‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 34 sur 107 · SEE · texte numérisé non relu

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ous les

€, me fit passer des nuits entières à lire dans leur bibliothèque leurs livres

à Lt As à Pp fi , nn 2 “AS ini ojupel

à quelque petite dif-

eltres tirées du Syrlaque , que les Coptes emploient par - dessus les Vingt-quatre de l'alphabet des Grecs, langue copte est originaire de la 8recque , dont elle a retenu une infinité de mots. L'intelligence de celle-ci m'aidoit à entendre Ja signification de cer-

lains mots coptes » Que Ces moines ne Comprenoient

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les morts ?

touchés de ma voix ;' nes que je’

ment et si lus ancien > HoOmmé ue j’avois er héréti-

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ous les S nuits livres nts. Je choses le cOnr mes onner vis le Êmes difs du Is les

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 169 pas eux-mêmes, Je leur disois en riant : N'avois-je Pas raison de vous dire que j'étois plus Copte que vous ? Je suis votre fr... , ajoutois-je, je vous aime , et c’est par amour ps:'r vous que je suis venu vous découvrir le chemin de la vérité , que vos conducfeurs vous ont caché.

Je passai ainsi plusieurs jours dans ce monastère, me rendant assidu à tous leurs exercices et offices de jour et de nnit , et leur faisant des conférences, où je ne manquois jamais de leur faire remarquer ce qui me paroissoit défectueux dans leurs coutumes et dans leurs prières. Une cloche d'environ deux pieds de haut et d'autant de diamètre, suspendue à la tour du couvent , nous appeloit au chœur et à tous les offices de la communauté. C’est une musique bien extraordinaire dans un désert, et surtout pari les Turcs, que le son d’une cloche.

Le 10 décembre, qui étoit un samedi , je me rendis au monastère d'Amba-Bichoi > autrement Saint-Abisay , éloigné de celui des Suriens de deux traits d’arbalète, Je n’y restai que deux heures, ny ayant trouvé que trois ou quatre religieux sans aucun prêtre. Je revins donc à mon poste des Suriens ; J'y passai le reste du jour. Le lendemain 11 > après avoir assisté à l'office de la nuit » et à la messe, qui durèrent depuis deux heures de nuit jusqu’au soleil levé , je partis pour le monastère de la Sainte-Vierge d'Elbaramous ou des Grecs. Le supérieur de Saint- Macaire retourna chez lui , et je me fis accompagner d’un ancien religieux nommé Jean, dont j'ai déjà parlé.

J'appris , chemin faisant , que la plaine de Sceté est nommée par les Arabes CAaïhat. Les vestiges de sangliers, d'ours, d’hyènes , de bœufs sauvages, de gazelles, de loups , de corneilles, paroissent tous les matins fraîchement imprimés sur le sable. Ces animaux rôdent la nuit et disparoissent le jour.

190 LEerrres La crotte des gazelles sent le musc se dissipe après quelques jours, N le midi à Elbaramous » Monastère très … Vénérable , on-seulement par le culte de la très-sainte Vierge, qui y est singulièrement honorée des Coptes , mais encore par la demeure d’un grand nombre de solitaires qui S Y étoient autrefss retirés. La tradition

est qu'il fut bâti par un des deux Mac

> Mais cette odeur OUS entrâmes vers

U avoit toujours été homme de bien ans le monde,

de sa vertu excita l’empereur Théodose à Je charge ses deux enfans , Arcade et s'acquittoit de Son emploi dan il le faisoit avec l'approbation d Ô seul étoit mécontent de lui-mé le qu’il étoit obligé de mener à la cour, Un jour ail en étoit plus peiné , il s’adressa au Seigneur , et lui fit la prière de ce Jeune homme » dont il est Parlé dans l’évangile de saint Matthieu : Ses

aire pour mériter la vie éternelle ? Alors il entendit une voix intérieure > Mais très-distincte » Qui lui répondit : Arsène , #yez la cour, Il ne lui en

Pour la quitter > €t Pour venir goûter Dieu seul dans le désert de Sc

Sceté , qui étoit

on ce temps-] très-fameux. Il y vécut quarante ans € toutes les vertus , et * Il avoit un très-srand

on d’oraison ;1l Passoit les jours et une partie de se , se Cachant derrière un pilier

