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vâmes à minuit à Oüardan » petit village sur le bord occidental de la branche du Nil qui descend à Rosette. N'ayant pu ÿ trouver une maison de Chré.… üens pour nous recevoir chez eux, nous fûmes obligés de passer le reste de la nuit dans une place publique, exposés à l’air qui étoit très-froid. Nous quittâmes ce mauvais gite à la pointe du jour, pour aller à Etris, autre village à demi-lieue d'Oüardan, Nous y trouvâmes un hospice pour les solitaires du désert, qui en est voisin.
Le soir du même jour, après que tous les bergers et les laboureurs se fu;ent retirés chez eux, j'assemblai au clair de la lune tous les hommes et garcons Coptes, pour leur. faire une instruction. Je trouvai ces bonnes gens affamés de la parole de Dieu , parce qu'ils ne l’entendoient que très-rarement. Leur patriarche à la vérité leur envoie des religieux pour être leurs curés; maïs ces pasteurs sont du nombre de ceux dont parle Ezéchiel (1); qui ont grand soin d’eux-mêmes , et qui ne font point paître leurs troupeaux.
Je voulus Commencer mon catéchisme par faire réciter le Parer aux enfans. A peine en trouvai-je un qui le sût, et pas un seul qui fût instruit «des principes de notre religion. En vain en interrogeaije plusieurs, Les pères ct mères étolent aussi ignorans que leurs enfans : plusieurs même d’entre eux
avoient vécu jusqu’alors sans avoir approché des
Sacremens de pénitence et d’eucharistie. J’employai donc tout le temps que je pus être avec eux à réciter à haute voix l’oraison dominicale en leur langue. Tous la répétoient après moi, et je la leur fis répéter jusqu’à ce qu’ils la sussent par cœur. Je Jeur expliquai ensuite les principaux articles de notre croyance, Îls m’écoutoient avec beaucoup de doci- LS A ES Er or d 138
{1) Ezéchiel, chap. 34, v, 8.
les mieux instruits, de répéter da L] L 1 ? . P que je leur avois enseigné,
près mon instruction » il y en eut plusieurs qui
Le lendemain 7 décembre Je partis d’Etris avec le supérieur de Saint-Macaire, etun religieux d’un autre Couvent, qui venoit de faire la quête au Caire et aux villages circonvoisins. Ce bon religieux étoit fort content de sa quête Car 1] conduisoit au couv ent dix ânes
quels étoient les saints hommes Ammon, Arsène j Mojse-le-Noir, Ephrem, Apollon, Pambon, Serapion , Poëmène » Daniel et Jean - Je - Petit. L'on Comptoit alors plus de cent monastères dans ce désert. Il n’en reste aujourd’hui que quatre, dont je parlerai. Ce désert s'étend d’orient en occident eniron trois journées, et autant du septentrion au midi. C'est une vaste plaine de sable, qui, du côté du couchant et du midi > N'a point d'autre borne que les Sables de la Lybie et du désert de Barca. Elle aboutit
u Côté du nord à Ja montagne de Nitrie , qui étoit
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nom de l’ancien Macaire » le second est nommé Notre-Dame des Suriens , le troisième s'appelle le monastère de Saint-Bichoi ou Abisay , et le quaième est dédié à la sainte Vierge d'Elbaremous ou des Grecs. Le premier monastere est loin dn Nil d’une journée ; le deuxième est éloigné du premier d’une demi-journée ; le troisième n'est qu à deux portées de mousquet du second; et le quatrième, en s'écartant toujours du Nil et tirant vers le Couchant ; se trouve à demi-journée du second et du troisième , à vingt-cinq ou trente lieues de la mer Méditerranée et d'Alexandrie vers le nord.
Ces quatre monastères scnt de grands enclos Carrés assez égaux entre eux , de plus de cent pas de long, sur un peu moins d2 large | entourés de hautes et épaisses murailles, avec un parapet à hauteur d appui. Chaque monastère a sa tour, plus exhaussée de moitié que Îles murs de son enclos. Dans chaque tour il a une chapelle dédiée à saint Michel , plusieurs chambres pleines de provisions de bouche , une bibliothèque , qui consiste en trois on quatre coffres pleins de vieux manuscrits arabes ou coptes couverts de poudre, un puits de bonne eau > Un moulin, un four et un pont-levis. La porte de chaque monastère est de bois , basse , épaisse , couverte de Plaques de fer, et dominée par la tour. On voit dans chaque monastère les ruines de deux ou trois églises | de plusieurs dortoirs , et d’un fort grand nombre de cellules dont il ne reste que quelques-unes » et des offices. La tour sert de donjon et de retraite aux pauvres religieux dans les irruptions des Arabes, qui n’ont pas la même facilité pour pénétrer dans cette tour, qu'ils en froient pour s introduire par force ou par adresse dans les bas de l'enceinte du
nastère.
