sont appelés Melchites , c’està-dire, Royatistes , du mot Arab Melek , qui signifie Roï. Les Egyptiens , déclarés contre le concile de Calcédoine , s'appellent Coptes. Seidba-Batrik , parlant de la reddition du Caire , dit que le gouver : neur ne capitula que pour les Coptes; mais comme il n’a écrit que deux cents aus après , on peut croire qu’il a usé d'anticipation, donnant ce nom au peuple, qui l’a eu dans la suite, Et il en est de même d'Elmacin , lorsqu'il dit que Mahomet recommanda à ses Arabes d'entretenir l'amitié avec les Coptes. Ce n’est que sous le patriarcat d’Aba-Khaël , en 459 de l'ère da Martyrs , comme on compte ici, ou en 742 ,; Comme nous comptons , qu'Abulbaracat commence proprement à faire la distinction des Melchites et des Coptes. Avant ce temps-là , il donne aux premiers le nom de Calcédoniens , et honore les seconds de celui d'Ortaodoxes.
Il n’est pas difficile de reconnoître l’étymologie du nom des Melchites : l'empereur Marcien et les empereurs suivans, si l’on en excepte peu d’entr’eux, employoient leur autorité et leur puissance à faire recevoir le concile de Calcédoine : c’étoit la foi des empereurs , et ceux qui avoient la même foi furent appelés Melchites ou Royalistes.
Pour le nom de Coptes, on est presque réduit à des conjectures. Comme je vois qu’il n’a commencé d'être en usage , et qu’il n’est connu que depuis que
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les Mahométans se sont rendus maîtres de l'Egypte , je suis pernunes que c'est là qu’il faut en chercher
étymologie. Or , les Egyptiens , ou à l'exemple de leurs nouveaux maîtres , ou pour se concilier leur bienveillance, prirent la coutume honteuse de circoncire leurs propres enfans, Les Grecs , justement scandalisés de cette basse complaisance , et criminelle en des Chrétiens , les appelèrent par mépris Koptoi, Circoncis , Coptes. Au contraire , les Mahométans ayant appris la signification de ce nom , leur en firent honneur , et ainsi 1l passa insensiblement dans l'usage, et devint le nom appellatif de la nation ; car » Selon le langage du pays , auquel il faut s’en ranperter, il en est de celui-là comme de ceux de:Suriens, d'Arméniens, de Grecs; en sorte qu'en Egypte, dire Copte ou Egyptien naturel, c’est la même chose, et de même , Melchite ou Grec. J'avoue pourtant qu'à ces noms est attachée l'idée d’une certaine créance et d’un certain rit ; ainsi , ils disent d’un Copte converti, qu'il s'est fait Franc ; d’un autre qui a renoncé au christianisme , qu’il s’est fait Turc, Mahométan, : ;
Vous me demandez, mon révérend père, si les Coptes convertis font quelque nombre ; et je vous
répondrai , après vous avoir exposé la situation où
je vois maintenant cette nation. Je crois là pouvoir diviser à peu près comme nous divisuns la France, en trois états, du Czergé, de la Noblesse , (sil'on peut appeler nobles des gens à qui. le port des armes est absolument interdit), et du Peuple.
Le clergé est composé d’un patriarche, avec le titre de patriarche d'Alexandrie, quoiqu'il fasse sa résidence ordinaire au Caire comme en. la capitale ; de onze ou douze évêques , de plusieurs prètres , d'un grand nombre de diacres , de clercs inférieurs, des célèbres monastères de Saint-Antoine, de Saint- Paul et de Saint-Macaire.
Bien que les Coptes soient sous la domination des Turcs, ils se sont, jusqu'à cétte henré , préservés de la simonie, et cliez eux les dignités ecclésiastiques ne sont point vérales Ccomie chez les Grecs. Pour y parvenir ; ils ne s'adressent pont au bacha, et ne lui comptent point d'argent.
‘Après la mort du patriarche , les évêques, les prêtres ; et les principaux de la nation s’assemblent ät Caire pour lui élire un successeur ; et comme il faut qu’il soit Betoul , c'est-h-dire » qu'il ait gardé une perpétuelle chasteté , ils le choisissent entre les moines. Si, dans l'élection » les sutlrages étoient tellement partagés aw'ils ne pussent s’accorder sur un sujet, alors ils écrivent , en des billets séparés , les noms de cenx qui ont le plus de voix , les mettent sur l'autel, où l’on dit la messe trois jours de suite,
pour demander à Dieu qu’il fasse connoître qui est le plus digne de remplir la chaire de saint Marc. Enfin , un enfant qui est diacre , tire un des billets, et le moine, dont le nom s'y trouve écrit, est déclaré patriarche. On va le cherchér dans son monastère , et après l'avoir installé au Caire , où il doit résider , il est conduit à Alexandrie, et placé sur la chaire de saint Marc. On m'a assuré qu'orGiuairement ce n’esf pas sans beaucoup de résistance de Sa part, qu’un moine ainsi élu quitte son désert, et accepte la diymité patriarcale,
Les évêques sont dans une extrême dépendance du patriarche , qui les élit à son gré. Ilssont obligés à la continence ; mais il ÿ en a qui auparavant ont été mariés. Ils sont dans les provinces les receveurs du patriarche Pour une espèce de dime destinée à son entretien , et chacun sait ce qu'il doit payer, Celui de Jérusalem est le plus considérable ; il est l'administrateur du patriarcat pendant la vacance du siége ; il fait aussi sa résidence au Caire » parce qu’il ÿ a peu de Coptes à Jérusalem , et il se contente d’y
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aller une fois l'an pour y célébrer les fêtes de Pâques, J'ai lu dans leur pontifical le nom de cinquante évéchés , qui sont réduits au petit nombre que j'ai marqué ; les Turcs portent partout la désolation.
Quoiqu'il n’y ait pas d'obligation aux prêtres de vivre en continence , il y en a néanmoins qui ne sont pas mariés , et qui ne l'ont point été, Au reste , les Coptes n’ont pas d'empressement pour la prétrise , et il faut souvent les y forcer. On les retient de peur qu’ils n’échappent ; et seulement au moment de l’ordination , on les laisse s’avancer d'eux-mêmes vers l’autel , afin de conserver la liberté requise pour l'ordination. Ce qui leur cause cet éloignement pour la prêtrise , n’est pas tant l'humilité et Je respect pour le sacré ministère , qne la crainte de la pauvreté. Comme ils sont tirés du peuple , qui ne subsiste que de son travail, ils considèrent que ce nouvel emploi leur emportera la plus grande partie de leur temps , et les détournera de vaquer à leur métier, qui peut seul les mettre en état de pourvoir à l’entretien de leur famille > l'église ne leur fournissant presque rien.
On peut juger par - là quelle science peuvent avoir des gens qui sortent très-souvent de la boutique à l’âge de trente ans > Pour être élevés au sacerdoce, Ils ont été jusqu’à présent tailleurs , tisserands , orfèvres cu graveurs ; mais savent-ils lire en Copte , cela suffit pour les ordonner prêtres ,
parce que la messe se dit et l'office se fait en cette langue , que pourtant la plupart d’entre eux n’en-
tendent pas. De là vient que , dans les missels , l'arabe est toujours mis vis-à-vis du copte ; et outre cela , c’est toujours en arabe que l'épitre et l’éyangile se lisent à la messe,
Il faut ajouter ici que la nécessité les contraint souvent de reprendre leur premier métier , surtout quand il ne les €xpose pas aux yeux du public.
Quelques-uns ne laissent Pas cependant de se montrer Comme auparavant à la boutique : ils s'y oc cupent du travail des mains qui est recommandé aux clercs , et dont saint Paul ne se dispensoit pas ; mais saint Paul gardoit des bienséances » dont ceux-ci ne se meltent pas beaucoup en peine,
l'y en a cependant Parmi eux qui s'appliquent uniquement à l'instruction des enfans. Ils ax. ap- Prennent à lire en arabe et en copte, s'ils le peuvent; ils font réciter le Catéchigme ; mais Pour ce qui est d'annoncer publiquement la parole de Dieu , c’est ce qu'ils ne savent point faire, Soit incapacité , soit timidité , on ne les voit Jamais monter en chaire. Il n'y a point ici d’autres Piédicatians que celles des missionnaires dans les glises des Francs.
ÏI faut cependant convenir que les prêtres coptes, quelque peu de mérite qu'ils aient, sont universel lement respectés des ipraples. Tout ce qu'il y a de plus considérable et de plus distingué dans la nation se courbe devant eux , leur baise la main » les priant de la leur mettre sur la tête.
Quoique j'aie dit que les prêtres soient pris parmi les gens de métier, ce n’est Pas à dire pour cela qu'on les ait tirés du nombre des laïques : il faut qu'ils aient reçu le diaconat , avant que de parvenir à la prétrise ; ils ont même souvent été diacres dès l'enfance, c’est-à-dire » dès l’âge de six » Sept et huit ans ; et comme l'assistance d’un diacre est nécessaire pour célébrer la messe > CeS pelits diacres sont toujours prêts , et rendent d'autres services à l’église, tandis que les grands sont occupés à gagner leur vie.
Du moins l'église coptique a cela d'édifiant, que l'ordre hiérarchique S'y est parfaitement conservé, Les évêques sont soumis au patriarche , les prêtres aux évêques , et toute la nation honore le sacerdoce. L'autorité du patriarche est si grande , qu’il termine presque toutes les affaires.
se mons'y oc idé aux S ; mais X-Ci 116
liquent ur apuvent ; ui est : c’est $, soit ire. Il es des
>ptes , ersel- | a de ation >riant
>armi * cela faut venir s dès huit écessont lise ‘ vie.
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Les monastères se remplissent de sujets , qui peutêtre renoncent volontiers aux biens de la terre > Mais qui, en eflet, n’en ont point à ; “st On a de la peine à comprendre ici, qu'en Es des jeunes gens de condition, et qui pourroient se flatter de réussir dans le monde s'ils y demeuroient , sacrifient courageusement à Jésus - Christ, dans la vie religieuse , leurs personnes , leurs biens , leurs espérances : cela passe les Coptes , je ne dis pas pour limiter , mais pour le concevoir. Ce qu'ils appellent
monastères de religieuses , ne sont à
roprement
parler que des hôpitaux , qui servent de retraite à de pauvres femmes, veuves la plupart, qui n’ont pas de quoi subsister chez elles. Tous ces monastères n'ont point d’autre fonds que celui des aumônes, qui sont assez grandes, à raison de la condition de ceux qui les font. D'ailleurs la vie y est fort frugale , et n'est pas de dépense,
Le second état est composé de ceux qu’ils nomment Mebachers. Ce mot arabe, en sa propre signification, se prend pour des envoyés , des messagers ; en latin , runcit ; ainsi ils appellent l'évangile Be-
chaïer , et le
s évangélistes Mebacherim ; mais dans
l'usage commun, Mebacher est un partisan , un homme d’aflaires, fermier, receveur » Secrétaire , intendant de la maison des grands, emplois qui sont
devenus héré les possèdent. Ces me
très-riches , à la tête de
ditaires dans les familles de ceux qui
bachers coptes sont la plupart
principalement une douzaine qui sont
S autres,
Le bacha qui commande dans toute l'Egypte , et vingt-quatre beys qui la partagent en autant de gouvernemens particuliers ou de provinces, et tous les officiers, tant généraux que subalternes , ou sont ou dédaignent de s'appliquer an détail ns et de leurs affaires. Ils veulent de
incapables , de leurs bie
ls pe A 1 ae argent, sans quil leur coûte seulement ia peine
124 LETTRrSs
de s’instruire d’où et Comment il leur vient. Ils remettent donc tout entre les mains des mebachers Copies , dont la fidélité leur est moins suspecte que celle des Turcs et des Juifs. C’est encore sur cette estime de la fidélité des Coptes , que les grands les
Prennent à leur service , et aiment À en avoir pour domestiques.
