‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 47 sur 107 · NET · texte numérisé non relu

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Le piédestal est de treize pieds de haut , composé de huit assises de pierre. C’est sur la quatrième , la cinquième et la sixième pierre , qu'on lit l’inscription grecque suivante. Elle contient treize lignes , dont le temps, ou les Arabes, ont eflacé pius de la moitié. Voici ce que j'en ai pu déchiffrer :

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C'est-à-dire : Pour la prospérité. À l'Empereur César Marc-Aurèle Sévère Alexandre Pieux, Heureux. Aurelius étant préfet des nouveaux Grecs d'Antinoë…. Et Apollonius.… sur ces monumens…. Caïus Chremès.

Sitôt que j'aperçus cette inscription , je pris mes tablettes pour la transcrire. La crainte où j'étois que les Arabes ne me surprissent dans mon opération, et qu'ils ne me prissent pour un enchanteur ou un nécromancien , en me voyant écrire sans encre et sans plume , cette crainte, dis-je , me fit tellement hâter , que je ne transcrivis que les mots dont les lettres étoient les plus reconnoissables,

L'inscription qui étoit sur deux des quatre piédestaux , est entièrement effacée; celle qui étoit sur les deux autres, s’est un peu mieux conservée , à quelques mots près, qui ne paroissent plus. C’est de l'inscription informe de ces deux piédestaux ,

que j'ai extrait celle que je donne ici. Sur cette inscriplion 1] y a quatre remarques à faire, La première , est que la même inscription avoit été gravée sur les quatre piédestaux ; d’où il faut conclure que ces quatre colonnes avoient été érigées à l'honneur de Sévère Alexandre. Son nom y est distinctement gravé , comme je l’ai écrit avec un petit omega. La seconde réflexion est que, selon toutes les apparences , ce mot #/roeon a été tronqué , et qu'il faut y ajouter les deux lettres initiales 47 , qui feront en entier ce nom anfinoedn. Et comme rien ne résiste au temps, qui corrompt et détruit tout , il a corrompu l'ancien nom de la ville d’Antinoé , que les Arabes appellent aujourd’hui Ansiné. J'ai consulté à ce sujet un ancien dictionnaire copte -arabique , dont les prêtres coptes se servent; j'y ai trouvé que la ville ruinée , où est le Cheïk Abadeé , c'est-à-dire, l’oratoire du dervis, nommé en arabe Ansiné, est traduite en copte Antinoé. La troisième remarque à faire , est que les quatre colonnes placées dans une des grandes rues de la ville d’Antinoé, ont été élevées après une des victoires de Sévère Alexandre; peut - être après celle qu'il remporta en personne contre Artaxercès roi des Perses, en l'année 233 de Jésus-Christ. Ces branches de chêne qui environnent le bas de la colonne, semblent étre un symbole de son triomphe. Les noms d’Aurélius , d’Apollonius, de Caïus Chremès exprimés dans l’inscriptüion , sont les noms des magistrats de la ville, et de l'architecte, ou d’un officier de l’empereur , qui tous présidèrent à la construction de ce monument en lhonneur de leur maître. Enfin la dernière remarque à faire , est que dans cette inscription les habitans d’Antinoé sont appelés les nouveaux Grecs. Je n’en vois point d'autre raison que celle-ci, qui est qu'Adrien dès l'an 175 s'étant fait initier aux mystères de Cérès Eleusine à Athènes , avoit peut-

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