Personne, et pour être plus re- Cueïlli aux offices divins. Son désir d’être inconnu

Théophile l’étant

lui demanda Pour toute grâce de ne venir plus chercher Arsène dans sa solitude. I}

» âgé de quatre-vingt- Quinze ans. L'Eglise l’a mis au nombre de ses saints,

cette odeur trâmes vers Vénérable , te Vierge, ptes , mais re de solia tradition :

Saint Ar- Ce grand ne de bien rtu excita cation de Comme il de Dieu , inde, Lui vie qu’il qu'il en et Jui fit rlé dans dois-je S 1l ente , qui lui en Tr venir ui étoit nte ans tus, et -grand tie de pilier 1s re Connu ’étant ce de de. I] ingtanis,

Sté

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 1% et il est particulièrement honoré dans le monastère d'Elbaramous.

L'abbé Moïse , éthiopien de nation , fut un des abbés de ce monastère , et sa mémoire ÿ estencore aujourd’hui en grande vénération, Les commencemens de sa vie furent bien différens de celle de saint Arsène : car il vécut assez long-temps dans un continuel brigandage , à la tête d’une troupe de voleurs. Dieu permit qu'il lui arrivât une fâcheuse affaire , qui causa sa conversion. Ayant reconnu son malheureux état , il ne songea plus qu’à aller expier ses crimes par la plus rigoureuse de toutes les pénitences. Îl la continua jusqu’à la inort dans ce monastère de Sceté , où il mourut âgé de soixante-quinze ans, fort regretté de tous ses disciples , qui l’aimoient et le respectoient comme leur père.

On m'a fort parlé ici de deux de ses disciples , très-recommandables par leur naissance et par leur vertu. On les nomme Maxime et Timothée. On dit qu'ils étoient fils d’un consul ou d’un autre seigneur grec. C’est en leur mémoire que ce monastère porte le nom d’EZharamous ou Piromaous ; MOt corrompu de e/ Romaous , qui signifie monastère des Grecs. À trois ou quatre portées de mousquet de ce lieu, on découvre les tristes restes de dix ou douze édifices sacrés , assez près l’un de l’autre , parmi lesquels on nomme encore le monastère de Moïse , et l'église des saints Maxime et Timothée.

Le supérieur d'Elbaramous vint me recevoir. Ce supérieur est un jeune prêtre qui me parut avoir beaucoup d'esprit, mais peu de science. J'eus une conférence avec lui depuis une heure après midi jusqu’au soleil couchant , sur les points controversés entr'eux et nous. La prévention de ces moines schismatiques.en faveur de leurs Opinions , quelque extravagantes qu’elles soient , est le principal obstacle à lever, quand on veut travailler à leur conversion.

Je laisserai à juger de cette €XtraVagance de lenrs Opinions par celle dont je vais parler > et dont je ne

fis que rire , pour en désabuser le jeune supérieur

€ ce monastère, qui en étoit infatué, Sur la fin de otre Conversation, je l’avertis que n'ayant pasencore dit vêpres, il étoit temps de les comme

me répondit-il , ess défendue à }

d'heure que les démons Sont la leur s

en ST mauvaise compag d'ici l'enfer se Jermera » de paradis alors nous dirons nos vépres

ommment , lui dis-je, un omm: SPTT, Peut-1l donner dans une ST ridicu

TES pour eux ? Comment ACCOrdez-vous cette Prétendue défense d'offrir à Dieu

#05 prières à l'heure qu'il est, avec ce que le Sauseur du monde nous enseigne , (en saint Luc > Chap. 18,) qu'il faut fOuJours prier

éponse, Il me dit qu’il voyoit bien que j'étois plus savant que lui,

exprès au Caire Pour confé

rer avec moi, Je ne fis pas une plus long

ue mission à Elbaramous.

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nce de leurs t dont je ne le supérieur ur la fin de tpasencore + La prière, qu'il est, récisément e répliqua- " NOUS , et se trouver lemi-heure uvrira , ef s écoutera.