Enfin , le troisième état comprend les artisans et les paysans. Quelques - uns de ceux - IA sont assez aisés ; mais le grand nombre peuvent à peine , par leur travail, suffire au Jour présent, Ils sont réduits incontinent à la mendicité si une maladie leur sur- Vient, ou si les forces leur manquent, Au reste , On ne+peut pas leur reprocher , qu'ils soient euxmêmes la cause de leur misère par leur mauvaise économie, comme on fait souvent À ceux de France, Consommant en bonne chère, dans un jour, ce qu'ils ont gagné pendant la semaine. Les Coptes et les autres nations qui sont ici établies » Vivent et petitement et mal — Proprement. Ils ont besoin de manger souvent ; mais ils ne sont nullement délicats sur le choix des viandes > ni sur les apprèts , non
plus que sur la manière de les faire servir.
Pour répondre présentement À la question que vous me faites , mon révérend père , sur le nombre des Coptes convertis et catholiques , je vous dirai qu'il y a environ seize ans que vous nous procurâtes, comme vous savez > un ordre du Roi pour venir commencer l'établissement d’une mission en cette ville. La commodité du commerce y attirant quantité de Grecs, d’Arméniens » de Suriens , sans parler des Français et des autres Européens négo- Clans, qui y sont établis en assez grand nombre, nous y avons trouvé de Foccupation suffisamment , Pour n'avoir pas le loisir d'en aller chercher ailleurs. Ainsi Je ne puis être bien informé de l'état des Coptes qui habitent dans les autres parties
RAA Sr M 2
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 125 de l'Egypte. À en juger par ceux qui sont ou qui viennent au Caire , je crois pouvoir dire qu’il ya plus d’ignorance et de grossièreté dans toute la nation , qu'autre chose. Queïques-uns de nos mission naires sont résolus d’aller incessamment visiter les Coptes qui habitent le long du Nil, dans la Haute et Basse-Egypte , et ils ne manqueront pas de vous envoyer les relations de tout ce qui méritera d’être écrit en France.
Pour ce qui est en particulier des Coptes du Caire et des environs, il en est à peu près comme des premiers disciples des Apôtres. Nous pouvons dire d'eux ce que l’apôtre saint Paul disoit aux Corinthiens (1) : Dieu n’a point choisi Pour être disciples de la foi ceux qui sont les plus sages selon lu chair, ou les plus puissans , ou les plus nobles : il a choisi ce qui est foible selon le monde, pour confondre cequ'il y a de plus fort ; il a choisi ce qu’il y a de noins noble, et de plus méprisable , des gens de métier, et des familles de basse extraction | mais dont la simplicité, l'humilité » la charité , la dévotion et l'innocence sont précieuses aux yeux de Dieu.
Nous espérons que leurs compatriotes | encore éloignés du royaume de Dieu , et qui ont eu part au sang de Jésus - Christ , participeront aussi aux fruits de ce même Sang ; qui opérera leur conver.sion. C’est ce que nous attendons plus certainement du secours des prières des gens de bien que vous nous procurerez, que du mérite de nos travaux.
Nous avons quatre grâces particulières à obtenir de la bonté de Dieu, pour vaincre autant d’obstacles , qui nous paroissent s'opposer à une sincère réunion des Coptes à l'Eglise romaine. Le premier est je ne sais quel fond d’aversion invétérée à l'égard des Francs. Vous savez que, par ce nom de Francs,
(1) L. Cor, chap. 1, v. 26.
ils n'entendent pas seulement les Français , mais toutes les nations chrétiennes de l’Europe, J'ai dit : je ne sais quel fond d’aversion : car d’ailleurs il me aa que Ceux qui traitent avec nous, ne nous laissent pas absolument , et qu’ils seroient disposés à nous fréquenter , s'ils n’étoient retenus par la crainte des Turcs. Ils croient que nous savons tout , €lque nous avons abondance de tout : surtout ik nous estiment fort habiles dans la médecine.
Le second obstacle qui est plus grand que le premier , est cette profonde ignorance où ils sont, pour ainsi dire, ensevelis ; ignorance qui produit en eux une insensibilité déplorable Pour tout ce-qui concerne la religion. Sans doute le naturel et l’é ucation y.contribuent beaucoup ; mais J'en attribue en partie la cause à l’état où je les vois. Parmi eux il n'y a Presque point de milieu entre être pauvre ou fort riche. Le peuple , pressé par l’indigence , ne pensé qu'aux moyens, non pas de s’en délires. ce qui
leur est impossible, mais de n'y pas succomber absolument, et de la traîner autant qu'ils peuvent.
Tandis que vous les aidez par des aumônes, vous les trouvez d’antant plus dociles # vous écouter , et complaisans à approuver ce que vous leur dites, qu'ils n’ont rien à attendre de leurs prêtres , lesquels sont aussi pauvres qu'eux : sentent - ils que vous n'avez plus rien à leur donner » Vous ne les voyez plus. Ainsi n'étant pas, pour ainsi dire, payés pour se faire instruire , ils ne savent presqu’autre chose , sinon qu'ils sont Chrétiens ; plusieurs seroient embarrassés de réciter l’oraison Dominicale , et peu d'entre eux pourroient répondre aux questions les plus communes et les plus nécessaires du catéchisme.
Du moins les mebachers sont-ils mieux instruits de la religion ? Nullement. Occupés continuellement des affaires temporelles , ils pensent peu à l’éternité : arrêtés dans les grandes maisons dont ils ont
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 127 ladministration. ils fréquentent rarement les églises, et seulement aux grandes fêtes, J’ai même entendu dire que quelques - uns passent les années sans entendre la messe, et plusieurs années sans approcher des sacremens. De plus , il n'y à dans leurs églises, ni sermons , ni instructions , ni catéchismes.
Un moyen eflicace, et le seul que je sache , de dissiper ces épaisses ténèbres, seroit d'établir des écoles et de commencer par les enfans » que leurs pères nous enverroient d’antant plus volontiers qu'il ne leur en coûteroit rien. Mais il nous faudroit l’aide des personnes zélées | pour faire voir aux Coptes la pure lumière de l'Evangile, Avec leur secours ; nos peines , bien loin de nous coûter > NOUS paroitroient douces.
Un troisième obstacle à leur conversion » plus grand. encore que le second , est une timidité que la nature semble leur inspirer, et que l'éducation augmente, Encore que l'Egypte soit le pays de tout l'empire ottoman , où la religion chrétienne s'exerce avec le plus de liberté , et que pour cette raison un grand nombre de Chrétiens des autres endroits s’y réfugie : toutefois les Coptes s'imaginent que tout seroit perdu , si les Turcs s'apercevoient de | eo correspondance et de quelque union avec les Francs. Ce seroit, disent-ils , prétexte à ces infidèles de redoubler leurs mauvais traitemens, qui né nous sont pas déjà épargnés , et nous craignous de nous exposer à de plus grands. |
Le quatrième obstacle est un attachement opiniàtre aux erreurs de leurs pères , et une prévention fomentée par leur ignorance contre la doctrine du concile de Calcédoine. On a beau les convaincre : on croit les avoir persuadés , et ils retournent aussitôt à leurs premiers égaremens.
Vous voyez, mon révérend père, des difficultés qui sont humainement insurmontables. Ne nous
128 LETTRES décourageons pourtant pas , et tâchons de nous rendre , par notre patience , les ministres des miséricordes du Seigneur, Dieu , qui par sa grâce toute puissante, fit de l'Egypte idolâtre et superstitieuse la demeure de tant de grands saints , sait les moyens de vaincre l’obstination de l'Egypte schismatique, Espérons qu’il les emploiera , ces moyens efficaces , et, de notre part, mettons-nous en état d'y concourir en son teinps.
Jusqu'ici je vous ai entretenu de ce qui concerne en général l’état présent des Coptes , le caractère et la disposition ce leur esprit par rapport à la reiigion; je vais tâcher de vous satisfaire sur ce que vous mé demandez de leurs usages , de leurs rits, de leur créance. Vous verrez bien des abus à réformer , etbien des erreurs à combattre. J'approuve ce que vous dites, qu’ils sont déjà assez noirs, sans qu'on les noircisse davantage ; mais je n’y sous- .crirois pas, s’il ne s’agissoit que du teint et de la couleur : à cet égard, je ne vois point de différence entre eux et nous, et avec nos longues barbes, on ne nous distingue point des habitans du Caire. J'ai oui dire qu'en tirant vers la Haute - Egypte , les hommes y sont plus basanés,
Ces Chrétiens sont, comme les autres d'Orient, grands observateurs du jeûne , faisant quatre carèmes dans l’année, Le premier, et qu'ils appellent le grand carême , leur est commun avec nous ; mais il est plus long et plus rigoureux : car il est de cinquante - cinq jours, et commence neuf jours avant le nôtre, c’est - à - dire , au lundi de la Sexagésime. Comme les samedis » excepté celui de la veille de Pâques, ne sont point jours de jeûne pour les Coptes , non plus que les dimanches > Ces cinquante-cinq jours de leur carême se réduisent à quarante jours de jeûnes. Pendant tout ce tempslà les œufs , le laitage et le poisson leur sont dé-
fendus :
» nous ; MISÉe toute itieuse
10ÿens tique.
CACeS , J con-
icerne actère | reile que rits, à ré— rouve , Sans sousde la rence s,on . J'ai » les
lent, Ca-— Îlent ous ; ar 1l neuf li de celui ‘ûne ces nt à aps
dus :
fendus : les légumes font
emeurent sans manger , sans boire
nmer, ce qui leur est plus difficile ‘office , qui ne devroit commencer qu'à none , C’està-dire , À trois heures après midi : mais iCi par con descendance il est avancé , et fini
IL environ: à une heure et demie. Dans la Haute - Egypte, on est, disent-ils, plus régulier sur ce point. L'office fini à
chacun mange , boit, fume à discrétion : l'usage ordinaire est de faire anssitét un repas léger , comme est notre collation , de prendre le café
toute leur nourriture, : Ils
t mème:sans » Jusqu’après
coucher du soleil, A deu tion du jeûne recommence pour le lendemain,
Le second carême est de quarante - trois jours pour le clergé » et de vingt-trois seulement pour les autres, avant la nativité de Notre-Seigneur,
Le troisième > avant la fête des apô
> ESL encore inégal pour le clergé et pour les autres : pour ce
Jours , et ceux-là le commencent dès le lendemain d'après la semaine de Ja Pentecôte ; en sorte qu'il est où plus long ou plus court, selon que Pâques est plus ou moins avancé > Et quelquefois il va jusqu'à trente jours.
quatrième carême, avant la fête de l’As- Somption de la sainte Vierge, est de Quinze jours. !ls ont encore un peut carême. de trois jours , qui précède le grand , en mémoire des trois jours que Jonas fut dans le ventre de la baleine,
Ce n’est pas dans ces Carêmes la même régularité que dans celui d'avant Pâques :
poisson est permis > il n’y a point es repas: et Ja coutume ay
Stinence , en y com laitage. Cependant la plupart jeünent d’une manière T, III,
très-austère pendant le carême de la sainte Vierge, s’interdisant le poisson , et se contentant de pain ; de lentilles et de quelques mauvais fruits : plusieurs par dévotion l’anticipent , et le font de vingt jours, de trente , de trente-cinq. Même beaucoup de femmes turques , comme on me l’a assuré, entendant dire aux Chrétiennes qu’elles ont obtenu de grandes grâces par l’intercession de la sainte Vierge , les imitent aussi dans ce jeûne. Toutefois il faut remarquer que ce relâchement du jeûne passe pour un abus, et que le clergé se tient inflexiblement attaché à la rigueur de la loi.