"hi monastère de Saint-Macaire dont je parle, est habité par le prêtre religieux qui m'accompagnoit , T. III. 12
178 LeTrres et qui en sort souvent Pour aller à la
portier , aussi religieux , et Par deux diacres séculiers, Voilà toute la Communauté de ce fa
quatre religieux , les deux autres en ont douze ou quinze. Tous ne sont Pas prêtres; il y a même parmi eux des séculiers , qu'on y reçoit Par l'ordre du patriarche copte. Leur nourriture et leurs habits sont
mpagne, On y us les mer.
atre jeûnes de l’année, [ls passent plusieurs heures au chœur le jour et Ja nuit ;
es heures , et obéissent RES G , ’ tous à un supérieur Jui est prêtre. L'ordre du supé-
voir tous les soirs ces solitaires après leur office > EL avant que de se retirer dans leurs celiules, se ProSlérner aux pieds de leur Supérieur , accuser leurs fautes , lui en demander Pardon, et recevoir Sa bénédiction. On peut dire que ces religieux sont de bonnes gens , à l’hérésie prés. Ils sont Coptes, c’est-à-dire » SeCtateurs de Di.;5core (1), condamné par le quatrième concile général,
monastère de Saint - Macaire renferme deux églises; l’une petite etentière > dédiée à saint Macaire, qui donne son nom À ce couvent et à tout le désert ;
par une Vingtaine de colonnes de marbre d'ordre gothique, avec cinq autels, Ces deux églises , et toutes celles des Coptes, ont derrière leur sacristie un
(1) Dioscore > Patriarche d'Alexandrie s fut un des plus zélés sectateurs d'Eutychès, Il soutint comme Jui qu'il n'y avoit qu'une nature en: Jésus-Christ, et fit à prouver cette hérésie dans le Conciliabule appelé le brigandage d'Ephèse,
en 449.
posé que de:
Éd be
:; par un séculiers, IOnästère.
sé que de:
douze ou ne parmi >rdre du bits sont e. On y les mer inée, Ils la nuit ; béissent u supé- LE prin-
es soliretirer de leur mander ut dire hérésie 2! Dis énéral.
deux Caire , ésert ; sacrée tenus ordre outes e un a, S plug 7 n'y cette hèse,
four fait exprès pour cuire les pains destinés au sacrifice ; car c’est une coutume inviolable parmi ces peuples de n’user. que du pain levé et tout chaud. Lorsque leurs prêtres doivent dire la messe , ils cuisent le même jour une corbeille pleine de petits pains blancs , ronds, plats par-dessous et convexes par-dessus , et grands comme la paume de la main : un seul de ces pains est destiné Pour l'autel , et les autres sont distribués après la messe aux religieux et aux principaux des assistans.
Les Coptes ont une autre coutume Parmi eux, c'est d’avoir dans toutes leurs églises un grand creux carré et profond , qu’on remplit d’eau tous les ans ; pour servir à la cérémonie du fameux bain qu'ils appellent Gotkas. Je vis en effet ces deux grands creux dans les deux églises dont je viens de parler, On me fit remarquer dans celle de saint J ean-Baptiste une chapelle sous le titre de sainte Apollinaire , fille d’Anthémius , consul sous le règne d’Arcade, qui fit, dit-on , pénitence dans ce couvent étant déguisée en homme, Bollandus en rapporte l’histoire le cinquième de janvier. Les Coptes la croient fille de l'empereur Zénon ; mais ils se trompent dans ce fait comme dans plusieurs autres.
