‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 29 sur 107 · FRS · texte numérisé non relu

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 167 beaucoup plus compter, pour la conversion de ces nations, sur les grâces toutes - puissantes de Dieu,

ui peut des pierres mêmes faire naître des enfans d'Arabie , que sur les favorables dispositions des cœurs de ces hommes endurcis.

L'expérience que m’a donnée mon séjour dans ce pays-ci depuis plusieurs années , ne m'a pas fait prendre un sentiment différent du leur. En effet , le peu qui reste en Egypte de l’ancien christianisme annoncé autrefois aux Egyptiens par les Apôtres, et nommément par saint Marc premier évêque d'Alexandrie , est présentement dans une affligeante désolation.

Comme les Egyÿptiens sont naturellement supers. titieux , et que ce royaume a été la conquête de dif. fépentes puissances , qui s’en sont émparées successivement , ils se sont laissé infecter aisément des superstitions et des erreurs de ceux dont ils sont devenus les esclaves.

Quoique la religion mahométane soit la dominante en Egypte , ils est cependant vrai de dire que le nombre des Chrétiens grecs, arabes ét égyptiens, appelés aujourd’hui Coptes , est beaucoup plus grand que celui des Turcs. Les Chrétiens sont presque tous hérétiques et schismatiques , et pour la plupart eutychiens. Mais je crois qu'on doit ajouter qu'ils sont plus ignorans qu'hérétiques. Leur isnorance est si grossière , qu’ils ne savent ni ce qu'ils croient, ni ce que nous croyons. Il ne faut cependant pas con. clure de là que les Egyptiens soient sans esprit, car nous voyons le contraire ; et je ne suis point surpris qu'ils aient eu autrefois de si savans hommes dans la géométrie , dans l'astronomie , et dans la médecine, Il faut cependant convenir que la domination du Turc leur à fait perdre le goût qu’ils avoient autrefois pour ces sciences,

Mon dessein n’est point de m’arrêter ici à fire

une ample description de l'Egypte et de ses principales villes. Nous avons un si grand nombre d’historiens et de voyageurs qui ont écrit des livres entiers, dont plusieurs sont sans doute dans la bibliothèque de V. A.S. > que je ne lui apprendrois rien de nouveau. L'histoire que M. l’évêque d’Avranches vient de nous donner du Commerce et de la navigation des anciens, mérite d’y avoir place. Son livre donne des connoissances savantes et curieuses, et la lecture en est trés-agréable. Je me contenterai donc de confirmer ici ce qui a été dit par tant d’auieurs anciens et. modernes » des richesses et de la fertilité de ce royaume.

Pour juger de ses richesses > 1] ne faut que considérer sa situation. Nul royaume du monde n’en a une plus favorable pour s'enrichir de tout ce que Jes nations, soit voisines > SOit éloignées , ont de plus précieux.

L'Egypte a l'Ethiopie à son midi » la Méditerranée au septentrion , la mer Rouge à son orient , et toute l'Afrique à son occident, De plus elle a le Nil dans son sein > Qui traverse tout le royaume d’un bout à l’autre, c'est-à-dire, depuis les fameuses Cataractes jusqu’à son embouchure dans la Méditerrance, C’est à plusieurs de ses ports construits sur ce fleuve et sur la Méditerranée, qu'on voit aborder continuellement des vaisseaux chargés de richesses, que les nations les plus éloignées lui envoient,

Les historiens assurent que l'Egypte seule fournissoit aux Romains plus de trois cent millions : elle n'en donne pas aujourd’hui plus de douze au Grand- Seigneur ; inais elle enrichit en une seule année plusieurs autres seigneurs , qui savent bien mettre À profit les richesses de l'Egypte. Pour ce qui est de sa fertilité , elle a été connue dans tous les sièeles. Son abondance est parücuülièrement en blé. Les terres produiroieni aisément deux récoltes chaqne

anné Autr Con:

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