Les Coptes, de même que les Grecs , gardent l'ancienne coutume de jeûner les mercredis et les vendredis , c’est-à-dire , de faire abstinence comme dans les petits carêmes. Au reste, il n’y a point parmi eux d’âge prescrit pour commencer à jeûner; et les enfans, dès qu’ils ont quelque force , y sont soumis comme les autres. Ils ne s’en dispensent pas même dans leurs infirmités et dans leurs maladies : et l’on auroit bien de la peine à leur persuader de prendre seulement du bouillon de viande,
On ne sauroit croire quel mérite ils se font de leurs, carêmes et de leurs jeûnes, etscomment ils nous traitent de Chrétiens immortifiés. Afin d'éviter en partie ce reproche, et de nous conformer en quelque sorte à leur inclination pour le jeûne , nous faisons maigre pendant l'Avent , et c’est jeûner à leur manière.
Mais l'intervalle de Pâques à-la Pentecôte, lequel ils nomment XAamsin en arabe , c’est-à-dire, cinquantaine , est exempt de tout jeûne , et même de celui du mercredi et du vendredi. A l’exception du samedi-saint , ils ne jeünent jamais le samedi : et si les grandes fêtes , comme de Noël, de l'Epiphanie,
des apôtres saint Pierre et saint Paul, de l’Assomption de la sainte Vierge, viennent le dimanche,
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 131 la veille n’est point jeûne. J'entends qu'ils ne diffèrent pas alors de manger , de boire, de fumer jusqu’à une heure et demie après midi; car d'ail leurs ils observent l'abstinence des carêmes, Le samedi-saint, disent-ils , est destiné à honorer la sépulture de Jésus-Christ. Les Grecs , qui ont une semblable pratique, l’appellent le Jour des lumières x parce que c'est celui de la célébration solenneke du baptême , par lequel nous sommes éclairés de la lumière de l'évangile ét faits enfans de lumière, .«J'étois préparé sur les questions que vous me faites, mon révérend père , touchant les sacremens ; etje m'étois instruit d’une matière si importante avec toute l'application possible , non-seulement cher. chanties occasions de voir et de considérer comment les Coptes les administrent » €n Consultant les plus habiles d’entre eux ; Mais aussi lisant attentivement eurs rituels et leurs autres livres ecclésiastiques.
Il ne faut pas s'attendre que les Goptes , inter. rogés sur les sacremens » répondent précisément, Comme font parmi nous les enfans » Qu'il yena sept : j'ai déjà dit qu’ils manquent de catéchisme,
Mais parlez de Chaque sacrement | et demandez.
leur si c’est un signe visible de la grâce invisible,
Si C’est un Sacrement ; ils vous répondront aussitôt
qu'ils le croient ainsi : et il n’en est aucun sur lequel
ils hésitent. Si vous allez plus loin, et que vous leur demandiez si tous les sacremens sont d’institution divine , ils n’entendent pas même la question ; mais quand vous la leur expliquez par parties, ils confessent avec vous que Jésus = Christ les a’ tous institués et recommandés à son Eglise, C’est de quoi on doit se contenter avec des gens qui n'ont point d'écoles de théologie ; et c’est leur faire tort , que de leur attribuer d'autres sentimens > parce qu'on les
voit d'abord embarrassés sur là réponse , et que d’ailleurs ils
ne savent pas d’eux - mêmes s'expliquer
nettement. Je souhaiterois que vos docteurs, qui décident de la créance des Coptes , y eussent fait attention , ou qu’ils fussent venus sur les lieux converser avec eux.
Je ne croirois pas me faire bien entendre dans la suite, si je n’expliquois pas auparavant ce qu'ils nomment 72eïron et galilaum. L'un est le saint chrême, du mot grec m#yron, et l'autre est de l'huile bénite. La consécration du meiron est de grande dépense , et elle ne se fait qu’avec beaucoup de cérémonies par le patriarche assisté des évêques. Aussi avoient-ils été vingt-quatre ans sans le renouveler , lorsque l'an 1703, avant la fête de Pâques , les évêques , plusieurs prêtres et diacres , $e rendirent ici de toute l'Egypte , pour faire le meïron. Il est composé non-seulement d’huile d'olive et de baume, mais aussi de quantité d’autres drogues précieuses et odoriférantes. C’est au patriarche et aux évêques à les préparer , et à les mêler ensemble, Cette préparation se doit faire dans l’église et en psalmodiant, tandis que les prêtres psalmodient aussi de leur côté sans toucher à rien. Ils demeurent presque tout le jour enfermés pour cette préparation : et l’on m’a assuré qu’outre les prières propres de la cérémonie, ils récitent dans leur psalmodie tous les livres de l'ancien et du nouveau Testament ; ce qui ne sauroit s’entendre que de quelques parties de chaque livre, ou que les prêtres, divisés en plusieurs chœurs , prennent des livres différens. Quoi qu’il en soit de ce point, qui n’est pas de conséquence , le jeudisaint , à la messe, le patriarche bénit le meïron ; le dimanche de Pâques, et les deux jours suivans, il verse ce qui reste de l’ancien dans les bouteilles du nouveau, et il distribue aux évêques ce qu’il leur en faut pour leurs diocèses. Lorsqu'il consacre un archevêque d'Ethiopie, il lui donne aussi du meïron, et c'est l'unique occasion où il en envoie en ce pays-
je p tion mèr avec se pr ne Sur tc il les oncti prem avec du cc y vers à cha trois f est act des fo premi Corps, la sec
ge ait
con-
ns Ja u'ils saint luile inde éré- USSI ler , les rent | est me , uses ues js int, cÔté t le m'a nie , de roit re , IS , 1din ; ns, Iles eur
un on,
yS-
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 133 là ; de sorte qu'on regarda comme une insigne faveur, qu'il eût voulu m'en confier une bouteille pour la porter À l'archevêque. Mes péchés furent Cause que je ne pus exécuter cette honorable commission , et que m’étant présenté à l'entrée de l'Ethiopie, j'en fus exclu. L'empereur d’Ethiopie est sacré avec du meïron, J’ajouterai qu’un mébacher qui fit les frais de la dernière mo achete dont je parle ; n'en fut pas quitte pour mille écus,
Le galilaim n’est pas d’un si grand Prix, et ne demande pas tant de cérémonies, C’est une huile qui ayant servi à rincer les vaisseaux où étoit le meiron j demeure sanctifiée par le mélange des gouttes ou des particules qui en restoient. Si cette soÿte d'huile
manque, les prêtres- en bénissent d'autre pour les usages que je dirai,
Cette espèce de prélude m’a paru nécessaire > et je passe à la pratique des Coptes dans l’administration des sacremens. Voici celle du baptême, La mére , parée le plus proprement qu'il lui est possible , avec son enfant qu’elle a aussi ajusté proprement ; se présente à la porte de l'église. Là, l’évêque ou le prêtre ministre du sacrement » fait de longues prières Sur tous les deux, en COmmençant par la mére, Ensuite il les introduit dans l'église, et fait sur l'enfant six onctions d’une huile bénie pour les exorcismes. Ces Premières onctions sont suivies de trente-six autres avec du galilaum sur autant de différentes parties du corps. Après quoi il bénit les fonts baptismaux , ÿ versant à deux reprises de l'huile bénite , et faisant
à chaque fois trois formes de croix : il fait encore trois formes de croix avec du meiron. Et tout cela est accompagné de longues prières. La bénédiction des fonts finie »ily plonge l'enfant trois fois : la première, il le plonge jusqu’à la troisième partie du Corps, en disant : Je te baptise au nom du Père ; à la seconde, il Je plonge jusqu'aux deux tiers du
corps , en disant : Je te baptise au nom du Fils; à la troisième , 1l le plonge entièrement , en disant : je te baptise au nom du Saint-Esprit. Aussitôt il administre au nouveau baptisé le sacrement de la confirmation et celui de l’eucharistie sous la seule espèce du vin. Il trempe le bout du doigt dans le calice, et le met dans la bouche de l’enfant. Comme les Coptes ne réservent point l’eucharistie , ils célèbrent le baptême avant la messe , et à la fin ils communient l'enfant baptisé.
Il est à remarquer que les femmes ne sortent du logis que quarante jours après leurs couches, si elles, ont eu un fils; et quatre-vingts jours, si elles ont eu une fille : ainsi le baptême est différé jusque-là. D'ailleurs cette manière de l’administrer est pénible
our des enfans, et capable de les incommoder, S'ils sont foibles, c’est une autre raison de le différer. Il y en a une troisième, c’est lorsque la mère attend d'avoir des habits propres, ou nn petit fonds d’argent pour faire un festin. Ainsi les six et les sept mois et plus encore s’écoulent avant que de recourir au baptême.
Si dans cet intervalle une. maladie survient au pauvre enfant et le met en danger, on le porte à l'église, et on l'étend sur. un drap proche les fonts baptismaux. Le prêtre y trempe ses mains par trois fois, et il frotte autant de fois avec ses mains mouillées le corps de l'enfant depuis le dessus de la tête jusqu’au bout des pieds, divisant, pour ainsi dire, ce peut corps en trois parties, qu'il frotte les unes après les autres; et à chacune 1l prononce les paroles de la forme du baptême, comme je les ai rapportées. Si cela se fait le soir, ou à une autre heure qui ne soit pas permis de dire la messe, il faut que le prêtre, la mère et l'enfant demeurent dans l'église jusqu’au lendemain, afin que l'enfant soit communié. Cette pratique est fondée sur ce que parmi les
Coptes le baptème ne s’administre Jamais que dans l'église, et par le ministère de l'évêque ou du prêtre: abus dangereux, et mélé d'erreur touchant la validité de ce sacrement, conféré en tout lieu et par toute personne,
En voici une suite déplorable : car si l'enfant n’est as en état d’être porté à l'église, le prêtre va au Rule, et après avoir récité les prières sur la mère,
et fait les six onctions de l’exorcisme sur l'enfant, il
lui demande trois fois, s’il croit un seul Dieu en
trois personnes ; quand le parrain et la marraine ont
répondu ouf , il continue de faire uelques prières, létr donne sa bénédiction et se retire. Si nous leur reprochons qu’ils laissent ainsi périr une âme, ils nous produisent un de leurs canons conçu en ces termes : Si un enfant, après la dernière onction , el même après la première, vient à mourir, ne Soyez point en peine, maïs assurez-vous que l'onclion lui tient lieu de baptéme , et qu'il est sauvé par le désir sincère du baptéme.