. On me montra dans le chœur de l’église de Saint- Macaire quatre petits cercueils où reposent , disent les Coptes , les ossemens des trois Macaires et de Saint Jean-le-Petit, L'un de ces Macaires est celui d'Egypte ; surnommé l'Ancien » disciple de saint Antoine, et l’auteur de Cinquante homélies en grec ; l'autre est celui d'Alexandrie | surnommé le Jeune, Ces deux Macaires ont été moines ou abbés l’un après l’autre dans les monastères de ce désert. Pallade dit du premier , qu'un homme ayant été faussement accusé d’en avoir assassiné un autre , le saint soliture ressuscita le mort pour lui faire déclarer son assassin, et pour justifier l'innocent, Ce même Pallade,
qui avoit demeuré pendant quelque temps avec ces dé saints solitaires > assure avoir été témoin oculaire de leur don d’oraison , de leur rigoureuse Pénitence , et de leur charité pour les étrangers. Il
que ces deux saints hommes étant
S, furent reçus sieurs officiers e considération avec leurs équipages ; que l’un de ces officiers les VOYant assis dans un coin du bateau, et couverts de leurs Pauvres habits , leur dit : Vous êtes bienheureux » MES amis, de vous Jouer ainsi du monde dont vous n'avez pas besoin ; et que nos
deux saints solitaires lui répondirent : Vous avez Taison , seigneur » MAIS nous vous Plaignons en
même temps beaucoup de ce que le mo de vus. Pallade ajoute que cette
qui frappa le cœur de cet officier ; que sitôt qu’il fut
au nombre des saints. Pour c Macaire , qu'ils appellent l’évéque de croire qu’il étoit un des co teurs de Dioscore , et peut-ê
qui assista au concile de Nicée, vrai, c’est qu'il ne faut pas be les opinions des Coptes, reliques gardées par des hérétiques et des ionorans,
Je partis du Monastère de Saint-Macaire le 9 décembre au mati 1
Ds avec ces moin ocurigoureuse rangers. Il sions que l rapporte nmes étant rent reçus rs officiers ne l’un de lu bateau, dit: Vous UT ainsi t que nos OUS avez’ gnons en e se joue t'un trait qu'il fut Pauvres , lésert de
sde Dieu roisième ut sujet es sectatriarche Concile rusalem de plus ter sur sur les ans.
e 9 dénua de S-nous que je
» prodige que l'arbre p
me trouvai sur les ruines de plusieurs édifices dont les fondemens et quelques pans de muraille entiers marquent la grandeur et la forme. : Je demandai à Mon compagnon l'explication de tout ce que je voyois. « Je vais te la donner , me dit-il à (car c’est ainsi » que les Orientaux se parlent.) Autrefois dans ce » désert de Sceté , et sur le mont de Nitrie que tu » vois borner l’horizon du côté du nord , on comptoit » autant de monastères qu’il y a de jours à l'an. Ces » différentes masures sont les restes de quelques-uns » d'eux , et celles qui sont sous tes pieds portent » encore à présent le nom de Chdteau des Vierges ; » parce que c'étoit la demeure des personnes du » sexe qui embrassoient la vie monastique. » Comme je paroissois étonné de cette multitude d’habitations de moines: « Continuons notre chemin, m'ajouta-til, » tu verras bien autre chose. » En effet > après avoir marché environ trois ou quatre heures , 1l parut à nos yeux plus de cinquante monastères bien distincts les uns des autres | mais ruinés et presque abattus. « Ce n’est là, continua-t-il, qu'une partie des débris » d'un bien plus grand nombre de monumens que » la piété des fidèles avoit autrefois érigés dans ces » retraites de pénitence, Regarde cet arbre, appelé » l'arbre de l’obéissance , qui résiste depuis douze » siècles à toutes les saisons , et aux attaques des » bêtes et des Arabes ; c’est un alizier > qui dans son
» Origine n’étoit qu’un bâton sec, fiché dans ce sable » ingrat et brûlant , par l'abbé Poëmen. Cet abbé
» Commanda un jour au célèbre Jean-le-Petit de
» l’arrosertousles jours. L'obéissant religieux observa
*Constamment pendant deux ans l’ordre deson supé=
» rieur. Dieu, pour récompenser l’'obéissance persé » Vérante de son serviteur , permit que le bâton prit » racine , et portât des branches et des feuilles aussi » belles que tu les vois. C’est en mémoire de ce
orte le nom de la vertw
CS
182 LETrags
» d’obéissance. » J'admirai cet arbre chargé en effet de belles feuilles > et qui porte tous les ans une grande abondance de fruits.