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J'en partis le 12 pour aller voir le lac de Nitrié ou Natron , à deux lieues de ce Monastère , vers le nord. Ce lac a deux ou trois lieues de longueur sur un quart de lieue de largeur. On en tire tous les ans trente-six mille quintatix de natron Pour le Grand Seigneur , qui lui rendent environ trente-six bourses. J'entrai dans Peau jusqu'aux genoux, pour M’appro— cher des ouvriers qui travaillent tout nus au milieu du lac avec des barres de fer longues de six pieds, et épaisses comme le doigt. Ils frappoient de ces barres pointues par le bas, comme on fait en France dans les carrières , et faisoient tomber des morceaux de cetté matière assez semblables à des pains de savon. Le natron est tantôt d’un noir sale ,| tantôt d’urm beau rouge incarnat : le premier est plus estimé. On en chargea ce jour-là vingt ou trente chameaux ; et autant d’ânes pour le transporter à Terrané , village sur le bord du Nil. On m’assura que , pendant toute l’année , il se fait chaque jour an pareil transport , excepté les deux ou trois mois du débordement du Nil. Ce lac est à sec pendant le printemps, lété et Pautomrie, I] transpire pendant l'hiver une liqueur nitreuse , qui monte quelquefois jusqu’à quatre Ou cinq pieds de hauteur. Cette liqueur est d’un rouge obscur ou couleur de sang, Le fond du lac est toujours ferme et uni comme un marbre , quand même il est couvert d’eau. On y trouve en quelques endroits du sel blanc. Le religieux avec qui j'étois en fit sa provision pour son monastère.

Le 13 nous nous embarquâmes , le frère Jean et moi, sur la grande mer du désert ; mais une mer sans eau, comme ils l'appellent BAar-bela-ma. Nous primes avec nous un Arabe pour nous servir de guide. À mesure qu'on avance dans cette plaine ou lac sans eau, le fond se creuse profondément et se perd en certains endroits comme dans des abîmes.

Ensuite ce fond se relève et s'étend en canaux larges , T, TTL. 13

194 LETTRES Qui aboutissent à d’autres creux et à d’autres abimes Rien en effet ne ressemble davantage à un lac desséché , que ces enfonéemens différens. Sur le dos de la plaine et au bord de ces vastes fossés , un voit de distance en distance des mâts couchés par terre, avec des pièces de bois flotté , qui paroissent venir du débris de quelque bâtiment ; mais quand on y Veut porter la main , tout ce qui paroissoit bois, soit mâts entiers, soit ais brisés , se trouve être de pierre. À quoi doit-on attribuer ce changement , sinon à la vertu du nitre de ce climat ? J'ai compté plus de cinquante de ces mâts pétrifiés , et les gens du pays m'ont assuré que j'en verrois des centaines si je marchois plus avant, Le royaume de Fejam, qui n’est pas loin de ce lac, contient des pétrifications plus admirables, dont M. Lemaire > Notre Consul, a été témoin. J'ai porté au Caire avec moi quelques morceaux de ce bois pétrifié , pour m'être garans du fait, La métamorphose du bois en picrre , n’est pas la seule merveille dont on parle dans la plaine de Bhar.. ela-ma ; le sable S'y change en pierre d’aigle : cette Pierre se trouve dans une infinité d’endroits , à deux ou trois doigts au-dessous de la surface de la terre , et dans de petites carrières ou mines de quelques pas de long et de large , éloignées les nnes des autres d'un demi-mille ou environ, Il est À croire que , dans ces lieux, la terre pousse de son sein une espèce de matière métallique , qui fermente avec le sable brûlant qu'elle rencontre s en fermentant » elle s’arrondit bizarrement > et s'attache un nouveau sable voisin plus grossier; puis elle se cuit > S'endurcit peu à peu, et se noircit par la chaleur du soleil, Ainsi se forme cette pierre creuse , sonnante et raboteuse, qui porte le nom d’aigle.

est à remarquer que toutes les aétites ou pierres d’aigle ne sont point noires dans leur principe ; elles sont quelquefois violcttes > OU jaunes , ou cendrées.

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