Ce pitoyable canon est rapporté dans leur rituel que j'ai lu, et il est autorisé de l'exemple suivant, Du temps de Théophile, ving!-troisième patriarche après saint Marc, et Contemporain de saint Jean Chrysostome, une femme venue Par mer à Alexandrie
our baptiser son enfant, le vit près d’expirer dans le voyage. En cette extrémité désolante , elle fit ce qu'une foi vive lui inspira ; elle se piqua la mamelle, et de son sang mélé avec son lait oignit son enfant, qui au même moment, par la toute puissance de Dieu, fut délivré du mal qui le pressoit. Arrivée à Alexandrie au temps que se célébroit le baptême, elle mit son enfant au rang des autres qui devoient être baptisés : et comme les prêtres l’eurent présenté au patriarche Théophile qui faisoit la cérémonie, l'eau des fonts s’endurcit comme une pierre. Le patsiarche surpris de cette merveille, fit avancer la
mère, et l'interrogea : elle étoit toute interdite , et
uis s'étant rassurée , elle raconta la peine où elle s'étoit trouvée , et ce qu’elle avoit bi. Alors le
atriarche, rendant gloire à Jésus-Christ, s’écria : Lu vérité, mes enfans , cette femme a baptisé son fils par l’eflicace de sa foi, et il fit l'éloge de cette vertu, Cependant l’eau reprit sa première liquidité pour continuer le baptême des autres enfans, et celui-là fut seulement confirmé et communié avec eux. C'est ce que porte le rituel, qui omet la circonstance essentielle , que cette femme plongea trois fois son enfant dans la mer, en prononçant les paroles de la formule du baptême. Plusieurs Coptts m'ont assuré que la chose est ainsi racontée dans un livre intitulé , des Miracles ; je ne l'ai point lu, et je les en crois sur leur parole afin de rectifier l’histoire, Voilà les Coptes dans le sentiment que le Pape Pie Va fait rayer du commentaire du cardinal Cajetan sur saint "Thomas : que les enfans, dans l’impossibilité de leur administrer le baptême , sont sauvés par la foi de leur père et de leur mère ; et dans celui de Gerson et de Gabriel, qu'en une telle occasion Dieu y supplée par sa miséricorde, Mais ici il y a plus: car à s'en tenir à l’histoire du rituel, il seroit inutile de baptiser un enfant qui, en danger de mort , auroit reçu les onctions de l’exorcisme et reviendroit en santé.
Le baptême est immédiatement suivi de la confirmauon , qui est administrée par le même prêtre en cette manière. I] fait de longues prières, et réitère trente-six onctions aux mêmes endroits du corps de l'enfant; mais celles-ci se font avec du meïron. À l’oncüon. du front et des yeux il dit : CAréme de la gréce du Saint-Esprit ; à celle du nez et de la bouche : Chrême, gage du royaume des cieux ; à celles des oreilles : Créme , société de la vie éternelle et äminortelle ; aux mains en dedans ei en dehors :
On:
ne) Sa £ gen
en p
cauti achet ersc A pâ et la de lé profa vin, rejeta artific et plu ils les davan posen après serven Jer tièresu où lar comme J'étois dire la chimist rassure le rétab ce qui même,
ÉDIFIANTES ET CURIJEUSES. 137 Onction sainte à Christ notre Dieu, et caractère
inefagçuble ; sur le cœur : Perfection de la gréce du Saint - Esprit, et bouclier de la vraie fi ; aux SUNOUx et aux coudes : Je vous ai oint du saint chréme au nom du Père, et du Fils » et du Saint- Esprit, Ensuite il le revêt d’une robe blanche avec une ceinture , et lui met une couronne sur la tête. La vénération des Coptes envers l’eucharistie , qu'ils appellent lorban , est extrême » et Va jusqu’à eu préparer la matière avec les plas grandes pré cautions. Il faut que le froment soit beau » Ct ait été acheté des deniers de l'église , ou offert par une ersonne de profession honnête, Le sacristain Pétrit k pâte en récitant sept psaumes, y mêle du levain, et la met au four qui doit être placé dans l'enceinte de l'église. Tout pain sans préparation passeroit pour profane : mais Pour vouloir l’observer à l'égard du vin, ils se sont laissé aller à un grand abus. Car rejetant le vin naturel et usuel » ls en emploient un artificiel. Ils choisissent des raisins , secs à la vérité ; et plus gros que ceux qu’on mange en France, mais ils les pèsent et les laissent tremper trois jours ov: davantage dans de l’eau d’un poids égal, qu'ils ex- PoSent au soleil ; ensuite ils en expriment le suc, et après l'avoir laissé reposer quelque temps, ils s’en servent pour la messe,
Je ne puis me persuader que ce soit là une mauèresuflisante, Comme J'éto’s destiné pour l'Ethiopie, où la même pratique s’observe , et où l’on n’a pas comme en Egypte la commodité d’avoir du vin , J'étois extrêmement en peine comment je pourrois dire la messe, M. Poncet » Médecin français et bon chimiste , qui à voyagé en ce pays-là , tâcha de me rassurer , en me disant que l’eau qui pénètre le raisin le rétablit en son suc naturel , et que par conséquent
ce qui en est exprimé est le suc naturel du raisin A . .
meme , et un vin véri
table : il ajoutoit que c’est même
chose ; ou que l’eau ait passé au travers de la péau du raisin ; ou qu’elle y soit entrée par Le détour de la racine, du cep et des sarmens de la vigne. Malgré ce raisonnement chimique ou physique , qu’apparemment les Coptes et les Abissins n’ont jamais fait, je persiste à réprouxer leur coutume , sur laquelle néanmoins ils ne se font pas le moindre scrupule.
Ce fut encore pis , lorsqu'environ l'an 850 , sous le patriarcat de Cosme, cinquante-quatrième patriarche, ils prirent pour matière de l’eucharistie , de l’eau dans laquelle ils avoient fait tremper des morceaux de sarmens. Abulbaracat qui le raconte , dit que ce fut à l’occasion d’un émir , c’est-à-dire d’un prince , grand persécuteur des Chrétiens : qui, non content de les accabler par de fréquentes et rudes avamies , les voulut aussi priver de la consolation d’avoir la messe , et qui, pour cette raison , défendit très- sévèrement dans toute l'étendue de sa domination , le débit du vin.
Quant à la consécration du #orban ou de l’eucharistie, elle se prononce en ces termes pour le pain : Et il nous à laissé ce grand sacrement ado: rable, et il à voulu étre livré à la mort pour le salut du monde. Il prit du pain en ses maïns pures,
saintes , sans tache , bienheureuses et vivifiantes :
et il leva les yeux au ciel , vers vous , Dieu son Père tout puissant : et il rendit grâces. En ce endroit le peuple dit Amen. Le prêtre reprend : Et 11 le bénit ; et le peuple répète Amen. Le prêtre reprend : Et il le consacra ; ei le pewple dit encore Amen. Le prêtre continue : Es ri le rompit et le donna à ses saints disciples et apôtres qui étoient purs , disant : Prenez, mangez-en {ous ; cect est InOR COTpPS qui ser“ rompu pour vous et pour plu- SIOUTS , et qui sera donné pour la rémission des péchés. Faites ceci en mémoire de mor, Ki le peuple répond Amen.
ils ne leurs essen cepte ecclé:
dema faite , le sou Grecs je l’ai scienc l’enter Jer
la con toucha Jésus.
substai l'adora Vanslè mais i imméd Je prêt
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 139 | peau à .… Le prêtre passe à la consécration du calice : Er dé tl prit de méme ce calice après avoir soupé , ef il [algré | le méla de vin et d'eau, et il rendit grâce. À ces appa- À dernières paroles, le peuple dit Amen, Le prêtre it, ajoute : Et il le bénit ; le peuple redit Amen. Le quelle ! prétre ajoute : Et :7 le consacrg ; le peuple dit en- “4 core Amen. Le prêtre poursuit: Es Jen Soûta, et SOUS 1 le donna aussi à ses saïnts disciples et apôtres qui “thurs 4 étotent purs , disant : Prenez > buvez-en tous; ceci UE de l esË MON Sang du nouveau testament > QUE sera ré-
Mure pandu pour vous et Pour plusieurs , et qui sera , dit donné pour la rémission des péchés. Faites ceci en in mémoire de moi. Et le peuple répond 4men.
on Qu'on demande aux prêtres coptes , s’ils estiment us cette longue formule essentielle à la consécration ; ot ils ne savent que répondre , sinon qu’elle est dans die leurs missels, Ils ne distinguent point ce qui est. Li essentiel » et ce qui ne l’est Pas ; ce qui est de précepte divin, et ce qui est seulement de précepte
EN ecclésiastique. Il seroit également inutile de leur nr le demander s’il faut , Pour rendre la consécration parpo. faite , attendre l'imvocation du Saint-Esprit, comme nv le soutiennent Cabasilas » Marc d'Ephèse et d’autres has Grecs schismatiques. Ces sortes de Questions, comme re Je l'ai déjà remarqué, sont hors de leur portée : leur Er science se borne à lire le missel , et tout au plus à a: l'entendre,
L. Es Je ne vous arréterai Pas , mon révérend père , sur étre la conformité de créance entre nous et les Coptes, Ft touchant la présence réelle du Corps et du sang de re Jésus-Christ dans l’eucharistie > et touchant la transbioti substantiation. {ls conviennent aussi avec nous de HER l'adoration due à ce vénérable sacrement, et le père plu- Vanslèbe » dominicain , a eu raison de l’assurer : ue mais ils la rendent en un temps différent ; c’est euple immédiatement avant la communion, et après que
le prêtre a divisé l’hostie. Alors le diacfe avertit les
assistans à haute voix: Courbez vos têtes devant le Sergneur ; et le prêtre se tournant vers eux avec Fhostie sur la patène, l'élève en disant : Porcr le pain des Saints. Les assistans se courbent profondément , et répondent : Sort béni celui qui vient au nom du Seigneur. C'est par des inclinations et des Prosternations que les Orientaux marquent leur adoration ; car ils n’ont pas, comme nous, l'usage de faire des génuflexions et de se mettre à genoux. Je ne sais sur quel fondement M. Simon a pu avancer que les inclinations et les prosternations ne sont pas . leur goût : au contraire elles sont très - fréquentes parmi eux , et nous n’avons pas peut-être de religieux qui en fassent tant. Ils honorent , en s’inclinant , le pain et le vin destinés au sacrifice À lorsqu'ils sont portés à l'autel. Entrant dans l'église, ils vont prendre, disent-ils » la bénédiction devant le sanctuaire, en s’inclinant ou se prosternant ; ils font de même devant les images , non-seulement à Péglise, mais aussi dans les maisons. Ce que je dis
des Chrétiens , je le dis pareillement des Tures, qui
accompagnent leurs prières de tant d’inclinations et de prosternations , qu’ils semblent n’ÿ faire autre chose.