Nous traversämes dans la même matinée le chemin des Anges ; c’est ainsi que les Chrétiens appellent une longue traînée de petits monceaux de Pierres éloignés d’un pas l’un de l'autre, tirant du midi au septentrion , ‘nv l'espace de plusieurs Journées de chemin. Cet Ouvrage ; qu'ils attribuent aux esprits célestes ; et qui peut Cependant avoir été fait de main
‘homme, servoit autrefois pour diriger les pas des anachorètes , quand ils alloient de leurs grottes aux
éolises, et revenoient des églises dans leurs grottes. Car le sable de ces vastes plaines ag
gité par les vents , ne laisse ni sentier 2 M1 trace marquée ; il est vrai
qu'on voit de temps en temps des tertres où éminences , qui pourroient + Ce semble , servir de guide AUX passans ; mais leur uniformité feroit qu'on s’ méprendroit aisément, Mon COMpagnon me fit remarquer un de cestertres , au pied duquel nous passämes : -« Voilà, me dit-il, Za Colonne des diables ; on » l'appelle ainsi, Parce que ces ennemis des solitaires » se mettoient ici en embuscade pour insulter aux » serviteurs de Dien > Et pour tâcher de les séduire. » Ce discours me fit Connoître la conformité de la tradition à l’histoire que nous avons des anachorètes, Un peu après-midi, nous arrivâmes au monastère de Notre-Dame des Suriens. Ce monastère est le plus beau des quatre ; il a un trés-agréable jardin ï et un puits à roue qui l’arrose, grand nombre d'arbres de diverses espèces , des tamarins (1) ; des aliziers , des dattiers, et un grand et antique tamarin > qu'on dit avoir pris racine d’un bâton sec planté par Saint Ephrem. 1] y a dans ce monastère trois églises
(1) C'est le seul arbre de cette nature
que j'aie vu en Egypte. ( Note de l'ancienne édition. )
bn né Het Hs bn iemt Om bi nm
vé en effet
S ans une
le chemin appellent de pierres à midi au irnées de 1x esprits t de main s pas des ottes aux grottes.
's vents , est vrai OU émide guide u’on s'y tremarssâmes :
es ; on olitaires lter aux duire. »
é de la 1orètes, nastère est le ardin , arbres iziers , qu'on té par églises CEE
vu en
ÉDITIANTES ET CURIEUSES. 183 encore entières : la première dédiée À la sainte Vierge, protectrice des Suriens ; la seconde porte le nom de saint Antoine , et la troisième a Pour son patron saint Victor , martyr,
Le supérieur de ce monastère ayant été averti de notre arrivée , nous vint recevoir avec de grandes démonstrations d'amitié, Il nous conduisit d’abord à l'église de la Ste-Vierge, pour y faire nos prières. Midi étoit sonné , les religieux aussi-bien que nous étoient encore à jeûn : car c’étoit alors dans leur carème de Noël. Pendant ce carême , ainsi que dans les autres , des Apôtres , de la sainte Vierge , et dans celui qui précède la fête de Pâques, ils ne mangent et ue hoivent quoi que ce soit qu'après midi, excepté les samedis et dimanches , qu'il leur est permis de prendre le matin uelque nourriture. Je crus devoir me conformer entièrement à leur manière de vivre, Pour gagner leur confiance et leur affection. Je le fis, et je m’en trouvai bien : car ma vie conforme à la leur dissipa la méfiance naturelle qu'ils ont des religieux et des prêtres étrangers , et peu à peu je me trouvai à portée de leur parler sur tous leurs besoins spirituels à mesure que je les découvrois.
Nos prières à l’église étant finies, ils m'introduisirent avec eux au réfectoire. Le Benedicite ayant été dit, on nous servit une grande jatte pleine de soupe de lentilles farcie de pain. Ce seul mets com posa tout notre festin. La lecture se faisoit à table ; elle étoit prise d’un petit recueil de règles monastiques , qu’ils prétendent avoir été données par la sainte Vierge à saint Macaire-le-Jeune. Le repas fini, nous dimes le Pater en copte, Cette prière seulé est leur Benedicite et leur action de grâce ordinaire, Tous étant sortis du réfectoire, ceux qui avoient soif allèrent boire dans le seau d’un puits voisin, Je vis dans leur cuisine trois grandes marmites de pierre,
Hs n’en ont point d’autres. Celles - ci cuisent fort
bien , et durent des siècles, Cette sorte de ierre est nommée Éaram : elles sont Communes dans [a Haute Egypte.
