MONSEIGNEUR
Nous apprenons avec beaucoup de joïe et de reconnoissance , que Votre Altesse Sérénissime a la bonté de s'intéresser à tout ce qui se passe dans les missions que notre compagnie a établies depuis plus d’un siècle , dans les dilférens royaumes du Levant,
. Henri IT y envoya les premiers missionnaires , à la réquisition de Grégoire XIII, et sur les offres que fit alors le père Aquaviva, général des Jésuites, de donner des ouvriers pour porter les lumières de l’évangile à toutes ces différentes nations , qui Mmarchoient dans les ténèbres de l'erreur et de 1 infidélité,
Henri IV et Louis XIE, informés des fruits de ces premiers missionnaires, en firent augmenter le nombre , et leur assignèrent des fonds pour leur entretien et pour leur subsistance.
Ces missions ont produit de grands fruits dans le Levant depuis leur établissement , et surtout depuis qu’elles ont été protégées par le feu roi Louis XIV , honoré, respecté et craint de toutes les puissances ottomanes , qui le regardoient comme le plus grand monarque qui ait jamais été sur le trône. Après une aussi grande perte que celle que nous avots faite , nous recevons, comme un nouveau bienfait de la Providence divine qui veille sur le Men de nos missions , la protection dont V. A.S. veut bien les honorer.
Le yble que je dois avoir particulièrement pour la
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mission d'Egypte , où mes supérieurs m'ont attaché, me fait oser prendre la liberté de présenterà V. A. S. une carte géographique , qui mettra sous ses yeux les villes et les bourgades que j'ai parcourues le long du Nil, depuis les grandes cataractes, jusqu’à son embouchure dans la Méditerranée.
Je supplie très - humblement V. A. S., d’avoir pour agréable ce petit présent d’un missionnaire , et de:lui permettre de joindre à cette carte une relation de mes voyages et des missions que j'ai faites dans la Haute et Basse-Egypte , pour m'instruire à fond de la religion, des erreurs et des mœurs des Coptes, dont la conversion fait depuis long-temps Vobjet de mes vœux et de mes travaux.
Lorsque , dans mes courses évangéliques , le hasard a permis que je découvrisse quelques restes de l'antiquité, dignes de la curiosité de V. A. S., j'ai cru suivre ses intentions en les faisant dessiner. Je l'ai fait avec toute l'exactitude et la fidélité qui en font le mérite.
Je souhaite, Monseigneur , que V. A. S. püisse être satisfaite de tout ce que j'ai Phonneur de Jui présenter. Si ces mémoires ne lui paroïssoient pas écrits d’un style poli et agréable , elle le pardônnera, s’il lui plait, à un missionnaire plus accoutumé à parler arabe qu’à écrire en français.
Il y a dix-neuf ans qu’il plût au feu Roi de nous envoyer au grand Caire , capitale de ce royaume , pour y établir une mission. Le sieur Maillet , alors consul de la nation française , ayant reçu ordre de nous procurer un logement, et les moyens de faire nos fonctions en cette lle, s’en acquitta avec tout le soin et le succès que nous pouvions désirer.
Nos premiers missionnaires s’appliquèrent d’abord à connoitre le caractère des esprits, et les mœurs des peuples qu’ils avoient à instruive, Ils ne furent pas long-temps sans comprendre qu'ili devoient
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