Quand ce que l'on vous a dit seroit vrai , que tous les prêtres coptes d’une église environnent celui qui célèbre la messe , et la disent avec lui, iks ne feroient en cela que ce qui se faisoit autrefois , tant dans l'église latine , que dans l’église grecque. Mais ce n'est plus leur pratique , non plus que la nôtre. Le prêtre célébrant est toujours assisté d’un diacre ou de deux : le patriarche et les évêques ont encore un prêtre assistant , et ce prêtre et les diacres communient toujours à la messe à ne ils ont servi. Les autres , soit prêtres , soit diacres, se tiennent hors du heïkal , c’est-à-dire, du sanctuaire , etne communient point,
nièr mair des eppr s'en Of , homi la co ensui
l’euch:
on dit du jou la seul, mêmes Un res ont fai:
non -s toutes | de gard que je Un S où l’euc sieurs f consulté morcear Consacré tous , et là, S'ext
Toucl
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 144 | La communion du peuple se fait en cette mant le H nière, Le prêtre tourné vers lui » €t tenant en ses avec mains l’eucharistie > dit à haute voix : Jojer le pain ici le : des Saints ; que celui qui est Pur de péchés s'en ofon- l approche ; mais que celui qui est souillé de péchés nt au | s'en éloigne , de peur que Dieu ne le foudroÿe Pour t des MOT je me lave les mains de son péché. Alors les leur ' ommes s’avancent vers le sanctuaire > €t recoivent eREe Ë à Communion sous les deux espèces. Le prêtre va IOUX. ensuite la porter aux femmes qui se tiennent dans van— la place où elles ont entendu la messe > €t il leur FOR | présente Ja seule espèce du pain , sur lequel , avant -fré- de communier lui- même , 1l a fait deux Croix avec être l'espèce du vin ; la première, de son doigt qu'il a > en trempé léoèrement dans le calice ; la seconde ; avec lice , l’hostie qu’il a aussi trempée légèrement. lise , omme ils n’ont point la Contume de garder vant l’eucharistie , si quelqu'un tombe en danger de inort ; ; ils on dit la messe pour lui à quelque heure que ce soit nt à du jour ou de la st > €t on lui porte le viatique en e dis la seule espèce «hi: juin, sur lequei ont été faites les qu mêmes croix comme ai ns et utre non - seulement dans l'Eglise romaine > Mais dans tous toutes les sociétés différentes de Chrétiens d'Orient, À de garder l’eucharistie, Ils font à ce Sujet un conte, ent que je rapporte ici.
dans n serpent, disent-ils, se glissa dans un coffre 7 où l’eucharistie avoit été mise , et la mangea plu- Le sieurs fois de suite, Sur quoi le patriarche ayant été FO consulté | ordonna que le serpent seroit coupé en su morceaux , et que chacun des prêtres qui avoient ue consacré , mangeroit son morceau : ils en moururent HÈPES tous ; et les autres n’ont pas voulu, depuis ce tempsik LR, s'exposer à un semblable danger,
Touchant le sacrement de péuit
ence, c’est encore
une entière conformité de créance avec nous, aveë la différence du rit et de lusage. Ils se croient obligés à la confession auriculaire , et à déclarer leurs péchés selon les espèces et le nombre. La confession finie , le prêtre récite sur le pénitent une oraison qui se dit au commencement de leur messe , pour demander à Dieu le pardon et la rémission des péchés ; mais au lieu qu’à la messe elle se dit généralement pour le prêtre qui va célébrer et pour le peuple , elle est ici restreinte au pénitent , en y changeant quelques mots. Le confesseur ajoute une seconde oraison, qu’ils nomment bénédiction, et qui revient à celle que nous prononçons après l’absolution. J’appelle différence de rit , cette forme déprécative dont se servent les Coptes, de même que les Grecs, pour donner l’absolution,
J'ai voulu m'éclaircir et m'enquérir des prêtres coptes, si, dans l'administration de ce sacrement , ils n’expriment rien en termes absolus; ce que j'en aiappris, C’estque le pénitent , avant de se retirer, dit: J'ai péché, mon père, donnez - mot l'absolu tion ; et que le prêtre lui répond : Soyez absous de ous vos péchés.
A l'égard des pénitences , les confesseurs n’im= posent que quelques prières à ceux qui en savent , quelques prosternations qui sont parmi eux d’un usage fréquent , quelques jours de jeûne , qui d’ailleurs sont prescrits. Ordonner des jeûnes extraordinaires, ce seroit, disent-ils, faire connoître que celui qui s’est confessé , est pécheur ; ce seroit donner atteinte au secret de la confession.
Leur pratique à l'égard de l'usage que les confesseurs doivent faire du pouvoir d’absoudre, est bien différente de la nôtre. Notre pratique est de différer l’absolution aux pécheurs d’habitude et sujets à la rechûte, et de la refuser absolumeut à ceux qui sont dans l’occasion prochaine d’offenser Dieu : celle des
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confesseurs coptes est de l’accorder à tous leurs pénitens sans distinction. S'en présente-t-il un coupable de plusieurs rechûtes , et engagé dans l’occasion d’en faire de nouvelles , ils croient avoir satisfait à leur devoir , de lui demander si véritablement il se repent d’avoir péché, et s'il est dans la résolution de ne plus pécher ; ils lui déclarent que , s'il n’est pas bien disposé , ils s’en lavent les mains > et aussitôt ils lui donnent l’absolution. Ils se croiroient eux-mêmes, disent-ils, coupables de péché, s'ils ne déféroient pas au témoignage du pénitent, sur la disposition de son Propre cœur ; et ils ajoutent que le Sauveur a ordonné à saint Pierre de recevoir toujours ceux qui s’adresseroient à lui pour obtenir le pardon de leurs péchés : enfin, ils exaltent la miséricorde du Sauveur , sans faire craindre sagrigoureuse justice. La miséricorde de Dieu est la grande ressource des Coptes : ils s’en font, pour ainsi dire, un retranchement , où ils se jettent dès que vous les Pressez sur la religion. Leur dites - vous qu'ils ont des erreurs pernicieuses ; qu'ils entretiennent un schisme qui , les séparant de l'Eglise catholique , les met hors de la voie du salut; qu'ils se privent du fruit des sacremens par les abus qu'ils ÿ commettent ; ils n'entreront point en dispute avec vous : mais ils se retrancheront dans leur axiome ordinaire : Dieu est miséricordieux. I] faut pourtant avouer qu’à l'égard des pécheurs scandaleux : les confesseurs marquent plus de fermeté , les obligeant d'accomplir la pénitence , ou entière, ou en partié , avant de leur accorder l’absolution ; mais c’est un cas qui arrive rarement. Îls agissent encore de même avec ceux qui entretiennent des inimitiés, et ils les renvoient sé réconcilier,
Avec cette indulgence excessive des confesseurs,
Pourquoi s’adresse-t-on si rarement À eux? Il yen
8 plusieurs raisons , plus mauvaises les unes que les:
autres. Les mébachers prétextent leurs occupations et leur assiduité auprès des puissances , dont ils administrent les affaires : le simple peuple s'excuse sur son travail et sur sa pauvreté ; s’ils manquent d’habits propres; s’il leur est arrivé quelque sujet d’afiliction ; enfin, dans les occasions où nous aurions recours à la confession pour y chercher de la consolation , ils s'en retirent. Les femmes n’en approchent pas plus souvent ; elles sont toujours renfermées au logis, ét elles n’assistent même que rarement à la messe : participer aux sacremens une fois ou deux l'année, c’est tout.ce que font les plus dévotes. Enfin , les jeunes personnes, soit garcons , soit filles, ne commencent guère à se confesser et à communier, qu'ils n’aient atteint l’âge de seize ans , de
huit ans ; et c’est ordinairement au temps qu'ils se marient. J'ai parlé des petits diacres qui servent à la messe et y communient : on ne les oblige pas à se confesser. D'ailleurs , personne ne les excite à fréquenter les sacremens , et ne leur en fait connoître et le prix et le fruit; ils coulent donc leurs jours dans une ignorance qui produit en eux l’insensibilité et la nonchalance.
À ces raisons , qui rendent les confessions rares, on peut véritablement en ajouter une autre d'intérêt. A la vérité tous les prêtres coptes, comme on m’en a assuré , n’exigent point ouvertement de l'argent de leurs pénitens pour les entendre et pour les absoudre ; mais on sait que c'es la coutume de leur en donner ; ils sont pauvres pour la plupart, et l’on se fait un devoir de reconnoître la peine qu'ils prennent et le temps qu'ils emploient,
Je parle de peine et de temps : ce n’est pas qu'ici les confesseurs aient à se plaindre d’être accablés d’une foule de pénitens; un seul pénitent leur est ordinairement une pénible et longue occupation. Est-ce pour le mieux disposer , l’instruire, l’interroger ;
1pations t 1ls ad-
cuse sur d’habits liction ; recours lation , ent pas ées au nt à la u deux évotes.
t filles, ommuns , de s qu'ils servent ge pas xcite à t conc leurs ’insen-
rares , ntérêt.
| m'en argent es able leur et l’on qu'ils
qu'ici cablés ur est ation.
inter- ‘oger ;
roger, l'exhorter? Non, c’est pour lui donner en ‘même temps le sacrement que nous appelons de l'extrême-onction , et qu'ils n’ont garde d'appeler ainsi, mais seulement la sainte onction | et plus ordinairement Kandil, c'est-à-dire , lampe : vous verrez bientôt l’origine de ce nom. Ils ne désavouent
| pas que saint Jacques a recommandé ce Sacrement
pour les malades; mais distinguant trois sortes de maladies : celles du corps ; celles de l’âme , qui sont les péchés ; celles de l'esprit, qui sont les aflictions y ils estiment que l’onction est utile Pour toutes : voug savez que les Grecs en usent de même.
Voici de quelle manière ils administrent ce sacre. ment. Le prêtre , après avoir donné l’absolution au pénitent, se fait assister d’un diacre, Il commence d'abord par des encensemens ; et prend uné lampe dont il bénit l'huile , et y allume une mèche, Ensuité il récite sept oraisons >) Qui sont interrompues Par autant de leçons prises de l’épitre de saint J acques, et d’autres endroits de l'Ecriture ; c’est le diacre qui les lit. Enfin, le prêtre prend de l’huile bénite de la lampe , et en fait une onction sur le front , disant: Dieu vous guérisse, au nom du Père , et du Fils ; et du Saint-Esprit. Ce n’est pas tout , il fait une semblable onction à tous les assistans, de peur , disent-ils , que le malin esprit ne passe à uelqu'un d'eux , tant est grande leur ignorance, gclen le ri tuel , ils peuvent être sept prêtres à administrer le sacrement , et alors chaque prêtre allume sa mèche et dit son oraison, Si c’est un évêque avec six prêtres assistans , il lui appartient d'allumer sept mèches et de dire les sept oraisons » et les prêtres lisent seu lement les leçons. C’est toujours la même cérémonie, soit qu’elle se fasse à l’église après la confession > OU au logis des malades. :
Les Coptes, conformément aux Grecs , ne recon-
noissent d'ordres sacrés que le diaconat , la prêtrise 1 LE 10:
et l’épiscopat. Les sous-diacres n'entrent point dans le sanctuaire , et se tiennent à la porte, où ils lisent les prophéues et les épitres ; de là vient qu’on les norme communément diacres des épiîtres, à la différence des diacres de l’évangile. De tous les ordres mineurs ils n’ont que celui de lecteur.
L'ordination est accompagnée de très - belles prières que j'ai lues avec édification : elle finit par la communion et par uné exhortation que fait l’évêque à ceux qu'il a ordonnés , les avertissant de s'acquitter fidèlement des devoirs que l’ordre qu’ils viennent de recevoir leur impose. Je ne toucherai ici que ce qui me paroît essentiel.
Pour les lecteurs , l’évêque leur fait sur le front quelques signes de croix avec de l'huile bénite , et leur présente le livre des évangiles , qu’ils se mettent sur la poitrine. Il fait les mêmes signes de croix aux sous-diacres , et leur passe sur l'épaule une espèce de ceinture, à peu près comme nos diacres portent l’étole.