Puisque nous en sommes sur les-grands festins de ces bons religieux » J'ujouterai qu'on nous servit le soir pour collation un petit plat d’origan en poure, et un autre de marc de cannes de sucre fort insipide, On Jeur donne aussi quelquefois pour varier leur collation » des oignons secs ou détrempés ans l'eau salée ; l'odeur de ceux-ci est détestable Pour ceux qui n’y sont PaS accoutumés, Ils ne boivent Jamais de vin, et larement du café, Ils Couchent tout iabillés ; des nattes étendues sur Je Plancher sont leur lit. Il faut A vouer que la vie de ces bons religieux est très-frugale et très-austère ; mais ce qui €st adinirable, C’est qu’ils sont forts etrobustes , oros el gras , et pleins de santé, En cousidérant l’ausiérité de leur vie, je déplorois leur malheur d’être nés dans le schisme et l'hérésie , et d'y vivre; mais MON esprit faisoit en même temps la comparaison de leur vie dure et mortifiée , avec celle d’un grand nombre de Catholiques , qui tout éclairés qu’ils sont des lumières de la foi, vivent assez communément dans une Continuelle mollesse , si Contraire à l'esprit de l'évangile > Qui est cependant l'unique règle de nos mœurs, Je ne sais lequel est le plus grand > OU u malheur de ceux-ci > Où du malheur de ceux-là, 0 solitaires Partagent leur journée entre la psalmodie et le travail des mains. Ils ne sortent presque Jamais de leurs monastères, Ceux que leurs obligent d’en sortir > ne le font qu'avec de grandes précautions, Piur éviter de tomber eutre les mains
des Arabes
1ls passent , et ne leSpectent personne, Lorsque ces bandits passent par les monastères, ils heurtent à la
A bond 2, A À hum. 4
la Le
S, Mo
le pierre est
us la Haute.
S festins de IS servit le n en pousucre fort pour vadétrempés détestable 1e boivent hent tout her sont ons reli- IS ce qui tes , gros L l’ausiér d’être re; mais aison de 1 grand ‘ils sont nément l'esprit ègle de eux-là, a psalresque mplois randes iains
| une ut où e ces t à la
porte, et on se yarde bien de leur ouvrir; mais on leur descend par une poulie du Pain et des oignons, de la soupe et de l’eau pour boire ; et après avoir bu et mp » ils s’en vont contens.
À cette occasion je dirai que je rencontrai dans mon voyage deux troupes de ces forbans de terre. Ils avoient chacun un âne chargé de butin. Leur chef ne voyant rien dans mon habit usé qui pût servir de proie à son avarice , fut ébloui par l'éclat de mes souliers rouges , qui m’avoient coûté douze sous; c'est la chaussure ordinaire des prêtres de village. 11 me les demanda honnêtement ; je les lui refusai de même , et ilen demeura là. Uu autre me demanda de argent. Je s'en porte point , lui dis-je, Donnez-moi du moins, reprit un d'eux , un bon onguent pour une blessure, qui me fait grand mal ; je lui en donnai volontiers : sur quoi toute la troupe me croyant un habile médecin , m'expliqua ses maux chacun en particulier , et me demanda des remèdes. Je leur débitai toute ma doctrine > ét il ne me fut pas diflicile de les guérir : mais après cela je leur dis , qu'ils avoient lous une maladie bien plus dangereuse, dont ils ne pensoient pas à me demander la guérison; que cette maladie étoit la malheureuse Fe era qui les portoit à voler et à piller partout, et à commettre plusieurs autres crimes, qui les ren doient odieux à Dieu et aux hommes ; Que ces crimes les feroient condamner un jour par le Créateur à un feu éternel , et que ce feu brûleroit dans les enfers leurs âmes et leurs corps pendant toute l'éternité, Îls m'écoutoient plus attentivement que je ne l’aurois dù espérer , ce qui me donna lieu de les exhorter à changer de vie , en les assurant que la Providence divine pourvoiroit à leur subsistance, Après cette exhortation nous nous quittâmes bons amis. Dieu veuille que les paroles qu'il me mit alors dans la bouche , aient eu quelque bon effet,
