‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 51 sur 107 · LE SUD · texte numérisé non relu

LE SUD

terres du nord , qu’elles se reposoient sur ce portique en arrivant, et qu’elles vont ensuite hiverner sur les bords du canal de Joseph, sans pénétrer plus avant vers le midi, trouvant sur les bords de ce canal la température de l'air, et les pâturages qu’elles aiment, La tradition est qu'il a été autrefois ouvert par le patriarche Joseph, fils de Jacob. Il ure ses eaux du Nil, et de plusieurs sources qu'il renferme dans son sein. Son origine estau Village de Tarout-Escherif } à trois ou quatre lieues au sud de Mellavi. Il fait et entretient l’abondance dans cette belle campagne , qu'il arrose jusqu’au Faïoum > et va ensuite se perdre dans le lac Manis, ou de Caron. Je fus obligé de guéer deux fois ce canal pour le passer; l’eau étoit si haute qu’elle me montoit plus qu'à mi-corps. Diodore de Sicile rapporte que ce lac fut autrefois creusé par les ordres d’un ancien roi d'Egypte , appelé Miri. Ceux qui se piquent ici d’être savans dans l’antiquité | disent que les anciens Egyptiens portoient leurs corps morts avec grande cérémonie sur le bord de ce lac; que le convoi y étant parvenu , un des amis de la famille faisoit l'éloge du

éfunt ; qu’ensuite les femmes payées pour pleurer

le mort , redoubloient leurs cris et leurs lamentauons ; que ces cérémonies finies » on mettoit le corps dans une barque pour passer ce lac, et pour l'aller enterrer dans une terre voisine, et destinée à sa sépulture. Ils ajoutent que les bateliers de cette barque s’appeloient Caron, qu'on leur payoit une petite monnaie pour le droit du passage. Voilà les idées fabuleuses qui ont passé des Egyptiens chez les Phéniciens, des Phéniciens chez les Grecs , et de chez les Greés en Italie, où les Italiens non -seulement les ont adoptées , mais les ont encore enrichies de leurs nouvelles imaginations. Ils sont cependant obligés de convenir qu'ils n’ont parlé comme ils ont fait de leurs lacs sulfurés que les oiseaux n’osent

et es A Lac) || Net):

rtique ur les avant nal la ment, par le eaux dans rerif, ait et gne , erdre ré de étoit )S.

efois pte vans Liens onie par-

> du

urer nta- Tps.

iller | séque 'tute lées.

’héhez ent de ant als.

eut

traverser, de leurs gouffres affreux qui vomissent des tourbillons de feux »t de flammes , de leurs champs élysées près iv. délicieuses Campagnes de Bayes , qu'après avoir appris ce que les Egyptiens avoient dit avant eux de leur lac Moœæris, de la barque de Caron, et des âmes qu'il passoit aux enfers.

Je quittai ce lac pour aller À la ville d’Abousir,

Je n’en vis que les ruines, et un antique aqueduc de brique rez terre , qui vient, dit-on » de fort loin. J’allai passer la nuit au bourg de Quassr » proche l'ancienne ville de Hour, sur le Canal de Joseph. Le curé de ce bourg me recut chez lui avec toutes sortes de démonstrations de bienveillance. Il me prévint d’abord obligeamment, et m’invita à faire des instructions à ses paroissiens. Il prit soin luimême de les rassembler tous dans l'église. Il m’ins-

truisit de leurs plus grands besoins spirituels. I] appuyoit mes paroles des siennes. Je trouvai un bou peuple , susceptible de tous les sentimens de piété et de religion , que je tâchois avec la grâce de Dieu de lui inspirer.

Ce fut dans ce bourg qu’il plut à la bonté divine de me donner la plus sensible consolation que j'aie eue pendant mon voyage, J’avois avec mo: » pour mon compagnon et pour mon guide, un copte , orfèvre , nommé Victor , très-bien instruit dans sa religion coptique , et par malheur » jusqu’à présent pour lui , très-scrupuleusement attaché aux erreurs de sa secte, Etant seuls en chemin, je les combattois de mon mieux. Tous mes entretiens avec lui étoient de continuelles instructions > Mais dont je ne voyois aucun fruit. Le moment où Dieu vouloit le produire n'étoit pas encore venu. Il vintenfin ce moment que je demandois à Dieu avec ardeur. Pendant que je faisois une de mes instructions à ce bon peuple du bourg de Quassr, le Seigneur parla en même temps au

cœur de Victor. Sa parole fut un rayon de lumière, qui dissipa les ténèbres de l'erreur qui l’aveugloit, Il me vint trouver sur le‘soir , et en m’embrassant : Il faut me rendre , me dit-il, mon cher père. L'instruction que vous venez de faire m’a pleinement convaincu ; Je me trouve comme un omme qui sort d'un cachot obscur , et qui voit le jour. Me voilà prêt à professer les vérités que vous m'avez enseignées , et à condamner les fausses opinions dans lesquelles j'avois été élévé, et auxquelles j'étois si fort attaché. Je laisse à penser quelle fut la joie dont je me sentis £aisi dans ce moment. Je l’embrassai de bon cœur. Maïs savez-vous » mOn père , ajouta-t-il, pur où a commencé ce changement en mot ? Pendant que vous instruisiez les habitans de ce bourg, je remarquai sur leurs visages qu'ils étoient touchés de ce que vous leur disiez, et J'ai comme entendu une voix intérieure qui me disoit : toi seul as le cœur plus dur qu'une pierre. Cette parole m'a confondu tout-d-coup , et cette confusion opère mon changement. Recevez donc ici, et avant que de sortir de ce bourg , recevez , mon père » mon abjuration. J'admirai la conduite de Dieu sur cet artisan, Ne pouvant douter de la sincérité de ses sen- : timens, je lui dis, comme saint Philippe à l’eunuque de la reine Candace : Si vous le voulez tout de bon, Je ne vois rien qui puisse mettre obstacle à votre résolution. Je lui fis donc faire publiquement l’abjuration de ses erreurs, et il fit profession de la religion catholique et romaine.

Je partis avec mon nouveau disciple , bien content du séjour que j'avois fait dans le bourg de Quassr. J’eus tout le temps, pendant le reste de mon voyage, de le bien affermir dans l’état où Dicu venoit de le mettre. Nous repassämes ensemble le canal de Joseph et le vieux aqueduc. Nous allâmes au bourg de Touna , proche Les ruines de la ville

mière, ugloit.

assant :

L'ins- 1emené ut sort ? porlà Z ens dans Lois st a joie l’'empère , ent en bitans qu'ils et j'ai soit :

Cette fusion avant , mon ir cet s sennuque bon, poire “abju-

reli-

conre de te de Dieu ble le âmes ville

SACRIFICE OFFE l'est brave sur la lUontigne de Babar :

Page 1