Aux diacres , après les signes de croix sur le front avec l'huile bénite , et la ceinture passée sur l'épaule, il leur impose les mains sur la tête , et faisant le signe de la croix , il dit: 2ous vous appelons à le sainte Eglise de Dieu. L’archidiacre ajoute , prononçant le nom de celui qui est ordonné : N. diacre de la sainte Eglise de Dieu. Ki l'évêque réitérant trois signes de croix sur le front, lui dit: Nous vous appelons, N., diacre, au saint autel du Saïnt , au aom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
L'ordination des prêtres n’est guère différente , et il n’y a presque qu’à changer le mot de diacre en celui de prêtre ; l’archidiacre dit: N., prétre de la sainte Eglise de Dieu, et l'évêque répond : Nous vous appelons, N., prêtre, au saint autel du Saint, au nam: du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ce qu'il ÿ a de particulier , c’est qu'avant la com-
ans ent
les dif-
res
Iles r la que tter de
qui
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la
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, munion , l’évêque tenant l'hostie in ç tenir de l’autre au nouveau Prêtre ; il prononce la confession de foi » et le nouveau Prêtre la prononce avec lui ; il lui donne la Communion sous les deux espèces, et après avoir récité quelques paroles de l’évangile de saint Jean > Il souflle sur Jui > en disant : Recevez le Saint-Esprit. Ceux dont vous aurez remis des péchés , leurs péchés leur sont remis ; el ceux dont vous aurez retenu les péchés , leurs Péchés son£ retenus. Selon ce que j'ai pu tirer d'eux en les interrogeant , ils font Consister l'essence de l’ordi-
nation, en ce que l'évêque donne l’hostie 4 tenir au nouveau prêtre.
C’est à peu près | nation des évêques, si it: Nous vous appelons , N., évêque, à l'Eglise des orthodoxes d'une telle ville , Christ, au nom du Père Esprit. Ensuite il lui met le li la tête, lui fait tenir l'hostie la confession de foi ; il le co
ui en disaut, comme au Prêtre : Recevez Le Saint- £sprit.
J'ai déjà dit que les Coptes ont beaucoup de res pect et peu d’empressement pour le sacerdoce , dont les fonctions ne sont Pas lucratives , et ne s’accommodent pas à la nécessité où ils sont de Sagner leur vie par le travail, En effet, un prêtre, outre le temps que lui emporte l'administration des sacre= mens ; est obligé tous les Jours de réciter un office plus long que nôtre , et divisé Comme le nôtre en matines, prime, tierce » Sexte , none , vépres et <ombplies. Il est vrai que comme cet oftice est tous es jours le même , ils le disent Par cœur, Celui des évêques est plus long , et celui du patriarche est
encore plus long. Les diacres Ont aussi le leur, mais Deaucoup plus court.
Ôté, la fait
{ls n’ont que trois messes ; savoir, de saint Basile, de saint Grégoire , de saint 7. : la première est la plus courte et celle qu’ils disent ordinairement, se contentant de dire une fois l’an chacune des deux autres. Ils la disent les dimanches, et les fètes qui sont en assez grand nombre ; ils la disent aussi dans les grandes églises les mercredis et les vendredis, et tous les jours de leurs carêmes. Au reste , ils s’y préparent avec grand soin. Le samedi et la veille des fêtes , vers le coucher du soleil , ils se rendent à l'église , pour n’en sortir qu'après la messe , et ils
assent une bonne partie de la nuit à psalmodier. il y a même des laïques qui s’y renferment avec eux.
{1 ne me reste plus, mon révérend père, qu’à vous exposer ce qui concerne le mariage. A la seule lecture du rituel, on est bientôt convaincu que les Coptes le reconnoissent pour un véritable sacrement; toutes les prières font mention de la grâce de Jésus-Christ, qui y est conférée. Quand deux personnes sont convenues de se marier , le prêtre se transporte au logis, les interroge sur les empêchemens , et les fiance en récitantquelques oraisons. Ensuite l'époux et l'épouse vont à l’église , et le prêtre, après les avoir confessés et avoir récité de longues prières , leur demande s'ils veulent s’accepter mutuellement. Le consentement étant donné de part et d’autre , il dit la messe et les communie. :
Voilà un sacrement célébré avec bien de la solennité. Il seroit à souhaiter que dans la suite les Coptes en révérassent mieux ka sainteté, et qu’ils en con-
nussentplus particulièrement l'engagement, ou plutôt
wils sy astreigaissent : car , non-seulement en cas d'aduitére , maïs pour de longues irifirmités ; pour des antipathies et des querelles dans le ménage , et souvent par dégoût , ils coupent le nœud sacré du mariage; et la femme en cela se dorine la même licence que le mari. La partie qui poursuit la disso-
Fe . ne nn
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 149 lution de son mariage s'adresse d’abord au patriarche, où à son évêque , pour la lui demander : et si le prélat ne peut la dissuader . il l'accorde, La même Partie retourne demander la permission de contracter Un autre mariage , et l’obtient assez aisément, Si Pourtant il arrive qu’ils n'aient À allé uer que des raisons si frivoles , qu'avec toutes leurs importunités ils ne puissent les fire recevoir , ou que , malgré le refus du prélat , ils trouvent un prêtre d'assez bonne composition pour les marier , ils en sont quittes pour être exclus de la Participation des sacre... mens pendant quelque temps. Enfin, si tout leur
est Conttaire, patriarche , ra
ues , prêtres , ils se portent à une étrange extrémi ; ils vont devant le
cadi ou magistrat ture, font rompre leur mariage , et en contractent un autre à la turque ; qu'ils nomment cheré (mariage de Justice). C'est la crainte de les voir aller à cet excès, au mépris de PEglise, qui fait plier le patriarche et les évêques , et qui €xtorque d'eux les permissions qu'on leur ruaede,
ependant on m'a assuré que les exemples de dissolution de mariage ne sont pas fréquens , et que les
Personnes ‘qui ont de la Piété en ont hor tout de ceux où le mapi
que vous vérend père , touchant l'usage
n des sacremens > jai Pratiques , qui sem-
La première est en mémoire du
Christ,
uns se Contentent de se Au défaut de lavoir ;
grands plats, et chacun e
même les mains et le visage, On m'a dit qu'à Ja campagne et sur les bords A Nil la bénédiction se fait sur la rivière même , où le euple se baigne ensuite , et que plusieurs Mshométans s’y baignent aussi , à limitation des Chrétiens. Comme les Ethio- : ont une semblable pratique , c’est ce qui a pu
onner lieu de les accuser de renouveler le baptème le |Ph4 de l’Epiphanie,
a seconde pratique 29h j'ai à vous expliquer, c'est la circoncision qu'ils ont prise , non pas des Juifs, mais des Mahométans , comme je lai déjà remarqué; c'est pourquoi on ne peut leur en parler, qu'on ne les fasse rougir, Comme je m’en entretenois un jour avec un mébacher estimé de toute la nation Pour sa capacité, et auquel les prêtres mêmes me renvoient pour répondre à mes questions : Tenez Pour certain , me dit-il , que la circoncision est parmi nous le caractère honteux de notre esclavage sous les Mahométans ; aussi nous nous en dispensons, et elle n’est plus usitée que parmi des ignorans., En effet , il n’est pas maintenant ordinaire qu'au Caire on circoncise les enfans » et l’on m'a dit que le patriarche l’a défendu ; on m’avoit même promis de me faire voir le décret qu'il a fait à ce sujet. Mais on m'a dit aussi que ce caractère honteux s’imprime encore à la campagne, et sur-tout dans la Haute-Egypte.
Je sais qu'Hérodote , Diodore de Sicile ; Strabon, Clément d'Alexandrie, Philon , mettent la circoncision entre les autres coutumes des anciens Egyptiens ; mais s’imaginer que de ces anciens Egypüens elle se soit continuée jusqu'aux Coptes leurs descendans , c’est ce qui n’est nullement soutenable. Tant de saints et d'auteurs ecclésiastiques qui ont fleuri en Egypte n’en ont jamais parlé. Origène , dans le cinquième livre contre Celse, déclare expressément que cest une chose défendue aux Chrétiens; et dans
. nn nn — 2
‘ Ja | l’homélie troisième sur la Genèse, il expli ue fort au pis f long que la Circoncision figurée par celle « Abraham signe est toute spirituelle, Il seroit inutile de s'arrêter sur ment ; un point que personne ne ,fontestera , et qui na thios | PE été NE ve aux Chrétiens d Egypteque depuis a pu | irruption des Sarrasins, Ces infidèles Conquirent un tème | Si beau pays en moins de trois ans, y étant entrés H en 639, et ayant pris Alexandrie la dernière place uer , Ë qui restoit aux Grecs, en 641. Il n’est Pas croyable de 1 que les Egyptiens , afin de gagner les bonnes grâces éjà de leurs nouveaux maîtres , se soient aussitÔt et de rler, concert déterminés à les imiter dans la Circoncision ; hear et il Paroit par une histoire que raconte Abulbaracat, ion qu'elle n’étoit pas encore généralementrecue en 830, Lt que Joseph fut élu Patriarche : ar ce patriarche buse consacra pour l'Ethiopie un évêque vommé Jean , à est qui y étant arrivé , eut beauc up à souffrir ; parce vage qu'il hétoit pas circoncis , où plutét parce qu il | pen- croyoit ne l'être pas. La premièr: mention que asse gno- Imancin de la circoncision » EL sous le patriarcat de AA Macaire IL, élu l'an 1102 > Qui changea l'usage de ne | Si Circoncire les enfans qu'après qu’ils avoient été bapti- {| us ses, et qui ordonna qu'ils le serotentavant le baptême. ujet. La Circoncision Passe-t-elle parmi eux pour une don. action de religion? Leur rituel semble le faire entendre à 8 le Par ces mots : La circoncision des enfans des C optes {. est une coutume du pays , par laquelle ils sont | jo attachés d'un lien plus étroit ; et quoiqu'il n'y soit À os pas dit EXpressément qu'ils sont attachés à Dieu, | rYD= c'est néanmoins où le sens conduit naturellement. 1 Le Toutefois ils nient fortement d'y reconnoître autre À ét chose qu'une contume du Pays ; et en eflet les Éait minIsi res de l'Eglise n ÿ interviennent point, et 1l s n ÿ à aucune oraison Prescrite pour cette cérémonie. M Quand la coutume a été introduite | me disoit le | uit mébacher > On a cherché à en cacher la turpitude , . et à l’autoriser Par de mauvaises raisons.
Comme j'avois lu dans un autre de leurs rituels, que le huitième jour après la naissance d’un enfant, le prêtre alloit au logis réciter l’évangile de saint Luc, chap. 2. Le hurtième jour étant arrivé, qu'il Jalloit circoncire l'en fant, il fut nommé JESU S, etc., J'y soupçonnai du mystère, et je m'en expliquai à un prêtre. Je vois , me répondit-1l avec émotion A que vous voulez en venir à la circoncision. Si elle se pralique encore par quelques ignorans , à Dicu ne plaise qu'aucun prétre y assiste. Avez-vous vu dans le rituel quelque prière , quelque oraïson qui ÿ aït rapport ? Il est vrai que le huitième jour nous allons en la maïson où est né un enfant, que nous y récitons l'évangile avec des prières ; maïs c’est uniquement pour le nommer , à l’imitation et à l’hon- Zeur de l'imposition du nom de JESUS.
Quoique les Coptes tâchent de se retrancher sur la coutume du pays , je ne laisse pas de dire que c'est une coutume superstitieuse et inexcusable. Les termes du rituel Z'un plus étroit attachement fout leur condamnation.