186 LETTrrs Je reviens à nos Monastères que cette di m'a fait Quitter, L'ignorance qui e taires dans le Schisme et dans l'hérésie > Et qui renoit inutile Pour le ciel le mérite de l jun Vie; Me perçoit le cœur. J'employois les heures du jour et de la nuit qui leur étoie eniretenir du royaume de Dieu, liscours à leur génie et à leur Capacité entre autres choses » qu'ils se gardasse rêter à la fausse idée qu'ils avoient des Francs; que quoique Franc, Je n’en étois pas moins Copte; que cé n0m signifioit un disciple des bienheureux Aihanase et Cyrille, un serviteur de Jésus-Christ > Un fils respectueux de la sainte Eglise son épouse, Je leur
> Que j'étois donc vrai Copte et plus Copte qu'eux ; qu’il ne leur appartenoit pas de se dire disciples des Pères de l'E dont ils n’avoient jamais lu les livres ;
ment Sur lenr parole, sans examiner si ces nouveaux docteurs n'étojent point , Comme le dit la parabole de l'évangile, de ces ennemis des hommes > qui viennent semer l'ivraie parmi le bon grain, Je continuai mon discours en leur disant que , touché de
Après cette petite exhortation >, (ous me répondirent avec la joie peinte sur leur visage , et avec des > Que j'étois le très ren venu. Je tirai alors de ma poche mon évangile arabe , et l'ayant porté selon la coutume et par TESDECL Sur ma tête et à ma bouche, je le leur Pré
do ne
FEB em
digression oit nos soliet qui renustérité de les heures ibres à les mant mon leur disois en de s’arancs ; que opte ; que ux Athat, un fils . Je leur te notion rlolent ; ois donc IT apparl'Eglise la véri.
ar leurs avoient éritable veugléuveaux arabole
; qui
e Conché de j'étois Épon—
2c des
très Évan— tpar
prés
sentai, comme si mon intention eût été qu'ils don. nassent à ce saint livre les mêmes marques de leur vénération, [ls tendirent en effet leurs mains pour le prendre et le baiser; mais je le retirai brusquement et le cachai dans mon sein ; leur reprochant qu'ils étoient indignes de toucher un si saint livre, qui contenoit la parole de Dieu , et qu’ils fouloient ce.
endant aux pieds, en violant, comme ils faisoient , Les préceptes divins qui y sont contenus. 44 reste, sachez , leur dis-je en finissant, sachez que le doigt de Dicu a déjà gravé dans ce saint livre l'arrés éternel de votre mort.
À ces paroles qui les frappèrent , ils s’écrièrent tous : Sommes - nous donc rebelles à l'Evangile ? Alors je tirai ce saint livre de mon sein » et l’ouvrant dans un feuillet préparé : Zrsez, leur dis-je, ef voyez. N'est-i pas écrit : | jugez point, et vous ne serez point jugés ?. Par quelle criminelle démérité osez-vous donc , depuis tant de siècles , #OUS ei vos pères, prononcer anathème contre les Grecs et contre tous ceux qui révèrent le concile de Calcédoine ? Dioscore et ses adhérens étoient - ils au-dessus de la loi divine ? Ces hommes COTTupteurs de nos saintes Ecritures ont eu la témérité et la hardiesse de les combattre ; mais l'Eglise a puni leur témérité en retranchant leurs noms du nombre de ses enfans. Méritent-ils donc plus aujourd'hui voire créance, que les saints Chrysostôme, les saints Basile et les autres docteurs de l'Eglise grecque , que Dieu vous avoit envoyés pour vous instruire de sa sainte loi , et pour la défendre dans tout l'unrpers par leurs doctes écrits. Quoi donc ! prétendez- POUS que vos jeûnes et vos villes vous mettent à couvert des foudres de l'Eglise ? Ignorez-vous que Sans la véritable foi, qui seule fait les enfans de Dieu et les cohéritiers de Jésus - Christ, il n’est pas possible de plaire au maitre de l'univers, et à
Plus je voyois mes gens attentifs mes paroles, et plus jé
et parlois d’un ton ferme , Sais qu’il leur faut parler, Je le Îis si v ellicacement par la grâce de Dieu et le plus accrédir religieux d
ques, que ceux qui étoient déclarés
jours dans ces terres , qui sont d en friche et pleines
Er 22 nt
pus. agi LL | QU Li ge
e désir que J'avois de m'instruire de { \ . L3