Je crois que de là est venue une autre coutume. Se voyant ainsi confondus avec les Juifs et les Mahomélans, et voulant se distinguer , ils se marquent d'une croix sur le bras; ils se font piquer la peau avec une aiguille , et mettent dessus , ou du charbon broyé , ou de la poudre , qui laisse urre marque ineffaçable , qu'ils ne manquent pas de montrer quand on leur demande s'ils sont Chrétiens.
C'est sans raison qu’on a dit que les Coptes observent le sabbat : je les vois tous occupés à leur travail en ce jour comme dans les autres jours de la semaine, et ils ne le quittent que le dimanche et les fêtes.
Pour ce qui est du sang des animaux et de la chair des animaux suffoqués , il est vrai qu'ils s’en abstien-
nent; les uns seulement , parce qu'ils ont vu dès
con cor Pipz not No:
Sairi san.
reus pour par abar
pour P our vérit confe
luels , ifant, saint qu’il EÉC., uai à On , 1 lle Dieu LS PU 2 QUE nous us Y unihon-
"sur que Les font
ime.
ahouent Jeau bon que trer
obleur le la les
air
en-
dès
l’enfance que chez eux on n’en mangeoit point; les autres, parce qu'ils estiment cette espèce de nourriture mal-saine : enfin , les autres Prétendent que le précepte des Apôtres de s’en abstenir , rapporté au Chap. xv des Actes, (W. 28 et 29), s'étend au temps Présent.
Des usages des Coptes Je passe à leur créance, Le
Point capital , et sur lequel ils sont intraitables » est
de ne reconncitre en J ésus-Christqu’üne seule nature,
une seule volonté , une seule acüon |, comme une seule personne. Ils ne peuvent entendre parler du concile de Calcédoine » de saint Léon > de Pemperenr Marcien : ils les ont en horreur, et les chargent d’anathêmes , en leur réprochant d’avoir fortifié l'hérésie de Nestorius. Quand après cela on vient à examiner quel est dans le fond leur sentiment ? soit qu'on cherche à s’en éclaircir par leur profes sion de foi, ou que l’on consulte leurs auteurs , où qu'on les interroge eux-mêmes en être aflligé , voir le mé
> Aotre Sauveur Jésus-C Arist a Pris de Notre-Dame la Mère de Dieu
sainte Marie
Christ sans confusion , sans mélange et sans chan- éc gement. an Dans un livre qu'ils estimént beaucoup , et qui JT est intitulé Pzerre précieuse, où toute leur doctrine | les touchant les mystères de la Trinité et de l’Incarna- un tion est expliquée, on lit ces mots au chapitre 3 : d’ Le Fils de Dieu a pris Un corps et une dme raison- lag nable, entièrement semblables aux nôtres , à l’ex- Jiv ception du péché : ni la divinité n’a point été changée | de: en l'humanité, ni l'humanité en la divinité : maïs co chacune a gardé ce qui lui étoit propre. U n'y a Op) point deux natures séparées après l'union , qui ne souffre point de séparation , comme le disent unani- Le mernent les saints Athanase , Cyrille, Epiphane , dir Sévère. | Cz Ils ne font point de difficulté de dire dans une son oraison à la sainte Vierge, que Jésus-Christ est | t-il consubstantiel à son Père selon la divinité pure et pas Zncorruptible , et consubstantiel à nous selon son nat humanité pure et non divisée. Ainsi , on les voit | d’x employer les mêmes termes, par lesquels le concile nat de Calcédoine a cru assurer nettement la distinction con des deux natures. esp:
. Je reviens au livre de la Pierre précieuse , parce et d qu'il me paroït mériter attention, L'auteur rapporte À i un long passage de la seconde lettre de saint Cyrille San à Successus , évêque d’Isaurie, et s’attache particu- | rem lièrement à l'expression d'une nature du Verbe in- tabl carné. Saint Cyrille, dit-il, s'exprimant ainsi , 1 s'il nOUuS apprend tout ce que nous devons crotre : par mer ces mots, une nalure , z7 bannit la division, il n’he exclut deux Personnes, deux natures séparées, deux plus volontés opposées, deux. actions contraires : et par divi ces autres mots , du Verbe incarné , ;/ rejette tout | fond mélange , toute confusion, tout changement. Ensuite | meu l’auteur cite dans le même sens plusieurs lettres que | £nco
les patriarches d'Alexandrie et d’Antioche se sont ne
chan-
et qui >Ctrine Carnare 3:
aéson- } l’exangée mais n'y a ui ne nant- Lane ,
s une S£ esé re cé ) son
voit ncile ction
Jarce porte yrille ticup in St , par AV 7 4 leux par tout suite que Sont
[ … dés rennes D + ae sde 5 ms ab satiné ae ÿa
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 195 écrites en signe de communion > et où ils disent anathême à Marcion, à Manès > à Apollinaire , à Eutichès, à Nestorius. Et il conclut que leurs pères les patriarches ont ordonné de con esser une nature, une volonté , une action de Dieu incarné , afin d'éviter , par le terme d’une nature > la division dans laquelle Nestorius est tombé. Enfin > dans leurs livres , s'ils rejettent deux natures » deux volontés, deux actions, ils ne m quent guère d’y ajouter le correctif de deux nature séparées, de deux volontés opposées , de deux actions contraires.
Dans la conversation ils s'expliquent de même. Le mébacher dont j'ai déjà parlé, m'a avoué qu'il diroit volontiers qu'i7 y a deux natures en Jésus- Christ, en ajoutant incontinent, ez une seule personne el non séparées. Ceux d’entre nous » Continuat-il, qui ont lu et qui savent quelque chose , n’ont pas coutume de dire simplement qu'il n’y a qu'une nature : ils s’attachent à l’expression de saint Cyrille, d’une nature de Dieu incarné, Où que Dieu à une nature incarne. Mais, en même temps , il me conseilla, si je ne voulois pas d'abord aigrir } 4 esprits , de ne point parler du concile de Calcédoine et de saint Léon.
M'entretenant avec un moine du monastère de Saint-Macaire , et prêtre , je lui demandai premièrement s’il ne croyoit pas qué Jésus-Christ est véritablement Dieu , et qu'il a la nature divine ; et puis s'il ne croyoit pas que Jésus - Christ est véritable. ment homme , et qu'il a la nature humaine. Il n'hésita pas à me répondre qu'il le croyoit ainsi, De plus, Continuai-je , ne Croyez-vous pas que la nature divine et la nature humaine ne Sont eu lui ni con fondues, ni mélées » ni changées , et qu'elles demeurent ce qu'elles sont d’elles-mêmes ? Il en Convint
encore. Voilà donc, repris-je alors, une nature et fe nature , c'est-à-dire, deux natures en Jésus-
RE > Coeur | En 4 vi ? è
156 LETTRES Christ. I me nia la conséquence , ne comprenant pas ce que c’est que distinction et Séparation des deux natures, ni qu'elles soient distinguées et unies : et non pas une,
Certainement les Coptes ne sont pas monophysites au sens d'Eutychès : ils disent hautement ana thème à cet hérétique insensé , pour avoir soutenu que les deux natures après l’union se sont confnndues ensemble , pour n’en faire plus qu'une , ou que la divinité a absorbé l'humanité, Mais leur entêtement à soutenir qu’il n'y a en Jésus-Christ qu'une nature , une volonté etune Opération , est une hérésie réelle , qui les rend absolument inexcusables. Et c’est les y entretenir, que de leur passer cette expres- Sion , en considération de l'interprétation qu'ils semblent y donner , et qui en effet n’est qu'un sub terfuge. |
Au reste , ce n’est pas d'aujourd'hui que les monophysites , sectateurs de Dioscore et rebelles au concile de Calcédoine , ont commencé à dire qu’en Jésus-Christ là divinité et l’humanité ne sont ni confondues , ni méêlées, ni changées; qu’il est selon la divinhé consubstantiel à son Père » et que. selon l'humanité il nous est consubstantiel, Dioscore , au concile de Calcédoine , n’évita pas lanathême , en disant lui-même anathème À quiconque soutenoit qu'il s’est fait une confusion , ou un changement, ou un mélange des natures. Pierre, surnommé Mogus , deux fois intrus dans le siége d'Alexandrie , en 477 et 482, affectoit de parler de même , lui qui étoit à la tête du parti : et ce fut en sa faveur , que l'empereur Zénon fit cet édit d'union , nommé Hénotique , condamné par le Pape Félix IIE, et détesté des catholiques , quoique les mêmes termes y fussent employés. &
En quoi consiste l’hérésie des Coptes touchant l'Incarnation ? C’est que comme , selon l’ancienne
phi de que sen du les la d nue de :
pon par encc autr part quer avoi pour nier qui € T.
de D Copt tigée.
conci Alex:
qu’en traint
souscr Ce plique
‘Ccnant n des unies ,
)phy- | ana— utenu nfnnu que itêteu'une srésie s. Et presqu’ils
sub
mos au qu’en conon la selon , au
sent
ant nne
philosophie , Par l'union physique de notre corps et de notre âme > 11 se forme une seule nature , en sorte que ces deux parties de nous-mêmes concourent ensemble à toutes nos actions , l’âme aux du corps, le corps aux sentimens de l'âme : ainsi les Coptes prétendent que par l'union hypostatique la divinité et l'humanité en Jésus-Christ sont dereques un seul principe actif de toutes ses Opérations ; de manière que ses actions , je dis celles qui ré- Pondent aux nôtres , ne sont pas seulement divines Par l'excellence qu’elles tirent de la divinité , mais encore parce qu’elles en émanent. De à survinrent autrefois tant de contestations entre les chefs du parti à Alexandrie ; les uns s quence de leur erreur principale , que da divinité ni; et les autres, Pour éviter une impiété si palpable , se réduisant à nier que l'humanité eût véritablement souffert, ce
mouvemens
physites , sectateurs ; telle est encore celle des vec les interprétations mie ces anciens ennemis du
traints de se tenir en repos.
Quoiqu'ils aient de la vénération pour Dioscore : ils en ont incomparablement davantage pour Sévère ; Patriarche intrus dans le siége d’Antioche, Sévère est 2CI le grand saint et le grand docteur; et il a bien mé rité parmi eux ces titres de distinction par ses travaux et par la multitude de ses écrits pour soutenir Ja secte, Je ne dois pas oublier sur son chap; SOusCrivit À l’hénotique de Zénon.
Ce que je dis des Coptes doit pareillement S'AN—
bliquer aux Arméniens , aux Suriens, aux Ethio-
piens , qui son: d'accord avec eux, pensent et parlent comme eux. Îls sont tous nommés Jacobites , de Jacques Zanzale, moine » €t disciple de Sévère , comme l’assure Seïd-ebn-Batrik > Qui l'appelle Burdaï en arabe, ’est-à-dire, habillé de bardes de chameaux. ]i fut ordonné archevêque en secret, dans le temps que les empereurs faisoient arrêter les évéques qui refusoient d'accepter le concile de Calcé-doine :etsonsce vilextérieur > 1 parcourut l'Arménie , la Syrie et d’autres provinces » Ordonnant en tous lieux des évêques, des prêtres , des diacres.
Je crois, mon révérend père, vous avoir exposé fidèlement la créance des Copies et des Jacobites sur ce dernier article. Leur attachement pour Dioscore, pour Sévère et pour l’hénotique de Zénon ; est ce qui nous fait juger leur conversion si difficile. Si l’on pouvoi! les en faire revenir, on les trouveroit assez dociles su: iont le resto,
1. S'ils ne dise pas que le Saint-Esprit procède du Père et du File, ils me le nient pas. Ils récitent simplement le symbole : Je crois au Saint - Esprit sivrhant , qui procède du Père , sans l'addition , et dy Fils ; mais ils ne se formalisent pas de nous l’entendre réciter avec cette addition. Ce qui est certain, c’est qu’ils ignorent absolument la dispute que nous avons là-dessus avec les Grecs: et s'ils étoient obligés de prendre parti, Je crois que par émulation et par haine contre les Grecs ils se rangeroient du nôtre.
2.9 Ïl n’est pas vrai qu’ils croient que les âmes attendent jusqu’au jour du jugement universel, pour
être admises dans la béatitude du ciel, ou pour être précipitées dans les tourmens de l'enfer. Un prêtre que j'interrogeois sur ce point , me répondit avec esprit : L'homme après sa mort va en sa maison. Il empruntoit ces paroles de l’Ecclésiaste, chap. XIE. L'homme ira dans la maison de son éternité.
3,° Touchant le purgatoire, on les trouve tori-
jou:
et d Dic avo pécl faut fabl Conti sole!
l'âm gran seloi pure null qui dern cher enco les p sorti et da des 1 sept di sort ( à ces conti que r terne:
la m:
visage bleme ils on consé drie.
je n’a
arlent s , de rère , urdaï chadans ÉVÊalc énie, tous
(posé bites Diosnon , icile.
eroit
cède itent sprit 1, et
ain , nous ligés par e.
mes Jour être être vec Son.
XIT.
OU
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 159 jours prêts à dire qu’ils font des prières, des anmônes, et d’autres bonnes œuvres pour les morts , afin que Dicu fasse miséricorde à ceux qui sont décédés sans avoir entièrement satisfait À sa Justice pour leurs péchés , et afin qu’il diminue leurs peines. Mais il faut bien du manége pour les amener À déclarer les fables ridicules qu'ils ont ajoutées ; ils ne les racontent qu'avec confusion , et je ne crois pas qu’elles Soient dans aucun livre. Un Ange, disent-ils, prend l'âme à la sortie du corps, et la fait passer par une grande mer de feu , où il la plonge plus ou moins, selon qu’elle est plus où moins criminelle : une âme pure passe si k: :t au-dessus, qu'elle n’en soufre nuile atteinte. L'Ange la présente à son Créateur , qui la renvoie à quarante jours pour entendre sa dernière sentence. La pauvre âme retourne au logis chercher son corps; elle va au tombeau, elle retourne encore au logis, et y erre pendant trois jours. Alors les prêtres y vont , récitent des Prières, et l'en font sorür, L'Ange la reprend, la conduit dans le paradis et dans l’enfer , lui fait voir les différentes demeures des bienheureux et des damnés ; et il emploie trentesept jours à cette visite. C’est le terme d’être encore présentée à Dieu, qui prononce alors l'arrêt d'un sort éternel. Une preuve qu’ils n’ont pas grande foi à ces réveries , c’est qu'après les quarante jours ils continuent de prier pour les morts.
4. [ls ont sans comparaison plus de vénération que nous n’en avons pour les images : ils se prosternent devant elles; et après les avoir touchées de la main avec respect, ils se frottent les yeux et Le visage, Je remarquerai en passant, que Vraisemblablement ils n’ont pas pris des Grecs, pour lesquels is Ont tant d’aversion , le culte des images ; et par conséquent il est très-ancien dans l'Eglise d’Alexan. drie. À la vérité, ils n’en ont que de plates; mais je n'ai vu personne d’entre eux condamner celles
qui sont relevées en bosse , et qui ne fût disposé à les honorer également, Les uns disent qu'ils ne savent pas en faire ; et les autres > qu'ils ont peur que les Turcs ne les traitent d'idolâtres, Un prêtre m'a assuré qu’en une des principales églises de cette ville, on garde un crucifix de bronze » que, le vendredi-saint, on expose au peuple pour L'attendrir sur la mort de son Sauveur.
À propos des images, je rapporterai une de leurs cérémonies, qu’s appellent l'enterrement de la croix. Tls passent presque tout le jour du vendredi-saint dans l'église en prières, et à faire des Prosternations, Ils embaument d’aromates la croix , la couvrent d’un voile, et la posent sur l'autel , Où elle demeure ainsi jusqu'à la messe de Pâques, laquelle , selon l’ancien usage , se célèbre À minuit.
9.0 Un schisme qui dure depuis plus de douze cents ans, n'a pu entièrement effacer de leur esprit le respect qui est dû à l'Eglise romaine, Le patriarche se glorifie d’être successeur de saint Marc , et reconnoît que le Pape est successeur de saint Pierre. 11 y a encore plus, car tous les ans ils solennisent une fête de la supériorité de saint Pierre sur les autres Apôtres.
À cette pensée , mon révérend père, mon zèle et ma confiance se raniment : malgré les obstacles que je vous ai exposés au commencement de ma ettre, je u'en désespère pas. Ce reste de respect pour l'Eglise romaine est une semence qui , après être demeurée long-temps cachée en terre , produira le fruit d’une réunion, J’en reviens encore à dire que le moyen le plus efficace de la hâter , est de commencer par écarter l'ignorance, d'augmenter le nombre des ouvriers de l’évangile, et d'ouvrir des écoles ; ce seront les fruits des aumônes que vous nous procurerez,
L'Egypte qu'on visitoit autrefois pour s’édifier de la vie admirable et du nombre des saints qui l’habi.
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toient, n’offre aujourd’hui à me de douleur, Ce n’est plus cette si florissante ; ce ne sont plüs ces tant de monastères et de tant d’ triste changement, toujours pré me tient dans une affliction contin les paroles du Prophète : Cane lug titudinem Ægypti, ( Gémissez de l'Egypte ). Les Turcs sont | belles et riches régions; cela est d m'attendris sur mes chers Coptes par le baptême , et leur constance du christianisme au milieu de ta me les rend infiniment aimable
m tre lettre
quelque éclaircissement touchant les Melchites qui
sont en Egypte, il faut encore tâcher de vous satis: faire sur cet article, Les Coptes préten
injure en les appelant de ce nom n'ont point d’autre religion que
plût à Dieu que ce reproche eût a fondement! Les Melchites sont en
Egypte, de familles qui y sont établies depuis longtemps; en sorte qu'ils n'ont point d'autre langue que l'arabe , qui est celle du pays, et de là vient qu'on les nomme communément, enfans des Arabes,
Au Caire , 1l n’y a pas un Melchite contre cinq cents Coptes ; à Alexandrie ils sont à peu près égaux pour le nombre, c'est-à-dire, quatre ou cinq familles des uns et des autres : : itosctte | à Damiette , à Suez , les Melchites soit s1rieurs en nombre, Ils ont outre cela le célèbre monastère du mont Sinaï, et à deux journées au-delà une bourgade sur le rivage oriental de la mer Rouge.
Ils ont leur patriarche avec le titre de patriarche d'Alexandrie, lequel fait sa résidence ordinaire au Caire, et ils n’ont aucun évêque. Seulement l’ebbé du mont Sinaï a le titre d’archevèque et se dit indépendant du patriarche. J’en ai vu un qui étoit des environs de Constantinople , homme d'esprit, et qui allant prendre possession de son monastère , mena un Jésuite avec lui. Un an après, je lui envoyai un bref du Pape qui m’avoit été adressé ; et ce fut apparemment ce bref qui le détermina à quitter secrètement ses religieux ; il prit la route de Constantinople , dans le dessein Ê se retirer à Rome.
J'ai vu aussi un patriarche d’un grand mérite , et j'ai eu l’honneur de l’entretenir quelquefois ; il étoit Candiot de nation, et docteur de l’université de Padoue, où il avoit fait ses études. Il avoit véritablement de la science , mais la science n’est pas de commerce en Egyrte; il souffroit donc de se voir réduit à garder la sienne reniermée eu luimême, sans pouvoir la découvrir à personne. Car non-seulement il étoit ie seul savart en Egypte ; mais aussi le seul qui se souciât de l’êire : ( je ne parle pas. des Francs }). Il voulut précher , et il le fit en grec : son troupeau qui n’ent doit que l'arabe . s’ernuya à ses sermons. Îl entre: no des corres-
pondances à Rome, et dans la conversation il votiloit paroître orthodoxe. Des prélats d'Ile, me disoit-il, me pressent de me déclarer hautem , et de réunir
mon Eglise à l'Eglise romaine ; ils ne savent pas ce
que c’est que d’être sous la domination des Turcs : qu'ils nous en délivrent » la réunion est faite, (Vain prétexte ).
S1 dans toute la suite de ma lettre j'ai parlé des Coptes et des Melchites » Comme de deux peuples issi distingués d’origine qu'ils le sont de sentimens, je l'ai moins fait par persuasion > UE pour m’accommoder à l'opinion commune. Au contraire il m'est évident, que parmi les Coptes il y a des Grecs d'origine , et parmi les Melchites’ des Egyptiens d'origine. Car, qui pourra s'imaginer , s’il y fait réflexion , que dans l'agitation où fut Egypte après le concile de Calcédoine , tous les Grecs généralement se soient déclarés pour le concile et tous les Egyptiens contre? Ce n’est pas Ce qui arrive ordinairement dans les contestations sur la religion, où la division pénètre Jusque dans les familles particulières, Pourquoi cette unanimité des Grecs dans l'Egypte , tandis que dans toutes les autres provinces de l pire, et dans la Grèce même ils ne
s’accordoient pas entre eux ? La discorde n’inspira nulle p::1 tant de fureur qu'à Alexandrie; un patriarche catho! que fut mis en pièces par le peuple ; les autres fu menacés du même traitement et obligés de fuir: o+, res hommes animés de Pesprit séditieux de l’hérésie » étoient des Grecs qui crioient contre le concile de Calcédoine, Tous les premiers
atriarches de la secte étoient t recs , aussi bien qu fe principaux docteurs. Enfin. ans tonte l’histoire ancienne , on ne découvre pas le plus léger vestige de ciite prétendue divisio entre +5 deux nations. D'où je conclus que la distinction des Melchi-s et des Copies, doit se rapporter à la diversité des sen-
timens , et non pas à celle d’origine, et que le nom de Coptes est, comme celui de Melchites , un nom de secte.
Je crois , mon révérend père , avoir répondu à toutes les questions que vous m'avez faites : il ne me reste plus qu'à souhaiter que vous soyez content de mes réponses, et à vous offrir ma bonne volonté dans les autres occasions où il vous plaira de m'employer. Vous devez être bien persuadé que tous vos missionnaires ; et moi en particulier, sommes tout disposés , et par inclination et par reconnoissance , à exécuter ce que vous aurez pour agréable d’exiger de nous.
Nons vous prions à notre tour d’avoir égard à notre petit nowubre d'ouvriers pour cultiver le vaste et fertile royaume d'Egypte. Lorsque nous serons un plus grand nombre de missionnaires , nous pourrons tenter de plus grandes entreprises pour porter plus loin les lumières de l’évangile,
Nous seconderons de notre côté vos soins, en demandant à Dieu qu’il les bénisse , et qu’il inspire
à ceux de tiennent leurs richesses de sa libéralité,
le saint désir de lui en payer le juste tribut, en vous donnant les moyens de multiplier les missionnaires’, pour multiplier nos bonnes œuvres, et leurs mérites devant Dieu. Je suis dans l’union de vos saints sacrifices , etc. PH
Au Caire, le 20 juillet 1711,
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LISTE ALPHABE TIQUE de toutes les Villes d'Egypte et de
plusieurs autres lieux considerables.
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